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terra nova

  • Le parti socialiste a perdu son âme

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    Aujourd'hui je me suis intéressée à une analyse parue sur le site de Terra Nova "Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? "de Bruno Jeanbart, Olivier Ferrand, Romain Prudent.

    Selon cette analyse le parti socialiste  doit rallier pour les élections de 2012  un nouvel électorat celui de la France de demain  et laisser de coté  le monde ouvrier  qui a été le socle fondateur  de la gauche  et qui aujourd'hui se tourne vers l'extrème droite.

    Si j'adhère au constat  des auteurs de l'analyse , je ne peux que désapprouver, haut et fort , une stratégie électorale  fondée  non pas sur des valeurs fortes , une éthique,  la vision d'une société de partage  et de justice mais sur  une analyse froide  des chiffres  qui aboutit à "l'abandon" du monde ouvrier !

    Mais pour rallier  le monde ouvrier , il faut  remettre en cause la mondialisation, la "désindustrialisation", les délocalisations . Il faut reconstruire  le tissu industriel de la France  comme le fait l'Allemagne !

    Les élites de la Gauche  ne veulent pas remettre en question un système dans lequel elles ont leurs propres  intérêts !

    Pour s'en apercevoir il n'y a qu'à lire le  triste programme  proposé par Martine Aubry,  qui  n'est que  cautère sur jambe de bois.

    ou de regarder les profils des candidats aux primaires,  comme un DSK.......

    Aussi je  lance un cri désespéré , à ce parti Parti Socialiste,  qui a perdu  son âme jaures-jean.jpg. ( portrait de Jean Jaurès )

     

    Voici un résumé de l'analyse et de ses conséquences pour les élections de 2012

    l'analyse rappelle ,à juste titre , que depuis le Front populaire en 1936, le parti socialiste et le parti  communiste ont accompagné la montée en puissance du monde ouvrier.

    "La victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1981 leur est intimement liée : la classe ouvrière est à son apogée démographique (37% de la population active) et vote massivement à gauche (72%, soit +20 points par rapport à la moyenne nationale). Autour de ce cœur ouvrier s’est constituée une coalition de classe : les classes populaires (ouvriers, employés) et les catégories intermédiaires (le cadres moyens)."

    Mais ce socle  historique de la gauche , notent les auteurs, " se dérobe aujourd’hui, à partir d’un double mouvement."
    • Le rétrécissement démographique de la classe ouvrière : la population ouvrière se contracte rapidement à partir de la fin des années 1970, pour ne plus représenter que 23% des actifs aujourd’hui – soit pour la gauche une chute de 40% de son socle électoral. Ce phénomène, corollaire de la désindustrialisation du pays, est amplifié par la dévitalisation du sentiment de classe : seul un quart des ouvriers se reconnaissent dans la classe ouvrière.
    • les ouvriers votent de moins en moins à gauche. L’érosion est continue depuis la fin des années 1970 et prend des allures d’hémorragie électorale ces dernières années.  Lionel Jospin n’a rassemblé que 13% des suffrages ouvriers : les ouvriers ont moins voté socialiste que l’ensemble des Français (16%). Au second tour de la présidentielle, le vote ouvrier passe de 72% en 1981 à 50% en 2007 : pour la première fois de l’histoire contemporaine, les ouvriers, qui ne votaient déjà plus à gauche au premier tour, ne votent plus à gauche au second.
    Les raisons de ce mouvement, selon les auteurs,   une rupture culturelle

    "Mai 68 a entraîné la gauche politique vers le libéralisme culturel : liberté sexuelle, contraception et avortement, remise en cause de la famille traditionnelle… Ce mouvement sur les questions de société se renforce avec le temps pour s’incarner aujourd’hui dans la tolérance, l’ouverture aux différences, une attitude favorable aux immigrés, à l’islam, à l’homosexualité, la solidarité avec les plus démunis.
    En parallèle, les ouvriers font le chemin inverse. Le déclin de la classe ouvrière – montée du chômage, précarisation, perte de l’identité collective et de la fierté de classe, difficultés de vie dans certains quartiers – donne lieu à des réactions de repli : contre les immigrés, contres les assistés, contre la perte de valeurs morales et les désordres de la société contemporaine."

    Nous pouvons lire  dans la note d'analyse  ce terrible constat " Les déterminants économiques perdent de leur prégnance dans le vote ouvrier et ce sont les déterminants culturels, renforcés par la crise économique, « hystérisés » par l’extrême droite, qui deviennent prééminents dans les choix de vote et expliquent le basculement vers le Front national et la droite".

    Un nouvel électorat pour la gauche :
    • Les diplômés. Ils votent plus à gauche que la moyenne nationale (+2 points en 2007). Le vote à gauche est désormais corrélé positivement au niveau de diplôme : plus on est diplômé, plus on vote à gauche ; moins on est diplômé, plus on vote à droite.
    • Les jeunes.
    • Les minorités et les quartiers populaires. "La France de la diversité est presqu’intégralement à gauche."
    • Les femmes. "l’électorat féminin, hier très conservateur, a basculé dans le camp progressiste. "

    On peut lire encore dans l'analyse  que l'’électorat de droite est  centré sur les séniors, les indépendants (artisans, commerçants), les agriculteurs, les catholiques et qu'il  est en opposition avec les valeurs de gauche dans toutes ses composantes, tant socioéconomiques que culturelles, et parfois de manière radicale comme les agriculteurs ou les séniors (sur les valeurs culturelles).

    Les séniors constituent le cœur de l’électorat de droite. Ils votent, on l’a vu, massivement à droite. Ils ont un taux de participation record : plus de 90% en 2007. Et il s’agit d’une catégorie en expansion démographique importante : elle représentait 27% de la population en 2005, elle représentera 38% en 2030. D’où un problème majeur pour la gauche : peut-elle gagner sans le vote des séniors ?

    Les auteurs de l'analyse  tirent de ces constatations une stratégie pour les élections de 2012

    • Ne plus chercher à restaurer sa coalition historique de classe : la classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs, elle ne peut plus être comme elle l’a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche"
    • Opter pour une stratégie de valeurs. L’électorat « France de demain » .
    • Privilégier une stratégie de mobilisation. La « France de demain » vote fortement à gauche mais vote peu. Il est toutefois possible d’améliorer son taux de participation : les jeunes ou les minorités ne sont pas des abstentionnistes systématiques, ils votent par intermittence. L’objectif est donc de les mobiliser : cela passe par une campagne de terrain (porte-à-porte, phoning, présence militante sur les réseaux sociaux et dans les quartiers…), sur le modèle Obama.
    "Une telle stratégie, sous les hypothèses du rapport, pourrait ramener 2.500.000 voix à la gauche au second tour, de quoi effacer les 2.200.000 d’avance obtenus en 2007 par Nicolas Sarkozy. Toutefois, le résultat demeurerait serré."
    • Rallier  les classes moyennes  : les professions intermédiaires, les plus nombreuses (23% de l’électorat total, contre 15% pour les classes moyennes supérieures) et en expansion, ont voté 14 points de mieux pour la gauche aux régionales par rapport à la présidentielle (contre +7 points en moyenne), ce qui constitue l’évolution la plus spectaculaire vers la gauche sur la période.
    Il nécessite une adaptation du discours de gauche sur les questions économiques et sociales. Sur la fiscalité par exemple : les classes moyennes, par rapport aux classes populaires, se caractérisent notamment par l’accumulation d’une petite épargne sur le cycle de vie, qu’elles veulent protéger et transmettre.
    • Identifier au sein des classes populaires des sous-catégories plus aisées à raccrocher à la gauche. les précaires, les chômeurs, les exclus : ceux-là votent à 70% à gauche –

    Lire l'analyse ici

    La gauche d'aujourd'hui et de demain est ce cela ? d49d7382-7810-11e0-af93-216d08e41891.jpg



     

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