jeudi, 25 août 2011
Touche pas à mon yop non pardon à mon soda !
Vous avez certainement pris connaissance des mesures annoncées par François Fillon pour lutter contre les déficits !
Je ne reviendrai donc pas sur ces mesurettes qui ne s'attaquent pas aux réels problèmes et qui vont encore mettre à mal les classes moyennes ( la taxation du capital n'est pas à l'ordre du jour, l 'exonération des plus-values de vente des filiales de holdings qui a coûté 22 milliards d'euros en 3 ans, un scandale dénoncé par la Commission des finances de l'Assemblée n'est pas remise en cause , etc.)
En revanche je reviendrai sur la mesure qui tombe comme un cheveu sur la soupe ( pardon, je devrais dire comme un sucre dans le café ) : la taxation des boissons sucrées.
Je pointe du doigt cette mesure pour deux raisons :
- l'argument choc avancé pour justifier la mesure, la lutte contre l'obésité , qui n'est qu' un habillage de santé publique couvrant une ponction pure et simple.
- une mesure qui va encore alléger le porte monnaie (qui a déjà un poids plume) des plus modestes !
Et pour le coup la note est assez salée à défaut d'être sucrée.
C'est une note "dérision "que vous allez lire
Les boissons gazeuses sucrées feront l'objet d'un prélèvement spécifique le 1er janvier 2012.
Ce prélèvement doit rapporter 120 millions de recettes supplémentaires pour la sécurité sociale.
Selon un membre du ministère du Budget, «les eaux, les jus de fruit sans sucres ajoutés et les produits contenant des édulcorants ne seront pas concernés par cette mesure.» Par exemple, un jus d’orange 100% pur jus sans sucres ajoutés ne coûtera pas plus cher que maintenant.
En revanche, une bouteille de cola classique risque fort de voir son prix augmenter… Qu’une boisson comporte des bulles ou pas n’entrent pas dans la classification, «l’important, c’est le sucre et les édulcorants», insiste-t-on au ministère du Budget.
Comme le note Elisa Bertholomey la mise en oeuvre risque d'être un peu brouillonne.
En effet, personne ne sait encore bien comment procéder.
Au ministère du Budget, on suppose seulement qu’il faudra répertorier chaque boisson pour savoir dans quelle catégorie les ranger.
Un exercice qui risque de faire transpirer les salariés du ministère ....et de ce fait salutaire pour lutter contre l' obésité de certains fonctionnaires !
Trêve de plaisanterie...
Le gouvernement justifie la mesure en rappelant qu'entre 1997 et 2009 le poids moyen des Français a augmenté de 3,1 kg alors que leur taille progressait de 0,5 cm.
Sur le principe, il est loin d'être absurde d'utiliser la fiscalité pour orienter une meilleure consommation: augmentation de la TVA sur les produits trop gras et trop sucrés, baisse de la TVA sur les légumes par exemple.
Mais dans le cas présent cette taxe paraît insuffisante pour être réellement dissuasive, tout en pesant à la longue sur le pouvoir d'achat des tranches de populations les plus modestes, que l'on sait plus consommatrices de boissons sucrées, ainsi que le rappelle l'association de consommateurs CLCV.
Si le gouvernement veut lutter contre l'obésité il devra alors agir sur les causes premières de l'obsésité qui ne sont pas que la consommation de sodas.......
Il devrait notamment :
- Taxer tous les produits trop gras !
- Forcer les gens à bouger car la sédentarité est un facteur déterminant de l'obésité
- et éradiquer la pauvreté......
En effet il ressort ,de nombreuses études , qu'il y a un lien complexe mais certain entre pauvreté et obésité.
Bien se nourrir ( notamment consommer des fruits et des légumes verts )et pratiquer une activité physique régulière sont plus fréquents parmi les personnes de statut socioprofessionnel élevé.
Par ailleurs, il est plus que certain qu'un faible revenu constitue un frein à l’achat d’aliments de meilleure qualité ou à la pratique d’une activité sportive.
A cela peut s'ajouter un faible niveau d’éducation qui peut entrainer un moindre accès à l’information,et à des connaissances moins précises dans le domaine « alimentation-santé ».
Les caractéristiques socio économiques peuvent également intervenir via des facteurs liés au contexte résidentiel, même s’ils sont loin d’être bien élucidés (offre et prix de l’alimentation dans le quartier d’habitation, accès à des équipements sportifs…) (Ball, 2006).
Certaines études suggèrent enfin que le stress chronique, qui serait plus fréquent chez les personnes en situation de précarité, pourrait constituer également un facteur de risque de l’obésité.
19:50 | Commentaires (4) | Envoyer cette note | ACTUALITES, SANTE | Lien permanent | Tags : rigueur, austérité, santé, taxe, soda, sucre |
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