vendredi, 23 mars 2012
Réserve de main d'œuvre à bas coût qui peut être contrainte et forcée
A quelques mois des présidentielles, Il est essentiel pour le gouvernement de faire baisser les chiffres officiels du chômage et surtout celui des chômeurs de catégorie A qui approche le chiffre des 3 millions.
En attendant une réindustrialisation qui ne viendra pas , le camouflage des chômeurs est de mise.
La méthode la plus rapide c'est de mettre les chômeurs en formation, en contrat aidé ou encore de soutenir le chômage partiel pour éviter de retrouver tout ce petit monde dans la catégorie A des " sans emploi".
C'est un simple cache misère pour donner l' illusion que l'action gouvernementale est positive dans un contexte européen et international critique.
Une"série de mesures d'urgences" destinées à améliorer la situation sur le "front de l'emploi" avait été annoncée lors du sommet social sur l'emploi , organisé avec les partenaires sociaux le 18 janvier 2012.
- Amélioration du chômage partiel
- Aide incitative à l'embauche des jeunes
- Formation des chômeurs
"Nous avons également décidé un plan sans précédent de formation des chômeurs très éloignés de l'emploi, c'est-à-dire ceux qui ne connaissent plus l'activité professionnelle depuis au moins 2 ans. Tous, sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation pour ceux qui sont éloignés de l'emploi depuis tant de temps qu'ils se trouvent dans l'incapacité de reprendre immédiatement un emploi, soit un contrat aidé, marchand ou non marchand".
- Renforcement des effectifs de Pôle Emploi pour faire face à ce plan (embauche de 1.000 salariés supplémentaires).
Les chômeurs commencent à être bichonnés par Pôle emploi, car 239 000 bienheureux doivent être reçus par les conseillers qui ont pour directive de leur proposer une formation ou un contrat aidé....
Ils sont convoqués par Pôle Emploi à un entretien dit "approfondi" pour faire le point de leur situation et trouver une solution ...
Pour donner du sérieux à cette opération illusoire , les conseillers peuvent utiliser des questionnaires préétablis.
Voici le questionnaire de 11 pages que les personnes convoquées reçoivent systématiquement : ce questionnaire intitulé «Diagnostic Socioprofessionnel Approfondi», doit être soigneusement rempli et remis lors de l'«entretien individuel approfondi» .
Ce questionnaire comporte 11 pages de questions "sur la situation personnelle, la situation professionnelle, la connaissance du marché de l'emploi , du secteur professionnel, etc..".
Voici quelques questions au hasard qui me font sourire lorsqu'on connait le contexte économique et les méthodes de recrutement employées par la quasi totalité des employeurs .....( beaucoup d'employeurs ne répondent pas aux lettres des candidats, quant aux raisons qui ont motivé le refus ou à la négociation du salaire c'est Alice au pays des merveilles !......)
8/ Vous sentez-vous capable de négocier votre salaire en entretien d’embauche ?
9/ Connaissez-vous les motifs de refus de vos candidatures ?
Lesquels ?
10/ Relancez-vous les entreprises ?
Comment ?
Quelles incidences peuvent avoir ces questionnaires ?
je reprendrai un extrait de l'article d'actu chomage :
"Il est tout à fait possible que certaines agences ne jouent pas le jeu et optent pour la résistance passive....... De même, Pôle Emploi n'a matériellement pas le temps de recevoir individuellement chaque chômeur de très longue durée et d'assurer ensuite son suivi «renforcé»...... Vous vous retrouverez donc en entretien collectif et, comme les autres, remettrez votre questionnaire dûment rempli qui finira dans une pile où nombreux seront les demandeurs d'emplois dont «la situation ne nécessite pas d'orientation ou d'analyse plus approfondie».
Mais il est possible, en dépit du temps et de la paperasse qu'elles devront consacrer pour cette injonction, que certaines agences fassent du zèle. Un conseiller épluchera votre questionnaire et appliquera à la lettre ce qui est prévu dans le «parcours» : signature d'un contrat aidé, orientation vers une formation sur un «métier en tension» ou vers une «POE», placement sur une prestation visant à vous "remobiliser" malgré vos «difficultés sociales» et, pourquoi pas, à vous "réinsérer" via un GEIQ ou une SIAE.
A moins d'être totalement à la dérive, dans tous les cas, il s'agit de vous rééduquer par le travail, quitte à être sous-employé(e) et/ou sous-payé(e). C'est pour votre bien, disent-ils. En vérité, c'est surtout pour le bien des profiteurs du système économique : vous êtes des "mondialisés de l'intérieur", nos Chinois ou nos Indiens à nous, une réserve de main d'œuvre à bas coût qui peut être contrainte et forcée, en dépit des conventions internationales et de nos textes fondateurs."
Je vous laisse en compagnie de cette vidéo...... A méditer
Xavier Raufer : Le Veau d’or des “marchés” et la piraterie financière
Xavier Raufer expose comment, aux Etats-Unis notamment, la mafia a instrumentalisé le secteur financier et aussi pourquoi certains dirigeants des grandes banques restent totalement impunis malgré leurs actes de “piraterie”.
Réalisation : Antoine Peillon
20:28 | Commentaires (1) | Envoyer cette note | EMPLOI | Lien permanent | Tags : emploi, chômage, pôle emploi, questionnaire |
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jeudi, 23 juillet 2009
Risques du RSA (quatrième et dernière partie)
le RSA un mélange des genres absurde!
voici en résumé mes principales critiques concernant une allocation qui se veut un hybride entre "le travailler plus pour gagner plus "et un socle de minimum à vivre
c'est un mélange des genres qui institutionnalise la catégorie de travailleurs pauvres , crée des disparités , place les bénéficiaires sous haute surveillance des administrations , et leur impose de nouvelles obligations que beaucoup ne pourront pas tenir..
institutionnalisation de la catégorie de travailleurs pauvres et création de disparités
le RSA va concerner plus de 3 millions de ménages:
- les allocataires du RMI et de l'API (allocation parent isolé, versée aux familles monoparentales ayant un ou plusieurs enfants de moins de trois ans et ayant de faible revenus)
- les ménages où vit un ou plusieurs travailleurs à faibles revenus d'activité (temps partiel ou chômeurs peu ou pas indemnisés..) mais supérieurs aux seuils d'attribution des minima sociaux. rappelons que plus d'un million de ménages vit en dessous du seuil de pauvreté (880 pour une personne seule en 2006 )
ce sont les travailleurs pauvres qui se sont multipliés ces dernières années avec l'accroissement des postes à temps partiel et du travail précaire ( CCD, mission d'intérim..)..
- les jeunes de moins de 25 ans exclus du RSA
le RSA ne concerne pas les jeunes de moins de 25 ans alors que ces jeunes, surtout lorsqu'ils n'ont aucune qualification représentent un fort pourcentage des salariés à temps partiel, en CDD ou intérim et alternent périodes d'emploi et de chômage.
- Le RSA un revenu d'appoint insuffisant
si le RSA donne un revenu d'appoint aux travailleurs à faibles revenus il reste insuffisant pour pouvoir les sortir de la pauvreté monétaire.
j'ai fait quelques simulations et vous donne le lien du document clic ici
un exemple :un couple ayant un enfant agé de 3 à 14 ans qui a un revenu d'activité d'un montant de 500 euros percevra 493 euros
pour 800 euros il percevra 379 euros et pour 1000 euros 303 euros.
s'il perçoit des prestations sociales, des avantages en nature, une pension alimentaire ou autres revenus le montant du RSA sera diminué d'autant. principe qui risque de minimiser l'impact du RSA
la définition des revenus autres que les revenus d'activité est beaucoup trop large ( notamment les avantages en nature) laissant une marge d'appréciation aux gestionnaires des dossiers inacceptable et des risques de redressement pour les bénéficiaires
- le RSA ne valorise pas la notion du travail c'est la culture "des petits boulots"
le RSA est un revenu assuré par foyer
que les revenus soient perçus par l'une ou l'autre personne du couple le montant du RSA reste identique
un couple dont chaque membre gagne 500 euros percevra une allocation de 302 euros
si un seul gagne 1000 euros il percevra la même somme
avec les effets de seuils certains auront intérêt à ne pas accepter de gagner plus car ils risqueraient de pénaliser le couple par suppression de la prestation
le RSA risque également de cantonner ses allocataires dans les « petits boulots », qui seront de fait comme subventionnés par cette aide sociale,
avec la crise économique, l'offre raisonnable d'emploi il y a un risque majeur de voir les pressions s'accentuer sur les demandeurs d'emploi pour qu'ils acceptent des emplois qui ne leur ouvrent aucun avenir stable
le RSA risque de dégrader le marché du travail et la qualité des emplois proposés,
Le sociologue Serge Paugam dénonce avec d’autres une « banalisation des emplois dégradants et peu qualifiés, d’autant qu’il apparaîtra moins légitime dans certains secteurs de l’économie de les faire disparaître et pour les allocataires du RSA de les refuser ». Moins légitime de les refuser… au risque de faire perdre la prestation aux anciens bénéficiaires de l’Allocation de parent isolé (API), craignent même la Confédération syndicale des familles et la Fédération syndicale des familles monoparentales. Or l’API, prestation familiale qui disparaît au profit du RSA, n’était soumise à aucune condition de retour à l’emploi, selon les deux organisations.
- le RSA pénalise les familles ayant des jeunes enfants" actifs"
les revenus des membres du foyer sont prise en compte y compris ceux des enfants de moins de 25 ans à charge
un exemple une personne seule sans activité percevant une pension alimentaire de 200 euros et ayant un enfant de plus de 14 ans et de moins de 25 ans à charge percevra 373 euros de RSA
si son enfant travaille et perçoit 1000 euros le RSA tombe à 146 euros
méthode de calcul qui reporte indirectement la "prise en charge "du parent sur le jeune ce qui peut créer une situation psychologique difficile à gérer pour le parent.
- le RSA va créer des inégalités de revenus entre des personnes ayant des revenus tirés de leur activité identiques en fonction des revenus de leur conjoint et de leurs enfants !!.
bref on pourrait pousser l'analyse encore plus loin ce ne sera qu'à l'épreuve du temps le RSA dévoilera tous ses effets indésirables
le RSA qui n'est pas limité dans le temps est un drôle d'animal : une sorte d' hybride entre le principe travailler plus pour gagner plus et un socle de minimum à vivre .
il institutionnalise de fait la condition de travailleur pauvre.
des allocataires sous haute surveillance
Le CCAS accueille l’usager, l’informe et l’aide à accomplir sa démarche. Mais c’est un service « récepteur » : il n’instruit pas les demandes, il n’étudie pas le droit, ni ne l’accorde.
La CAF et la MSA étudient le droit au RSA et l’accordent par délégation du Conseil général. Pour certains cas, la CAF et la MSA saisissent le Conseil général (cas particuliers, dérogations).
pôle emploi instruit également des dossiers
l'allocataire qui travaille et perçoit des revenus supérieurs à 500 euros n'est pas obligé de s'inscrire au pôle emploi
en revanche si ses revenus sont inférieurs à 500 euros par mois il lui sera demandé de s'engager dans un parcours d’insertion pour l' aider à améliorer sa situation.
la loi prévoit qu’il sera fait une évaluation de sa situation sociale et professionnelle. En fonction de ses besoins et de son projet, il pourra être orienté vers Pôle emploi ou vers un autre organisme.
tous ces intervenants doivent s'échanger des informations pour étudier les droits des demandeurs et effectuer des contrôles
selon le texte de loi , le président du conseil général, les représentants de l'Etat et les organismes chargés de l'instruction et du service du revenu de solidarité active demandent toutes les informations nécessaires à l'identification de la situation du foyer :
« 1° Aux administrations publiques, et notamment aux administrations financières ;
« 2° Aux collectivités territoriales ;
« 3° Aux organismes de sécurité sociale, de retraite complémentaire et d'indemnisation du chômage ainsi qu'aux organismes publics ou privés concourant aux dispositifs d'insertion ou versant des rémunérations au titre de l'aide à l'emploi.
.......
« Les informations recueillies peuvent être échangées, pour l'exercice de leurs compétences, entre le président du conseil général et les organismes chargés de l'instruction et du service du revenu de solidarité active et communiquées aux membres de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39.
« Les personnels des organismes cités à l'alinéa précédent ne peuvent communiquer les informations recueillies dans l'exercice de leur mission de contrôle qu'au président du conseil général et, le cas échéant, par son intermédiaire, aux membres de l'équipe pluridisciplinaire.
« Les organismes chargés de son versement réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale.
« Les organismes payeurs mentionnés à l'article L. 262-16 procèdent chaque mois à la confrontation de leurs données avec celles dont disposent les organismes d'indemnisation du chômage, à partir des déclarations mensuelles d'emploi et des rémunérations transmises à ces derniers par les employeurs. Ils transmettent chaque mois au président du conseil général la liste nominative des allocataires dont la situation a été modifiée à la suite de ces échanges de données.
nul doute qu'à terme si ce n'est déjà le cas il y aura des croisements des informations numériques entre la CAF, la MSA, le pôle emploi, la CRAM, la CPAM et les services fiscaux.
le décret ajoute que le bénéficiaire du revenu de solidarité active ainsi que les membres du foyer sont tenus de produire, à la demande de l'organisme chargé du service de la prestation et au moins une fois par an, toute pièce justificative nécessaire au contrôle des conditions d'ouverture de droit, en particulier au contrôle des ressources, notamment les bulletins de salaire.
le terme notamment signifie que tout autre type de document peut être demandé à tous les membres composant le foyer
pourquoi pas des relevés bancaires!
Enfin cerise sur le gâteau l'examen du train de vie des allocataires "Lorsqu'il est constaté par le président du conseil général ou les organismes chargés de l'instruction des demandes ou du versement du revenu de solidarité active, à l'occasion de l'instruction d'une demande ou lors d'un contrôle, une disproportion marquée entre, d'une part, le train de vie du foyer et, d'autre part, les ressources qu'il déclare"
Cette examen du train de vie des allocataires reprend les dispositions qui existaient pour le RMI et que j'avais dénoncé en son temps dans un billet publié le 26.02.2008 clic ici
« La mise en place du RSA risque de présenter une grande complexité et, de ce fait, de multiplier les occasions de création d’indus », avertissait Yvan Le Moing, membre du Groupe permanent d’action institutionnelle (GPAI) du Secours Catholique, dès le mois de février.
L’étalement et même l’annulation des indus par le conseil général, responsable territorial du RSA, sont envisageables, rappelle cet expert. Cette possibilité devient cruciale face à la nouvelle règle de la “fongibilité”. En clair, les indus de RSA pourront être récupérés sur les autres prestations versées par les Caf et, inversement, celles-ci pourront être récupérées sur les versements du RSA. Ainsi en a décidé la loi de financement de la Sécurité sociale du 17 décembre 2008. La direction d’une Caisse d’allocations familiales indique clairement qu’il s’agit là d’un « outil d’amélioration du recouvrement des indus »… tout en prônant « le meilleur service possible pour l’allocataire ».
de nouvelles obligations que beaucoup ne pourront pas tenir.
le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu lorsqu'il tire de son travail moins de 500 euros par mois , de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle
s'il est orienté vers pôle emploi il devra comme tout demandeur d’emploi respecter les engagements qu'il aura conclus avec le conseiller qui l' accompagne.
entretiens réguliers, recherche active, acceptation des offres raisonnables d'emploi
S'il est orienté vers un autre organisme, il devra respecter les engagements qu'il aura conclu avec lui (faire des démarches pour chercher un emploi, répondre aux convocations, suivre les ateliers ou les actions de formation etc...)
un grand nombre d'allocataires du RSA cumulant les handicaps se sont éloignés durablement de l'emploi
ces nouvelles obligations qu'ils ne pourront pas respecter s'ils ne sont pas fortement suivis dans leur parcours de réinsertion risquent de les exclure du bénéfice de cette prestation
rappelons que le RSA mis en place dans 34 départements à titre expérimental a fait l'objet d'un rapport d'étape de la Drees avant d'être généralisé et que ce rapport faisait état d'un Impact limité sur l’emploi.
la Drees ( Direction des statistiques du ministère du Travail ) observe des taux d’emploi légèrement plus élevés dans les zones expérimentant le RSA, mais sans différences significatives. Exception faite des personnes seules (sans enfant) qui sont 22 % à avoir exercé un emploi dans les zones-tests contre 17 % dans les autres.
Tout se passe donc comme si l’accès à l’emploi avait été « facilité par le RSA pour les populations ne cumulant pas trop d’obstacles pour le retour à l’emploi (comme le manque de qualification et les problèmes de garde d’enfants) », analyse la Drees.
pour faciliter le retour à l'emploi des populations qui cumulent les handicaps il faudrait une mobilisation sans précédant pour créer les conditions favorables à un accompagnement très soutenu de ces populations.
les acteurs qui interviennnet dans la mise en oeuvre du RSA ( conseils généraux, pôle emploi, associations de réinsertion) en ont ils les moyens humains et financiers ?
A défaut le RSA qui est déjà à mon sens une machine à institutionnaliser et légitimer l'existence de ce qu'on appelle pudiquement " les travailleurs pauvres" deviendra un instrument redoutable d'exclusion avec tous les effets induits ( délinquance, travail au noir etc...)
Premiers résultats sur les expérimentations du RSA et enquête de la Direction de la recherche et des statistiques du ministère du Travail (Drees) : www.sante.gouv.fr/drees/
- Rapport final du Comité d’évaluation sur les expérimentations : www.rsa.gouv.fr
- Délibérations sur le RSA de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) : www.halde.fr
- Récupération des « indus ». Loi n° 2008-1330 du 17 déccmbre 2008 de financement de la Sécurité sociale, art. 118 : www.legifrance.fr
- Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) : www.cnil.fr
de belles intentions bye bye RMI bonjour RSA
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lundi, 20 juillet 2009
les risques du RSA ( troisième partie)
peut-on avoir une vie privée quand on perçoit le RSA ?
voici mon troisième billet sur les dangers du RSA concernant le "passage au crible "de la vie privée des demandeurs et allocataires de cette prestation par les gestionnaires des dossiers .

dans les deux premiers billets nous avons vu que les revenus du foyer étaient appréciés de manière très large et que le questionnaire que devait remplir tout demandeur du RSA correspondait pour l'essentiel aux critères d'attribution et de calcul de cette allocation
en effet selon le décret -Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux.
il ressort également du décret que les aides et secours financiers qui ont un caractère régulier doivent être comptés dans le revenu ( je pense aux aides alimentaires de toutes sortes : de parents, amis, et pourquoi pas d'associations....) et déclarés
Je ferai cependant une réserve concernant la déclaration du montant de l’argent placé (plan d’épargne logement... ,comptes, livrets bancaires - ex : livret A...) car cette question outrepasse à mon sens les dispositions de la loi et du décret car seuls les revenus des capitaux placés constituent des revenus de ce fait doivent être déclarés
plusieurs questions concernant la situation professionnelle du conjoint et notamment la nature de son contrat de travail me paraissent également superflues
En résumé le questionnaire correspond pour l'essentiel aux informations nécessaires à l'étude des dossiers de demande du RSA
ce questionnaire devra toutefois être revu pour être "toiletté " car des questions vont audelà de la simple nécessité de l'examen de la recevabilité de la demande de l'allocation et du calcul de son montant.
en cela je soutiens la démarche d'actuchômage de soumettre le questionnaire à la CNIL et de "médiatiser" la question
lire mes deux billets précédants
abordons maintenant la question des pensions alimentaires
je ferai pour en terminer avec le questionnaire un petit commentaire sur l'intervention de Martin Hirsch qui a reçu actuchomage et a répondu à ses interrogations concernant l'aspect "indiscret" du questionnaire
les pensions alimentaires
selon le questionnaire les pensions alimentaires perçues doivent être déclarées puisqu'elles constituent un revenu
bien plus si le demandeur ne perçoit aucune pension alimentaire il doit s'en expliquer !
voici le texte du questionnaire :
- Vous êtes célibataire et vous vivez seul(e)
Percevez-vous une pension alimentaire ? ................................................................................ oui non
Si non, vous êtes susceptible d’engager une action envers vos parents pour obtenir une pension alimentaire.
Si vous souhaitez être dispensé de cette démarche, précisez le motif (logé gratuitement par les parents, aide financière versée
par eux...) : ______________________________________________________________________________________________
________________________________________________________________________________________________________
- Vous êtes marié(e) et vous ne vivez plus avec votre conjoint(e)
Avez-vous demandé une pension alimentaire pour vous-même ?...................................................................................... oui non
Vous avez un ou des enfants à charge et vous ne vivez pas avec son autre parent
. Recevez-vous l’allocation de soutien familial ?....................................................................................................................................... oui non
. Avez-vous un jugement fixant la pension alimentaire ?................................................................................................................ oui non
. Recevez-vous une pension alimentaire ?............................................................................................................................................................. oui non
. Avez-vous demandé une pension alimentaire ?......................................................................................................................................... oui non
Si non, vous devez engager une action envers le(s) parent(s) pour obtenir la fixation ou le versement d’une pension alimentaire
pour chaque enfant concerné.
Si vous souhaitez être dispensé(e) de cette démarche précisez le motif : ______________________________________________
______________________________________________________________________________________________________
Attention, la dispense n’est pas accordée automatiquement : si nécessaire, expliquez les raisons de cette demande dans une lettre.
malheureusement ce questionnaire répond aux exigences de la loi car le demandeur doit faire valoir ses droits à pension alimentaire
le texte de loi ajoute que les organismes chargés de l'instruction de la demande de RSA assistent le demandeur dans les démarches rendues nécessaires ( voir en fin de billet le texte de loi )
compte tenu des articles cités du code civil , il s'agit pour tout demandeur de faire valoir ses droits non seulement vis à vis de son conjoint concubin ou pacsé pour lui ou ses enfants mais également vis à vis de ses parents
cette exigence inscrite dans la loi est à mon sens choquante car c'est aller trés loin dans l'intrusion de la vie privée des personnes
Martin Hirsch a reçu actuchomage et a donné des explications sur l'aspect "indiscret" du questionnaire
voici l'article en question clic ici
selon Martin Hirsch Un nouveau formulaire, moins "perturbant" sera établi
concernant la question des pensions alimentaires Martin Hirsch a rappelé que la jurisprudence sur les pensions alimentaires pour les moins de 30 ans est inscrite dans le droit français et que, dans ce droit, «la solidarité familiale joue avant la solidarité collective».
Au sujet de la déclaration des revenus d'épargne il a précisé que ". Les montants déclarés sont évalués selon les barèmes fixés par le décret sur le "train de vie" des RMIstes (patrimoine, voiture, bijoux, œuvres d'art, etc). Quand on a 20.000 € de côté, par exemple, on ne risque absolument rien." Il précisé que nous n'allions pas sur le chemin de l'Allemagne avec un Hartz 4 à la française : pas question d'amputer quelqu'un du RSA s'il a un LEP à côté, par exemple...
Au sujet des aides extra-légales. Martin Hirsch a dit : «Non, cela ne rentre pas dans le calcul des ressources pour le RSA»
si actuchomage a bien retranscrit les propos de Martin Hirsch, force est de constater que ses réponses sont fausses

- contrairement aux affirmations de Martin Hirsch et sans rentrer dans le détail de l'obligation alimentaire des parents pour leurs enfants majeurs , l'âge de 30 ans n'est nullement mentionné dans les textes
les tribunaux allouent des pensions alimentaires aux jeunes qui poursuivent sérieusement leurs études et qui ne peuvent subvenir à leurs besoins et également aux adultes dans le besoin ( santé, handicap, chômage etc...) chaque cas est un cas particulier et il n'existe aucun âge "butoir" pour faire une demande.
- concernant les revenus d'épargne les textes précisent bien que les revenus de l'épargne sont à déclarer et les références au train de vie de rmistes n'ont rien à voir avec le sujet
- il en est de même des aides extra-légales qui ont un caractère régulier .
de deux choses l'une soit Monsieur Hirsch ne connaît pas son sujet ce qui serait plus qu'étonnant, soit il veut calmer le jeu en noyant le poisson
dans cette affaire ce qui est plus grave ce sont les arrangements que nos politiques se donnent le droit de faire avec des textes légaux et réglementaires
j'attends avec impatience le nouveau questionnaire moins "perturbant "selon les termes de Martin Hirsch
soit ce questionnaire est toiletté sans contrevenir aux textes
soit il est amputé des questions qui font polémiques et ce au mépris de la loi et du décret
si cela est le cas quelle garantie auront les allocataires de ne pas être "redressés" , quelle garantie qu'il n'y ait pas ultérieurement des ajustements au gré du ministère en place etc...
si le questionnaire est modifié il doit l' être en conformité avec la loi et le décret quitte à faire modifier ces éléments par ceux qui les ont votés !
sinon ce sera le flou artistique le plus grand un " arrangement " des textes à la française....
de qui se moque t-on?????
le dernier billet que je posterai très certainement lundi sera consacré à l'examen des devoirs des allocataires du RSA , les contrôles le croisement des fichiers et les incohérences et injustices de l'allocation avec des simulations à l'appui
voici le texte de la loi
« Art.L. 262-10......En outre, il est subordonné à la condition que le foyer fasse valoir ses droits :
« 1° Aux créances d'aliments qui lui sont dues au titre des obligations instituées par les articles 203, 212, 214, 255, 342 et 371-2 du code civil ainsi qu'à la prestation compensatoire due au titre de l'article 270 du même code ;
« 2° Aux pensions alimentaires accordées par le tribunal au conjoint ayant obtenu le divorce, dont la requête initiale a été présentée avant l'entrée en vigueur de la loi n° 75-617 du 11 juillet 1975 portant réforme du divorce.
« Art.L. 262-11.-Les organismes chargés de l'instruction des demandes et du service du revenu de solidarité active, mentionnés aux articles L. 262-15 et L. 262-16, assistent le demandeur dans les démarches rendues nécessaires pour la réalisation des obligations mentionnées à l'article L. 262-10.
« Une fois ces démarches engagées, l'organisme chargé du service sert, à titre d'avance, le revenu de solidarité active au bénéficiaire et, dans la limite des montants alloués, est subrogé, pour le compte du département, dans les droits du foyer vis-à-vis des organismes sociaux ou de ses débiteurs.
« Art.L. 262-12.-Le foyer peut demander à être dispensé de satisfaire aux obligations mentionnées aux deuxième à dernier alinéas de l'article L. 262-10. Le président du conseil général statue sur cette demande compte tenu de la situation du débiteur défaillant et après que le demandeur, assisté le cas échéant de la personne de son choix, a été mis en mesure de faire connaître ses observations. Il peut mettre fin au versement du revenu de solidarité active ou le réduire d'un montant au plus égal à celui de la créance alimentaire, lorsqu'elle est fixée, ou à celui de l'allocation de soutien familial.
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