jeudi, 17 février 2011
Perben le tonton flingueur des locataires " escrocs"
Hier soir j'écoutais d'une oreille distraite la Chaîne LCP , décidée à ne pas assombrir ma soirée par la morosité qui frappe aujourd'hui beaucoup de Français plus que lassés par les réformes en tous sens , les scandales politico-financièrs, et la crise......
Ma bonne humeur s'envola comme feuille d'automne lorsque j'entendis Monsieur Perben présenter la proposition de loi qu'il a déposé à l'assemblée nationale !
Nous savons tous que les allocataires du Rsa et les chômeurs sont des fainéants notoires , qu'ils se vautrent avec délectation dans leurs indemnités , que les malades sont d'infâmes simulateurs, que les pauvres savent mal gérer leur maigre budget, que les salariés sont trop protégés par le code du travail et qu'il faut assouplir n'ont pas ce grand niais d'alexandrin mais ce grand protecteur de code du travail.
Une autre catégorie s'ajoute à tous ces vilains bougres : les LOCATAIRES ESCROCS , une génération spontanée qui pousse comme herbe folle dans les prés verdoyants de notre douce république.
Mais l'UMP veille sur tous ces fraudeurs qui par les multiples réformes dont ils ont été les cibles sont rentrés dans le droit chemin disons le chemin de l' honnêteté citoyenne qui rappelons le est toute relative !
Ah Monsieur PERBEN si vous n'existiez pas la France partirait en quenouille ! je vous remercie de votre "bienveillante "proposition de loi qui sous prétexte de punir les fraudeurs et les escrocs ( il y en a dans tous les milieux hélas !) va plonger dans la pauvreté et le désarroi des milliers de personnes.
Force est de constater que l'intelligence à défaut de votre humanité n'est pas votre coupe de Champagne !
Voici de quoi il en retourne :
L'ancien Garde des Sceaux, Dominique Perben, député UMP du Rhône, a déposé le 20 décembre dernier une proposition de loi visant à équilibrer les rapports entre propriétaires et locataires. Le texte, afin de restaurer la confiance des propriétaires vis-à-vis des locataires, a pour objectif de renforcer le droit des bailleurs en cas d'escroquerie avérée. Parce qu'il s'agit d' "équilibrer", le texte ne concerne pas seulement les contentieux locatifs et la protection des propriétaires victimes d'abus manifeste, mais aussi un fichier qui recense les propriétaires condamnés dans le cadre d'infraction en matière d'habitat indigne.
Depuis quelques années nous assistons à une augmentation des contentieux locatifs.
Quelques chiffres que je reprends des écrits parlementaires :
En 2009, 134 302 contentieux locatifs qui ont débouché sur :
– 105 271 décisions de justice prononçant l’expulsion
– 58 904 commandements de quitter les lieux
– 41 054 demandes de concours de la force publique
– 25 652 décisions accordant le concours de la force publique– 11 294 interventions effectives de la force publique.
Dans le même temps l’offre relative de logement diminue et les prix de l’immobilier augmentent, empêchant certains de nos concitoyens d’accéder à un logement décent, poussant certains ménages hors des villes, sectorisant les aires urbaines.
De ces deux constats Notre ami Perben en déduit par un raccourci miraculeux que ce " mal logement" est du aux locataires escrocs qui encombrent inutilement les logements et non pas au manque de logements sociaux, aux spéculations immobilières laissant des milliers de locaux vides, à la paupérisation d'une grande partie de nos concitoyens, aux marchands de sommeil etc.....
Il souhaite redonner confiance aux propiétaires frileux qui n'osent plus louer à tous ces vils escrocs potentiels que sont les locataires.
je cite notre ex Garde de Sceaux : "Au regard de ces deux constats : la difficulté pour les locataires à trouver un logement et l’augmentation du contentieux, il convient d’apporter une réponse plus complète, sur le plan législatif, et compléter ces mesures en agissant sur les conditions des contrats entre propriétaires et locataires qui sclérosent aujourd’hui le marché immobilier.
En effet, l’inflation de la protection du locataire, nécessaire, s’est pourtant mal construite. Le contrat passé entre bailleur et locataire ne repose aujourd’hui, en raison de l’accroissement des délais de recouvrement des loyers et d’expulsion, que sur la confiance dans la probité du locataire.
Cette image négative donnée au propriétaire se traduit dans les faits par l’augmentation des garanties non obligatoires demandées par les propriétaires et l’exclusion de facto d’un certain nombre de locataires potentiels."
Attention mon propos n'est pas d'ignorer ou de minimiser les difficultés rencontrées par certains propriétaires notamment ceux qui ont mis leurs économies dans l'achat d'un appartement et qui se heurtent à des locataires peu scrupuleux , mais de dénoncer que sous prétexte d'un phénomène qui reste marginal Monsieur Perben propose de modifier les garanties des locataires en matière d'expulsion .
- Aujourd'hui lorsqu'une expulsion est ordonnée en justice le locataire bénéficie d'un délai de deux mois , le juge peut accorder des délais supplémentaires aux locataires dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales.
La durée des délais ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an. Pour la fixation de ces délais, le juge doit tenir compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement.
- Selon la proposition de loi lorsque le bailleur est victime d’une escroquerie manifeste de son locataire la demande de délais n’est pas valable .( le juge devra déterminer s'il ya escroquerie ou non) . En cas de récidive l'expulsion aura lieu au maximum un mois après le jugement d'expulsion.
- Aujourd'hui on ne peut pas expulser un locataire en période hivernale c'est à dire du 1.11 au 15.03 de chaque année
- Selon la proposition pas de délai hivernal pour les locataires escrocs .
Enfin la loi prévoit la création d'un fichier national à l'instar du fichier "des incidents de paiement "de la Banque de France QUI RECENSERA TOUS LES LOCATAIRES coupables de défaut total de paiement.
Ce fichier qui sera biensur consulté par les propriétaires et agences de location avant de conclure un bail va exclure du champ de la location pendant plusieures années ( nombre à définir...) les locataires indélicats...
Avec ces idées lumineuses vous risquez Monsieur Perben d'avoir des milliers de personnes jetées à la rue en période hivernale sans relogement.
Nous avons 100 000 SDF en France avec votre loi nous risquons d'en avoir plusieurs centaines de milliers !
Je ne relèverai pas les flous et imprécisions de votre proposition de loi qui vont si elle est appliquée multiplier les contentieux.
j'en appelle simplement à l'intelligence des juges de s'en tenir au texte actuel qui leur donne une liberté suffisante d'appréciation pour dénicher les mauvais payeurs professionnels , de ne jamais reconnaitre "l'escroquerie" manifeste et de balayer ainsi de la main une loi inique !
je rappelle pour simple information que l'excroquerie en droit pénal est le fait, soit par l'usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité, soit par l'abus d'une qualité vraie, soit par l'emploi de manoeuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d'un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge.
L'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375000 euros d'amende.
Je vous laisse mes chers lecteurs en compagnie de notre fringant Perben et son langage fleuri !
Perben:«On va mettre le turbo et on va les défoncer»
envoyé par 20Minutes. - L'info internationale vidéo.
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lundi, 07 décembre 2009
Locataire ouvre ton porte monnaie!!!!
Une mesure qui pourrait s'avérer dans certains cas inéquitable pour les locataires ayant des revenus modestes .....
Afin d'inciter les propriétaires d'un logement d'habitation mis en location à effectuer dans celui-ci des travaux d'isolation thermique ou en faveur des économies d'énergie, ces derniers ont la possibilité de demander au locataire d'acquitter une contribution.
En effet la loi (n°2009-323) du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion, prévoit que lorsque des travaux d'économie d'énergie sont réalisés par le bailleur dans les parties privatives d'un logement ou dans les parties communes de l'immeuble, une contribution pour le partage des économies de charge peut être demandée au locataire .
Cette participation est limitée au maximum à 15 ans et doit être notamment portée sur la quittance remise au locataire.
Le montant de cette participation est fixe et ne peut être supérieur à la moitié du montant de l'économie d'énergie estimée. (article L442-3 du Code de la construction et de l'habilitation.)
Le décret (n°2009-1438) du 23 novembre 2009, précise les modalités de cette contribution notamment :
- la liste des travaux éligibles
- les niveaux minimaux de performance énergétique à atteindre
- les modalités d'évaluation des économies d'énergie
- le calcul du montant de la participation
un autre décret et deux arrêtés complètent le dispositif :
décret (n°2009-1439) du 23 novembre 2009
- un arrêté concerne le bailleur social
- un arrêté visant le bailleur privé.
Pour les immeubles achevés avant le 1er janvier 1948, le bailleur peut demander à son locataire une contribution mensuelle forfaitaire fixe et non révisable s'élevant à :
- 10 euros pour les logements comprenant 1 pièce principale ;
- 15 euros pour les logements comprenant 2 ou 3 pièces principales ;
- 20 euros pour les logements comprenant 4 pièces principales et plus.
Les montants de ces forfaits pourront être actualisés par arrêté tous les 3 ans en fonction de l'évolution de l'indice de révision des loyers (IRL).
Pour les immeubles achevés après le 1er janvier 1948, le bailleur peut demander à son locataire une contribution mensuelle calculée:
- soit sur la base d'une estimation de l'économie d'énergie mensuelle en euros calculée à partir de la méthode Th-C-E ex. voir annexe de l'arrêté.
- soit sur la base d'une estimation de l'économie d'énergie mensuelle en euros calculée à partir d'une des méthodes réglementaires prévues à l'arrêté du 9 novembre 2006. Les modalités de calcul de l'économie d'énergie et de la contribution du locataire sont précisées dans l'annexe du même arrêté.
- lorsque le bailleur ne détient pas plus de 3 logements locatifs dans l'immeuble considéré, le montant de la contribution mensuelle peut être fixé de manière forfaitaire dont le barème est identique à celui prévu pour les bâtiments achevés avant le 1er janvier 1948, soit :
( 10 euros pour les logements comprenant une pièce principale , 15 euros... voir ci dessus )
Après une lecture rapide des textes je constate encore une fois leur complexité qui ne manquera pas de créer des contentieux
Cette mesure risque d'être inéquitable pour les locataires qui devront s'acquitter d'une contribution forfaitaire dans le mesure où celle ci pourrait ne pas être à la hauteur des économies d'énergie réalisées.
Par ailleurs, la contribution qui n'est pas modulée en fonction des revenus du locataire risque d'alourdir de manière conséquente la part du budget " logement" des locataires aux revenus modestes
Enfin je n'ai connaissance d'aucune mesure fiscale qui permette de déduire une partie de la participation du locataire de ses impôts alors que le propriétaire peut avoir un crédit d'impôt pouvant aller jusqu'à 50% du prix de certains équipements..

11:27 | Commentaires (5) | Envoyer cette note | LOGEMENT | Lien permanent | Tags : loyer, logement, énergie, propriéraires, locataires, charges, économie, droit |
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