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dimanche, 09 décembre 2012

Les chômeurs dorment dans la ouate de leurs indemnités !

 

Droopy-happy.jpgPour tordre le cou aux idées reçues :

Le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés à fin octobre - 2.658.300 -a progressé de 5,3 % en un an, soit deux fois moins vite que le nombre d'inscrits à Pôle emploi.

Selon les Echos "le régime d'assurance chômage laisse, proportionnellement, de plus en plus de personnes sur le bord de la route, avec désormais moins d'un inscrit sur deux indemnisé (48 %)". Et le phénomène devrait s'accentuer en 2013. En cause évidemment la longueur de la crise qui alimente la durée moyenne d'inscription à Pôle emploi (472 jours fin octobre), et les "fin de droits" de plus en plus nombreuses.

 Les Echos ajoutent "qu'avec l'essor des contrats courts, les entrées au chômage sont de plus en plus alimentées par des personnes arrivant avec peu de droits, voire aucun".

Les chômeurs perdant leurs allocations chômage, qui ont travaillé au moins 5 ans sur les 10 années précédentes, basculent sur l'Allocation spécifique de solidarité (ASS), également versée par Pôle emploi. Mais ils y perdent alors, en moyenne, la moitié de leurs revenus.

En un an, le nombre de bénéficiaires a progressé de 5,4 %, pour atteindre 459 000. Ceux qui n'ont pas droit à l'ASS basculent, eux, sur le RSA.
 

Le gros point noir au troisième trimestre est le chômage des jeunes, qui bondit selon l'INSEE de 1,4 point, à 24,2 % des actifs de cette classe d'âge. Il s'agit d'"un niveau historique, plus haut que les précédents sommets de 2009" note l'Institut.

Ecouter cette vidéo : consternant la situation est aujourd'hui identique !


sur le chômage 1.2 par nemandi

lundi, 26 novembre 2012

L'Envers de la fraude sociale

 Au cours des dernières années, le discours sur la "fraude sociale", prétextant "sauver la protection sociale des assistés et des tricheurs", a répandu l’idée que les droits économiques et sociaux se méritent et a inoculé une suspicion à l’encontre de leurs bénéficiaires légitimes.

En martelant l’idée que le système est « fraudogène », il a prétendu que les droits ne sont pas une obligation et que les prélèvements les finançant ne sont pas un devoir, à l’inverse des principes qui fondent le modèle social français.

Or, pour être juste et acceptable, la lutte contre la fraude doit éviter l’amalgame et la division, et participer à une politique générale d’accès aux droits sociaux. Car, si la fraude à l’ensemble des prestations sociales est estimée à 4 milliards d’euros par an, son envers, à savoir le « non-recours » à ces aides de la part des très nombreuses personnes qui y ont droit, est bien supérieur.

Ainsi, chaque année, 5,7 milliards d’euros de Revenu de solidarité active, 700 millions d’euros de Couverture maladie universelle complémentaire, 378 millions d’euros d’Aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, etc., ne sont pas versés à leurs destinataires.pauvreté,odenore,exclusion

C’est ce que démontre  * L’Envers de la "fraude sociale" , un livre écrit par les chercheurs de l'Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), rattaché au CNRS   et  publié en Novembre aux éditions  La Découverte.

 Défaut d'information,  complexités administratives  ou tout simplement la honte peuvent décourager les demandeurs.


"Les dispositifs ne sont peut-être pas adaptés aux besoins", avance aussi Héléna Revil, doctorante en sciences politiques, citant le cas de l'aide à la complémentaire santé, dont le taux de non-recours atteint 75%. "En fait, ce dispositif aide à payer une complémentaire santé, mais le reste à charge est encore beaucoup trop élevé pour les bénéficiaires", estime Mme Revil.

Pour les auteurs de l'ouvrage, l'ampleur du non-recours ne signifie pas forcément que les dispositifs sont mauvais, mais pose la question de leur mise en oeuvre, souvent "trop complexe".

"Il faut faire des choix publics majeurs: s'agit-il de recentrer les aides, les simplifier?", interroge Philippe Warin, directeur de recherche au CNRS et cofondateur de l'Odenore. "Cela pose aussi la question de l'automaticité des aides", ajoute-t-il.

Autre difficulté, les allocataires des prestations sont régulièrement confrontés à des changements de situation, qui peuvent conduire à des ruptures dans leurs droits.

"Il faut des allocations plus stables, plus prévisibles", qui ne risquent pas d'être coupées à tout moment, plaide Bruno Tardieu, délégué national du mouvement ATD Quart Monde France.

Il cite le cas du RSA, dont le versement dépend d'une déclaration de ressources tous les trois mois.

"Au lieu de le suspendre dès qu'il manque un papier, il faut le maintenir, les bénéficiaires doivent sentir qu'on leur fait confiance, pas qu'on les prend pour des fraudeurs", estime M. Tardieu.


Les sommes non réclamées ou non versées amputent d'autant le pouvoir d'achat des bénéficiaires, de même que le renoncement aux soins pèse in fine sur le système de santé.

"Derrière ce phénomène, il y a un enjeu économique fort qui mérite d'être souligné", juge Philippe Warin.


Pour le collectif d’auteurs , le nouveau gouvernement doit s’occuper prioritairement du phénomène du non-recours, car ce qui n’est pas dépensé n’est en rien une économie. Cela signifie au contraire l’appauvrissement de bon nombre de ménages et la destruction de recettes pour la collectivité.

Cette question sera à l'ordre du jour de la conférence sur la pauvreté et l'exclusion des 10 et 11 décembre

Pour aller plus loin : Odenore 

La pauvreté :  les indicateurs 

pauvreté,odenore,exclusion 

14:24 | Commentaires (2) | Envoyer cette note | | Lien permanent | Tags : pauvreté, odenore, exclusion |  Facebook |  Imprimer | | | | |

mercredi, 29 août 2012

Nous marchons sur la tête !

La multiplication des cas d'immolations en France, en Grèce ou au Tibet montre que le recours à ce geste d'une extrême violence dépasse les cultures et les religions. Même si les significations peuvent diverger.

 «La particularité fondamentale de l'immolation est de porter sa propre mort sur la scène publique, d'exposer au monde son désespoir, explique au Figaro Smaïn Laacher, sociologue au Centre d'études des mouvements sociaux du CNRS

 Un Tibétain en exil à New Delhi en Inde s'immole le 26 mars 2012 lors d'une manifestation. Crédits photo : STRDEL/AFP8cb9fcd4-e22c-11e1-bd4a-64cda5a82e72-493x328.jpg

Le 8 août,   dans les locaux de la CAF de Mantes-la-Jolie ,un homme de 51 ans s'est aspergé de liquide inflammable avant d'y mettre le feu lors d'un entretien avec un conseiller.

Nous apprenons aujourd'hui , que cet homme , souffrant de sérieuses brûlures,  a succombé à ses blessures , dimanche à l'hôpital Saint-Louis, à Paris.

Un fait divers qui   soulève la question de la détresse psychologique des précaires et des demandeurs d'emploi en fin de droit.

Un fait divers , comme l'indique très justement Alain Marcu, de l'association AC! (Agir contre le chômage et la précarité) qui reste " un drame emblématique d'une réalité sociale occultée, de la désespérance et du parcours du combattant de personnes invisibles, isolées, inorganisées, qui ont honte, et dont la situation matérielle ne peut faire qu'empirer"

 Un fait divers  qui démontre , comme le  souligne  Virginie Gorson-Tanguy, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). "que le chômage est une souffrance."

Un fait divers  qui prouve  selon Philippe Sabater, représentant du syndicat majoritaire chez Pôle emploi, le SNU-FSU,"  qu'une erreur administrative peut être vitale" et que "Les réponses stéréotypées, la déshumanisation du service public, engendrent une désespérance des usagers et des salariés alors que la situation est en train d'exploser".

 En surfant sur le net  je viens  d'apprendre que :

  • Six salariés  de la CAF , traumatisés, sont encore en arrêt de travail
  • Les rendez-vous liés à l'instruction de dossiers du RSA ont été temporairement reportés pour alléger le travail du personnel de la CAF.
  • En matière de sécurité, un vigile supplémentaire est présent à l'entrée du personnel et des policiers effectuent des rondes à l'extérieur.

Bref tout un branle- bas de combat qui va retarder le traitement des dossiers  et mettre en situation de détresse un certain nombre d'allocataires ! 

Force est de constater  que les  pauvres en détresse n'intéressent personne ..... si ce n'est pour   permettre aux uns et aux autres de s'en servir pour justifier , notamment,  des revendications d'amélioration des conditions de travail .

Si ces revendications sont légitimes, elles ne doivent pas pour autant occulter un drame qui pourrait arriver à chacun d'entre nous !  

 pour aller plus loin

 

 
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