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pôle emploi

  • Une réalité passée sous silence ! Ceux qui ne demandent pas leurs prestations !

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    Depuis plusieurs années  un climat de suspiçion généralisée s'est installé à l'encontre des allocataires des minima sociaux, des chômeurs, des malades ... d'une manière générale sur tous ceux que les accidents de la vie ont entrainé dans une situation de fragilité sociale.

    Nicolas Sarkozy avait mis la fraude au centre de ses préoccupations.
    Des ministres au président de la République , tous vitupèraient  contre les fraudeurs qui volent les français..

    Le 15 novembre 2011 , à Bordeaux, le président de la République s’était posé en « garant » et en « protecteur » du modèle social issu du Conseil national de la Résistance. Frauder la Sécurité sociale, « ce n’est pas simplement abuser du système, ce n’est pas simplement profiter de ses largesses. C’est voler chacun et chacune d’entre nous », avait-il lancé.

     Les médias n'ont eu de cesse de se faire le relai de cette chasse aux sorcières en pointant du doigt les vilains millionnaires qui se sont enrichis sur le dos de la collectivité.. ( la petite fraude ne fait pas les gros titres..vente oblige...) 

    Ce fut  le cas de ce titre , quelque peu "racoleur " du Parisien" Fraude sociale : les premiers tricheurs épinglés" et de citer deux exemples :
    Un allocataire du revenu de solidarité active (RSA) déclaré sans activité et domicilié chez une association mais heureux propriétaire de deux voitures de luxe.
    une famille percevant différentes aides mais omettant de signaler des « revenus » qui proviennent d’un trafic de stupéfiants…

    Campagnes de presse, campagnes sur les radios ( la petite voix de la fraude ), panneaux d'affichages dans toutes les antennes des CAF avec listes des condamnations etc...., sans compter la création des comités opérationnels départementaux antifraude (Codaf).

    Lire mon article "La voix de la fraude "422398842.jpg

    Le changement de majorité  n'a pas inversé cette tendance. 

    Des policiers aux douanes en passant par la CAF ou encore les finances publiques, tous ces partenaires travaillent ensemble pour améliorer la coordination de la lutte contre la fraude aux prestations sociales. Si l’un d’entre eux soupçonne une fraude , grâce aux échanges d’informations entre ces différents organismes et les services de l’Etat, le Codaf peut alors mettre en œuvre des actions judiciaires pour prendre la main dans le sac les contrevenants.

    Le 19.06.2012  l'Alsace.fr titre  " Les fraudeurs sont en ligne de mire "

    Pôle emploi va mettre en place des équipes dédiées au contrôle !

      Dans un article récent  je notais " Jusqu'à présent, ce sont surtout les conseillers de Pôle emploi qui sont chargés de vérifier que les demandeurs d'emploi recherchent bien un travail. Bien souvent, et faute de moyens, le contrôle se résumait à sanctionner le chômeur qui ne venait pas à un rendez-vous de Pôle emploi.

    Le plan stratégique promet une "expérimentation" sur "la mise en place d'équipes dédiées au contrôle de la recherche d'emploi". Demain, des contrôleurs de Pôle emploi iront-ils au domicile des chômeurs vérifier qu'ils recherchent bien un emploi ? "Rien n'est exclu", affirme-t-on à la direction. Pour contrôler les demandeurs d'emploi qui sont suivis uniquement sur Internet, des outils de traçage des connexions sur le site de Pôle emploi pourraient être mis en place ! ( source le Monde ).

    Si l'ampleur des fraudes est sujet à controverses  , l'importance des prestations non réclamées par les bénéficiaires potentiels est passée sous silence ! 

    Fin 2010, "près de la moitié" des bénéficiaires potentiels du Revenu de solidarité active ne le demande pas, souvent par méconnaissance du dispositif .

    Dans le détail, plus d'un tiers des éligibles au Rsa socle seul et au Rsa socle et activité ne recouraient pas à la prestation.

    De même, plus des deux tiers des éligibles au Rsa activité seul étaient en situation de non-recours.

    Des chiffres imposants relevés par la CNAF dans sa publication mensuelle l'e-ssentiel.

    Parmi les foyers éligibles, le non-recours concerne davantage les couples, les hommes seuls et les foyers sans enfant. Il est aussi le fait des moins pauvres d'entre eux, plus proches du marché du travail et aux conditions de vie les moins dégradées. La méconnaissance du Rsa, ou sa mauvaise connaissance, explique pour l'essentiel le non-recours à la prestation. En revanche, les non-recourants n'évoquent que marginalement un faible intérêt financier de la prestation ou la peur de perdre des droits connexes comme motifs de non-recours.


    Près de 1,7 million de foyers éligibles au RSA au dernier trimestre 2010 n'en étaient donc pas bénéficiaires, "induisant un montant non distribué de l'ordre de 432 millions d'euros", ajoute la Caisse.


    Ces taux élevés de non-recours ne sont toutefois pas propres au RSA. De très nombreuses études ont calculé ou estimé des taux de non-recours à divers dispositifs et programmes sociaux, que ce soit dans les domaines de la santé (Aide à l'acquisition d'une complémentaire santé, services de soins primaires, services de santé mentale), du logement, de l'insertion professionnelle, des prestations sociales financières, des services à la personne, etc. Les taux de non-recours se situent en moyenne un peu en-dessous de 40 %.
    > le numéro 124 de l'e-ssentiel, la lettre électronique de la Cnaf :
    http://www.caf.fr/etudes-et-statistiques/l-e-ssentiel

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  • Réserve de main d'œuvre à bas coût qui peut être contrainte et forcée

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    .png_dessin348_titom_cycle_travail_flexibilite_precarite_pension_meritee_m.jpgA quelques mois des présidentielles, Il est essentiel pour le gouvernement de faire baisser les chiffres officiels du chômage   et surtout celui des chômeurs de catégorie A qui approche le chiffre des 3 millions. 

    En attendant une réindustrialisation  qui ne viendra pas , le camouflage des chômeurs  est de mise.

     La méthode la plus rapide  c'est de mettre les chômeurs en formation, en contrat aidé ou encore de soutenir le chômage partiel pour éviter  de retrouver tout ce petit monde  dans la catégorie  A  des " sans emploi".

    C'est un simple cache misère pour donner l' illusion  que l'action gouvernementale est positive  dans un contexte  européen et international critique. 

    Une"série de mesures d'urgences" destinées à améliorer la situation sur le "front de l'emploi" avait  été annoncée  lors du sommet social sur l'emploi , organisé avec les partenaires sociaux le 18 janvier 2012.

    • Amélioration du  chômage partiel  
    • Aide incitative à l'embauche des jeunes
    • Formation des chômeurs 
      "Nous avons également décidé un plan sans précédent de formation des chômeurs très éloignés de l'emploi, c'est-à-dire ceux qui ne connaissent plus l'activité professionnelle depuis au moins 2 ans. Tous, sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation pour ceux qui sont éloignés de l'emploi depuis tant de temps qu'ils se trouvent dans l'incapacité de reprendre immédiatement un emploi, soit un contrat aidé, marchand ou non marchand".
    • Renforcement des  effectifs de Pôle Emploi  pour faire face à ce plan (embauche de 1.000 salariés supplémentaires).

    Les chômeurs commencent à être   bichonnés  par Pôle emploi, car  239 000 bienheureux  doivent  être  reçus   par les conseillers  qui ont pour directive  de  leur proposer une formation ou un contrat aidé....

     Ils  sont convoqués   par Pôle Emploi à un entretien dit "approfondi"  pour faire le point de leur situation et trouver une solution ... 

    Pour donner du sérieux à cette opération illusoire , les conseillers peuvent utiliser des questionnaires préétablis.

    Voici  le questionnaire  de 11 pages  que les personnes convoquées reçoivent systématiquement : ce  questionnaire intitulé «Diagnostic Socioprofessionnel Approfondi»,  doit être  soigneusement rempli et  remis lors de l'«entretien individuel approfondi» .

    Ce questionnaire  comporte 11 pages de questions "sur la situation personnelle,  la situation professionnelle, la connaissance du marché de l'emploi , du  secteur professionnel, etc..". 

    Voici quelques questions au hasard qui me font sourire  lorsqu'on connait le contexte économique et les méthodes de recrutement employées par la quasi totalité des employeurs .....( beaucoup d'employeurs ne répondent pas aux lettres des candidats,  quant aux raisons  qui ont motivé le refus   ou à  la négociation du salaire  c'est Alice au pays des merveilles !......) 

    8/ Vous sentez-vous capable de négocier votre salaire en entretien d’embauche ?

    9/ Connaissez-vous les motifs de refus de vos candidatures ?
    Lesquels ?

    10/ Relancez-vous les entreprises ?
    Comment ?


    Quelles incidences peuvent avoir ces questionnaires ?

    je reprendrai un extrait de l'article d'actu chomage :

    "Il est tout à fait possible que certaines agences ne jouent pas le jeu et optent pour la résistance passive....... De même, Pôle Emploi n'a matériellement pas le temps de recevoir individuellement chaque chômeur de très longue durée et d'assurer ensuite son suivi «renforcé»...... Vous vous retrouverez donc en entretien collectif et, comme les autres, remettrez votre questionnaire dûment rempli qui finira dans une pile où nombreux seront les demandeurs d'emplois dont «la situation ne nécessite pas d'orientation ou d'analyse plus approfondie». 

    Mais il est possible, en dépit du temps et de la paperasse qu'elles devront consacrer pour cette injonction, que certaines agences fassent du zèle. Un conseiller épluchera votre questionnaire et appliquera à la lettre ce qui est prévu dans le «parcours» : signature d'un contrat aidé, orientation vers une formation sur un «métier en tension» ou vers une «POE», placement sur une prestation visant à vous "remobiliser" malgré vos «difficultés sociales» et, pourquoi pas, à vous "réinsérer" via un GEIQ ou une SIAE.


    A moins d'être totalement à la dérive, dans tous les cas, il s'agit de vous rééduquer par le travail, quitte à être sous-employé(e) et/ou sous-payé(e). C'est pour votre bien, disent-ils. En vérité, c'est surtout pour le bien des profiteurs du système économique : vous êtes des "mondialisés de l'intérieur", nos Chinois ou nos Indiens à nous, une réserve de main d'œuvre à bas coût qui peut être contrainte et forcée, en dépit des conventions internationales et de nos textes fondateurs."

     Je vous laisse en compagnie de cette vidéo...... A méditer 

    Xavier Raufer : Le Veau d’or des “marchés” et la piraterie financière

    Xavier Raufer expose comment, aux Etats-Unis notamment, la mafia a instrumentalisé le secteur financier et aussi pourquoi certains dirigeants des grandes banques restent totalement impunis malgré leurs actes de “piraterie”.

    Réalisation : Antoine Peillon 

     

  • Nos dirigeants marchent cul par dessus tête

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    Après  5 mois de travail,  de déplacements dans toute la France (à l'instar de Laurent Wauqiez en son temps ), de tables rondes , d'auditions bref d'un dur labeur ....le Sénat vient de rendre son rapport d'information sur Pôle emploi.


    Ses travaux ont confirmé le bien-fondé, dans son principe, de la fusion de l'ANPE et des Assedic.

    Mais ils ont aussi montré que des erreurs ont été commises. La qualité de l'accompagnement des demandeurs d'emploi s'est dégradée en raison de l'augmentation du nombre de chômeurs suivis par chaque conseiller de Pôle emploi.

    Globalement, la mission défend trois grandes orientations :

    --> Réformer la gouvernance et l'organisation de Pôle emploi pour mettre en place un véritable pilotage par la performance,

    --> Allouer des moyens humains supplémentaires de manière à renforcer le suivi des personnes éloignées de l'emploi.

    --> Renforcer l'ancrage territorial de Pôle emploi, et de développer encore ses partenariats avec les autres acteurs du service public de l'emploi.

     

    tete_dans_le_cul.jpgA la lecture du rapport du sénat, à la lecture des vidéos  concernant le sujet , force est de constater que les grands oubliés sont LES CHOMEURS.......

    Oui , je l'affirme haut et fort ,  tout ce petit monde  a oublié  que pôle emploi   n'existe que parce qu'il y a des  chômeurs qui en leur temps ont cotisé  et cotisent pour percevoir des allocations en cas  d'accident de la vie.

    La mission  constate notamment que la fusion s'est faite dans la précipitation et que des erreurs ont été commises ! La belle affaire ....Nul besoin d'une mission sénatoriale pour constater ce que  chômeurs  et employés de terrain de pôle emploi dénoncent depuis la fusion !

    Nos dirigeants marchent cul par dessus tête car aucune erreur n'aurait due être faite  si  chacun avait fait son travail comme il se doit :

    En effet  la fusion de l'ANPE et des Assedic  devait être pensée, réfléchie, anticipée dans les moindres détails  et testée  avant  d'être appliquée sur le terrain  ! tout responsable de service d'une entreprise privée sait cela ... Alors ?

    A quoi ont servi  le ministère du travail, les instances dirigeantes des Assedic et de l'ANPE,  bref UN NOMBRE  IMPORTANT DE PERSONNES  payées pour anticiper les problèmes potentiels  d'une telle opération et trouver des solutions avant que le dernier maillon de la châine qui est le demandeur d'emploi  n'en paie le prix fort...

    • Je trouve scandaleux  que la mission sénatoriale puisse admettre ,en le minimisant en quelque sorte ,  que  les instances dirigeantes aient  fait preuve de naiveté .... voici un passage éloquent du rapport :

    La plus grave a certainement trait à la volonté, manifestée au début de la fusion, de créer un métier unique.

    Pour Gabrielle Simon, de la CFTC, « l'illusion du métier unique relevait de l'euphorie initiale suscitée par la fusion » : l'ensemble des agents devaient, à l'issue d'une période de formation, être capables d'exercer indifféremment les métiers de l'indemnisation et du placement. Cette polyvalence aurait apporté à Pôle emploi une formidable souplesse dans la gestion de son personnel et aurait permis de mettre en face de chaque demandeur d'emploi un conseiller capable de répondre à toutes ses interrogations.

    En conséquence, Pôle emploi a lancé, l'année de sa création, un vaste programme de formation de son personnel : en 2009, 21 000 agents ont reçu une formation afin de pouvoir répondre aux questions de base que se posent les demandeurs d'emploi. Ces sessions de formation ont obligé les agents à s'absenter de leurs postes de travail alors que des milliers de demandeurs d'emploi supplémentaires se présentaient chaque jour dans les agences.

    Le président du conseil d'administration de Pôle emploi a admis, à demi-mot, que la direction avait peut-être fait preuve d'un peu de naïveté sur ce point : « Nous avions pensé, peut-être benoîtement, que le mariage des métiers au sein de Pôle emploi serait facile. Or, nous constatons que l'inscription et l'indemnisation d'un côté, et le placement de l'autre, restent deux métiers de nature différente. Certains agents peuvent se montrer polyvalents mais d'autres n'y parviennent pas. Il est donc préférable que les personnes travaillent en binôme, plutôt que de les contraindre à exercer ces deux métiers.

     

    • Je trouve également scandaleux  que  le rapport  fasse  état d'une " relative" satisfaction des chômeurs et s'appuie  sur l'enquête, contestée et contestable dans son principe  et son application , lancée par Laurent Wauquiez !

     

    • Je trouve enfin  scandaleux  que  le rapport se dise " intéressé par l'expérimentation, lancée à l'initiative de l'ancien ministre en charge de la jeunesse et des solidarités, Marc-Philippe Daubresse, en juillet 2010, qui vise à fluidifier le dialogue entre les différents acteurs et à faire du RSA un outil clé de l'insertion professionnelle."

    Cette expérimentation  est en cours, selon des modalités propres à chaque département, dans l'Aude, le Cantal, le Gard, la Meurthe-et-Moselle, la Gironde, le Morbihan et la Vendée, ainsi que dans le Doubs, que préside le sénateur Claude Jeannerot, président de la mission commune d'information. Le conseil général y travaille avec Pôle emploi pour expérimenter un dispositif d'accompagnement global des titulaires du RSA, avec un traitement simultané des champs professionnel et social."

    Nous savons très bien  que fluidifier  le dialogue c'est pour l'UMP et Monsieur Daubresse  obliger  les personnes au RSA   de travailler pour les collectivités locales , de multiplier les contrôles  et de  cautionner  la création d'un FBI  POUR pour lutter  contre les abus  !!!!!

    vidéo débat  LCP

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  • Chômeurs, allocataires du Rsa, agents de pôle emploi venez témoigner ici

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    flute-enchantee-615.jpgLorsque nous lisons  les journaux tout semble aller pour le mieux avec le retour du soleil !

    L'emploi revient comme par miracle, les chômeurs  trouvent du travail ou  sont en formation, le pouvoir d'achat est quasi stable : bref  ,  un concert harmonieux   de flûtes enchantées ........

    Mais la réalité est autre   .

    • Les pauvres sont toujours aussi pauvres  voir  plus avec l'envolée des prix des denrées de base et de l'essence.
    • les chômeurs n'ont toujours pas d'emploi et se heurtent à de multiples difficultés et tracasseries administratives ,  bousculés par des agents de pôle Emploi qui eux mêmes sont pris dans un engrenage infernal du résultat et du chiffre.
    • Les mal logés sont toujours aussi mal logés , la loi Dalo étant  inéfficace au regard de l'ampleur  du problème.

    Le tout , sur fond de conflit international latent , de montée du racisme  et de la xénophobie en Europe, du Front National en France.

    je reproduis  ci - après un article  concernant les problèmes rencontrés par les agents de Pôle Emploi afin  que tous : employés de Pôle emploi et chômeurs puissent s'exprimer ici .

    Le malaise  des agents crée  le désarroi des  chômeurs et parfois des situations   qui débouchent sur l'exclusion sociale.......

     

    Digoin. Les conseillers de l’agence locale dénoncent des conditions de travail déplorables.

    Pôle emploi : la crise interne

    16 avril 2011

    lejsl


    Le malaise couve depuis plusieurs mois déjà au Pôle emploi de Digoin. À bout, les agents dénoncent une surcharge de travail ainsi que des problèmes d’organisation et de management.

    Maladie. Depuis septembre 2009, onze agents des sites digoinnais du Pôle emploi se sont vu prescrire des arrêts. Surcharge. En moyenne, un conseiller doit gérer actuellement 242 dossiers de demandeurs d’emploi.

    Aujourd’hui je ne trouve plus goût, ni sens, à mon travail ». Cette réflexion vient de l’un des 35 conseillers du Pôle emploi Charolais-Brionnais. Elle résume assez bien l’état d’esprit qui règne actuellement dans les rangs de l’agence locale. Un sentiment de ras-le-bol, d’exaspération, d’incompréhension, de colère parfois, lié à une dégradation continue des conditions de travail. « Tout a commencé au moment de la fusion et la crise n’a fait qu’aggraver les choses », explique Vincent Kerlouégan, délégué syndical SNU.

    Suite à la hausse importante du nombre de chômeurs, chaque agent a vu son carnet de demandeurs d’emploi exploser. « Aujourd’hui, un conseiller a 242 demandeurs d’emplois à gérer. Il faudrait cinquante personnes de plus pour respecter le quota de 1 pour 60 fixé avant la fusion. » Impossible, dans ces conditions, d’effectuer du bon travail. C’est bien le cœur du problème. « Le métier perd en qualité. Les agents ne pensent plus pouvoir rendre un service correct aux usagers et perdent confiance en eux », raconte l’un d’eux, dans un cahier de doléances collectées par le syndicat SNU.

     

    Un climat de tension

     

    « Notre énergie est au service des chiffres et non plus des usagers », commente un autre. Pour beaucoup, c’est la sensation démotivante de ne plus assurer un vrai service public de qualité, d’être déboussolé. « On va dans tous les sens et on ne s’y retrouve plus. »

    Des problèmes matériels (logiciels et système informatique toujours en panne) et organisationnels (planning qui évolue sans cesse, déplacements incessants entre les deux sites digoinais) ajoute encore au stress et à l’anxiété. Un climat de tension qui génère un mal-être important et une souffrance de nombreux conseillers. « Depuis septembre 2009, onze conseillers ont été arrêtés pour raison de stress ou burn-out professionnel. Ça représente près de 30 % du personnel, c’est du jamais vu ! » s’indigne Vincent Kerlouégan.

     

    Quid du management ?

    La directrice Patricia Cordier fait également l’objet de nombreux reproches. « Il y a des tensions exacerbées qui remontent à longtemps, explique le syndicaliste. La directrice a pris en grippe une partie de ses adjoints. » Certains dénoncent « un management par la terreur » et une « gestion désastreuse des ressources humaines ». Des accusations que Patricia Cordier dément formellement.

    Jeudi matin, le sous-préfet était interpellé sur la question. La réunion de crise organisée à Dijon n’a apporté « aucune réponse sur l’organisation et le management, conclut Vincent Kerlouégan. On veut des engagements de la direction pour retrouver une certaine sérénité au travail ». S’ils ne sont pas écoutés, d’autres actions sont déjà envisagées.

    emanuel daligand

    Le délégué syndical SNU Vincent Kerlouégan a interpellé le sous-préfet de Charolles, jeudi matin. Photo E. D.
    Photo: les syndicalistes interpellent le sous-préfet de Charolles (à droite)
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