mercredi, 07 octobre 2009
Séance de questions/ réponses au gouvernement
Réforme de la poste, votation citoyenne et référendum concernant le changement de statut de la poste, rémunération des éléves assidus, crise du lait , France Télécom et emploi des jeunes ont été les temps forts de la séance de questions réponses au gouvernement ce mardi 6 Octobre 2009
voici quelques extraits
vous pouvez lire l'intégralité de ce compte rendu sur le site de l'assemblée nationale clic ici
la poste
Vous contestez les résultats de la consultation, vous tournez en dérision l'attachement des Français aux services publics. Jamais dans vos engagements électoraux vous n'avez évoqué la privatisation de La Poste ! Alors oui, il faut consulter les Français dans la clarté.
Le groupe socialiste, dès le 15 octobre prochain, prendra ici une nouvelle initiative pour autoriser officiellement un référendum à ce sujet.
La question est simple : votre gouvernement entend-t-il, dans nos villes et nos campagnes, une colère républicaine franche, le refus du rouleau compresseur et de l'arrogance ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR. – Protestations sur les bancs des groupes UMP et NC.)
Vous avez par deux fois déjà reculé l'échéance. Quelle va être votre attitude en réponse à la mobilisation citoyenne contre la privatisation de La Poste ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR. – Exclamations sur les bancs des groupes UMP et NC.)
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lundi, 14 septembre 2009
Harcèlement, suicides stop à l'hypocrisie
Suicides à France télécom stop à l'hypocrisie !
Tout le monde s'agite médias, gouvernement, syndicats autour des suicides récents à France télécom.
voir Nice premium l'édito du psy clic ici
Dès lors que des évènements aussi tragiques touchent de grandes entreprises c'est le branle-bas de combat.
Tout le monde ajoute son "petit commentaire" en tirant des conclusions hâtives sur les liens de cause à effet entre suicide et conditions de travail, pressions managériales , harcèlement ... :
- les médias parce que cela est porteur
- le gouvernement parce qu'il souhaite redorer son blason pour regagner la confiance d'un électorat bien perplexe
- les syndicats parce que cela peut leur faire gagner des adhérents
- les partis politiques d'opposition parce qu'ils peuvent ainsi dénoncer la politique sociale de la majorité
Bref chacun essaie de tirer la couverture à lui....
Je m'élève contre cette hypocrisie générale qui consiste à instrumentaliser les suicides des salariés dans des entreprises emblématiques ( Renault, Pôle emploi, France télécom...).
Pourquoi!
- La pression managériale , les mauvaises conditions de travail, le harcèlement moral sévissent depuis de nombreuses années dans les entreprises et ce ne sont pas les mesures votées depuis quelques mois par nos députés de la majorité qui dérèglementent le droit du travail et permettent une flexibilité toujours plus importante des salariés qui vont enrayer le phénomène.
cette proposition a été adoptée par l'Assemblée nationale le 9 juin 2009.
clic ici pour examiner le texte du projet
- Cette pression qui s'est exacerbée avec la concurrence internationale frappe tout type d'entreprises de la micro entreprise au groupe international.
- Les salariés des entreprises dans lesquelles n'existe aucune représentation syndicale sont le moins protégés contre ce phénomène bien plus ils n'intéressent personne et pourtant les affaires portées par ces salariés devant les conseils des prud'hommes pour licenciement abusifs et harcèlement sont légions ... les dépressions sont innombrables et les suicides liés au travail , à la peur du chômage et aux conditions de vie modernes sont certainement aussi nombreux que dans les grandes entreprises mais hypocrisie suprême ces drames de la vie quotidienne ne mobilisent pas l'opinion.
- Enfin lier suicide et conditions de travail c'est franchir bien rapidement le Rubicon car à mon sens cela évite de nous interroger sur le sens même de nos valeurs sociales et de la société dans laquelle nous vivons
Selon l'INRS "Les cas de suicide liés au travail ne sont pas un phénomène nouveau. Des cas de suicides sur les lieux du travail ont commencé à être rapportés par les médecins du travail vers la fin des années 1990.
Ce phénomène est apparu dans un contexte où les indicateurs de stress au travail se détérioraient : en 2000, 29 % des salariés européens interrogés déclaraient ainsi des problèmes de santé liés au stress au travail.
Pour autant, il n’y a pas de données nationales permettant de suivre l’évolution du nombre des suicides sur le lieu du travail et a fortiori liés au travail. Seule une étude menée en 2003 en Basse-Normandie apporte un éclairage à l’échelon régional : 55 médecins du travail, sur 190 ayant participé à l’enquête, ont signalé, de 1997 à 2001, 107 cas de suicides ou tentatives de suicide qu’ils estimaient liés au travail, dont 43 ayant entraîné un décès et 16 un handicap grave.
Docteur en médecine depuis 1978, Marie-France Hirigoyen s'est spécialisée en psychiatrie.
Psychanalyste, psychothérapeute familiale, elle anime depuis 1985 des séminaires de gestion du stress en entreprise. Par la suite elle se forme en victimologie aux Etats-Unis d'abord puis en France où elle soutient en 1995 un mémoire intitulé "La destruction morale, les victimes des pervers narcissique".
Elle centre alors ses recherches sur la violence psychologique et publie en 1998 un essai Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien,
Elle participe au groupe de réflexion sur la proposition de loi déposée le 14 décembre 1999 par le groupe communiste à l'Assemblée Nationale, qui aboutit à faire voter le 11 janvier 2001 un amendement qui introduit la notion de harcèlement moral dans le code du travail.
Dans son second livre Malaise dans le Travail. Harcèlement moral : démêler le vrai du faux, qui paraît en mars 2001, l'auteur affine son analyse et précise la notion pour éviter que le terme soit utilisé abusivement et à contresens.
voir les ouvrages de cet auteur clic ici
interview de Marie-France Hirigoyen
300 à 400 salariés se suicideraient en France chaque année1 sur leur lieu de travail. Impossible de ne pas faire le rapprochement entre souffrance et situation professionnelle. Tout en explorant cette piste, les cliniciens font part de leurs inquiétudes sur ce phénomène dangereusement banalisé. Rencontre avec l'un d'entre eux, Christophe Dejours, psychiatre et directeur du Laboratoire de psychologie du travail et de l'action2. Celui-ci contribue à l'élaboration d'un guide pratique sur la conduite à tenir en cas de suicide3.
Vous vous penchez sur l'ultime témoignage de la souffrance au travail, le suicide dans l'enceinte de l'entreprise4. Un fléau qui touche toutes les catégories socio-professionnelles, des ouvriers aux cadres. Ce travail de recherche est un des rares sur le sujet, pourquoi ?
Christophe Dejours : Parce que ce phénomène est récent, cliniquement nouveau. Il est apparu il y a une huitaine d'années. Avant cela, il touchait exclusivement les agriculteurs et salariés agricoles acculés par les dettes et dont lieux de vie et de travail se confondaient. En dehors d'eux, si l'on se réfère aux archives de la médecine du travail, les suicides se commettaient généralement dans l'espace privé. Il était donc difficile de démontrer que le rapport au travail pouvait être en cause.
Qu'est-ce qui a déclenché cette apparition du suicide sur la scène professionnelle ?
C.D. : Un des éléments déclencheurs est la dégradation profonde du « vivre ensemble », les gens sont très seuls face à l'arbitraire. Il y a toujours eu de l'injustice ou du harcèlement dans l'entreprise, mais autrefois, les syndicats, entre autres, scellaient les solidarités. Aujourd'hui, avec l'effritement de ces solidarités et la peur de la perte d'emploi, la convivialité ordinaire elle-même est contaminée par des jeux stratégiques qui ruinent les relations de confiance et colonisent l'espace privé. Notamment chez les cadres, dont la vie tout entière est tendue par une lutte pour progresser dans leur carrière ou pour ne pas perdre leur position.
Quels sont les indices qui mettent en évidence la responsabilité de l'entreprise dans ce type de suicides ?
C.D. : Certaines victimes laissent une lettre, un journal, d'autres se suicident devant leurs collègues. Leurs mots accusent l'entreprise et désignent des coupables. Le ton est celui de la colère, de la honte, de la défaite. N'arrivant plus à gérer le conflit qui les opposait à une hiérarchie ou à des collègues, elles ont perdu confiance en elles et retourné cette violence contre elles. Soulignons que ces personnes étaient souvent zélées, brillantes, sociables. Elles avaient beaucoup investi dans l'entreprise et n'ont pas supporté d'être injustement déconsidérées, rétrogradées.
Y a-t-il une remise en cause de l'entreprise et de ses membres à la suite d'un événement si grave ?
C.D. : Les médecins du travail se heurtent à une sorte de conspiration du silence. Le suicide déclenche la culpabilité de chacun, et à tous les niveaux de l'entreprise, on préfère occulter ce qui s'est passé.
Quel est le danger d'un tel déni ?
C.D. : Il y a un risque pour l'entourage professionnel du défunt de porter la culpabilité de sa mort, qui va empoisonner les relations entre les survivants. Le fait que l'entreprise ne réagisse pas pourrait signifier que la personne décédée ne représentait rien, que même un suicide n'arrête pas le travail. Et dans ces cas, il n'est pas rare qu'un suicide soit suivi par un autre suicide.
Votre rôle – cliniciens et chercheurs – est d'alerter sur cette banalisation afin de prévenir d'autres cas, comment ?
C.D. : En brisant le silence qui suit le suicide, puis en identifiant le mobile. Les lettres, les témoignages de l'entourage personnel des défunts font référence à des signes avant-coureurs. Si le travail est bien en cause, il faudra que le management évolue.
Propos recueillis par Stéphanie Bia
Notes :
1. Estimation d'après la seule enquête quantitative menée en 2003 par l'inspection médicale de Basse-Normandie.
2. Au Cnam.
3. Destiné aux médecins du travail, aux responsables de ressources humaines et aux délégués des Comités d'hygiène et de sécurité.
4. Revue Travailler : « Nouvelles formes de servitude et suicide », vol. 13, pp. 53-73, 2005. Christophe Dejours avait aussi publié Souffrance en France, la banalisation de l'injustice sociale, Seuil, Paris.
12:49 | Commentaires (8) | Envoyer cette note | HARCELEMENT | Lien permanent | Tags : france télécom, suicides, eric woerth.xavier darcos, didier lombard |
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