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  • Notre ministre de la santé Roselyne Bachelot devrait tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler/ les complémentaires santé

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    bachelot .jpgAllez histoire de vous casser le moral un dimanche matin  on annonce une augmentation des complémentaires de santé pour 2009

    dans ce triste concert de bonnes nouvelles  Madame Bachelot aurait mieux fait de se taire.


    le président de la Mutualité française :Jean-Pierre Davant, " a déclaré sur Europe 1 que selon lui  les cotisations des mutuelles allaient   augmenter autour de 3,5 - 4 %

    même information  dans le journal le Monde " les contrats individuels vont augmenter en moyenne de 3 % à 7 %, contre 2 % à 5 % en 2008, tandis que ceux souscrits collectivement, principalement par les salariés du secteur privé, devraient progresser en moyenne de 5 % contre 3 % l'année précédente ".


    selon le Monde  ce phénomène est du :

    à l'augmentation des coûts des soins en raison des progrès technologiques

    à l'allongement de la durée de vie

    aux dépassements d'honoraires.

    S'ajoute  la contribution à la couverture-maladie-universelle (CMU) en 2009 " contenu dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009. Cela " correspond à une augmentation de 2,5 % à 5,9 % de la taxe sur le chiffre d'affaires des complémentaires santé..." calcule le quotidien.

    les explications sont un peu sommaires mais mon propos n'est pas de faire une analyse des causes de ces augmentions mais de restituer une simple information qui est relayée par toute la presse

    Dans ce concert notre minitre de la santé Roselyne Bachelot a cru bon de rappeler   sur France Inter qu'un assuré peut changer de mutuelle ou d'assurance santé privée si celle-ci augmente ses tarifs pour compenser l'instauration en 2009 d'une nouvelle taxe au profit de la Sécurité sociale.
    "Il n'y a aucune raison que les organismes complémentaires augmentent les cotisations. Nous sommes dans un système de libre concurrence. Et d'ailleurs, si vous notez que votre organisme complémentaire augmente ses cotisations, vous avez toute possibilité de vous tourner vers un autre assureur complémentaire".

    Avant de parler notre ministre devrait tourner sept fois sa langue dans sa bouche  car s'il est vrai que tout un chacun peut changer de mutuelle cela reste de la théorie. La connaissance du terrain dément cette affirmation pour le moins stérile.

    • tout d'abord avant de changer de complémentaires il faut  comparer le niveau des prestations et les prix   ( le rapport qualité prix en quelque sorte) et cet exercice est si rebutant que beaucoup renoncent .En effet  certaines complémentaires semblent plus attractives mais le niveau des prestations et du service est moindre
    • ensuite il y a le poids de l'habitude une personne qui a une complémentaire santé depuis de nombreuses années  va hésiter à en changer .  cette attitude croit avec l'âge des assurés.
    • dans certains cas il y a de délais de carence ( d'attente pour la prise en charge) lorsqu'on change de complémentaire  dans d'autres cas certains renforts augmentent avec le temps d'affiliation pour justement fidéliser le client  exemple la première année vous bénéficiez d'un renfort optique de 100 euros la seconde de 200 euros etc.... ces systèmes réduisent encore les volontaires au changement de complémentaires.
    • beaucoup d'assurés ont leur complémentaire en liaison  avec leur banque ce qui est encore un frein au changement

    on pourrait ajouter encore de nombreux arguments qui démontrent si besoin était la résistance psychologique au changement de complémentaire santé

    pour compléter ce billet j'ajoute une étude intéressante de l'INSEE

    L’INSEE a publié le 27 juin 2007 une étude intitulée "La complémentaire santé : une généralisation qui n’efface pas les inégalités" , basée sur l’enquête santé menée en 2003 auprès de 40 000 individus.

    Selon cette étude, un habitant sur dix n’a pas de complémentaire santé. Six millions de personnes étaient donc sans couverture complémentaire en 2003. Seuls 17,1% d’entre elles (soit environ 1 million) bénéficient d’une prise en charge à 100% par la sécurité sociale pour une ou plusieurs de leurs maladies (ce qui ne couvre pas les autres affections). Par ailleurs, l’INSEE estime que 14% à 15% des personnes pouvant bénéficier de la CMUc n’ont pas fait de demande à leur caisse (soit 800 000 personnes).

    Les populations les plus vulnérables sont les plus touchées : 13 % des personnes membres d’une famille monoparentale sont concernées. Le chomage multiplie par trois le risque d’absence de couverture. Appartenir aux 20% de foyers les plus pauvres le multiplie par deux. Inversement, appartenir aux 20% des ménages les plus aisés le divise par plus de deux.

    "Couverture santé et recours aux soins sont liés" note l’INSEE, pour qui "les individus sans complémentaire santé ont dans l’ensemble une santé moins bonne : 14 % d’entre eux déclarent avoir des caries non soignées, soit deux fois plus que le reste de la population. Eux-mêmes se considèrent en moins bonne santé. Ce sont ainsi les individus qui jugent leur santé la plus mauvaise qui sont les moins couverts. Un individu qui considère sa santé comme « très mauvaise » sur cinq n’a pas de complémentaire santé. ".

    Rappel : en 2003, la santé des habitants a coûté 168 milliards d’euros (selon Comptes nationaux de la santé 2004).
    - La sécurité sociale, l’Etat et les collectivités locales ont pris en charge 139 milliards d’euros
    - Les individus ont payé directement 11 milliards (soit 183 euros par personne et par an)
    - Les mutuelles ont pris en charge 16,8 milliards, hors Couverture


    Je remercie Tastet pour l'excellent dessin que je lui ai emprunté
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