jeudi, 08 mars 2012
Avosial ou les "branquignol" du droit
Viveo, société spécialisée dans les logiciels bancaires, avait annoncé 64 suppressions d'emplois et établi un PSE ou plan social .
Le 12 mai 2011, la Cour d'appel de Paris, saisie par le comité d'entreprise , a annulé le PSE , au motif que le plan ne reposait pas sur un motif économique réel.
Cette décision rend nul tout licenciement qui serait prononcé.
En d'autres termes, la société ne peut pas licencier les salariés sous peine de les réintégrer !
Une révolution dans le monde du droit social, car "Jusque là, le juge, saisi par les représentants du personnel, se contentait de prononcer la suspension du plan social pour exiger des informations plus complètes ou un plan de reclassement plus étayé, mais il n'entrait pas dans le fond, dans la motivation économique".
L'employeur a porté l'affaire devant la Cour de Cassation.
La Cour de cassation qui devait se prononcer Mardi 6 mars, a reporté le rendu de son arrêt.
Une nouvelle audience se tiendra le 11 avril 2012.
Avosial , le syndicat des avocats en droit social , qui regroupe « plus de 350 avocats conseillant les entreprises » , ému par la position des juges , a écrit aux candidats à l’élection présidentielle les alertant sur une tendance judiciaire qui remet en question la procédure de licenciements économiques en France.
Pour ce syndicat, le droit du licenciement est en danger , la compétitivité des entreprises compromise et les salariés en seront les victimes expiatoires !
Avosial agite ainsi la peur du chômage pour justifier la sacro sainte flexibilité des salariés qui depuis des années doit permettre de diminuer le chômage !
Arguments qui reposent sur des chimères et sont indignes à mon sens d'une profession qui se doit d'avoir une éthique irréprochable !
Le syndicat considère que l’affaire Vivéo, est emblématique de cette tendance récente qui vise à rendre impossibles les plans de sauvegarde de l’emploi. "Extrapolant les théories juridiques de l’inexistence ou de la nullité au-delà de la volonté du législateur, plusieurs décisions pourraient être à l’origine d’une révolution aux conséquences économiques catastrophiques."
Selon le syndicat, ces décisions qui glissent vers une interdiction de fait des licenciements économiques en France pourraient avoir des conséquences immédiates : notamment elles pourraient inciter les entreprises à utiliser toutes les techniques pour éviter d’embaucher des salariés en contrat à durée indéterminée (contrats précaires, sous-traitance...) ;
Ces dernières pourraient avoir recours, même sans fondement, aux motifs de licenciements personnels et disciplinaires afin de se retrouver dans une logique indemnitaire, la seule qui leur permettrait de procéder aux licenciements nécessaires.
Hubert Flichy, Président d’Avosial précise que « compte tenu des jurisprudences préoccupantes évoquées ci-dessus, et quelle que soit la décision de la Cour de cassation, il faut que le Parlement confirme la possibilité pour les entreprises de s’adapter aux évolutions du marché dans un contexte de mondialisation et d’anticiper sur les difficultés qu’elles rencontrent.
Cette sécurité juridique retrouvée permettra aussi de fluidifier le marché du travail. Il appartiendra au prochain Président de la République de suggérer une telle initiative. Vous êtes candidat et nous vous appelons à prendre position. "
Sans aller dans le débat juridique , force est de constater que les arguments avancés par Avosial sont dénués de tout fondement car depuis de nombreuses années les embauches précaires et les licenciements pour faute ne cessent d'augmenter et ce malgré l'assouplissement des règles du droit du travail....
Comme le fait remarquer le syndicat de la magistrature qui a réagi à la lettre ouverte d'Avosial " Sur le fond, la question posée est celle des licenciements boursiers, ou plus exactement des licenciements qui répondent à une logique purement financière".
Le syndicat s'irrite de la méfiance dont les entreprises font preuve à l'égard des magistrats lorsqu'il s'agit d'apprécier les difficultés économiques.
"Loin d'ignorer la réalité des entreprises, la Cour de cassation a admis qu'une réorganisation puisse intervenir pour sauvegarder la compétitivité des entreprises et ce, indépendamment de difficultés économiques immédiates. Cette jurisprudence est bien protectrice des entreprises, avance un représentant du Syndicat de la magistrature. Lors d'un litige, se noue devant le juge un débat sur la nature économique qui lui permet d'apprécier la réalité du motif économique. Le magistrat n'invente rien Il est à l'intersection de deux logiques : la sauvegarde de la compétitivité des entreprises d'un côté, la sauvegarde des emplois de l'autre. Il est apte à apprécier les cas où il existe un vrai problème de survie de l'entreprise".
Le Syndicat de la magistrature est clairement favorable à cette nullité lorsque le PSE ne repose sur aucun motif économique .
et une photographie des Branquignol.....
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jeudi, 29 septembre 2011
Quand le gouvernement divise les Français et piétine nos fondamentaux démocratiques
Enfin une réaction qui me réchauffe le coeur !
Dans un récent billet j'avais dénoncé l'accès payant à la justice ( lire mon billet et les détails de la réforme ).
Hier , 28 septembre , les syndicats de la magistrature, d'avocats et de salariés ont dénoncé , sur les marches du Palais de justice de Paris, l'instauration de la fameuse taxe de 35 euros, que le justiciable devra payer , pour aller devant les tribunaux civils, administratifs et commerciaux.
Comme le note le Journal le Monde , "A partir du samedi 1er octobre, le salarié qui souhaite aller aux prud'hommes, le locataire en litige avec son propriétaire ou le consommateur lésé seront dans l'obligation de payer un timbre fiscal d'une valeur de 35 euros s'ils souhaitent que leur cas soit étudié par un juge."
Je me réjouis de cette manifestation car elle dénonce l'instauration d'une restriction de l'accès des citoyens à la justice , et en cela , une mise à mal de nos fondamentaux démocratiques.
Comme nous pouvions nous en douter, notre gouvernement reste sur ses positions , c'est à dire aussi rigides qu'aveugles .
En effet Bruno Badré, porte-parole du ministère de la justice, se contente de répondre que " L'instauration de ce "droit de timbre" ne sert qu'à financer la réforme de la garde à vue, "au nom de la solidarité entre les justiciables".
Plus grave encore il ajoute que les fonds recueillis seront "intégralement affectés au paiement des avocats effectuant des missions d’aide juridique par l’intermédiaire des caisses de règlements pécuniaires des avocats (CARPA)".
Cette affirmation maladroite ou volontaire ( ce qui est encore plus grave) est de nature à diviser les français plus encore qu'ils ne sont...
En effet il ne faut pas oublier que magistrats et avocats sans parler des huissiers font partie des professions les plus mal aimées des Français ( avec celle des journalistes et des policiers)..et faire remarquer qu'une taxe ira dans la poche des avocats qui sont considérés ,par la majorité des citoyens, comme des privilégiés , est irresponsable de la part d'un membre du gouvernement......
Mais l'irresponsabilité semble être le pain quotidien de notre gouvernement.

Extrait du Monde
"Magistrats et avocats sont excédés par une réforme de plus, votée en plein cœur de l'été, sans aucune concertation. Une mesure qu'ils interprètent comme une attaque frontale contre la justice ordinaire. "La justice civile, celle qui traite des difficultés quotidiennes des citoyens, passe par pertes et profits. C'est une façon de démanteler le service public de la justice, lorsqu'il ne sert par les intêrets répressifs du pouvoir", condamne Pascal Henriot, substitut général de Paris et membre du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).
L'intersyndicale demande donc le retrait pur et simple de cette taxe. Et espère que le Sénat, passé à gauche, l'invalidera lors des prochains débats sur le budget. A défaut, il se murmure, parmi les avocats, que le dossier sera porté devant les juridictions européennes. Avec à la clé une possible invalidation de cette taxe, selon Pascale Taelman, puisque "l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme prévoit un procès équitable et sans entrave. Or, une telle taxe est une entrave à la justice".
10:45 | Commentaires (1) | Envoyer cette note | ACTUALITES, CONFLITS SOCIAUX, JUSTICE, VOS DROITS | Lien permanent | Tags : taxe, droit, justice, manifestation, magistrats, avocats, gouvernement |
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dimanche, 17 avril 2011
Une loi qui ne va pas simplifier et clarifier le droit pour tout le monde
La proposition de loi de simplification et d'amélioration de la qualité du droit vient d'être adoptée par le Parlement. Le Conseil constitutionnel ayant été saisi, la publication de la loi au Journal officiel va dépendre de sa décison.
Cette Proposition de loi de M. Jean-Luc WARSMANN a été déposée le 7 août 2009 et renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république.
Elle a fait notamment l'objet de deux lectures à l'Assembléee Nationale et de deux lectures au Sénat .
Elle a été finalement adoptée au cours de la séance du Sénat du jeudi 14 avril 2011.
C'est une loi qui comporte pas moins de 200 articles qui touchent pratiquement tous les domaines du droit : du code de l'urbanisme au code pénal en passant par le code civil celui de la consommarion sans oublier mon code de prédilection celui du travail.
Cette loi comporte un certain nombre de mesures sociales qui modifient notamment le code du travail.
- Possibilité, pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de donner congé à son bailleur avec délai de préavis réduit à 1 mois ( voir en fin de billet l'article 12)
- Simplification des justificatifs pour l'accès à l'aide juridique des titulaires du Rsa ( voir en fin de billet l'article 13)
- Création d'un nouveau motif de rupture avant terme du CDD pour inaptitude du salarié constatée par le médecin du travail. ( voir en fin de billet l'article 49)
- Possibilité de renouveler un congé de présence parentale en cas de rechute ou de récidive de la maladie de l'enfant. ( voir en fin de billet l'article 42 )
Concernant le code du travail je mets un croquis qui résume le toilettage auquel nous assistons depuis plus de 3 ans ......
Article 12
La troisième phrase du deuxième alinéa du I de l'article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 est complétée par les mots : « ou du revenu de solidarité active ».
Article 13
Le quatrième alinéa de l’article 4 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique est complété par une phrase ainsi rédigée :
« Les bénéficiaires du revenu de solidarité active dont les ressources, appréciées selon les dispositions prises en application de l’article L. 262-3 du code de l’action sociale et des familles, n’excèdent pas le montant forfaitaire visé au 2° de l’article L. 262-2 du même code sont également dispensés de justifier de l’insuffisance de leurs ressources. »
Article 49
I. – À l'article L. 1243-1 et au premier alinéa de l'article L. 1243-4 du code du travail, les mots : « ou de force majeure » sont remplacés par les mots : « , de force majeure ou d'inaptitude constatée par le médecin du travail ».
II. – La sous-section 1 de la section 2 du chapitre VI du titre II du livre II de la première partie du même code est complétée par deux articles L. 1226-4-2 et L. 1226-4-3 ainsi rédigés :
« Art. L. 1226-4-2. – Les dispositions visées à l'article L. 1226-4 s'appliquent également aux salariés en contrat de travail à durée déterminée.
« Art. L. 1226-4-3. – La rupture du contrat à durée déterminée prononcée en cas d'inaptitude ouvre droit, pour le salarié, à une indemnité dont le montant ne peut-être inférieur à celui de l'indemnité prévue à l'article L. 1234-9. Cette indemnité de rupture est versée selon les mêmes modalités que l'indemnité de précarité prévue à l'article L. 1243-8. »
III. – L'article L. 1226-20 du même code est ainsi modifié :
1° À la première phrase du second alinéa, les mots : « demander la résolution judiciaire » sont remplacés par les mots : « procéder à la rupture » ;
2° La seconde phrase du second alinéa est supprimée ;
3° Sont ajoutés deux alinéas ainsi rédigés :
« Les dispositions visées aux articles L. 1226-10 et L. 1226‑11 s'appliquent également aux salariés en contrat de travail à durée déterminée.
« La rupture du contrat ouvre droit, pour le salarié, à une indemnité dont le montant ne peut être inférieur au double de celui de l'indemnité prévue à l'article L. 1234-9. Cette indemnité de rupture est versée selon les mêmes modalités que l'indemnité de précarité prévue à l'article L. 1243-8. »
IV. – Au premier alinéa des articles L. 2412-2, L. 2412-3, L. 2412-4, L. 2412-7, L. 2412-8, L. 2412-9 et L. 2412-13 et aux articles L. 2412-5, L. 2412-6 et L. 2412-10 du même code, après le mot : « grave », sont insérés les mots : « ou de l'inaptitude constatée par le médecin du travail ».
Article 42
-L’article L. 1225-62 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Au-delà de la période déterminée au premier alinéa, le salarié peut à nouveau bénéficier d’un congé de présence parentale, en cas de rechute ou de récidive de la pathologie de l’enfant au titre de laquelle un premier congé a été accordé, dans le respect des dispositions du présent article et des articles L. 1225-63 à L. 1225-65
21:49 | Commentaires (1) | Envoyer cette note | PROJETS ET LOIS | Lien permanent | Tags : droit, simplification, jean-luc warsmann |
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jeudi, 24 février 2011
Justice Avenue quand les blogueurs se rassemblent
C'est le moment de conjuguer nos expertises ,de partager ,de communiquer , d'échanger ....
Nous pouvons ainsi former une réelle communauté de blogueurs qui ont pour valeur commune le respect de l'humain et une volonté farouche de lutter pour garder nos fondamentaux ( justice, fraternité, liberté )
Justice Avenue traite de l’actualité de la justice et du droit de manière très générale, en France mais également à l’étranger dans un langage claire et compréhensible par le plus grand monde.
Son but est d’aider, modestement, les internautes à saisir les évolutions de nos sociétés en matière de justice, en publiant des informations de France mais également d’autre pays.
13:37 | Commentaires (2) | Envoyer cette note | ACTUALITES | Lien permanent | Tags : blog, droit, justice |
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mercredi, 26 janvier 2011
Les traders du droit !
En route pour l'internationalisation les délocalisations et la flexibilité des salariés !
Connaissez vous L&E (Labour & Employment) Global ?
Il s'agit d'une plateforme internationale qui regroupe six cabinets qui offre aux entreprises "des services intégrés et innovants aux employeurs pour toutes leurs questions de droit du travail, de droit de la sécurité sociale, de systèmes de rémunération et de mobilité internationale".
Dans un article paru dans Miroir Social cette alliance rassemble cinq cabinets européens dont un Français et un cabinet américain :
Flichy Grangé Avocats, France,
Jackson Lewis LLP, USA,
Lablaw — Studio Legale Failla Rotondi & Partners, Italie,
Pusch Wahlig Legal, Allemagne,
Bufete Suárez de Vivero, S.L, Espagne,
Van Olmen Wynant, Belgique.
Nous pouvons lire dans cet article
" L&E Global offre une solution nouvelle, efficace, compétitive et totalement intégrée aux directions qui souhaitent ne pas perdre de temps à coordonner des professionnels du droit exerçant dans des zones géographiques, des fuseaux horaires, des langages et des systèmes juridiques différents », explique Stephan C. Swinkels, directeur exécutif de L&E Global basé à Bruxelles."
« Nous sommes très fiers de la création de L&E Glonal », confie Joël Grangé, associé du cabinet Flichy Grangé Avocats. « En rassemblant des équipes de premier plan dans 6 pays clefs, cette plateforme nous permet de proposer une solution originale innovante pour les besoins internationaux de nos clients en droit social »
Derrière cette belle présentation il y a la réalité ! des cabinets au service des multinationales pour mieux fusionner, absorber et délocaliser !
Toujours très curieuse je me suis penchée sur le cabinet Français qui fait partie de cette plateforme le cabinet Flichy Grangé Avocats .
Parmi les associés un membre m'a particulièrement intéressée.
Il s'agit de Laurent Gamet qui est intervenu sur France info sur "la rupture conventionnelle "
Je m'attendais à une présentation objective de ce mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée.
Que nenni c'est un véritable panégyrique en faveur de la rupture conventionnelle : les salariés ont tout avantage de partir de cette manière car c'est Bizance pour ces derniers ils peuvent percevoir des indemnités chômage !
Ce Monsieur hautement inspiré par des intérêts supérieurs ( ceux des actionnaires !) ajoute sans sourciller " il y a des salariés qui se rendent insupportables pour se faire licencier notamment des commerciaux qui viennent en jean !"
Si ces cas d'espèce existent ils ne sont pas majorité je crois rêver !
Une présentation toute manichéenne de la rupture conventionnelle que Laurent Gamet présente comme un avantage pour le salarié qui peut négocier d'égal à égal avec son employeur son départ !
Aucun commentaire sur les risques de pression dans les entreprises pour faire accepter des départs "dits" à l'amiable alors qu'aujourd'hui nous connaissons les dérives de la rupture conventionnelle qui pour cette raison a fait l'objet d'une question au gouvernement de la part des députés et que des juristes de renom tirent la sonnette d'alarme ....voir tous mes articles en ce sens dans la rubrique rupture conventionnelle .
Laurent Gamet associé du cabinet est représentatif de l'orientation " éthique" du cabinet.
Je me suis toujours heurtée à ce type de juristes que j'appelle les traders du droit qui sous des discours courtois et de bon aloi masquent la réalité de l'entreprise et nient la valeur humaine des salariés !
c'est pour cela que j'ai abandonné la profession de DRH.... NO COMMENT

15:54 | Commentaires (7) | Envoyer cette note | ACTUALITES | Lien permanent | Tags : droit, international, délocalisation, fusion, monde, flichy |
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mercredi, 08 décembre 2010
La belle réforme que voici
En voilà une réforme intelligente et surtout qui va révolutionner le monde de la justice !
Tant de stupidité et d'agitation pour des queues de cerise me désarçonnent ....mais au bout du bout du bout du bout ....du compte ajoutées aux unes et aux autres ces réformettes de pacotille mettent un peu plus dans le trou de la précarité les plus pauvres.
Le projet de loi de Finance pour 2011 vient de sévir sur l'aide juridictionnelle !
En fonction de ses ressources, une personne peut bénéficier de l'aide juridictionnelle, c'est-à-dire de la prise en charge par l'Etat, totale ou partielle, d'une partie des frais liés à un procès.
Pour bénéficier de l'aide juridictionnelle totale, la moyenne mensuelle des revenus perçus par le foyer en 2009, doit être inférieure ou égale à 915 euros.
Pour bénéficier d'une aide de l'Etat comprise entre 85% et 15% du montant des frais engagés, le demandeur doit disposer de ressources comprises entre 916 euros et 1.372 euros.
Ces plafonds sont majorés de 165 euros pour chacune des deux premières personnes à charge (conjoint, concubin, partenaire pacsé, descendant ou ascendant) puis 104 euros, pour chacune des personnes suivantes.
L'article 41 de la loi de finance adoptée exclue de cette aide les droits de plaidoirie !
A ce jour, ce droit s'élève à 8,84 euros. Les justiciables bénéficiant de l'aide juridictionnelle devront désormais participer financièrement aux frais de justice en acquittant les droits de plaidoirie.
00:01 | Commentaires (2) | Envoyer cette note | LOIS DE FINANCE | Lien permanent | Tags : plaidoirie, droit, aide juridictionnelle |
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vendredi, 26 novembre 2010
les HLM inventent le logement en CDD
En principe, les locataires de logements HLM, conventionnés ou non, bénéficient du droit au maintien dans les lieux dans les conditions définies par l’article L. 442-6 du Code de la construction et de l’habitation.
Il en résulte que le propriétaire ne peut donner congé en dehors des cas de résiliation (défaut de paiement, d’assurance, manquements graves aux obligations des locataires). C’est le juge des référés ou le président du tribunal d’instance saisi qui prononce la résiliation.
Ce droit s’exerce sous réserve de la réglementation spécifique aux HLM
La loi du 25 mars 2009 (CCH : L.442-8-4) a assoupli les conditions de location dans le parc HLM afin de développer une offre de logements destinés aux étudiants et apprentis et elle a précisé le régime juridique applicable à la colocation.
En fait d'assouplissement je vois là une réglementation discriminatoire !
Les HLM peuvent louer aux jeunes des logements mais attention les locataires ne bénéficient pas du droit au maintien dans les lieux ! c'est à dire que même si ce sont des locataires modèles qui ne font pas de bruit paient bien leur loyer le contrat cesse au bout d'un an ...les HLM ont résolu le problème de manque de logements avec le turn over des locataires ..... !!!!
Après les contrats précaires les jeunes connaissent les logements précaires !
Par dérogation à l'article L. 442-8 les HLM peuvent louer des logements meublés ou non meublés à un ou plusieurs étudiants, aux personnes de moins de trente ans ou aux personnes titulaires d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation.
Ces locataires ne bénéficient pas du droit au maintien dans les lieux.
Le contrat de location a une durée d'un an. Il peut toutefois être renouvelé dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat.
le décret vient de paraitre décret (n°2010-1392) du 12 novembre 2010.
Le contrat de location peut être renouvelé par période d'un an sous réserve que, lors du renouvellement, le ou les locataires respectent les conditions qui ont permis d'accéder au logement, c'est-à-dire :
- être étudiants ou avoir moins de 30 ans ou être titulaires d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation ;
- être en séjour régulier sur le territoire.
Lorsque le bailleur ne souhaite pas renouveler le contrat, il doit notifier sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou la signifier par acte d'huissier aux locataires 3 mois au moins avant le terme du contrat.
Si un ou plusieurs locataires souhaitent renouveler le contrat, ils doivent communiquer au bailleur, au plus tard un mois au moins avant son terme, les justificatifs prouvant qu'ils répondent encore aux conditions pour être logés dans le logement. A défaut de fournir ces justificatifs dans le délai, le contrat n'est pas renouvelé.
Par ailleurs tout changement de colocataire doit faire l'objet d'une autorisation préalable du bailleur et d'une information de la commission d'attribution.
Toutefois, le remplacement de l'un des colocataires par un nouveau colocataire ne produit pas d'effet sur la durée du contrat qui se poursuit jusqu'à son terme.

Quelques rappels utiles
Afin de favoriser la mobilité dans le parc HLM, la loi no 2009- 323 du 25 mars 2009 (JO du 27) a prévu deux dérogations au droit au maintien dans les lieux en cas de sous-occupation et de dépassement des plafonds de ressources.Sous-occupation
En cas de sous-occupation (définie par CCH, art. L. 621-2) (nombre de pièces supérieur à plus de 2 au nombre de personnes résidant effectivement), le bailleur peut proposer au locataire un nouveau logement adapté à sa situation de famille à condition que le nouveau logement ait un loyer inférieur à celui du logement d'origine (CCH, art. L. 442-3-1). Une aide à la mobilité peut également être accordée
Dans la plupart des communes d'Île-de-France ainsi que dans toutes celles de plus de 10 000 habitants (voir L. 1er sept. 1948, art. 10-7), le locataire se verra expulser s'il refuse successivement 3 offres de relogement, 6 mois après la notification de la 3e offre. Ceci ne s'applique toutefois pas au locataire âgé de plus de 65 ans, handicapé ou ayant à sa charge une personne handicapée (un décret n° 2009-984 du 20 août 2009, JO du 22, a précisé la notion de perte d’autonomie) ou dont le logement est situé dans une ZUS.
D'autre part, dans les zones A et B1 se caractérisant par un déséquilibre important entre l’offre et la demande de logements, le locataire dont les ressources, au vu des résultats de l'enquête menée par le bailleur (CCH, art. L. 441-9), sont, durant 2 ans consécutifs, au moins 2 fois supérieures aux plafonds de ressources pour l'attribution de ces logements locatifs sociaux, n'a plus droit au maintien dans les lieux à l'issue d'un délai de 3 ans à compter du 1er janvier de l'année qui suit les résultats de l'enquête.
Le bailleur informe le locataire sans délai en lui notifiant 6 mois avant la fin du délai de 3 ans par lettre recommandée avec AR ou par acte d'huissier la date à laquelle les locaux loués doivent être libres de toute occupation. À l'issue de cette échéance, le locataire est déchu de tout titre d'occupation des locaux loués (CCH, art. L. 442-3-3). Ceci ne s'applique toutefois pas au locataire qui atteint ses 65 ans au cours de l'année qui suit les résultats de l'enquête, handicapé, qui a à sa charge une personne handicapée (un décret n° 2009-984 du 20 août 2009, JO du 22, a précisé la notion de perte d’autonomie) ou dont le logement est situé dans une ZUS.
Si au cours des 3 ans, le locataire justifie que ses ressources sont redevenues inférieures aux plafonds de ressources pour l'attribution d'un logement HLM, il bénéficie à nouveau du droit au maintien dans les lieux (CCH, art. L. 442-3-3).
13:19 | Commentaires (1) | Envoyer cette note | LOGEMENT | Lien permanent | Tags : actualité, logement, droit, discrimination |
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