Avertir le modérateur

dignité

  • Des Miss qui n'auront plus besoin de logis / reposez en paix mes amies.

    Imprimer

    La  création de l'élection de Miss SDF  en Belgique, au cours de l'année 2009, avait soulevé mon indignation .

    J'ai publié  plusieurs articles ,  dont  un billet , intitulé  "Les paillettes n'ont jamais caché la misère ou chronique de l'absurdité"

    Je m'interrogeais sur le devenir des élues  .

    j'écrivais ceci " j'ai mis dans les albums  ( cliquez sur la colonne de gauche ou ici ) les photographies des 11 finalistes . Regardez ces visages de femmes brisées par la vie : tous les maquillages du monde ne pourront pas effacer leur désespoir!

    Les faire défiler et jeter en patûre leur malheur  pour gagner  le droit d'être logé pendant un an est  d'une indignité sans nom ....

    Les finalistes semblent heureuses  elles le disent . L' une d'entre elles dit " c'est le plus beau jour de ma vie" .

    Mais ne nous trompons pas.

    Aujourd'hui ces femmes oubliées parmi les anonymes captent l'attention .

    Elles existent à nouveau dans le regard des autres.

    Mais demain elles retomberont dans l'oubli et une seule d'entre elle aura peut être retrouvé un toit et un emploi....

    Pour aller plus avant,  j'ai contacté les organisatrices de ces élections et  suis devenue amie Facebook avec Chantal Wets. 

    Que sont elles devenues ? 

    Pascale Werry, candidate à l'élection de Miss SDF 2010, est décédée le 25 janvier dernier. 

     Chantal Wets, disparaissait également début 2011.. 

    Pascale avait moins de 40 ans et Chantal 55 ans ...... no comment  

    1241256308.jpg1979286216.jpg

    "C'est la dureté de la rue qui les as  tuées. ", explique Mathilde Pelsers, organisatrice du concours miss SDF 2010, au groupe Sudpresse. Les deux femmes avaient réussi à changer de vie mais "on ne sort jamais indemne des années passées dans la rue", ajoute Mathilde.

     Thérèse Van Belle, 60 ans, qui avait été élue Miss SDF  est hospitalisée. "Elle est très malade. La pauvre avait eu sa chance pour recommencer et maintenant, elle ne va pas bien", raconte Mathilde.  

    Je n'ai trouvé qu'un article concernant  la situation de notre " heureuse Miss".

    Cet article date de mars 2012. 

     Thérèse est endettée et a été expulsée de son appartement ...

    voici  la reproduction de l'article  

     1260646959_resized.jpg "Son élection à la tête du concours Miss SDF Belgique, en octobre 2009 à Tour et Taxis, représentait beaucoup pour Thérèse Van Belle, Schaerbeekoise de 60 ans. C’était, pour ainsi dire, un jour de lumière dans son quotidien bien grisâtre, fait de galères à répétition. 

    La mère de deux enfants, dont un fils handicapé mental âgé de 37 ans, avait à l’époque gagné un an de loyer gratuit. Sa nouvelle adresse ? Une petite maison avec jardin, rue Godefroid Kurth, dans la commune d’Evere. Un an passe, sans gros souci. Mais une fois le délai écoulé, Thérèse ne s’en sort plus.

    “Des SDF, envoyés par l’ASBL qui avait organisé le concours, ont squatté chez moi, dans le jardin, dans les différentes pièces. J’avais pitié. Donc, j’ai accepté. Je me sentais mal de refuser mais lorsqu’on reçoit une facture géante de Sibelgaz, d’Electrabel, on ne sait plus faire face à ses dettes…”

    Car (voir ci-dessous) le prix remporté comprenait bien le loyer mais pas tous les à-côtés : téléphone, gaz, électricité, etc. Progressivement, Thérèse ne paye plus ses factures, jusqu’à accumuler un arriéré de quelque 5.000 euros. “Avec les 842 euros que je gagne par mois, et les 600 euros de loyer à payer, c’était tout bonnement impossible pour m’en sortir .”

    Endettée jusqu’au cou, elle ne peut plus payer son loyer. Vient alors la convocation du juge de paix, contacté par le propriétaire, qui lui indique que, pour le 8 mars, elle doit quitter la maison everoise, et risque de se retrouver à la rue. Une décision qu’elle ne conteste pas. “Je comprends mon propriétaire et ne lui en veux pas.”

    Depuis son intronisation, si l’on peut dire, Thérèse a perdu énormément de poids, pour atteindre 34 kilos. À cette maigreur s’ajoutent “l’arthrose et l’asthme . Je n’en peux plus, je ne sais presque plus monter les escaliers, et je dois m’occuper de mon fils handicapé de surcroît !”.

    Selon elle, l’ASBL de Mathilde Pelsers, l’infirmière sociale qui a créé le concours, lui a proposé un autre domicile. “Mais c’est bien trop loin, à Saint-Nicolas ! Je les remercie néanmoins, car ils me font confiance et savent que je suis quelqu’un de maniaque, qui rend chaque lieu où j’habite dans un état impeccable. Mais j’ai toujours été d’ici, de Schaerbeek… De plus, je dois commencer à apprendre à parler néerlandais, à 60 ans…”

    Sa garantie locative de 1.900 euros également envolée, Thérèse se résout à quitter la rue Godefroid Kurth, le 8 mars. Une solution temporaire s’offre à elle : s’installer chez sa fille, au sein d’un ménage bien solide. “Mais je ne veux pas m’incruster trop longtemps dans leur vie…”  Elle recherche donc, désespérément, un petit appartement pour son chien, elle et son fils, qui, elle l’espère, pourra travailler ensuite dans un atelier protégé.

     

    Aujourd'hui je n'ai plus aucun doute sur la " perversité"  de ce type de concours.

    En effet,  ce concours a mis au devant de la scène des femmes fragilisées par les épreuves et la misère..

    Pendant une année, elles ont été   transportées dans un tourbillon médiatique , allant  de défilés en défilés ,  sur  les plateaux de TV, dans des émissions radio,  participant  à des  manifestations organisées  dans des grands magasins etc....

    Tout le monde applaudissait ce conte de fée  sordide !  comme s'il suffisait   de quelques conseils de relooking, de promesses de réinsertion , et même  d'un logis pour les réinsérer durablement  !

    Aveuglées par les paillettes , ces femmes ont cru au bonheur retrouvé ! et c'est en cela que ce concours  (et la marchandisation de la misère qu'il a généré )  est   monstrueux  car il a donné de faux espoirs à des personnes fracassées par l'existence.

    Les organisateurs de ce concours, les sponsors, les médias et notre silence ont tué ces femmes... si la rue a tué leur corps , nous avons tué  leur dignité ! 

     

     


    Miss SDF Belgique suscite des questions [news]... par ReadyHdFull

  • Apartheid social et stigmatisation

    Imprimer

    Ce n'est plus une fracture   sociale mais un gouffre ...créé par ce que je nomme l'apartheid social ..

    Cet apartheid social est la conséquence d'une stigmatisation généralisée de toutes les composantes de la société dont nous ne pouvons pas maîtriser les problématiques. Stigmatiser c'est blâmer publiquement, dénoncer, condamner avec force.
    Stigmatiser  c'est également , aujourd'hui plus qu'hier , montrer du doigt ,  désigner  tel ou tel  comme coupable  en faisant des amalgames  qui ne reposent sur aucun fondement vérifiable  et quantifiable.

    La stigmatisation qui est une forme manifeste de discrimination doit être combattue aussi énergiquement que le racisme et le "négationnisme".

    Il suffit d' écouter les discours  de nos politiques, de prendre connaissance des dispositions qu'ils mettent en place, de lire  certains médias , de surfer sur le net pour s'apercevoir  que la stigmatisation envahit notre vie quotidienne et obscurcit  notre esprit critique.
    Sont victimes  de cette stigmatisation notamment  :
    • les Rmistes  ou maintenant titulaires du Rsa ou minima sociaux  auxquels on associe  la fainéantise et la fraude
    • les chômeurs  auxquels on associe  le laxisme  pour  retouvrer un emploi  et également  la fainéantise
    • les étrangers et immigrés  qui  sont accusés  de manger le pain des français  , de prendre leurs emplois , d'être en fait la cause   essentielle du chômage
    • les musulmans  auxquels on associe  le fondamentalisme , l'intégrisme et le terrorisme
    • les habitants des banlieues  qu'on assimile  à des délinquants
    • les employeurs qu'on considère  tous comme des  patrons voyous   sans moralité ni humanité  etc..

    dispute.gifQue peut on répondre à un homme qui décrète qu'un noir est différent d'un blanc ? Ce qu'il dit est vrai : la couleur de peau est différente  c'est une évidence  mais
    On peut lui répondre qu'il  fait de la discrimination..

    Considérer que chaque personne  a le droit de ne pas être stigmatisée c'est à mon sens la mesure la plus efficace pour régler les problèmes.

    Pourquoi ?
    Parce que cette position éviterait la politique de l'autruche pratiquée par tous les partis au pouvoir depuis trente ans, la  politique qui consiste à dresser les gens les uns contre les autres  pour mieux éluder ou botter en touche  les réels problèmes.
    Elle permettrait de généraliser  un climat  de confiance  et d'éviter   de dépenser des sommes exorbitantes  en contrôles tout azimut.
    Elle libérerait   ces deniers "gaspillés "  qui proviennent  ne l'oublions pas de nos impôts  pour des actions  de formation, d'organisation et d'information.

    Nous vivons dans un pays qui n'utilise plus son intelligence créatrice pour résoudre ses problèmes, mais fait appel aux  sentiments les plus vils  des uns et des autres  pour  stigmatiser .... c'est tellement plus confortable .....

    Un allocataire du Rsa  est avant une personne  qui a eu un accident de la vie , une personne  qui a besoin  de respect  pour retrouver l'estime de soi et pouvoir ainsi s'accrocher pour rebondir.
    Un chômeur est une personne  autonome qui est  capable de s'auto-gérer, qui a besoin  d'être considéré comme un acteur  de la vie sociale et non comme un fardeau , qui a besoin d'informations et de formation dans le respect  de son parcours personnel.

    La politique d'humiliation permanente qui consiste à  soumettre à des contrôles incessants  les  titulaires du Rsa,  les chômeurs et d'une manière générale les personnes rencontrant des problèmes financiers  ne" fabrique" que des zombis dépressifs. Image_RCA_RSA_fraudes.jpg
    source

    Dans le même esprit le cliché du patron voyou,  fait ignorer la réalité d'une majorité de petits commerçants, d'artisans ou de petites entreprises croulant sous des charges sociales et  matérielles sans aucune aide des banques et ce  l'état.

    L'image du fonctionnaire parasite qui dort sur son bureau, du flic facho, nous font haïr bien des personnes qui  souvent rencontrent de grandes difficultés pour remplir correctement leur fonction , "tiraillées " entre leur éthique personnelle et les directives  de leur hiérarchie !

    Bien sur il y a des scandales, des abus, des zones de non droit, les  profiteurs et les corrompus, les sans morale et les voyous  qu'ils soient en col blanc ou non mais  ils restent minoritaires .
    Aussi est il  intolérable  d'ignorer la très grande majorité des honnêtes gens qui vivent dans ce pays en mettant en exergue les actes  de quelques uns.

    L'économie c'est avant tout un espace d'échange qui se nourrit de confiance.

    C'est en reconnaissant  l'existence  d'un apartheid social qui discrimine notamment  les chômeurs, les  titulaires des minima sociaux, les pauvres , les étrangers, les personnes en   situation de précarité , les femmes, les homosexuels, les croyants, "les personnes âgées au "minimum vieillesse", les handicapés, les originaux.... que nous pourrons commencer à réfléchir sainement  pour  trouver les solutions idoines.

    Tout le monde aspire à mieux vivre mais aussi à participer au bien être collectif.
    La déclaration des droits de l'homme , notre devise nationale  "Liberté, égalité, fraternité"  refusent  la stigmatisation et l'apartheid  social.
    Oublier ce principe fondamental  c'est mourir , car un peuple n'existe que par la noblesse de ses objectifs.

    Extrait d'un texte D' ALEXANDRE COMETTI  artiste photographe qui  se considère  comme victime de la stigmatisation car Alexandre :
    • est  un artiste (soupçon de volonté de ne pas vouloir travailler )
    • a  un nom  Italien (soupçon d'immigration)
    • est titulaire du RSA (soupçon de Fraude),
    • est "beau" (soupçon  d'homosexualité)
    • a un physique " ténébreux"  ( soupçon d'être Arabe, Juif ou étranger suivant les phobies, origines ou opinions de ses accusateurs)
    • est un homme  ( soupçon de mysoginie)
    • écrit des articles avec une liberté et une indépendance d'esprit (soupçon d'être un anarchiste, un gauchiste, un sarkozyste, un fasciste, un centriste, suivant la teneur de ses articles et/ou  opinions politiques de ses accusateurs)

    Retrouver  Alexandre  sur facebook ou sur son site

    Ecoutez  Brassens   vous comprendrez


    Georges Brassens - La mauvaise réputation (live) par vodka33
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu