dimanche, 25 septembre 2011
Les profiteurs de la crise ou des pratiques qui me dérangent
Avec la montée du chômage et la précarisation de l'emploi , je m'interroge aujourd'hui , sur les organismes qui proposent à ceux qui recherchent un emploi, un "accès privilégié " et payant aux offres d'emploi.
A ce jour, ces pratiques ne sont pas , à ma connaissance, interdites par les tribunaux .
Mais n'est -ce pas pour autant une manière indirecte de profiter de la crise et des chômeurs ?
Les entreprises et les RH devraient ,par souci d'équité et de citoyenneté, bouder ce genre de site !
Mais je crois que je demande trop.....................
Mon point de vue sur le sujet :
Depuis plusieurs années les sites qui proposent de mettre en relation employeurs et candidats fleurissent ..
Si de nombreux sites proposent une mise en ligne des cv et un accès gratuit à toutes les offres d'emploi , certains font payer leurs prestations aux candidats .
Les candidats étant pour la plupart des personnes au chômage c'est pour moi une manière de profiter de la crise et du chômage !
Que dit la loi ?
Depuis la loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 ,qui a supprimé le monopole public légal de placement des salariés jusque-là réservé à l'ANPE (devenu Pôle emploi), les employeurs qui souhaitent embaucher peuvent recourir à un intermédiaire autre que le Pôle emploi .
Pour recruter , Ils peuvent utiliser de multiples sources :
Annonces directes sur leur site, cabinets de recrutement, forum, manifestations diverses et également déposer leurs offres sur un portail emploi.
Cadre emploi, Monster , Keljob sont bien connus Le journal du net
Certains sites proposent à ceux qui recherchent un emploi , un "accès privilégié " à leurs prestations en contrepartie d'un abonnement payant.
- Entre accès privilégié et vente des offres d'emploi : une différence subtile !
Selon le code du travail : il est interdit de vendre des offres et des demandes d’emploi, quel que soit le support utilisé.
Une exception à ce principe est toutefois prévue. "cette interdiction ne fait pas obstacle à l’insertion, à titre onéreux, d’offres ou de demandes d’emploi dans une publication ou un autre moyen de communication payant".
En clair, il est toujours possible de vendre l’insertion d’offres dans des journaux payants pour les lecteurs. .
En revanche, la stricte consultation payante d’offres d’emploi tombe sous le coup de l’interdiction.
Un site Internet ne devrait pas ainsi pouvoir faire payer l'accès à des annonces d'emploi.
A ce jour il n'existe pas en France ,comme aux états unis , des sites qui proposent de manière directe , un accès payant aux offres d'emploi.
Non leur positionnement est plus subtil , car ils proposent un accès "privilégié" aux offres d'emploi .
Mais dans la réalité que veut dire accès privilégié ?
Voici ce que propose un site :
Vous pouvez constater que les candidats ont droit de consulter gratuitement toutes les offres , toutefois ceux qui ne sont pas abonnés ne peuvent pas bénéficier " du moteur de recherche avancé " .
J'ai recherché sur le site des explications sur le sujet et le flou demeure dans mon esprit !
Les explications données sur le site sont pour le moins vagues : je cite " La création d'un profil est gratuite, tout comme sa modification. L’utilisateur candidat peut recevoir, toujours gratuitement, un nombre illimité de demandes de prise de contact émanant des chasseurs de tête ayant consulté son profil, et il dispose d’un accès restreint au logiciel E...
- Si l’utilisateur candidat désire avoir un accès illimité au logiciel E..., c’est-à-dire avec toutes les fonctions et sans aucune restriction, ou pouvoir répondre aux demandes de prise de contact émanant des chasseurs de tête, il ne peut le faire qu'en souscrivant une licence appropriée pour l’utilisation intégrale du logiciel E...... (« abonnement PREMIUM »).
Je suis amenée à me poser une question : quelle garantie ai -je en tant qu'utilisateur à titre gratuit , d'avoir accès aux mêmes offres que celles qui apparaissent avec le moteur avancé ?
En tout état de cause , si je m'abonne mon accès aux offres d'emploi correspondant à mon profil est facilité.
Une manière astucieuse d'inciter les demandeurs d'emploi à payer pour être mieux servis ! proposition alléchante pour un peu plus de 100 euros par an lorsque le site précise je cite :
" Désireux de donner une nouvelle impulsion à votre carrière, vous trouverez ici, en toute confidentialité, des offres adaptées à vos ambitions mais aussi une visibilité auprès d’un vaste réseau européen de chasseurs de têtes. De nombreuses offres sont postées en exclusivité sur …… par les cabinets de recrutement, vous ne les trouvez donc sur aucune autre plateforme."
Le code du travail précise enfin :
Aucune rétribution, directe ou indirecte, ne peut être exigée des personnes à la recherche d'un emploi en contrepartie de la fourniture de services de placement, sous réserve des dispositions :
1°) Des articles L. 7121-9 et L. 7121-10, relatives aux conditions de placement, à titre onéreux, des artistes du spectacle ;
2°) De l'article L. 222-6 du code du sport, relatives aux conditions d'exercice de l'activité d'agent sportif.
L'abonnement payant ne peut il pas être assimilé à une rétribution indirecte ?
Personnellement je réponds sans hésitation OUI .
Si pour beaucoup la crise et le chômage sont des pilules amères à digérer, ce sont pour d'autres de véritables festins !
En france tout se terminant par des chansons je mets ce petit bijou en lien
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mercredi, 06 mai 2009
Mardi noir pour les défenseurs de la démocratie sociale.
trois projets de loi , trois rejets par les députés de l'UMP mardi à l'assemblée nationale
voir billets précédants concernant:
- la projet pour l’augmentation des salaires et la protection des salariés et des chômeurs
- le projet pour la suppression du délit de solidarité
le troisième qui est la cerise sur le gâteau c'est le projet pour la suppression du bouclier fiscalLes députés ont rejeté le texte par 315 voix contre 225 lors d'un scrutin solennel (vote nominatif).
l'UMP ( à l'exception de René Couanau qui s'est abstenu), et le Nouveau Centre ( à l'exception de Jean-Christophe Lagarde qui s'est abstenu et deThierry Benoit, qui a voté pour) ont voté contre, le PS, le PCF et les Verts pour.
Deux députés MoDem, Abdoulatifou Aly et Jean Lassalle, ont aussi approuvé le texte. François Bayrou n'a pas pris part au vote.
le bouclier fiscal quid?
faisons simple :
Evoqué pour la première fois en 1998 par le gouvernement de Michel Rocard, le terme de bouclier fiscal apparaît pour la première fois dans la loi des finances pour 2006, article 74.
Cet article stipule que les impôts ne doivent pas dépasser 60% des revenus de chaque contribuable. Ce taux est ramené à 50% par la loi TEPA du 21 août 2007.
Le principe est défini à l'article 1 du code général des impôts et stipule: "Les impôts directs payés par un contribuable ne peuvent être supérieurs à 50% de ses revenus." La mesure concerne tous les impôts, y compris l'impôt sur la fortune .
Qui est concerné par le bouclier fiscal?
En 2008, 13 998 foyers ont profité de la mesure. Leur nombre est donc quasiment stable par rapport à 2007, alors que le niveau du bouclier a été abaissé de 60% à 50%.
En 2008, les contribuables ont bénéficié d'une restitution d'impôt pour un gain moyen de 33 000 euros, contre 16 000 euros en 2007.
Mais cette moyenne cache des écarts considérables entre les bénéficiaires. Selon des prévisions faites en 2007, les ménages les plus riches, c'est-à-dire ceux dont les revenus sont supérieurs à la dernière tranche de l'impôt sur le revenu, devaient se voir restituer 260 000 euros. Pour les ménages les plus pauvres, le bénéfice ne devait, en moyenne, être que d'un peu plus de 500 euros.
selon Miche Delebarre "la loi TEPA a conduit à rendre le principe du bouclier fiscal encore plus injuste. Les bénéfices ont été doublés pour les contribuables les plus aisés, et il a été divisé par deux pour les bénéficiaires du bouclier fiscal non assujettis à l’ISF, ces ménages modestes que le Président de la République prétendait défendre. Encore un nuage de fumée qui se dissipe!
Au total, les contribuables aux patrimoines les plus importants (supérieur à 15,5 millions d’euros) bénéficieront d’une restitution moyenne de 368 000 euros, soit l’équivalent de 30 années de Smic!"
voir article sur blog de Michel DELEBARRE

Combien coûte le bouclier fiscal à l'Etat ?
Selon les Echos, le bouclier fiscal a coûté 458 millions d'euros en 2008, soit une augmentation de de 250 millions d'euros par rapport à 2007.
Le coût global de cette mesure, votée en juillet 2007, dans le cadre de la loi sur le "paquet fiscal", avait été estimé à l'époque à 625 millions d'euros par Christine Lagarde, ministre de l'Economie.
Pourquoi maintenir cette mesure en période de crise économique ?
éviter l'évasion fiscale dit le gouvernemnt. "On peut désormais rester en France avec des prélèvements supportables."
Nicolas Sarkozy a déclaré « Mesdames et Messieurs j'en appelle à votre bon sens. Ne pas prendre par l'impôt direct plus de 50% du revenu d'un ménage c'est un principe de liberté, de liberté. Je suis attaché au mot et à la réalité de liberté. C'est un principe qui en Allemagne est inscrit dans la Constitution.
voir article sur rue 89 cela vaut la peine que vous vous y attardiez!!!!( clic ici)
"La suppression du bouclier fiscal, ce n'est pas seulement rétablir la justice, c'est redonner à la fiscalité son vrai rôle", celui "d'exprimer la solidarité d'une nation", a plaidé l'économiste du PS Pierre-Alain Muet.
En réponse, Nicolas Perruchot (NC) a vu dans cette PPL "le retour des vieilles recettes". Yves Censi (UMP) a qualifié les socialistes d'"inquisiteurs ayant pour seul désir de brûler des hérétiques sur la place publique".

16:46 | Commentaires (0) | Envoyer cette note | PROJETS ET LOIS | Lien permanent | Tags : bouclier fiscal, impots, inégalités, crise économique, parti socialiste, ump, nicolas sarlozy |
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mardi, 28 avril 2009
Le gouvernement a peur de nos jeunes
une jeunesse sans espoir est une jeunesse au bord de l'explosion.il est de bon ton de critiquer toutes les mesures gouvernementales
Dans chacun de mes billet je m'applique à essayer de porter le regard le plus objectif sur les dispositions légales, réglementaires ,conventionnelles prises
Force est de constater que les mesures en faveur des jeunes ont un air de déjà vu , ne prennent pas le problème dans son ensemble et auront un effet immédiat voir d'aubaine pour certains employeurs.
Attachons -nous au constat de la situation des jeunes pour analyser les mesures annoncées
le constat
- Au troisième trimestre 2008 le taux de chômage des moins de 25 ans était déjà de 19,7 %, contre 7,7 % en moyenne et 5,3 % pour les plus de 50 ans.( Ce taux est calculé en fonction des jeunes qui ont un emploi ou en cherchent. il ne prend pas en compte ceux qui poursuivent des études. Or, beaucoup de jeunes étudiants cherchent un emploi )
en Février 2009 on recense 434 300 demandeurs d'emploi de moins de 25 ans soit 105 400 de plus qu'un an auparavant,
Avec la crise économique toutes les classes d'âge sont touchées mais les jeunes plus particulièrement car cette progression est de 33% alors que pour les autres elle est de 17% ce sont les jeunes les moins diplômés qui sont le plus exposés .selon la Dares, le taux de chômage des jeunes ayant au mieux un brevet des collèges est environ quatre fois plus important que celui des diplômés du supérieur.
- le taux de chômage des jeunes est trés sensible à la conjoncture économique car ce sont les jeunes qui forment le contingent le plus important des salariés précaires ( CDD, intérim, temps partiel, sans oublier les stages abusifs qui forment un véritable sous emploi) et lorsque le carnet de commande est vide les entreprises se séparent en premier des salariés précaires.
- les CDD et autres formes de contrats précaires sont bien souvent l'anti-chambre du salariat pérenne stable mais aujourd'hui avec la crise économique ces emplois sont en chute libre. d'autant que les entreprises préfèrent recourir aux heures supplémentaires exonérées de charges sociales que d'embaucher . Elles préfèrent aussi mettre en place le système des conventions de forfait ( voir mon article " la face cachée de l'emploi " du 22.12.2008 ).
- La précarité touche davantage les moins diplômés.
à cela s'ajoute un phénomène de discrimination . Selon le Céreq, les jeunes résidant en zone urbaine sensible connaissent plus de difficultés pour s'insérer professionnellement .
" le Crédoc résume les facteurs accentuant, pour un jeune, le risque d'être touché par l'éloignement de l'emploi de qualité : être très peu qualifié ou avoir suivi une formation générale (c'est-à-dire plus théorique que professionnelle) ; être une femme ; habiter une zone urbaine sensible ; avoir des parents non européens ."
si les parents ne peuvent pas aider financièrement leurs jeunes « le cumul de la précarité économique et de l'isolement social peut conduire très vite à des formes profondes et durables d'exclusion et de pauvreté », rappelle le sociologue Olivier Galland .
- Avant la crise, un cinquième des jeunes de 16 à 25 ans vivait sous le seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 880 euros par mois. Soit 1,4 million de personnes.
les 16-25 ans sont surreprésentés dans les centres d'hébergement d'urgence, dans les taux de suicide.
les remèdes
Doté d'une enveloppe de 1,3 milliard d'euros, l'objectif du plan est d'aider 500.000 jeunes à s'insérer dans la vie active d'ici à juin 2010.
- les entreprises qui recrutent un apprenti d'ici à juin 2010 seront totalement exonérées de charges sociales, les entreprises de moins de 50 salariés qui embaucheront un jeune en apprentissage recevront une prime de 1.800 euros.
- L'Etat va mobiliser les centres de formation des apprentis, le Pôle Emploi et les chambres consulaires, "pour que chaque apprenti en situation de rupture puisse rapidement trouver un nouvel employeur".
- Les entreprises qui concluent un contrat de professionnalisation recevront une prime exceptionnelle de 1.000 euros pour toute nouvelle embauche d'un jeune de moins de 26 ans. La prime pourra atteindre 2.000 euros, si le jeune en contrat n'a pas le niveau du baccalauréat.
- un décret va prochainement rendre obligatoire la rémunération des stages à partir de 2 mois, au lieu de 3 mois aujourd'hui. "La loi sera modifiée avant l'été", a affirmé le chef de l'Etat, avant d'ajouter que les entreprises qui embaucheront en CDI leur stagiaire percevront une prime de 3.000 euros.
"Cette aide sera ouverte si le jeune a été en stage avant le 1er mai 2009 et si l'embauche est réalisée avant la fin septembre 2009".
- le nombre de contrats initiative emploi sera doublé : 50.000 contrats supplémentaires seront proposés au second semestre 2009.
(Le contrat initiative emploi est un contrat à durée indéterminée ou un CDD de 24 mois. L'employeur bénéficie d'une aide de l'Etat, qui peut aller jusqu'à près de 50% du SMIC.)
Mes commentaires
- Notre système des aides sociales protège assez bien certaines catégories (comme les chômeurs qui viennent de perdre leur emploi) mais en protège très mal d'autres, comme les entrants sur le marché du travail. En fait, la protection sociale favorise ceux qui sont déjà dans le système.
la nouvelle convention Unedic qui exige 4 mois de cotisations pour être indemnisé va légèrement améliorer la situation
quant à la prime de 500 euros pour ceux qui ont cotisé moins c'est une cautère sur une jambe de bois qui encore une fois est mal ciblée ( voir mes articles dans la catégorie chômage )
- privilégier les contrats en alternance facilite l'intégration dans le monde professionnel . En revanche, les contrats aidés sentent le "réchauffé" .Nous savons tous que ces contrats donnent des résultats rapides mais non sur du long terme .ils débouchent rarement sur des emplois pérennes C'est une réponse politique au problème.
bien plus dans de nombreux cas ils créent l'effet d'aubaine c'est à dire les employeurs qui avaient l'intention d'embaucher de manière stable vont le faire sous cette forme de contrat
- les jeunes de moins de 25 ans sont exclus de nombreuses aides car notre système privilégie les aides aux familles alors qu'il faudrait aider directement les jeunes. ce système contribue largement à l'exclusion de toute une partie de la jeunesse des classes sociales défavorisées qui ne peuvent pas apporter de soutien financier à leurs jeunes.
- les mesures qui favorisent telle ou telle classe d'âge sont dépassées et ont des effets pervers
- il faut repenser complètement la formation et les études car cumuler un emploi avec des études est pénalisant en terme de réusssite.là encore ce sont les classes les moins favorisées qui sont le plus pénalisées
il faudrait transformer complètement l'agencement des études universitaire....
bref il faudrait avoir une vision globale du problème des jeunes et lui apporter une solution globale.les solutions proposées par le plan d'urgence sont loin de répondre à cette vision globale
elles ont pour seul objectif de canaliser une jeunesse qui fait peur en s'orientant vers des mesures à court terme.
car le gouvernement et le patronat savent fort bien qu'une jeunesse qui n'a plus d'espoir est une jeunesse au bord de l'explosion
( Selon une étude de la Fondation pour l'innovation politique, un think tank proche de l'UMP, réalisée en 2008, seuls 26 % des Français de 16 à 29 ans jugent leur avenir prometteur, contre 60 % des Danois et 54 % des Américains du même âge)
13:10 | Commentaires (2) | Envoyer cette note | EMPLOI | Lien permanent | Tags : jeunesse, jeunes, plan d'urgence, plan emploi, crise économique, droit, justice, inégalité, pauvreté, chômage, sécurité, peur, pessimisme |
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