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Pour lutter contre les dangereux fraudeurs que sont les malades , qui n'hésitent pas , par leurs arrêts de travail "abusifs" à mettre en péril les équilibres financiers de la sécurité sociale , la majorité en place ne cesse d'inventer des mesures pour limiter les arrêts maladie ( multiplication des contrôles, incidence de l'avis des médecins contrôleurs des employeurs sur les indemnités versées par la SS, création d'un FBI anti - fraude , renforcement des sanctions etc...).
Le premier maillon de ces mesures est la transmission par le web des arrêts de travail par le médecin traitant, qui permet un contrôle immédiat du fraudeur potentiel ....... ( la SS pouvant déclancher le contrôle dès réception de l'arrêt de travail c'est à dire à l'instant T de la prescription de l'arrêt ....)
Les médecins qui prescrivent un arrêt de travail peuvent se connecter à partir du portail « Votre Espace Pro » d'Ameli et remplir en ligne le formulaire d'arrêts de travail de leurs patients.
Le dispositif d'avis d'arrêt de travail dématérialisé a été mis en place dans toutes les CPAM de France à partir de novembre 2009, il a été généralisé aux arrêts maladie,maternité et accidents du travail depuis juin 2010.
La transmission dématérialisée non seulement constitue un gain de temps pour le personnel des CPAM qui n'ont plus à traiter les formulaires papier, mais également permet les contrôles des arrêts de travail de courte durée ( en 2009 les arrêts de travail de moins d’une semaine représentent 48 % des prescriptions totales d’arrêt, soit 300 millions d’euros par an. Or, ils ne sont presque jamais contrôlés puisque l’assuré avait 48 heures pour poster sa déclaration : le temps qu’elle arrive, le bénéficiaire est revenu au travail ! )
Mais.....car il y a un mais :
La télétransmission augmente la responsabilité et la charge bureaucratique du médecin alors que le temps de la consultation est déjà contraint".
le nombre de jours d'arrêts de travail pour chaque pathologie est normalisé.....( c'est à dire pour chaque pathologie la SS préconise d'octroyer x...jours d'arrêt de travail )
Que l'assurance maladie mette en place ce genre de grille devrait nous alerter . En effet , cette normalisation de la durée des arrêts de travail fait fi de la particularité de chaque patient . Elle entérine une orientation désuète de la médecine qui consiste à soigner la pathologie avant de soigner la personne dans toute sa complexité . Ces "normes" ne sont pas mises en place pour permettre une meilleure qualité de soins mais prévenir « la chronicité » des arrêts . Ces normes complètent en fait l'arsenal mis en place par le gouvermenet pour diminuer le secteur des dépenses des arrêts de travail et ce au mépris de la santé des personnes.
Aujourd'hui ces normes sont indicatives mais demain ??????
Voici l'extrait d'un article de Jean-Jacques Fraslin
J’ai testé la nouvelle version de l’e-arrêt de travail. Si on suit à la lettre les consignes, il faut au moins 5 minutes pour rédiger un e-arrêt de travail. De nombreuses rubriques présentes dans la zone “Assuré(e)” du certificat papier doivent désormais être remplies par le médecin. Cet e-arrêt permet d’évidents gains de gestion pour les régimes qui le proposent et autorise un contrôle immédiat des assurés. Mais il augmente la responsabilité et la charge bureaucratique du médecin alors que le temps de la consultation est déjà contraint.
Je clique une deuxième fois sur le menu déroulant qui s’affiche immédiatement. Cela surprend. Il faut ensuite déplacer la souris et ouvrir un sous menu (sans clic). Un troisième clic permet de choisir le motif. On doit patienter entre 3 et 8 secondes ensuite. C’est le temps qu’il faut pour télécharger un “Tableau des durées indicatives.” Ainsi pour la grippe banale, l’assurance maladie recommande 7 jours ! Par contre pour une “Sciatique” avec “Travail sédentaire” c’est deux jours. Pour un “Travail physique léger avec charge ponctuelle < 10 kg ou charge répétée < 5kg” c’est trois jours de bonus. Quelqu’un qui effectue un “Travail physique lourd avec charge > 25kg” a droit à 35 jours. Si le grippé a, en sus une sciatique et un travail sédentaire, à combien de jours a-t-il droit ? Ne nous égarons pas. C’est une grippe, je valide par un 4éme clic la “Durée indicative Tout type d’emploi” de 7 jours. Le patient grommelle : « Sept jours pour une gribbe ? Je bensais rebrendre le boulot lunbi ! » Je réplique : « Regardez c’est les experts de la Haute Autorité de Santé qui preconisent cette durée »......
Lorsque vous êtes malade , votre médecin vous prescrit ( s'il juge que c'est opportun) un arrêt de travail.
Si vous justifiez d'une durée d'affiliation suffisante vous percevez des indemnités journalières après un délai de carence et le cas échéant un complément de salaire de votre employeur.
Pendant votre arrêt de travail vous pouvez faire l'objet d'un contrôle par le médecin-conseil de la Sécurité sociale.
Votre employeur peut également mandater un médecin pour vous faire contrôler ( en cas de versement d'un complément de salaire )
Depuis peu , ces contrôles ont une incidence directe sur le maintien ou non des indemnités versées par la SS !
Que se passe t il si le médecin conseil estime notamment que vous êtes bien portant et que vous pouvez aller bosser ?
Si celui-ci conclut que l'arrêt-maladie est injustifié, le versement de vos indemnités journalières s'arrête et vous devez immédiatement reprendre votre travail.
Le gouvernement , frappé par une "Schizophrénie anti fraude" veut aller plus loin.
"Un texte réglementaire est en cours de préparation et devrait sortir d'ici la fin de l'année", a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère, confirmant une information diffusée par Europe 1.
Le projet gouvernemental vise à infliger au malade qui n'est pas considéré comme tel par le tout puissant Médecin conseil , une amende, afin qu'il rembourse une partie des indemnités journalières perçues avant sa visite auprès dudit médecin-conseil.
Les modalités et le montant de ces sanctions n'ont pas encore été précisés, a-t-on indiqué au ministère du Travail.
A mon sens si un texte réglementaire prévoit " le remboursement de tout ou partie des indemnités perçues " il encourt une annulation devant le conseil constitutionnel .
En effet, si le médecin conseil peut constater le caractère "abusif " d'un arrêt de travail le jour où il examine le salarié, à moins qu'il ne soit devin , comment pourra t-il affirmer que le salarié était bien portant et qu'il pouvait aller travailler avant son contrôle ?
Une difficulté de poids qui ne semble par gêner le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qui assure que la pénalité qui sera instituée "tient la route sur le plan juridique". Un décret est d'ailleurs déjà en préparation. Il devrait sortir avant la fin de l'année.
Selon la Cnam, en 2009, 13 % des arrêts de travail de moins de 45 jours contrôlés par les médecins-conseils étaient jugés injustifiés ou trop longs et 11 % des arrêts de plus de 45 jours étaient « inadaptés » ou « injustifiés ».
En 2010, la Sécurité sociale aurait réalisé près de 400 millions d'économies en renforçant ses contrôles sur les arrêts maladie.( soit 4,6% du montant total des indemnités journalières versées)
Pour ajouter au concert de l'imbécilité ambiante , la réaction de la Fédération nationale des accidentés de la vie (Fnath), importante association de malades et de personnes handicapées me consterne.
En effet, au lieu de rechercher des arguments de droit pour contrer le projet du gouvernement, cette Fédération accuse les médecins d'être responsables de la situation.
- le Gouvernement oublie de rappeler que ce sont les médecins qui prescrivent la durée des arrêts maladie : ce ne sont donc pas les malades qui doivent être tenus responsables d’un arrêt qui semblerait injustifié.
Si pénalités il doit y avoir, ce sont les médecins traitants qui doivent les subir. Ce n’est pas à la personne en arrêt de faire les frais d’une approche différente entre deux médecins sur l’opportunité et la durée de leur arrêt.
On peut d’ailleurs s’interroger sur les possibilités de recours, afin de se faire rembourser les pénalités, de la personne en arrêt contre le médecin traitant qui lui aura prescrit une durée d’arrêt de travail jugée inadéquate par l’assurance maladie "
Pour mettre d'accord tout ce petit monde qui à mon sens est devenu idiot , je propose de mettre les malades et les vilains médecins complices du grand crime d'arrêt de travail abusif, au pilori sur la place publique .
Marc-Philippe Daubresse vient de remettre son rapport sur l'amélioration du revenu de solidarité active (RSA) et le renforcement de son volet insertion, au Président de la République.
Dans ce document, il formule 22 propositions de réforme pour renforcer la logique des droits et devoirs, améliorer la lisibilité et l'efficacité du RSA et lutter contre les fraudes aux prestations sociales.
Le ton est donné par les premières phrases de l'introduction du rapport : "La France a le modèle social le plus généreux des pays de l’OCDE : chaque année, 30 % de la richesse produite est consacrée à la protection sociale. "
Face au poids de la dette qui nous oblige à réduire les dépenses publiques, en sortie de crise, il faut réformer notre modèle si nous voulons le transmettre à nos enfants avec deux objectifs :
-Comment privilégier le retour à l’emploi plutôt que l’assistanat ? -Comment mieux investir dans le social pour accompagner plus efficacement les plus fragiles ?
Mon commentaire : le mot assistanat qui a largement été utilisé depuis ces derniers mois est repris dans le rapport ...
Force est de constater que pour notre gouvernement , qui malheureusement reflète la pensée d'un grand nombre , les allocataires du Rsa sont des assistés à la charge de la collectivité.
Ce postulat étant posé comme une sentence sans appel , il est nécessaire de ramener ces égarés dans le droit chemin du travail.......
Première mesure envisagée :
Proposer aux allocataires du rSa inactifs, en situation de travailler, un CUI d’une journée par semaine, rémunéré au SMIC (214 euros de salaire mensuel net versé par l’employeur, soit 140 euros de gain net pour l’allocataire)"
Mon commentaire : si ce travail est rémunéré (il fallait bien répondre au tollé provoqué par la proposition d'un travail gratuit !) , le rsa diminuera . Il ne restera qu'un gain moyen de 132 euros par mois pour l'allocataire.
Voici le tableau des revenus que percevront les intéréssés !
Faites un petit calcul : déduisez ,ne serait ce que les frais de transport , le revenu restant fond comme peau de chagrin..
Sans compter que de nombreux allocataires inactifs qui se débattent dans des difficultés de tous ordres ne disposent d'aucun moyen pour se déplacer .
automatiquement une sanction conformément à la loi.
En revanche le salaire que devra payer l'employeur est subventionné .
Il ne restera à sa charge que 56 euros par mois..
Deuxième mesure envisagée :
Fusionner le Rsa et la prime pour l'emploi . On peut lire dans le rapport " la PPE ne bénéficie pas à une partie significative de ceux qui devraient être incités à accepter une activité précaire ou à temps partiel alors qu’elle bénéficie à des foyers au revenu important en raison de l’appréciation des ressources sur une base individuelle: « On estime que sont ainsi exclus de la PPE, 2,8 millions de personnes occupant des emplois précaires ou à petit temps partiel.
A l’inverse, la PPE peut être versée à des ménages situés dans la moitié supérieure de la distribution des revenus : près de 4,5 % des foyers fiscaux appartenant aux 8e et 9e déciles de revenus (foyers déclarant en 2007 plus de 20 758 € par unité de consommation soit 43 592 € pour une famille avec 2 enfants) bénéficient de la PPE».
Le rapport propose de recentrer ce système sur les personnes éligibles au Rsa.
Mon commentaire : supprimer cette prîme pour les revenus moyens est une mauvaise mesure car elle risque fort de ralentir la consommation .
En effet, la PPE ne s'adresse pas à des nantis , loin de là , mais à des foyers relativement modestes !
C'est encore un coup de griffe porté aux classes moyennes !
Troisème mesure envisagée :
Inciter les collectivités locales à revoir les aides diverses octroyées aux bénéficiaires du Rsa qui ne les incitent pas à reprendre un emploi !
On peut lire dans le rapport : " Les droits dits « connexes » au rSa sont les avantages de toute nature accordés désormais sous condition de ressources et non plus de « statut » d’allocataire de ce minima social. Les critères d’éligibilité ont été revus dans le cadre de la loi sur le rSa par rapport au RMI.
Ces droits connexes prennent des formes différentes : aides monétaires, aides quasi-monétaires (bons d’achat par exemple), aides en nature (colis alimentaires par exemple), aides tarifaires ou droits connexes indirects (exonérations, dégrèvements). Ils peuvent contribuer à rendre moins attractive la reprise d’un emploi si celle-ci leur en fait perdre le bénéfice.
Je n'ai aucun commentaire à faire car je deviendrai incorrecte ......
CERISE SUR LE GATEAU /La lutte contre la fraude : tous fichés !
Le rapport préconise la mise en place d'une carte électronique pour centraliser les informations sur les aides sociales . L’idée serait que, sur le modèle de la Carte Vitale, chaque citoyen devienne titulaire d’une cartesociale biométrique et d’un numéro unique d’enregistrement. Cette carte regrouperait les informations ouvrant des droits (Etat civil, situation familiale et professionnelle, etc.) et les prestations effectivement versées.
Cette innovation, soutenue par la mission d'évaluation et de contrôle des lois de la sécurité sociale de l’Assemblée nationale dans son rapport d’information de juin 2011 sur la lutte contre la fraude sociale, présenterait un double intérêt. Elle permettrait à son titulaire de percevoir des prestations et de les faire évoluer en cas de changement de situation. En outre, elle limiterait les possibilités de versement de prestations incompatibles, ce qui est déjà prévu au sein de chaque organisme, et faciliterait les contrôles par le rapprochement de données avec l’administration fiscale et Pôle emploi.
Cette carte sociale serait alimentée principalement par le répertoire national commun de la protection sociale(RNCPS)90 qui sera opérationnel fin 2011 et qui sera ouvert notamment aux collectivités territoriales pour l’exercice de leurs compétences sociales. Son but est de contribuer à amplifier les divers croisements de fichiers de données sociales, fiscales et territoriales, collectées sur les assurés sociaux, les familles et les retraités, afin de lutter plus efficacement contre la fraude. Un arrêté interministériel du 21 novembre 2010 fixe la liste des organismes, des risques, des droits et prestations entrant dans le champ de ce répertorie national.
La création de cette carte centralisant différentes informations à caractère social exigerait bien entendu un avis préalable de la commission nationale de l’informatique et des libertés.
Mon avis sur tout cela : En France il y a du travail à gogo , mais que des fraudeurs et fainéants qui se la coulent douce !
Avant de visonner la vidéo ci dessous , je vous donne le lien du site de l'UMP et de la description de notre Zorro anti fraude .
Les moyens de communication se sont multipliés et nous nous sentons de plus en plus isolés.
Au delà de cette sensation diffuse qui submerge bon nombre de nos concitoyens force est de constater que chaque jour des milliers de personnes en situation de fragilité sociale ( handicapés, personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, personnes percevant les minima sociaux, chômeurs etc...) se heurtent à une administration ou des structures publiques ou privées qui sont de plus en plus distantes, impersonnelles et irresponsables . ( CAF, Pôle emploi, offices HLM,CPAM, conseils généraux sans compter les établissements bancaires ou de crédit EDF etc...)
Ce mur d'indifférence augmente le stress et parfois le désarroi de ceux qui attendent que leur dossier dont dépend leur maigre revenu soit traité rapidement avec courtoisie et humanité.
Je vais vous raconter une petite histoire dont je viens d'être témoin qui va vous faire toucher du doigt les difficultés d'un citoyen ordinaire dans une société si ordinaire d'indifférence.
Marie est une artiste au talent de sculpteur reconnu.
Il y a quelques années encore elle vendait ses oeuvres et pouvait en vivre correctement.
Mais la crise est passée par là et ses oeuvres se sont de moins en moins vendues.
Un jour il n'y eu plus de commande et ce, malgré les expositions, malgré les manifestations culturelles, malgré les multiples contacts pris par Marie .
Marie fut dans l'obligation de demander assistance : c'est ainsi qu'elle fut admise il y a 3 ans de cela à percevoir le RMI..
Percevoir moins de 450 euros par mois ce n'est pas facile mais elle s'est accrochée animée par une force créatrice redoublée .
Marie a de la chance car sa famille lui verse des aides afin qu'elle puisse continuer à acheter les matériaux nécessaires à la production de ses statues et organiser ou participer à des expositions car pour vendre il faut rester présent, se montrer , louer des emplacements ou des salles d'exposition , se déplacer et tout cela coûte cher .
Si Marie ne percevait pas ces petits revenus complémentaires versés par sa famille elle ne pourrait plus produire exposer et même se nourrir se loger !
Marie n'est pas un cas isolé des milliers d'artistes sont dans cette situation .
Et puis la grande vague du "travailler plus pour gagner plus" est arrivée avec sa cohorte de suspiçion concernant les chômeurs, les malades, les allocataires des minima sociaux :
s'ils sont chômeurs c'est qu'ils ne veulent pas travailler car en France il y a des emplois !
s'ils sont en arrêt maladie c'est qu'ils sont fainéants car en France on se porte bien !
s'ils perçoivent les minima sociaux se sont des profiteurs car en France l'ascenseur social n'est pas en panne !
C'est ainsi que depuis plusieurs mois lois et décrets renforçant les contrôles fleurissent comme muguet au mois de mai sans compter les notes internes aux organismes chargés du calcul et versement des prestations qui organisent une véritable chasse aux "fraudeurs".
Quelques cas médiatisés le tour est joué : comme l'air de la calomnie bien connu par les mélomanes l'opinion publique s'insurge s'indigne et fait des amalgames et surtout généralise....
Les récentes déclarations sur le Figaro du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé Xavier Bertrand sont trés significatives.
En effet notre ministre qui lance un grand plan contre la fraude sociale n'hésite pas à déclarer " Des millions de nos concitoyens payent chaque jour des cotisations, font des efforts, rencontrent des difficultés. Dans le même temps, d'autres ne payent pas ce qu'ils devraient payer ou touchent des prestations auxquelles ils n'ont aucun droit.Ils volent la protection sociale, ils volent les Français.
En ces temps où l'on demande des efforts aux Français, notamment pour réduire les déficits, chaque euro injecté dans le système de protection sociale doit aller à ceux qui en ont besoin. Certains cherchent à faire une différence entre les abus et les fraudes. Pour moi, c'est exactement la même chose: il n'y a pas de petite fraude, pas de système D. Ce sujet me tient à cœur depuis des années. La fraude est l'ennemie de la valeur travail.
Alors les directives pleuvent et ruissellent jusqu'au dernier échelon de la hiérarchie des CAF des CPAM de pôle emploi des conseils généraux bref c'est la grande lessive.
Marie vient d'être prise dans ce tourbillon au relan de dénonciation et de lacheté .
Marie touche le RSA qui a remplace en 2009 le RMI. ( photographie salauds de pauvres - la traversée de Paris )
Ayant au cours des derniers mois vendu une sculpture elle en fait la déclaration comme il se doit.
15 jours plus tard elle reçoit son RSA entièrement amputée du montant de la vente / Marie ne perçoit que 100 euros au lieu des 400 prévus.
Erreur manifeste de la CAF pense Marie qui téléphone sans trop s'inquiêter à la CAF dont elle dépend pour faire rectifier la situation .
Marie va apprendre que pauvreté signifie indifférence et parfois humiliation .
Tout d'abord Joindre le bon interlocuteur n'est pas chose aisée les agents de la CAF dont elle dépend ne reçoivent que sur rendez vous et le délai est long. Le contact téléphonique semble le moyen le plus facile pour régler le problème.
La CAF a mis en place à l'instar de tous les services publics et grandes entreprises un répondeur automatique qui vous propose de multiples choix avant de tomber dans le bon service . Marie qui n'a pas l'habitude se trompe en tapant sur les touches de son téléphone elle met plus de 10 minutes avant d'entendre une voix humaine enfin celle d'un agent qui ne peut pas traiter de suite le dossier et lui indique avant de raccrocher prestement sans formule de politesse " on vous rappellera"
Marie attend un jour deux jours trois ... on ne la rappelle pas , alors elle recommence ses coups de fil ..pour avoir la personne en charge de son dossier.
A nouveau la boite vocale qui lui demande de taper sur les touches de son téléphone , pour finalement tomber sur un agent qui indique que l'agent en charge de son dossier est absent et qu'il la rappellera à son retour !
Marie commence à s'inquiéter car elle n'a que 100 euros pour vivre et la régularisation de son dossier devient une urgence .
Elle s'impatiente et téléphone le lendemain pour avoir une personne qui traite son dossier.
Après trois appels elle a un agent qui regarde semble t- il son dossier et lui déclare sans sourciller " de quoi avez vous à vous plaindre vous touchez 100 euros certains n'ont rien !" et ajoute"faite une réclamation par écrit on vous répondra car pour moi il n'y a pas d'erreur dans le calcul de votre allocation."
Marie commence à culpabiliser c'est vrai il y a plus pauvre .. l'urgence de son dossier lui semble dérisoire au regard d'autres situations.
Marie ne percevra donc pas le complément de son allocation elle n'a que 100 euros pour vivre elle doit faire un recours pour faire rectifier la situation
Son dossier ne sera traité dans le meilleur des cas sous délai minimal de deux mois .
Marie devra donc attendre trois longs mois avec seulement 300 euros pour vivre... .. comment va t-elle payer son loyer son téléphone son chauffage sa nourriture comment comment..? Marie panique Marie qui avait jusqu'à présent maintenu la tête hors de l'eau commence à suffoquer ..
Puis vient le coup de grâce : un petit courrier de la CAF pour l'étude de son dossier d'allocation logement avec cette phrase " nous vous demandons les justificatifs suivants... et de nous expliquer vos moyens d'existence ...
Comment expliquer ses moyens d'existence si ce n'est par les documents demandés : déclaration d'impôt ..
Marie reprend son téléphone elle ne sait pas comment justifier ses moyens d'existence hormis les papiers qu'elle a déjà fournis sa déclaraion d'impôt .
Marie ne peut pas joindre au téléphone le signataire du courrier alors elle insiste et dans la même journée elle téléphone trois fois.
La troisième fois son interlocutrice très énervée lui indique qu'il faut qu'elle arrête de harceler les agents de la CAF qui n'ont pas que cela à faire et que le signataire du dossier prendra contact avec elle sous quinzaine !
Marie va voir en urgence une assistante sociale et elle apprend qu'elle a oublié de déclarer l'aide familiale de 200 euros par mois qui lui permet de " survivre " ... et les textes du RSA sont clairs les aides récurrentes doivent être déclarées elles rentrent dans le calcul du RSA.
Marie l'ignorait ..... et devient AINSI pour la CAF une fraudeuse .. elle va alimenter les statistiques ministérielles des "vilains fraudeurs" qui volent les Français. Elle va justifier ainsi le grand plan "blanchissement des pauvres "mis en place par le gouvernement dont Xavier Bertrand n'est que le pâle exécutant....
Marie qui percoit de la CAF 400 euros par mois qui arrivait avec l'aide de sa famille à maintenir sa situation en vivant avec 600 euros par mois risque d'être comdamnée à rembourser plus de 3000 euros à la CAF : une somme considérable qu'elle ne pourra pas payer ni sa tante sa seule famille qui prélevait les 200 euros sur sa petite retraite car sa tante vient de décéder.
Marie qui approche les soixante ans risque fort de dormir dans la rue d'ici quelques mois.
100 000 sans abris il y en aura 100 001 avec Marie...
Xavier HAUBRY est inspecteur du travail, chargé d'enseignement à l'Université Paris Ouest, Nanterre La Défense (anciennement Paris X), et membre de jury de concours. Il participe au sein de l'INTEFP à la formation des inspecteurs et des contrôleurs du travail.
Il est l'auteur d'un livre intitulé "Le contrôle de l'inspection du travail et ses suites " Editions l'Harmattan (collection "Pour comprendre").
Cet ouvrage présente le système français d'inspection du travail ainsi que les règles applicables à ses contrôles.
Les suites du contrôle sont également présentées (lettre d'observations, mise en demeure, arrêt de travaux, action en référé, etc.), la dernière partie étant consacrée au traitement judiciaire d'une suite possible du contrôle : le procès-verbal d'infraction.
Cet ouvrage est à jour du décret du 10 novembre 2009 modifiant l'organisation territoriale des services (disparition progressive des DDTEFP et des DRTEFP au profit des DIRECCTE).
Salariés, étudiants, représentants du personnel etc... je vous en recommande la lecture .
Illustration de couverture réalisée par Jean-Louis OSVATH, inspecteur du travail et dessinateur à ses heures.
Je remercie notre ami Xavier Haubry ne m'avoir fourni les éléments suivants : - 251.093 contrôles enregistrés en 2008 (dernier chiffre disponible,le nombre de contrôles réels est supérieur) ; - 845.165 observations enregistrées (forme de rappel à la loi) ; - 4.430 procès-verbaux annoncés ; - Aucun chiffre n'existe sur les suites judiciaires, les chiffres des condamnations sont globaux (et en matière de travail illégal, qui pèse lourdement dans les statistiques, l'inspection du travail n'est pas le principal verbalisateur) ; - A titre d'illustration, 720 condamnations ont été prononcées en 2008 pour le délit de manquement aux règles de santé/sécurité des travailleurs, 51,7% des infractions relevées par l'inspection du travail concernant ce thème ; - Un observatoire des suites pénales a été mis en place en 2007, mais il n'a pas encore publié de chiffres officiels ; Il semble cependant que les suites judiciaires soient très limitées....
Nous apprenons qu'un député UMP Jacques Myard a proposé dans une interview à Radio Courtoisie, mardi 15 décembre de nationaliser le réseau" Internet à l'image de la Chine. "La vérité est qu'aujourd’hui le réseau Internet est totalement pourri. Et quand je dis pourri, c’est que peut-être nous avons tous dans notre réseau Internet des chevaux de Troie qui vont se réveiller peut-être demain matin. C’est un réel problème, explique le député de la cinquième circonscription des Yvelines.
"Contacté par Nouvelobs.com, le groupe UMP à l'Assemblée nationale explique que ce n'est pas une position propre au groupe, le sujet n'ayant pas été abordé.
Messieurs de la majorité vous me permettrez de douter de vos affirmations car depuis plusieurs mois vous ne cessez de brandir les dangers du net ... pour légitimer peut être une mise sous contrôle par mesure de protection des citoyens !!!!!
Comme le dit si bien le Journal Marianne le net gêne certains politiques par sa mémoire et sa viralité.
"Contrairement à la télévision, qui projette un flot d'images ne laissant qu'un souvenir approximatif, Internet capte les contenus et les déclarations sans en oublier une virgule. Pire : il les fait circuler par les réseaux sociaux, les offrant au débat, nourrissant le buzz... Bref, difficile de planquer ses bourdes sur Internet"
Dans ces conditions il ne serait pas impossible qu'une proposition de loi soit déposée en ce sens...
Mauvais temps pour les salariés en arrêt de maladie.
Nous le savons tous les malades comme les chômeurs sont des fainéants et des fraudeurs .
Pour lutter contre ces dangereux terroristes qui mettent en péril les équilibres financiers de la sécurité sociale un pistolet à deux coups.
le premier la transmission par le web des arrêts de travail
le second les contrôles des médecins missionnés par les employeurs et leurs incidences sur les indemnités versées par la sécurité sociale
examinons ces deux points
Le dispositif d'avis d'arrêt de travail dématérialisé va être mis en place dans toutes les CPAM de France à partir de novembre 2009
Ce dispositif concerne les assurés du régime général.
Les médecins qui prescrivent un arrêt de travail peuvent ainsi se connecter à partir du portail « Votre Espace Pro » d'Ameli et remplir en ligne le formulaire d'arrêts de travail de leurs patients.
Ce service sera généralisé aux arrêts maladie,maternité et accidents du travail d'ici juin 2010.
Ce sera un gain de temps pour le personnel des CPAM qui n'auront plus à traiter les formulaires papier.
Gain de temps signifie également que les contrôles qui aujourd'hui ne touchent pas les petits arrêts de travail pourront avec cette transmission directe être lancés en temps réel pour les arrêts courts.
Éric Woerth a été chargé par Nicolas Sarkozy de faire la chasse aux fraudes de prestations sociales.
Les arrêts de travail de moins d’une semaine représentent 48 % des prescriptions totales d’arrêt, soit 300 millions d’euros par an. Or, ils ne sont presque jamais contrôlés puisque l’assuré a 48 heures pour poster sa déclaration : le temps qu’elle arrive, le bénéficiaire est revenu au travail !
Avec la télétransmission par les médecins les contrôles pourront être déclenchés rapidement.
Sur 136 000 médecins généralistes et spécialistes, 74 000 ont ouvert un compte ameli et 32 000 seulement ont installé “Votre espace pro”.
Vous trouverez en cliquant ici un article détaillé sur le mode opératoire de cette télétransmission ainsi qu'une analyse critique de ce nouveau service.
Députés et sénateurs ont adopté le projet de loi de Financement de la sécurité sociale pour 2010 dans sa version proposée par la Commission mixte paritaire. Le budget est marqué cette année par la crise et la dégradation de l'économie.
Le texte prévoit une série de mesures d'économie dont la lutte contre la fraude. L' article 90 renforcent les contrôles ainsi que les conséquences d'un arrêt de travail non justifié.
Aujourd'hui il y a une étanchéité entre la sécurité sociale et les employeurs je m'explique /
Durant votre arrêt maladie vous percevez 50% de votre salaire brut .
En cas de contrôle vos indemnités s'arrêtent si le médecin contrôleur de la CPAM estime que vous êtes apte au travail.
Les salariés qui ont l'ancienneté requise dans l'entreprise perçoivent un complément des indemnités versées par la CPAM ( la durée et le montant de ce complément varient en fonction des conventions collectives...)
En cas de contrôle par un médecin mandaté par l'employeur vous pouviez avoir un refus ou un arrêt du versement des indemnités complémentaires si le médecin mandaté considérait que vous étiez apte au travail.
L'avis du médecin mandaté par l'employeur n'avait aucune incidence sur vos indemnités journalières versées par la CPAM
Réjouissez vous de ce progrès merveilleux qui consiste à jeter votre santé en pâture à votre employeur ( enfin au médecin mandaté donc payé par votre employeur...)
En effet si le médecin envoyé par l'employeur considère que vous êtes apte vous pouvez perdre non seulement le bénéfice de votre complémentaire mais aussi de vos indemnités journalières vous serez donc sans revenu.....
voici le texte de la loi
I. – Le dernier alinéa du II de l’article L. 315‑1 du code de la sécurité sociale est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés :
« Lorsqu’un contrôle effectué par un médecin à la demande de l’employeur, en application de l’article L. 1226‑1 du code du travail, conclut à l’absence de justification d’un arrêt de travail ou fait état de l’impossibilité de procéder à l’examen de l’assuré, ce médecin transmet son rapport au service du contrôle médical de la caisse dans un délai maximal de quarante‑huit heures. Le rapport précise si le médecin diligenté par l’employeur a ou non procédé à un examen médical de l’assuré concerné.
Au vu de ce rapport, ce service :
« 1° Soit demande à la caisse de suspendre les indemnités journalières. Dans un délai fixé par décret à compter de la réception de l’information de suspension des indemnités journalières, l’assuré peut demander à son organisme de prise en charge de saisir le service du contrôle médical pour examen de sa situation. Le service du contrôle médical se prononce dans un délai fixé par décret ;
« 2° Soit procède à un nouvel examen de la situation de l’assuré. Ce nouvel examen est de droit si le rapport a fait état de l’impossibilité de procéder à l’examen de l’assuré. »
Force est de constater que les économies seront une fois de plus faites sur le dos des plus fragiles alors que les exonérations de charges sociales données sans contrôle réel aux employeurs depuis de nombreuses années sont un puits sans fonds qui ne cesse de vider les caisses ..
Je profite de ce billet pour faire un rappel de la législation concernant la Contre-visite patronale en cas d'arrêt maladie « sorties libres »
Conditions de la contre-visite patronale
L'employeur et le médecin mandaté doivent respecter les principes habituels et, s'il en existe, les conditions particulières prévues par la convention collective applicable à votre entreprise..
La contre-visite ne peut être organisée que si l'employeur ( ou un organisme tiers ) maintient le salaire, en partie ou en totalité.
l'employeur ne peut pas y recourir pendant le délai de carence précédant l'indemnisation
l'employeur est libre de choisir le médecin contrôleur ( sauf disposition conventionnelle contraire). Celui-ci doit être en mesure de justifier de sa qualité de médecin et de son mandat auprès du salarié contrôlé.
Lorsque les sorties sont libres, l'employeur ne peut pas cesser le paiement des indemnités complémentaires en cas d'absence du salarié lors du contrôle
on note cependant une évolution de l'avis des tribunaux
La Cour de cassation semble dans un arrêt récent du 4.02.2009 considérer qu'un salarié en arrêt de travail « sorties libres » a l'obligation d'informer l'employeur du lieu et des plages horaires de sa présence dans le lieu où une contre-visite pourrait être effectuée et que l'employeur est en droit de refuser de payer le complément de salaire si le salarié n'a pas respecté cette obligation d'information et qu'il est absent lors de la visite du médecin.
De nombreuses questions se posent sur l'étendue de l'obligation du salarié !
À quel moment doit-il informer son employeur ?
Quelle plage horaire peut il définir : le salarié peut-il se contenter d'une plage horaire un jour précis ou doit-il définir une plage horaire chaque jour ? si cela est le cas cette soution reviendrait à mettre en échec le principe des sorties libres!
L'employeur quant à lui ne doit tomber ni dans la discrimination ni dans l'abus. I
L'employeur peut cesser de verser les indemnités journalières complémentaires à sa charge si la contre-visite conclut à un arrêt de travail injustifié et que le salarié ne reprend pas le travail. Il en va de même lorsque la contre-visite a été organisée dans les règles, mais que le salarié, présent à son domicile, refuse de recevoir le médecin ou rend le contrôle impossible par son comportement.
Dans l'hypothèse où le salarié est absent de son domicile, la solution traditionnelle voulait que l'employeur ne puisse rien faire en cas d'arrêt maladie avec « sorties libres ». La nouvelle jurisprudence semble permettre à l'employeur de supprimer le maintien de salaire pour la période postérieure au contrôle, si le salarié est absent de son domicile pendant le créneau durant lequel il a informé son employeur qu'il pouvait procéder à une contre-visite.
La suppression des indemnités complémentaires ne peut prendre effet que pour la période postérieure au contrôle (pas de remise en cause des indemnités versées jusque-là).
L'employeur ne peut prononcer aucune sanction disciplinaire à l'encontre du salarié qui préfère s'en tenir à l'arrêt prescrit par son médecin traitant c'est à dire s'il ne revient pas à son travail