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communication

  • La potion magique de Laurent Wauquiez

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    drpanoramix.jpgAvec la fusion ANPE-Assedic tout devait aller pour le mieux  !

    Force est de constater qu'il n'en est rien  car nous connaissons tous les difficultés  rencontrées par Pôle emploi.

    Avec une moyenne d'un conseiller pour 95 chômeurs selon la direction, 200 selon le syndicat Snu-FSU (premier), le service n'arrive pas  à assurer pleinement ses missions.

    Claudine RENAUD (AFP) écrit  "La majorité des syndicats du personnel viennent de rejeter le texte de la direction pour améliorer les conditions de travail. Leur dégradation, accentuée par la fusion et la crise, rejaillit sur le service aux usagers.

    "On assiste au retour des vieux démons du service public de l'emploi", affirme la fondation Terra Nova, proche du PS."

    Pour remédier à la situation Laurent Wauquiez  a concocté une potion  magique  !

    Il s'agit  d'une consultation  des usagers de  Pôle emploi afin de collecter leurs attentes et améliorer les relations.

    La consultation d'employeurs et d'agents dans des agences test  et des visites de terrain sont prévues durant l'été. "Nous analyserons les résultats à la rentrée avant de lancer cette seconde étape avec l'objectif d'améliorer le service rendu aux usagers", a indiqué Laurent Wauquiez.

    Première d'une série de visites de terrain prévues cet été avec le directeur général Christian Charpy dans le cadre de la consultation, Laurent Wauquiez s'est rendu jeudi 22 juillet dans une agence Pôle emploi de l'agglomération lilloise.

    Nous pouvons lire un petit compte rendu de cette visite sur le site " la fusion pour les nuls "

    " Laurent Wauquiez et sa suite passent de bureau en bureau, s'attardant pour discuter avec les visiteurs et leurs conseillers. « Ce qui est intéressant, c'est que je suis déjà venu dans cette agence, je peux me rendre compte des transformations », se réjouit le ministre, qui pose des questions sur l'utilité de la bibliothèque qui pourrait être « remplacée avantageusement par trois ordinateurs avec accès à une base de données » ou sur le téléphone en libre accès dont « il faut limiter l'usage dans la durée, sinon c'est l'enfer comme à l'agence de Saint-Ouen ». 
    « Ça, c'est une bonne idée »

    Les demandeurs d'emploi se plient au jeu des questions-réponses de bonne grâce. L'un d'eux glisse un mot sur son dossier qui s'est perdu et qu'il a fallu refaire quelques mois plus tard et suggère un suivi informatique. « Ça, c'est une bonne idée », lance Laurent Wauquiez.

    La visite s'opère dans un contexte tendu, alors que Pôle emploi, issu de la fusion ANPE - ASSEDIC en janvier 2009, souffre de l'impact de la crise. Le stress et la charge de travail des conseillers, qui suivent en moyenne 95 dossiers, loin des 60 prévus, ne sont pas redescendus. « Si la fusion s'était déroulée en période de plein emploi, ç'aurait été moins difficile », confirme Jean-Louis Walter, le tout nouveau médiateur de Pôle emploi également présent. « Un travail remarquable a été effectué en un an et demi », tempère-t-il, même si « les démarches sont encore compliquées, notamment pour l'indemnisation, ce qui ne met pas les chômeurs en situation de rechercher un emploi rapidement »
    .

    L'envoi par internet de 500.000 questionnaires à des chômeurs est prévu. Les résultats doivent être analysés à la rentrée.


    M. Wauquiez  devra vraiment corser sa potion pour qu'elle fasse de l'effet car  Pôle emploi  n'échappera pas à la rigueur et devra se passer des renforts alloués pour la crise.

    "Avec la montée du chômage de longue durée, c'est là que les difficultés vont commencer", dit Pôle emploi. Il ne s'agit plus seulement d'inscrire et d'indemniser, mais d'aider à retrouver un emploi, tâche par nature plus difficile, compliquée de surcroît par la faiblesse des créations d'emplois.


    *Jean-Louis Walter,ancien secrétaire général du syndicat des cadres CFE-CGC qui a présidé l'Agirc et l'Apec est le nouveau médiateur . Le médiateur a pour tâche de « perfectionner » les relations entre le service public de l'emploi et les chômeurs.

  • Recruteurs de donateurs.

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    La fin justifie t-elle les moyens ?

    Question d'éthique  concernant  les méthodes utilisées par les acteurs du monde caritatif pour  collecter  des dons.

    ONG Conseil est une société  (SARL) créée en 2004 par deux anciens membres de Greenpeace qui  vend notamment  à des associations  humanitaires "des campagnes de donation"

    Une campagne de donation ! Mais qu'est-ce que c'est ?

    Il s'agit d'une campagne faite au nom de l'association  par ONG Conseil , qui a pour objet  de  recruter des donateurs pour  l'association  en question..

    En fait la société  embauche, forme et rémunère au nom de ses clients qui appartiennent au monde humanitaire et caritatif des  « recruteurs de donateurs ». Leur mission : investir des lieux très fréquentés et convaincre les passants d'effectuer un don régulier et automatique, par prélèvement bancaire.

    je vous invite à prendre connaissance de cette vidéo.

    selon rue 89

    "17 organisations se sont laissé convaincre. : Ligue nationale contre le cancer, Aides, Croix-Rouge française, Médecins du monde, Handicap international, WWF, Action contre la faim, Les amis de la Terre, etc.

    Cette démarche a prouvé son efficacité. Elle permet non seulement aux associations d'accroître rapidement le nombre de leurs sympathisants mais, aussi, de bénéficier de revenus sûrs et réguliers. Enfin, elle draine des donateurs au profil particulier : plus jeunes que ceux des campagnes de sollicitation classiques par voie postale ou via des actions dans les médias, ils apportent souvent là leur premier soutien financier significatif.

    Un public fort intéressant, donc… Et une mine pour ONG Conseil, parvenu en cinq ans à imposer en France ce que les Anglo-Saxons nomment le street fundraising : la collecte de fonds dans la rue."

    Je devine déjà vos interrogations à la lecture de mon billet  : mais qu'a t'elle à redire à cela  puisque  les dons recueillis vont  servir la cause  humanitaire ou caritative en question!

    Cher lecteur je me demande si la fin justifie les moyens  et surtout si pour une association  il est éthiquement acceptable qu'elle dépense des sommes importantes en externalisant une mission  qui pourrait être menée à bien  de manière gratuite par ses bénévoles après une formation adéquate . la rentabilité de ce type d'opération serait alors augmentée.....

    C'est un mélange des genres qui me dérange et qui peut aboutir à des dérives .

    • Si la communication des structures du monde humanitaire et caritatif doit bien-sur être professionnelle dans un monde de plus en plus structuré , ces structures doivent avant tout respecter une certaine éthique à savoir celle de la transparence  et surtout de rallier avant tout  le public à la cause qu'elles soutiennent.
    • La manière de procéder des officines privées qui recrutent des donateurs de dons est  bien éloignée de la mission première  d'une association caritative et humanitaire.
    • Les  associations  ont des budgets qui se chiffrent parfois  en centaines de milliers voir de millions d'euros . Elles  risquent de dépenser des sommes de plus en plus importantes à ce type d'opération sans forcément faire de réelles études de rentabilité  et de  donner une totale  transparence sur le sujet . Compte tenu des scandales  que nous avons connus ces dernières années c'est la porte ouverte à toutes les dérives.....
    • La surenchère de ce genre d'opération que je qualifierai de "racolage de dons"   peut aussi à terme desservir la cause des associations en alimentant la méfiance d'un public toujours plus sollicité. C'est précisément à cette sollicitation constante que les communicants des associations doivent faire face pour empêcher que le public ne sature.

    En 2007 , Rue89 a consulté François Bordes, maître de conférence au Celsa (Ecole des hautes études en sciences de l'information et de la communication). Ce directeur de programme à Capgemini est aussi le fondateur d'un projet visant à faciliter la communication entre associations et bénévoles, Human Village. Il considère que les quelques différences qui existent entre la communication d'une ONG et celle d'une entreprise sont fondamentales. C'est, assure-t-il, ce qui permet de donner au public des garanties d'éthique.

    Ecoutez le:

     

    Jean-Marie Pierlot, responsable de la collecte de fonds à Amnesty International dans la zone francophone de la Belgique et maître de conférence en communication des organisations à l'université catholique de Louvain, a expliqué  à Rue89 qu'à plusieurs reprises les ONG ont été contraintes de changer leur stratégie de communication pour récupérer l'attention du public :

    « Vers le milieu des années 90, le “direct mail”, que les grandes ONG avaient adopté dès le début des années 80 en s'inspirant plus ou moins des grandes entreprises de vente par correspondance (Les 3 Suisses, La Redoute, etc.), a commencé à avoir des rendements nettement décroissants (le taux de réponse est passé de 3% à 1%), surtout pour recruter de nouveaux sympathisants. On le comprend, quand certaines cibles (classiquement, les veuves catholiques pratiquantes de milieu aisé) recevaient plus de 30 sollicitations d'associations différentes par mois, soit en moyenne une par jour ! “

    On a alors inventé une nouvelle technique, celle du ‘dialogue direct’, de l'interpellation directe du public dans les rues, qui selon Jean-Marie Pierlot a eu de bons résultats, mais un certain temps seulement.

    ‘Le pire, c'est que le succès de cette approche attira des sociétés de marketing orientées associations'. Celles-ci mirent principalement l'accent sur la vente directe, à l'instar de la pratique des représentants de commerce. Aujourd'hui, quelques associations continuent à former elles-mêmes leurs recruteurs, mais celles qui font appel à de la sous-traitance subissent les dérives du marketing de type commercial. Ce qui implique par ailleurs un questionnement éthique au sujet du mode de rémunération de ces entreprises.’

    Le public fait-il la distinction entre les militants sincères et les professionnels de la communication ? Est-il possible de concilier des services de communication professionnels avec la sincérité du militantisme ? A vous d'en débattre."


    Pour aller plus loin visionnez les deux vidéos qui suivent

     

    ces campagnes exigent une présence nombreuse et continue sur le terrain. Elles sont donc nécessairement coûteuses pour les associations. De plus, l'activité d'ONG Conseil a peu à voir avec les collectes classiques effectuées par des bénévoles. Elle suppose des méthodes d'approche professionnelles, des techniques de persuasion dignes d'une entreprise de démarchage à domicile. Autant de méthodes souvent contestables…

    Après réflexion, je dois me rendre à l'évidence : la meilleure façon d'en apprendre davantage est d'endosser les habits d'un recruteur de donateurs. Le coup de téléphone du jour a donc un seul et unique objectif : tenter de me faire embaucher par ONG Conseil. (…)

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