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dimanche, 29 avril 2012

SILENCE sur le scandale des délocalisations

 
Grand reporter, écrivain et spécialiste en politique étrangère, Eric Laurent a publié de nombreuses enquêtes qui ont été vendues à plusieurs milliers d'exemplaires : "Guerre du golf", "La mémoire d'un roi", "Le grand mensonge", "Le monde secret de Bush", ou plus récemment "La face cachée des banques". Eric Laurent a été grand reporter pour Radio France et reporter en politique étrangère pour le Figaro Magazine.

 Il a publié un livre , à lire sans plus tarder : Le scandale des délocalisations

Quelques extraits :

"La plupart des dirigeants n'investissent plus de manière sérieuse et à long terme, dans la formation et la qualification de leurs employés. Aux Etats-Unis, nombre d'entre eux, confient en privé: "D'accord pour que mes salariés améliorent leurs compétences, mais qu'ils le fassent à leurs frais et en dehors du temps de travail".

"A quoi bon investir de l'argent et du temps dans la mesure où l'objectif, non avoué, est la délocalisation prochaine de ces emplois vers l'étranger." Ce refus affiché de parier sur la qualité des hommes et le renforcement de leur compétence, a deux explications. L'une évidente, le dédain envers l'investissement humain, l'autre plus pernicieuse : à quoi bon investir de l'argent et du temps dans la mesure où l'objectif, non avoué, est la délocalisation prochaine de ces emplois vers l'étranger.

Le patron d'une entreprise, auquel on demandait quels étaient pour lui les principaux critères de recrutement, répondait :"Une personne qu'il n'est pas nécessaire de former et qui peut prendre immédiatement ses fonctions.

" Interrogés, 6% seulement des patrons américains évoquent la compétence de leurs employés comme raison de conserver la production sur place. Même si les chiffres en Europe sont un peu plus élevés, ils révèlent le même état d'esprit."Contrairement aux annonces optimistes des compagnies, l'outsourcing réserve parfois des mauvaises surprises et des coûts cachés, notamment en termes judiciaires.

Des échecs soigneusement dissimulés

"Des groupes importants avec des cabinets juridiques gravitant en permanence autour d'eux, se sont révélés incapables d'anticiper les problèmes. Notamment dans le cas où ce groupe ferme des usines pour confier la production à des sous-traitants.[...]

"Mes supérieurs voulaient à tout prix ménager la susceptibilité de nos interlocuteurs."

[...] Le responsable d'un grand groupe français installé à Shanghai me confie : "J'ai été consulté pour relire un contrat qui avait été rédigé par notre partenaire chinois et qui ne contenait aucune clause nous protégeant. J'ai déclaré à mes supérieurs qu'il fallait totalement en renégocier les termes, point par point. Vous auriez vu leurs visages : ils étaient furieux de mes objections, et paniqués à cette idée. Et vous savez pourquoi? Ils me l'ont dit clairement : ils voulaient à tout prix ménager la susceptibilité de nos interlocuteurs et surtout ne pas leur faire perdre la face. A cet égard, ce fut une réussite : la face c'est nous qui l'avons perdue, notre partenaire chinois a contrefait une partie de notre production et l'écoulait en toute quiétude."

Je mets en lien un article de Slovar ...Edifiant 

délocalisation,Medef,élections 

Source le JournalDuNet Economie

samedi, 31 mars 2012

Lorsque nos élites pensent la France trépasse !

Le remède miracle pour lutter contre le chômage vient d'être inventé  par France Défis  : Mettre "l'allocation chômage au service de l'emploi" en donnant la possibilité à tout chômeur de transférer une partie de l'allocation qu'il aurait touchée s'il était resté à Pôle emploi à toute entreprise qui l'embaucherait en CDI et ce, pour une durée n'excédant pas la période d'indemnisation restant à couvrir.

Ce dispositif, baptisé ACE pour allocation contributive à l'emploi, donnerait "aux chômeurs un avantage compétitif sur le marché du travail", explique  Éric Gérard, le président de France Défis... 

Une solution innovante et "porteuse " selon les têtes " pensantes " de  France défis 

Capture.PNG 

Une idée tellement porteuse qu'elle fait l'objet  d'une analyse sur la page" Mon Figaro Select" et d'un commentaire sur la page"les dessous du social "de Marc Landré.

Après avoir brossé le bilan de N. Sarkozy  en matière d'emploi , en prenant le soin de souligner, je cite " À sa décharge, le chef de l'État fait mieux que François Mitterrand (+ 700.000 chômeurs entre 1981 et 1988) et Valéry Giscard d'Estaing (+ 900.000 chômeurs entre 1974 et 1981) qui avaient eu à affronter des crises bien moins violentes". La donne ne risque malheureusement pas de s'inverser dans les mois qui viennent, ne cesse de répéter Xavier Bertrand, le ministre du Travail".

Après avoir indiqué ( non sans raison)   je cite  que " les propositions des différents candidats à la présidentielle ne rivalisent guère par leur originalité. Toutes reprennent des options déjà mises en œuvre et sans qu'elles aient significativement fait leurs preuves : exonération de cotisations sociales d'un côté et contrats publics subventionnés de l'autre".

Marc Landré  fait le panégyrique  de cette solution , "politiquement difficile à assumer, qui n'a jamais été déployée mais qui pourrait avoir des résultats"

Les  praticiens du droit  devraient bondir  car cette mesure a déjà été mise en application et a fait un flop.................il y a  plus de 10 ans .... les français ont la mémoire courte et France Défis nous  prend pour des zozos !

Cette mesure s'appelait la convention de coopération , créée en 1994 :

 Le demandeur d'emploi embauché dans le cadre de la convention devait percevoir une allocation Assedic depuis au moins huit mois.
 L'employeur touchait pendant douze mois une aide égale au montant de l'allocation que percevait le demandeur d'emploi la veille de la signature de son contrat de travail.
 Le bénéficiaire reçevait un salaire au moins égal à cette allocation chômage.

 Un an  après sa création on pouvait lire dans  Libération   " Pour le régime d'assurance chômage, l'Unedic, habitué à indemniser passivement, cette mesure active en faveur de l'emploi constitue une véritable révolution culturelle. Pour les chômeurs, elle représente une chance de réinsertion. Et pour les patrons, c'est tout simplement un cadeau tombé du ciel. Au moment de la mise en place de ces conventions de coopération, en février dernier, le patronat et les syndicats, qui gèrent ensemble l'Unedic, s'attendaient à un succès. Ils avaient même annoncé, en fanfare, la création de 13.000 emplois chaque année grâce à cette formule. On est très loin du compte: à la fin du mois de juillet, 61 emplois seulement avaient été créés. Après huit mois d'existence, la formule a suscité moins d'une centaine d'emplois. Un vrai flop. D'autant plus cruel que les pouvoirs publics avaient placé beaucoup d'espoirs dans cette formule. Jacques Chirac lui-même avait semblé séduit. Il avait insisté, pendant sa campagne présidentielle, sur la nécessité vitale de développer ce mécanisme «d'activation des dépenses». 
   Le développement des conventions n'ira pas sans effet pervers, comme toujours avec les aides à l'emploi. Effet d'aubaine d'abord: dans les Bouches-du-Rhône, les trois emplois créés auraient de toute façon vu le jour, avec ou sans subvention. On peut donc s'interroger sur la nécessité de verser autant d'argent à des patrons." 

Pour aller plus loin 

France Défis  se présente comme  "un think tank" réformateur et indépendant.

Pour ceux qui ne le savent pas, un think tank est un  laboratoire d'idées en principe indépendante des partis, à but non lucratif, regroupant des experts et qui produit des études et des propositions dans le domaine des politiques publiques.

Créé il y a  5 ans par des acteurs de la société civile, "soucieux de participer à l'amélioration du bien public et à la modernisation du pays" France défis  regroupe environ 300 personnes qui  participent à  des Groupes de Propositions autonomes.

Les Groupes  élaborent des propositions qui leur sont originales et exclusives ( termes employés sur le site de France Défis  ) autour de thèmes d'actualité ou fondamentaux pour l'avenir du pays.

12 groupes de propositions actifs en 2011 ( Désendettement, Emploi,Petites et Moyennes Entreprises,Education,Europe,Valeurs et Société,Santé,Défense,Immobilier,Finance des Marchés,Capital Développement,Culture)

 

je ne peux  m'empêcher de finir cet article par un dessin de Reiseremploi,chômage,élite,france défis 


vendredi, 23 mars 2012

Réserve de main d'œuvre à bas coût qui peut être contrainte et forcée

.png_dessin348_titom_cycle_travail_flexibilite_precarite_pension_meritee_m.jpgA quelques mois des présidentielles, Il est essentiel pour le gouvernement de faire baisser les chiffres officiels du chômage   et surtout celui des chômeurs de catégorie A qui approche le chiffre des 3 millions. 

En attendant une réindustrialisation  qui ne viendra pas , le camouflage des chômeurs  est de mise.

 La méthode la plus rapide  c'est de mettre les chômeurs en formation, en contrat aidé ou encore de soutenir le chômage partiel pour éviter  de retrouver tout ce petit monde  dans la catégorie  A  des " sans emploi".

C'est un simple cache misère pour donner l' illusion  que l'action gouvernementale est positive  dans un contexte  européen et international critique. 

Une"série de mesures d'urgences" destinées à améliorer la situation sur le "front de l'emploi" avait  été annoncée  lors du sommet social sur l'emploi , organisé avec les partenaires sociaux le 18 janvier 2012.

  • Amélioration du  chômage partiel  
  • Aide incitative à l'embauche des jeunes
  • Formation des chômeurs 
    "Nous avons également décidé un plan sans précédent de formation des chômeurs très éloignés de l'emploi, c'est-à-dire ceux qui ne connaissent plus l'activité professionnelle depuis au moins 2 ans. Tous, sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation pour ceux qui sont éloignés de l'emploi depuis tant de temps qu'ils se trouvent dans l'incapacité de reprendre immédiatement un emploi, soit un contrat aidé, marchand ou non marchand".
  • Renforcement des  effectifs de Pôle Emploi  pour faire face à ce plan (embauche de 1.000 salariés supplémentaires).

Les chômeurs commencent à être   bichonnés  par Pôle emploi, car  239 000 bienheureux  doivent  être  reçus   par les conseillers  qui ont pour directive  de  leur proposer une formation ou un contrat aidé....

 Ils  sont convoqués   par Pôle Emploi à un entretien dit "approfondi"  pour faire le point de leur situation et trouver une solution ... 

Pour donner du sérieux à cette opération illusoire , les conseillers peuvent utiliser des questionnaires préétablis.

Voici  le questionnaire  de 11 pages  que les personnes convoquées reçoivent systématiquement : ce  questionnaire intitulé «Diagnostic Socioprofessionnel Approfondi»,  doit être  soigneusement rempli et  remis lors de l'«entretien individuel approfondi» .

Ce questionnaire  comporte 11 pages de questions "sur la situation personnelle,  la situation professionnelle, la connaissance du marché de l'emploi , du  secteur professionnel, etc..". 

Voici quelques questions au hasard qui me font sourire  lorsqu'on connait le contexte économique et les méthodes de recrutement employées par la quasi totalité des employeurs .....( beaucoup d'employeurs ne répondent pas aux lettres des candidats,  quant aux raisons  qui ont motivé le refus   ou à  la négociation du salaire  c'est Alice au pays des merveilles !......) 

8/ Vous sentez-vous capable de négocier votre salaire en entretien d’embauche ?

9/ Connaissez-vous les motifs de refus de vos candidatures ?
Lesquels ?

10/ Relancez-vous les entreprises ?
Comment ?


Quelles incidences peuvent avoir ces questionnaires ?

je reprendrai un extrait de l'article d'actu chomage :

"Il est tout à fait possible que certaines agences ne jouent pas le jeu et optent pour la résistance passive....... De même, Pôle Emploi n'a matériellement pas le temps de recevoir individuellement chaque chômeur de très longue durée et d'assurer ensuite son suivi «renforcé»...... Vous vous retrouverez donc en entretien collectif et, comme les autres, remettrez votre questionnaire dûment rempli qui finira dans une pile où nombreux seront les demandeurs d'emplois dont «la situation ne nécessite pas d'orientation ou d'analyse plus approfondie». 

Mais il est possible, en dépit du temps et de la paperasse qu'elles devront consacrer pour cette injonction, que certaines agences fassent du zèle. Un conseiller épluchera votre questionnaire et appliquera à la lettre ce qui est prévu dans le «parcours» : signature d'un contrat aidé, orientation vers une formation sur un «métier en tension» ou vers une «POE», placement sur une prestation visant à vous "remobiliser" malgré vos «difficultés sociales» et, pourquoi pas, à vous "réinsérer" via un GEIQ ou une SIAE.


A moins d'être totalement à la dérive, dans tous les cas, il s'agit de vous rééduquer par le travail, quitte à être sous-employé(e) et/ou sous-payé(e). C'est pour votre bien, disent-ils. En vérité, c'est surtout pour le bien des profiteurs du système économique : vous êtes des "mondialisés de l'intérieur", nos Chinois ou nos Indiens à nous, une réserve de main d'œuvre à bas coût qui peut être contrainte et forcée, en dépit des conventions internationales et de nos textes fondateurs."

 Je vous laisse en compagnie de cette vidéo...... A méditer 

Xavier Raufer : Le Veau d’or des “marchés” et la piraterie financière

Xavier Raufer expose comment, aux Etats-Unis notamment, la mafia a instrumentalisé le secteur financier et aussi pourquoi certains dirigeants des grandes banques restent totalement impunis malgré leurs actes de “piraterie”.

Réalisation : Antoine Peillon 

 

jeudi, 08 mars 2012

Avosial ou les "branquignol" du droit

Manif Viveo du 23-11-2010.jpgViveo,  société spécialisée dans les logiciels bancaires, avait annoncé  64 suppressions d'emplois et  établi un PSE  ou plan social .

Le 12 mai 2011, la Cour d'appel de Paris, saisie par le comité d'entreprise ,  a annulé le PSE ,  au motif que le plan  ne reposait pas sur un motif économique réel.

 Cette décision   rend nul tout licenciement qui serait prononcé.

En d'autres termes, la société ne peut pas licencier les salariés  sous peine de les réintégrer !

Une  révolution  dans le monde  du droit social,  car  "Jusque là, le juge, saisi par les représentants du personnel, se contentait de prononcer la suspension du plan social pour exiger des informations plus complètes ou un plan de reclassement plus étayé, mais il n'entrait pas dans le fond, dans la motivation économique".

L'employeur a porté l'affaire devant la Cour de Cassation.

La Cour de cassation qui  devait se prononcer  Mardi 6 mars,  a reporté le rendu de son arrêt.

Une nouvelle audience se tiendra le 11 avril 2012.

Avosial  , le syndicat des avocats en droit social ,  qui regroupe « plus de 350 avocats conseillant les entreprises » , ému par  la position des juges , a écrit aux candidats à l’élection présidentielle les alertant sur une tendance judiciaire qui remet en question la procédure de licenciements économiques en France. 

Pour ce syndicat,   le droit du licenciement est  en danger , la compétitivité des entreprises compromise et les salariés  en seront les victimes expiatoires  !

Avosial  agite ainsi la peur du chômage pour justifier  la sacro sainte flexibilité des salariés qui depuis des années doit permettre de diminuer le chômage !

Arguments  qui  reposent sur des chimères et sont indignes à mon sens  d'une profession qui se doit d'avoir  une éthique irréprochable ! 

Le syndicat considère  que l’affaire Vivéo, est emblématique de cette tendance récente qui vise à rendre impossibles les plans de sauvegarde de l’emploi. "Extrapolant les théories juridiques de l’inexistence ou de la nullité au-delà de la volonté du législateur, plusieurs décisions pourraient être à l’origine d’une révolution aux conséquences économiques catastrophiques."

Selon le  syndicat, ces décisions qui glissent vers une interdiction de fait des licenciements économiques en France pourraient  avoir des conséquences immédiates :  notamment elles  pourraient inciter  les entreprises  à utiliser toutes les techniques pour éviter d’embaucher des salariés en contrat à durée indéterminée (contrats précaires, sous-traitance...) ; 
  Ces dernières pourraient   avoir recours, même sans fondement, aux motifs de licenciements personnels et disciplinaires afin de se retrouver dans une logique indemnitaire, la seule qui leur permettrait de procéder aux licenciements nécessaires.

 Hubert Flichy, Président d’Avosial précise que « compte tenu des jurisprudences préoccupantes évoquées ci-dessus, et quelle que soit la décision de la Cour de cassation, il faut que le Parlement confirme la possibilité pour les entreprises de s’adapter aux évolutions du marché dans un contexte de mondialisation et d’anticiper sur les difficultés qu’elles rencontrent.

Cette sécurité juridique retrouvée permettra aussi de fluidifier le marché du travail. Il appartiendra au prochain Président de la République de suggérer une telle initiative. Vous êtes candidat et nous vous appelons à prendre position. "

Sans aller dans le débat  juridique  , force est de constater que les arguments avancés par Avosial  sont dénués de  tout fondement car  depuis  de nombreuses années  les embauches précaires et les licenciements pour faute ne cessent d'augmenter et ce malgré l'assouplissement des règles du droit du travail.... 

Comme le fait remarquer  le syndicat de la magistrature qui a réagi à la lettre ouverte d'Avosial " Sur le fond, la question posée est celle des licenciements boursiers, ou plus exactement des licenciements qui répondent à une logique purement financière". 

Le syndicat s'irrite de la méfiance dont les entreprises font preuve à l'égard des magistrats lorsqu'il s'agit d'apprécier les difficultés économiques.

"Loin d'ignorer la réalité des entreprises, la Cour de cassation a admis qu'une réorganisation puisse intervenir pour sauvegarder la compétitivité des entreprises et ce, indépendamment de difficultés économiques immédiates. Cette jurisprudence est bien protectrice des entreprises, avance un représentant du Syndicat de la magistrature. Lors d'un litige, se noue devant le juge un débat sur la nature économique qui lui permet d'apprécier la réalité du motif économique. Le magistrat n'invente rien  Il est à l'intersection de deux logiques : la sauvegarde de la compétitivité des entreprises d'un côté, la sauvegarde des emplois de l'autre. Il est apte à apprécier les cas où il existe un vrai problème de survie de l'entreprise".

Le Syndicat de la magistrature est clairement favorable à cette nullité lorsque le PSE ne repose sur aucun motif économique .

Un peu de lecture... 

Encore de la lecture..... 

et une photographie des Branquignol.....vivéo,jurisprudence,licenciement,cassation,droit,chômage

 

lundi, 27 février 2012

Une insulte à la dignité des personnes sans emploi ! ou si tu veux un job relooke toi !

Des actions " caritatives "  qui sont des insultes à la dignité  des personnes ! 

Les femmes  d'abord et maintenant les hommes  ! 

Depuis  plus d'un an , le Fonds de dotation EREEL , parrainé par Pénélope Fillon, la comédienne Marie-Anne Chazel ou encore le député UMP Bernard Debré , organise  avec Pôle emploi,  des actions  de relooking pour les   femmes qui ont de faibles revenus, sont des demandeurs d’emploi de longue durée, au RSA ou en situation de handicap. 

Tous les mois un petit groupe de femmes se retrouvent, notamment dans le cadre des shows rooms du « Bureau d'image by Cynthia Cohen Peres », 71 avenue de Wagram Paris 17ème. 

Au cours de cette journée, elles participent à divers ateliers coaching destinés à leur donner les bons « réflexes » pour faire bonne impression  lors d'un entretien d'embauche.

Elles participent à divers ateliers notamment pour " bien préparer sa peau avant le maquillage", savoir  se maquiller  correctement, prendre soin de ses mains et ongles , bien se coiffer  etc... 

Je vous laisse le soin d'apprécier la vidéo  "publicité"  ci dessous 

Ces actions   sont à mon sens des gadgets   dégradants  qui  ne servent qu'à faire de la publicité  à ceux qui les organisent et y participent. (Revlon et Gatineau par exemple.....).

Gadgets ,  qui sont une insulte aux personnes sans emploi  car ils laissent à penser  que   pour trouver un emploi,  il suffit de bien se maquiller  et de  soigner ses ongles ! 

Gadgets inventés par  des notables  qui  baignent dans  un microcosme parisien  factice et ne connaissent rien aux problématiques du chômage et de la pauvreté ! 

 Beaucoup de  personnes ayant de faibles revenus  savent très bien    se rendre présentables lors d'un rendez vous avec  un employeur potentiel .

Il y a une différence entre  se maquiller et  être propre et en adéquation avec un poste à pourvoir ! 

Par ailleurs   se maquiller  et aller régulièrement chez le coiffeur  reste une  question de moyens financiers qui nécessite un budget  que ne possèdent pas les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté  !

Une journée de  «Relooking»  et des échantillons  ne résoudront pas  le quotidien   de ces personnes. 

Ce  sont les emplois qui font défaut  et non  les compétences , la bonne volonté  et le savoir se présenter  ou  la propreté …..des millions de personnes qui cherchent un emploi   stable. 

Comme le notait  le journal l'humanité , en réaction aux propos de Régine Ferrère , Membre d’honneur de la fondation Ereel,  qui indiquait  que les femmes doivent séduire l'employeur  "C'est  l’idée de la culpabilisation qui monte. L’idée que, au fond, si on se laisse aller, on n’a qu’à s’en prendre à soi-même. La responsabilité individuelle se dessine et, en creux, un rapport de domination admis et inéluctable entre le demandeur d’emploi et le recruteur"

Pour aller plus loin Article de l'humanité 

Les hommes ne sont pas oubliés par ces grands bienfaiteurs !!

En effet, le Fonds de dotation et Pôle emploi, avec le soutien de la Division des Produits Professionnels du groupe L’Oréal, ont souhaité lancer la 1ère journée CONSEIL EN IMAGE ET COACHING RH destinée aux hommes .

Cette journée,   dédiée  aux hommes à faible revenu, bénéficiaires du RSA ou des minima sociaux, aux personnes en situation de handicap, mais également aux demandeurs d’emploi rencontrant des difficultés pour retrouver un travail après une longue période d’inactivité s'est tenue vendredi 10 février 2012 à l'école de mode et de création Internationale IFA PARIS, située dans le 10ème à Paris.

 De 10H00 à 17H00, les heureux élus ont participé  à divers ateliers :
L’ATELIER COACHING RH,
L’ATELIER DU SAVOIR-VIVRE,
L’ATELIER CONSEIL EN STYLE
L’ATELIER BAR A DENTS
L’ATELIER COIFFURE – SOIN DE LA BARBE
L’ATELIER SOINS DES MAINS

voici le programme détaillé sur le site Pôle emploi

LE RIDICULE NE TUE PAS  !

Ci dessous  un conseil en image qui surfe sur la vague   "juteuse"  du relooking des pauvres..........

 


mercredi, 15 février 2012

Paranoïa anti chômeurs (mesures UMP campagne électorale 2012 )

  Nicolas Sarkozy  vient d'annoncer  sa candidature aux élections présidentielles et les grands axes de son programme.

  Notre Candidat président  ou président candidat   souhaite  réveiller la France  ..... et particulièrement les chômeurs   et autres "inactifs " qui " roupillent tranquillement  "  dans  la ouate de leurs maigres allocations...

paranoia.jpg Voici le traitement spécial  qu'il réserve notamment  aux  chômeurs et allocataires du RSA  et des minima sociaux .

Des mesures  inefficaces , inadaptées , qui vont plonger une grande partie des français   dans une spirale  de fragilisation...

Ce n'est plus , à mon sens , un programme cohérent mais de la paranoïa  ..... 

Voici les mesures  contenues dans le programme de l 'UMP :

  • Rendre les allocations chômage dégressives dans le temps, dès lors que le taux de chômage commencera à diminuer, pour encourager le retour à l’emploi. 
  • Développer les contrats d’insertion,afin d’inciter les bénéficiaires du RSA à reprendre une activité. Un contrat à temps très partiel pour rendre un service à la collectivité est un premier pas pour sortir la personne en difficulté de la spirale de l’isolement, pour l’aider à retourner vers l’activité. C’est aussi une manifestation concrète d’un équilibre entre droits et devoirs. La solidarité nationale ne peut pas s’appliquer pour celui qui refuse de travailler alors qu’il en a la capacité et peut gagner davantage. Nous diminuerons donc le RSA socle pour les personnes qui refuseraient un contrat d’insertion, alors qu’elles peuvent travailler. 
  • Lutter plus efficacement contre la fraude par la  création  d'une carte sociale sécurisée. Sur le modèle de la carte Vitale, chaque citoyen sera titulaire d’une carte sociale biométrique et d’un numéro unique d’enregistrement. Cette carte regroupera les informations ouvrant des droits (état civil, situation familiale et professionnelle, etc.). Elle permettra à son titulaire de percevoir des prestations et de les faire évoluer en cas de changement de situation. Elle limitera la fraude en supprimant les possibilités de versement de pensions incompatibles et en facilitant les contrôles et les rapprochements de données avec l’administration fiscale et Pôle emploi.

 

  • Créer un fichier national des fraudeurs sociaux et fiscaux, pour lutter contre la récidive et aggraver progressivement les sanctions.
    Créer un « FBI »de la lutte contre les fraudes, corps d’inspecteursdes contrôleurs qui aurait compétencesur toutes les fraudes sociales et fiscales 


Mon analyse :

Le régime d'assurance chômage a été mis en place  le 31 décembre 1958 pour les salariés de l'industrie et du commerce, sous l'impulsion du Général De Gaulle, par les partenaires sociaux avec la signature par le patronat (CNPF) et les syndicats (FO, CFTC et CGC) de la Convention nationale interprofessionnelle. 
Les signataires considèraient que le régime d'indemnisation devaient également  favoriser la reprise rapide d'un emploi .
Dans les années 80  on assiste  à une baisse des indemnisations et une proportionnalité entre durée de cotisation et indemnisation . Le RMI  est créé en 1988 par le gouvernement de Michel Rocard.

Une nouvelle crise financière de l'Unedic aboutit en 1992 à un allongement de la durée de cotisation  et à  la dégressivité des allocations ainsi  qu'un contrôle renforcé de la recherche d'emploi .

Cette dégressivité  sera abandonnée en 2001 .

La nouvelle convention de 2006 durcit de nouveau les conditions d'accès au régime d'indemnisation, tout en instaurant le principe du guichet unique et le suivi mensuel des chômeurs.

Depuis le 28 décembre 2008, Assedic et ANPE ont fusionné pour donner naissance à une nouvelle entité nommée "Pôle-emploi"

La dégressivité des allocations a t-elle un impact sur le retour à l'emploi ?

Cette question a fait l'objet de plusieurs études .

Si les résultats mettent en évidence, qu'il existe une influence du profil de l'indemnisation du chômage sur le taux de sortie vers l'emploi , la conjoncture économique  jour fortement sur ce retour à l'emploi..

En effet  on note  un accroissement du taux de reprise d'emploi à l'approche de la chute d'indemnisation. Cette remontée du taux de reprise d'emploi est d'autant plus marquée que l'individu percevait un salaire élevé avant son entrée en chômage.

 On note également  que le nombre de créations nettes d'emplois a un effet positif et significatif : le taux de retour à l'emploi augmente avec le nombre de créations nettes d'emploi.

Si l'on se réfère à l'étude annuelle qui fait référence en la matière : l'enquête "Besoin en main d'œuvre" (BMO), réalisée par Pôle Emploi et le Credoc auprès de 1,6 million d'entreprises, les principaux métiers recherchés (hors saisonniers) concernent les "agents d'entretien de locaux", " les employés polyvalents de cuisine" dans la restauration, les " aides à domicile et aides ménagères".

 En 2011,  l'enquête recensait 1.542.400 projets de recrutement, dont 13% dans l'hotellerie-restauration qui reste le premier recruteur national. Des données à comparer aux 2.874.500 demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A à la fin décembre 2011.

On voit donc bien que l'offre d'emploi est loin d'égaler la demande et que les secteurs les plus porteurs le sont surtout en emplois peu qualifiés qui ne pourront satisfaire la part importante des demandeurs d'emploi qualifiés et/ou âgés.

Mettre en place la dégressivité des allocations  obligera donc les salariés les plus qualifiés  à accepter    des emplois sans rapport avec leur passé professionnel et au rabais.

La plupart des Français des classes moyennes étant endettés notamment par  l'achat  de leur logement  , c'est les précipiter   dans la précarisation   d'autant que les banques  se protègent et refusent tous les dossiers  dits fragiles ......

Ces emplois étant également précaires   je vous laisse deviner la suite des évènements pour ces personnes.......' 

  
La dégressivité des allocations de chômage  nie le fait que le chômage est la conséquence d'une situation générée notamment, par la mondialisation et les délocalisations vers des pays low cost .
C'est  renverser en quelque sorte la responsabilité du chômage en la mettant sur celle des chômeurs alors qu'elle est le résultat d'une situation économique et financière généralisée. 
Une ineptie de plus  qui malheureusement devient notre pain quotidien.....

J'ai tellement la nausée  que je continuerai mon analyse  du programme " anti social " de  l'UMP dans un prochain billet.chomeurs_h.jpg


jeudi, 02 février 2012

Des diables dans de l'eau bénite

Task_Force_.jpgA moins de 100 jours des élections présidentielles , c'est le branle- bas de combat pour lutter contre le chômage.....S'attaquer à la racine du mal est le maître mot.

Xavier Bertrand vient de réunir ce mardi : préfets, sous-préfets,  directeurs territoriaux de Pôle emploi… Soit 500 personnes pour qu'elles mettent en oeuvre les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy concernant l'emploi.

Une sorte de task force à la française  qui s'agite comme un  diable dans de l'eau bénite pour  réduire le chômage   ....... Il est vrai que  plus de 4 millions de chômeurs  , 8 millions de personnes  vivant en dessous du seuil de pauvreté , plus de 100 000 SDF et plus  de  4 millions de personnes en souffrance de logement cela fait" tâche"  dans le clinquant  des nuits branchées  parisiennes ......

Force est de constater que les mesures prises par notre majorité en place depuis 5 ans  ont accéléré la paupérisation des classes  moyennes et populaires , fragilisé les plus pauvres, conduit  à un repli identitaire d'un grand nombre et permis la montée de l'extrême droite.

 Le code du travail est en lambeaux , les verrous de protection des salariés  ont sauté sans pour autant   faciliter les embauches ... bref  la flexi sécurité  mise en avant  est devenue une vaste bouffonnerie..... un prétexte pour rendre les salariés  corvéables à merci dans une main de plus en plus de fer de Madame Parisot....

 Alors pour donner l'illusion  que tout est mis en oeuvre pour lutter contre le chômage , Xavier Bertrand mobilise les acteurs sociaux de terrain.... et google ........

 Son message

«Il ne faut pas relâcher nos efforts..Je sais qu'il faut du temps pour que le bateau change de direction, mais nous avons des signes encourageants: les anticipations des entreprises à la fin du mois de janvier sont moins mauvaises que celles de l'an dernier à la même époque.»

 Sur le chômage partiel, il  précise. «Sans attendre, je vous demande de tout faire pour raccourcir les délais d'instruction et de paiement, et pour conseiller et aider les entreprises, notamment les TPE qui souhaiteraient s'engager. Le guichet est ouvert. Je ne veux aucun frein ou méconnaissance des dispositifs.»

Sur les contrats aidés. «Autant le deuxième semestre 2011 a été bon, autant le début de l'année n'est pas à la hauteur de la situation. Je vous demande donc d'intensifier vos efforts.» Le gouvernement a décidé de concentrer sur le premier semestre 2012  les deux tiers des contrats aidés budgétés pour toute l'année. 

 Les préfets reçoivent chaque lundi un tableau de l'évolution des contrats aidés conclus dans leur territoire. «Gérez votre enveloppe comme vous voulez, mais signez des contrats», a conclu Xavier Bertrand.

Xavier Bertrand a enfin demandé aux préfets «de multiplier, dans les deux mois, les contacts avec les chefs d'entreprise» pour expliquer le dispositif «zéro charge» d'embauche d'un jeune dans une société de moins de 10 salariés. «Je vous demande de vous faire les porte-parole de cette mesure car ce sont des dizaines de milliers de créations d'emplois qui sont à la clé», a-t-il rappelé.

et cerise sur le gateau google sera de la partie ..... 

Lors de la réunion mardi à huis clos avec les préfets, les sous-préfets et tous les acteurs publics locaux du marché de l'emploi, Xavier Bertrand a avoué avoir discuté avec Google France d'une possible collaboration du groupe internet avec..Pôle emploi.Le ministre du Travail a fait cette confidence en réponse à la question d'un préfet qui se plaignait de ne pas pouvoir obtenir de Pôle emploi des listes de chômeurs par rue ou quartier dans les bassins d'emploi qu'il est chargé de superviser. "Cela m'aiderait à mieux cibler les publics les plus en difficulté afin de leur proposer en priorité les mesures à notre disposition", a justifié le préfet.

"Google, via son système Google Earth, est prêt à aider Pôle emploi, a indiqué Xavier Bertrand. Je rêve d'un système informatique digne de ce nom, capable de mettre en adéquation les offres et les demandes d'emploi, d'améliorer la connexion entre les chômeurs et les entreprises." Puis le ministre de l'Emploi a donné la parole à Jean Bassères, le nouveau directeur général de Pôle emploi. "Je n'ai rien contre a priori, a-t-il indiqué. Mais on doit évidemment regarder les questions de confidentialité des fichiers." 
 

Source les dessous du social 

 
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