dimanche, 03 avril 2011
Tradition du dimanche
Tradition du dimanche
A vous tous je dédie ce modeste poème
Regardons au délà de notre confort immédiat
le monde est douleur ne vous laissez pas endormir par les sirènes du repli et de la peur de l'autre de l'étranger !!!!
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jeudi, 31 mars 2011
Reclassement à l'étranger à " vil prix " !
Il y a deux ans l'usine textile Carreman, qui employait 150 personnes à Castres proposait à neuf de ses salariés un reclassement dans une autre usine du groupe à Bengalore, en Inde avec un salaire de 69 euros par mois .
Le fabricant de pneumatiques Continental proposait quelques mois plus tard aux salariés de son usine de Clairoix dans l'Oise, licenciés dans le cadre d'un plan social, des postes au sein du groupe en Tunisie à 137 euros par mois .
Ces affaires qui ont soulevé indignation des syndicats et des salariés ont fait la "Une" des médias . Les employeurs vivement critiqués se sont retranchés derrière le Code du travail : "Obligation légale rétorque un responsable de la communication du groupe continental " Il y a une obligation de proposer tout poste disponible en interne correspondant aux compétences des salariés et pour lesquels la langue n'est pas une barrière" Il faisait référence à la jurisprudence Olympia, le fabricant de chaussettes condamné à verser 2,5 millions d'euros d'indemnités à d'anciens salariés pour ne pas leur avoir proposé un reclassement en Roumanie. "Nous sommes pris entre le marteau et l'enclume", a dénoncé ce responsable, espérant une évolution prochaine du Code du travail. Selon lui, l'entreprise s'expose soit à des poursuites devant les tribunaux si elle ne propose pas ces postes, soit à l'indignation du grand public si elle fait ces propositions jugées indécentes.
En effet selon les textes en vigueur et en l'absence de toute disposition conventionnelle ou contractuelle l'employeur n'a aucune obligation de maintenir le salaire des salariés reclassés à l'étranger.
Emus par l'indignation générale nos députés concoctaient dans la précipitation un projet de loi "visant à garantir de justes conditions de rémunération aux salariés concernés par une procédure de reclassement". Un projet flou et sans aucune garantie concrète notamment en matière salariale pour les salariés a été adopté le 30 juin 2009 (TA n° 307) par l'assemblée nationale et transmis au Sénat .
Le texte définitif a été adopté par la loi du 18 mai 2010 .
Cette loi a ajouté au Code du travail la règle selon laquelle, dans le cadre d'une procédure de licenciement économique, le reclassement doit se faire à rémunération équivalente (Article L1233-4.) et prévu une procédure spécifique pour proposer aux salariés des reclassements à l'étranger (Article L1233-4-1 )
Voici la procédure :
- Lorsque l’entreprise ou le groupe auquel elle appartient est implantée hors du territoire national, l’employeur a l'obligation de demander au salarié, préalablement au licenciement, s’il accepte de recevoir des offres de reclassement hors de ce territoire, dans chacune des implantations en cause, et sous quelles restrictions éventuelles quant aux caractéristiques des emplois offerts, notamment en matière de rémunération et de localisation.
- Le salarié a un délai de 6 jours ouvrables pour donner son accord de principe et doit faire part s'il le souhaite des restrictions notamment quant au salaire et aux postes proposés.
- L'employeur n'adressera des propositions de reclassement qu' aux salariés ayant manifesté leur intention d'en recevoir et en fonction des restrictions émises par les salariés.
Une circulaire du 15 mars 2011 vient de "préciser " la loi.
L'employeur doit demander à chaque salarié concerné par la procédure de licenciement économique, s'il accepte de recevoir des offres de reclassement à l'étranger, et avec quelles réserves, en terme de rémunération notamment.
Le ministère du Travail fournit en annexe de la circulaire un questionnaire-type .La circulaire conseille aux entreprises d'adresser le formulaire par lettre recommandée avec accusé de réception afin de se constituer une preuve du respect de cette nouvelle obligation.
L'employeur doit détailler la liste des pays dans lequel le groupe est implanté et où des permutations sont envisagées. La demande de l'employeur peut être envoyée en même temps que la convocation à l'entretien préalable de licenciement ou en cas de licenciement collectif, à l'issue de la dernière réunion des représentants du personnel et après application des critères d'ordre des licenciements.
Le salarié a 6 jours ouvrables pour répondre et indiquer les pays susceptibles de l'intéresser et la rémunération minimale qu'il est prêt à accepter.Passé ce délai son silence vaut refus de recevoir des offres à l'étranger.
Rien n'empêche le salarié de formuler d'autres restrictions, indique la circulaire : nature de l'emploi, durée du travail, avantages contractuels, horaires, congés payés, règles de santé et de sécurité,... D'ailleurs, l'employeur a tout intérêt à apporter le plus de précisions possibles sur les conditions de travail locales, "afin d'éclairer au mieux le choix du salarié", précise la circulaire.
Si le salarié a accepté de recevoir des offres de reclassement à l'étranger, l'employeur lui fait parvenir les offres qui correspondent à ses souhaits. Elles doivent être écrites et précises, comme toute offre de reclassement.
Lorsqu'aucune offre de reclassement ne correspond aux souhaits du salarié, l'employeur doit l'en informer .
La circulaire n'apporte aucune précision de fond sur cette loi qui à l'évidence n'empêchera nullement les propositions de reclassement " à bas prix "
En effet:
L'employeur a l'obligation de proposer un salaire équivalent. Mais équivalent ne veut pas dire identique , les débats à la commission sociale étant clairs sur ce sujet .
Quelques interventions des membres de la commission sociale dont celle du rapporteur :
"La référence au concept d’ordre public social français en matière de rémunération correspond au salaire minimum de croissance. Or les cadres et les salariés qualifiés perçoivent une rémunération supérieure et la garantie du SMIC ne leur suffirait pas. Je souhaite que seule l’obligation de proposer un reclassement sur un emploi équivalent assorti d’une rémunération équivalente soit inscrite dans le droit du travail."
" Le fait d’adresser une lettre recommandée aux salariés, puisqu’en pratique cela se passera ainsi, est une contrainte minime. Dans l’autre sens, l’amendement vise à instaurer une règle simple et claire qui évitera en conséquence le maximum de contentieux.
Une entreprise possédant des établissements en France, en Espagne, en Belgique, en Roumanie, en Inde ou encore au Brésil fera au salarié des propositions en fonction des conditions de rémunérations qu’elles pensent pouvoir légitimement offrir dans chacun de ces pays ; toutefois, comme le salarié aura indiqué à l’avance ses conditions de salaire, si l’entreprise ne peut pas offrir une rémunération égale ou supérieure à celle demandée, elle ne sera pas obligée de faire une proposition. En définitive, le salarié ne risquera plus de recevoir une proposition indécente et l’employeur ne sera plus dans une situation de doute.
J’ajoute, connaissant le peu de goût pour la mobilité de nos concitoyens, que cette disposition concernera peu de salariés.
Enfin, si nous n’adoptions pas cet amendement, nous laisserions dans le texte la référence au concept d’ordre public social français, juridiquement incertaine et source de contentieux.
La première partie de l’article unique de la proposition de loi précise que les offres de reclassement devront assurer aux salariés une rémunération équivalente à celle qu’ils percevaient dans leur précédent emploi. Cette mention était étrangement absente de l’article L. 1233-4, qui se contentait d’assurer aux salariés concernés un reclassement portant « sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu’il occupe, ou sur un emploi équivalent ».
Désormais, le juge pourra si ce texte est adopté, sanctionner les offres de reclassement assorties d’une rémunération non équivalente, et plus particulièrement celles qui sont humiliantes pour le salarié, ce qui permettra d’éviter les nombreuses dérives dont nous avons été témoins."

Cette loi floue flanquée d'une circulaire imprécise ressemble fort à un mauvais tour de passe- passe .
Non seulement elle ne permet pas d'éliminer les propositions de reclassement sur des postes assortis de salaires aussi peu élevés que ceux qui ont soulevé l'indignation des uns et des autres, mais elle ajoute une complexité de procédure qui risque fort d'être une boite à contentieux !
Cette loi , déposée en réaction à des affaires médiatisées, c'est une sorte de pommade qui a pour objectif de ménager la susceptibilité des salariés , de rassurer les employeurs et de ménager le public ( futur électeur en 2012 ) !
Pour aller plus loin :
Compte rendu de la commission des affaires sociales et culturelles du 10.06.2009
Débats réunion assemblée nationale du 25.06.2009
Rapport n° 412 (2009-2010) de M. Jean-Marie VANLERENBERGHE, fait au nom de la commission des affaires sociales, déposé le 27 avril 2010
Travaux de la commission
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lundi, 03 mai 2010
Reclassement des salariés à l'étranger : Réforme ou un tour de passe passe ?
Marcher à pas de sénateur vous connaissez tous l'expression !
S'ils avancent lentement les sénateurs sont également frileux .
Il y a un an l'usine textile Carreman, qui employait 150 personnes à Castres proposait à neuf de ses salariés un reclassement dans une autre usine du groupe à Bengalore, en Inde avec un salaire de 69 euros par mois .
Le fabricant de pneumatiques Continental proposait quelques mois plus tard aux salariés de son usine de Clairoix dans l'Oise, licenciés dans le cadre d'un plan social, des postes au sein du groupe en Tunisie à 137 euros par mois
Ces affaires qui ont soulevé indignation des syndicats et des salariés ont fait la "Une" des médias .
Les employeurs vivement critiqués se sont retranchés derrière le Code du travail :
"Obligation légale rétorque un responsable de la communication du groupe continental " Il y a une obligation de proposer tout poste disponible en interne correspondant aux compétences des salariés et pour lesquels la langue n'est pas une barrière" Il faisait référence à la jurisprudence Olympia, le fabricant de chaussettes condamné à verser 2,5 millions d'euros d'indemnités à d'anciens salariés pour ne pas leur avoir proposé un reclassement en Roumanie. "Nous sommes pris entre le marteau et l'enclume", a dénoncé ce responsable, espérant une évolution prochaine du Code du travail. Selon lui, l'entreprise s'expose soit à des poursuites devant les tribunaux si elle ne propose pas ces postes, soit à l'indignation du grand public si elle fait ces propositions jugées indécentes.
En effet selon les textes en vigueur et en l'absence de toute disposition conventionnelle ou contractuelle l'employeur n'a aucune obligation de maintenir le salaire des salariés reclassés à l'étranger.
Emus par l'indignation générale nos députés concoctaient dans la précipitation un projet de loi "visant à garantir de justes conditions de rémunération aux salariés concernés par une procédure de reclassement".
Un projet flou et sans aucune garantie concrète notamment en matière salariale pour les salariés a été adopté le 30 juin 2009 (TA n° 307) par l'assemblée nationale et transmis au Sénat .
M. Jean-Marie VANLERENBERGHE, Vice-Président de la commission des affaires sociales du Sénat vient de déposer fin avril 2010 son rapport sur le projet et proposé un amendement qui vise notamment à donner des garanties salariales tangibles aux salariés touchés par une mesure de reclassement à l'étranger .
En effet selon cet amendement le reclassement du salarié s'effectue sur "un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou sur un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente. A défaut, et sous réserve de l'accord exprès du salarié, il s'effectue sur un emploi d'une catégorie inférieure, dont la rémunération est au moins égale au SMIC."
Réunie le mardi 27 avril 2010, sous la présidence de Muguette Dini, la commission sociale du Sénat vient d'adopter en l'état la proposition de loi et de rejeter l'amendement proposé par M. Jean-Marie VANLERENBERGHE .
le texte doit faire l'objet d'une seconde lecture à l'assemblée nationale .
Il est plus que probable que nos sénateurs conscients des dangers et des insuffisances du projet de loi n'y 'apporteront aucun changement ! .
Lors de la séance du 27 avril M. Jean-Marie VANLERENBERGHE, a déclaré " je vous indique que le Gouvernement préfèrerait que nous ne touchions pas au texte actuel. Il s'agit d'un arbitrage entre l'urgence et le règlement au fond du problème. Vaut-il mieux adopter un texte rapidement, quitte à ce qu'il ne s'applique pas bien, ou construire un dispositif opérationnel et sécurisé, quitte à retarder sa mise en oeuvre de quelques mois ?
Décryptage :
Que prévoit le texte voté par les députés:
- Lorsque l’entreprise ou le groupe auquel elle appartient est implanté hors du territoire national, l’employeur a l'obligation de demander au salarié, préalablement au licenciement, s’il accepte de recevoir des offres de reclassement hors de ce territoire, dans chacune des implantations en cause, et sous quelles restrictions éventuelles quant aux caractéristiques des emplois offerts, notamment en matière de rémunération et de localisation.
- Le salarié a un délai de 6 jours ouvrables pour donner son accord de principe et doit faire part s'il le souhaite des restrictions notamment quant au salaire et aux postes proposés.
- l'employeur n'adressera des propositions de reclassement qu' aux salariés ayant manifesté leur intention d'en recevoir et en fonction des restrictions émises par les salariés.
De ce fait L'obligation de reclassement incombant à l'employeur ne porte plus que sur les offres à l'étranger compatibles avec les restrictions apportées par le salarié alors qu'auparavant l'employeur avait une obligation de proposer des reclassements à tous les salariés menacés par une mesure de licenciement..
- selon le nouveau texte l'employeur doit également faire des propositions de reclassement "assorties d'une rémunération équivalente" à celle perçue par les salariés.
A première vue nous pouvons penser que les propositions jugées « indignes » font partie du passé.
Mais après une lecture attentive du projet force est de constater que ce projet est flou , qu'il ne change rien pour les salariés et ne manquera pas de générer des contentieux .
Une première analyse de la proposition de loi révèle plusieurs difficultés:
- Le contenu de la demande que l'employeur doit adresser au salarié est imprécis et les restrictions que le salarié peut apporter aux offres de reclassement à l'étranger qu'il souhaite recevoir ne sont pas limitées. L'employeur doit simplement demander aux salariés s'ils souhaitent être reclassés à l'étranger et s'ils émettent des restrictions.
Le caractère pour le moins imprécis du courrier qui doit être envoyé aux salariés pourrait notamment permettre à certains employeurs de se dédouaner facilement de leur obligation de reclassement, en orientant le questionnaire de manière à limiter voir à supprimer les réponses positives des salariés .
Créer un questionnaire type pourrait contourner cette difficulté mais le législateur n'a pas adopté cette solution.
Le salarié peut en retour mentionner toutes sortes de restrictions, y compris les plus difficiles à interpréter juridiquement. Dans ces conditions, l'employeur risque fort de se retrouver dans une situation délicate .
En effet comment pourra t-il interpréter la réponse d'un salarié qui souhaite par exemple être reclassé sur un emploi « moins pénible » ou avec un salaire qui lui permette de garder le même niveau de vie qu'en France ?
L'imprécision du projet adopté par l'assemblée nationale pourrait donc aboutir à ce que la loyauté de l'employeur dans l'exécution de son obligation de reclassement soit facilement, et donc systématiquement, contestée devant le juge ce qui aboutirait à l'effet inverse souhaitée par le législateur.
- Les oublis et erreurs de l'employeur seront lourdes de conséquences car tout salarié qui ne recevra aucune proposition alors qu'il a accepté le principe de recevoir des offres sera fondé comme aujourd'hui à réclamer des dommages et intérêts .
L'employeur devra également faire une bonne lecture des restrictions émises par le salarié car s'il lui fait parvenir des propositions qui vont à l'encontre des restrictions émises par les intéressés, il risque fort de créer mécontentements et d'aggraver le climat social déjà en général tendu pendant les procédures de licenciement collectif.
Si le salarié émet des restrictions vagues et imprécises " exemple je refuse tout poste ne me permettant pas d'assurer mon mon niveau de vie " l'employeur risque également de s'exposer à des dommages et intérêts s'il ne fait pas de proposition alors que le salarié estime que les postes pouvaient lui convenir.
Les problèmes risquent d'être multiples et les contentieux en proportion.
Enfin un détail technique mais qui reste de poids : La cour de cassation , dans un arrêt du 4 mars 2009, a estimé dans un attendu de principe que l'employeur « ne peut limiter ses recherches de reclassement et ses offres en fonction de la volonté de ses salariés, exprimés à sa demande et par avance, en dehors de toute proposition concrète ».
la proposition de loi ne modifie pas substantiellement la rédaction de l'article L. 1233-4 du code du travail elle ajoute le questionnaire dans un nouvel article L. 1233-4-1.
Ainsi La Cour de cassation pourrait considérer que le législateur n'a pas modifié l'article dont découle l'attendu de principe et que celui-ci reste valable. Cela obligerait les entreprises à continuer de devoir faire parvenir l'ensemble des offres concrètes au salarié, quels que soient les souhaits formulés à l'occasion des réponses au questionnaire, ce qui priverait la loi de son effet utile ;
- Enfin l'employeur a l'obligation de proposer un salaire équivalant. Mais équivalant ne veut pas dire identique , les débats à la commission sociale étant clairs sur ce sujet .
Quelques interventions des membres de la commission sociale dont celle du rapporteur :
"La référence au concept d’ordre public social français en matière de rémunération correspond au salaire minimum de croissance. Or les cadres et les salariés qualifiés perçoivent une rémunération supérieure et la garantie du SMIC ne leur suffirait pas. Je souhaite que seule l’obligation de proposer un reclassement sur un emploi équivalent assorti d’une rémunération équivalente soit inscrite dans le droit du travail."
" Le fait d’adresser une lettre recommandée aux salariés, puisqu’en pratique cela se passera ainsi, est une contrainte minime. Dans l’autre sens, l’amendement vise à instaurer une règle simple et claire qui évitera en conséquence le maximum de contentieux.
Une entreprise possédant des établissements en France, en Espagne, en Belgique, en Roumanie, en Inde ou encore au Brésil fera au salarié des propositions en fonction des conditions de rémunérations qu’elles pensent pouvoir légitimement offrir dans chacun de ces pays ; toutefois, comme le salarié aura indiqué à l’avance ses conditions de salaire, si l’entreprise ne peut pas offrir une rémunération égale ou supérieure à celle demandée, elle ne sera pas obligée de faire une proposition. En définitive, le salarié ne risquera plus de recevoir une proposition indécente et l’employeur ne sera plus dans une situation de doute.
J’ajoute, connaissant le peu de goût pour la mobilité de nos concitoyens, que cette disposition concernera peu de salariés.
Enfin, si nous n’adoptions pas cet amendement, nous laisserions dans le texte la référence au concept d’ordre public social français, juridiquement incertaine et source de contentieux.
La première partie de l’article unique de la proposition de loi précise que les offres de reclassement devront assurer aux salariés une rémunération équivalente à celle qu’ils percevaient dans leur précédent emploi. Cette mention était étrangement absente de l’article L. 1233-4, qui se contentait d’assurer aux salariés concernés un reclassement portant « sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu’il occupe, ou sur un emploi équivalent ».
Désormais, le juge pourra si ce texte est adopté, sanctionner les offres de reclassement assorties d’une rémunération non équivalente, et plus particulièrement celles qui sont humiliantes pour le salarié, ce qui permettra d’éviter les nombreuses dérives dont nous avons été témoins."
Cette proposition de loi ressemble fort à un mauvais tour de passe- passe
Non seulement elle ne permet pas d'éliminer les propositions de reclassement sur des postes assortis de salaires aussi peu élevés que ceux qui ont soulevé l'indignation des uns et des autres, mais elle ajoute une complexité de procédure qui risque fort d'être une boite à contentieux !
Ce projet de loi , déposé en réaction à des affaires médiatisées, c'est une sorte de pommade qui a pour objectif de ménager la susceptibilité des salariés , de rassurer les employeurs et de ménager le public ( futur électeur en 2012 ) !
Il appartiendra encore une fois aux tribunaux , si le projet est inchangé de définir ce qu'est une rémunération équivalente.
Ce point sera particulièrement délicat dans les pays émergents ayant des salaires trés inférieurs à ceux que nous pratiquons en France.
Pour aller plus loin :
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mercredi, 31 mars 2010
C'est reparti pour un tour ! tous en Tunisie !
Continental veut faire voyager ses salariés !
Il y a un an déjà les propositions de reclassement à l'étranger , propositions assorties de salaires locaux faisaient la une des médias .
On se souvient notamment de l'usine textile Carreman, qui employait 150 personnes à Castres, et avait proposé à neuf de ses salariés un reclassement dans une autre usine du groupe à Bengalore, en Inde avec un salaire de 69 euros par mois ( type de proposition qui s'est multiplié depuis ces dernières années sans que qui que ce soit ne s'en émeuve !)
La crise économique échauffant les esprits les médias ont mis au devant de la scène ce phénomène qui encore une fois n' est pas récent.
Emus par l'indignation générale nos députés le coeur sur la main et la larme à l'oeil concoctaient un projet de loi adopté le 30 juin 2009 (TA n° 307) , transmis au sénat et aujourd'hui en instance .
Depuis rien de neuf sous la grisaille de l'économie Française comme peut en témoigner cette nouvelle affaire :
Le fabricant de pneumatiques Continental a proposé à ses salariés de l'usine de Clairoix dans l'Oise, licenciés dans le cadre d'un plan social, des postes au sein du groupe en Tunisie à 137 euros par mois .
Comme dans les affaires précédantes : indignation des syndicats et retranchement de l'employeur derrière le code du travail !
"Obligation légale rétorque un responsable de la communication du groupe " Il y a une obligation de proposer tout poste disponible en interne correspondant aux compétences des salariés et pour lesquels la langue n'est pas une barrière" Il faisait référence à la jurisprudence Olympia, le fabricant de chaussettes condamné en mai dernier à verser 2,5 millions d'euros d'indemnités à d'anciens salariés pour ne pas leur avoir proposé un reclassement en Roumanie. "Nous sommes pris entre le marteau et l'enclume", a dénoncé ce responsable, espérant une évolution prochaine du Code du travail. Selon lui, l'entreprise s'expose soit à des poursuites devant les tribunaux si elle ne propose pas ces postes, soit à l'indignation du grand public si elle fait ces propositions jugées indécentes.
Mais qu'en est -il ? un petit rappel de la législation et de la jurisprudence s'impose :
Quels sont les contours de l' obligation de reclassement ?
Aux termes de l'article L1233-4 du Code du travail, "un licenciement pour motif économique d'un salarié ne peut intervenir que lorsque tous les efforts de formation et d'adaptation ont été réalisés et que le reclassement de l'intéressé ne peut être opéré dans l'entreprise ou dans les entreprises du groupe auquel l'entreprise appartient.
Le reclassement du salarié s'effectue sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou sur un emploi équivalent. A défaut, et sous réserve de l'accord exprès du salarié, le reclassement s'effectue sur un emploi d'une catégorie inférieure. Les offres de reclassement proposées au salarié sont écrites et précises."
L'employeur doit rechercher un poste de travail pour tout salarié dont le licenciement économique est envisagé
En l'absence de recherche de reclassement, le licenciement sera considéré sans cause réelle et sérieuse même si le motif économique est avéré
La cour de cassation impose une recherche de postes dans l'entreprise et le groupe auquel elle appartient . elle exige que les propositions soient étendues aux postes vacants à l'étranger.
Selon les textes en vigueur et la jurisprudence :
- la proposition doit être précise et écrite. cela signifie que l'offre doit être effective, concrète et individualisée
- la proposition doit être loyale. - L'employeur doit faire au salarié une proposition loyale, c'est-à-dire acceptable (instr. DGEFP 2006-01 du 23 janvier 2006).
Examinons maintenant les incidences pratiques d'un reclassement en Tunisie avec un salaire mensuel de 137 euros.
Peut - on dire que cette proposition constitue une offre sérieuse et loyale ?
Regardons de plus près : 137 euros c'est l'équivalent de 200 dinars environ soit le smic tunisien pour 40 heures de travail.
Lorsqu'on examine le coût de la vie et des logements en Tunisie on s'aperçoit qu'avec 137 euros de salaire mensuel les salariés reclassés ne pourront ni se nourrir ni se loger correctement !
Le salarié expatrié va sortir du champ d'application de la protection sociale française. en matière de retraite il ne va acquérir aucun droit de validation de trimestre sauf s'il adhère à la CFE ( clic ici) c'est à dire à la Caisse des Français à l'étranger.
L'employeur peut prendre en charge les cotisations ( cotisations forfaitaires allant de 50 à 100% du plafond de la sécurité sociale ). Sauf dispositions conventionnelles applicables l'employeur n'a aucune obligation en la matière.
Il est évident qu'en touchant seulement 137 euros le salarié ne pourra pas adhérer à la CFE car tout son salaire ne suffirait pas à couvrir le coût d'une partie des cotisations. ( selon l'âge il faut compter aux environs de 1500 euros par an...)
En matière de chômage le salarié va être affilié au GARP sur la base de son nouveau salaire ou avec accord de l'employeur sur la base du salaire qu'il toucherait en France sur un poste équivalent
Les montants des cotisations et des prestations en cas de chômage seront différents en fonction du choix de l'employeur et du salarié.
Lorsque nous examinons les conséquences pratiques d'une expatriation en Tunisie avec un salaire de 137 euros par mois nous nous apercevons qu'en fonction des choix et engagements de l'employeur les pertes de garanties pour les salariés ( couverture maladie, maternité ,accident ,vieillesse , retraite complémentaire et chômage ) peuvent être considérables.
Nul besoin d'aller plus avant pour se rendre compte que partir en Tunisie pour 137 euros par mois peut mettre le salarié et sa famille en situation de précarité .
En conclusion et sans aller plus loin dans l'analyse si l'employeur ne prend pas en charge toutes les cotisations sociales sur la base du salaire que le salarié touchait avant son départ en France pour lui assurer une protection équivalente ( maladie, retraite et chômage) je pense légitiment que l'offre de reclassement est inacceptable ....
Que prévoit le projet de loi adopté le 30 juin 2009 (TA n° 307) , transmis au sénat et aujourd'hui en instance ?
La législation actuelle ne donne aucune précision sur le niveau de rémunération de l'offre de reclassement. La proposition de loi entend combler ce vide juridique .
Tout d'abord elle confirme le principe que le licenciement pour motif économique d'un salarié ne peut intervenir que lorsque tous les efforts de formation et d'adaptation ont été réalisés et que le reclassement de l'intéressé ne peut être opéré dans l'entreprise ou dans les entreprises du groupe auquel l'entreprise appartient.
Elle rappelle le principe que Le reclassement du salarié s'effectue sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou sur un emploi équivalent. et ajoute la formule "et assortie d'une rémunération équivalente"
A défaut, et sous réserve de l'accord exprès du salarié, le reclassement s'effectue sur un emploi d'une catégorie inférieure.
Elle introduit une procédure à respecter pour faire aux salariés des propositions de reclassement à l'étranger:
- l'employeur demande au salarié, préalablement au licenciement:
s'il accepte de recevoir des offres de reclassement à l'étranger
sous quelles restrictions éventuelles quant aux caractéristiques des emplois offerts, notamment en matière de rémunération et de localisation.
- Le salarié manifeste son refus ou son accord, assorti le cas échéant des restrictions susmentionnées.
il dispose d'un délai de 6 jours ouvrables à compter de la réception de la proposition de l'employeur pour donner sa réponse . L'absence de réponse vaut refus.
- Les offres de reclassement hors du territoire national, qui sont écrites et précises, ne sont adressées qu'au salarié ayant accepté d'en recevoir et compte tenu des restrictions qu'il a pu exprimer.
Le salarié reste libre de refuser ces offres. Le salarié auquel aucune offre n'est adressée est informé de l'absence d'offres correspondantes à celles qu'il a acceptées de recevoir.
A première vue avec ce texte miracle nous en avons terminé avec les reclassements assortis de salaires dérisoires .
Pure illusion mes amis car rémunération équivalente ne veut pas dire identique les débats étant clairs sur ce sujet .
A la lecture de ces interventions le texte de loi n'impose nullement une rémunération identique à celle perçue par le salarié
Il n'impose nullement une rémunération minimale conforme à l'ordre public français c'est à dire au Smic
Il impose une rémunération équivalente c'est à dire une rémunération qui dans l'esprit des députés correspond à une rémunération que l'entreprise estime pouvoir donner pour le pays d'accueil.
Et d'ajouter que les salariés qui auront refusé de recevoir des propositions à l'étranger ne recevront pas de propositions indécentes!
Ceux qui accepteront le principe d'un reclassement à un salaire au smic ou à leur salaire ne recevront aucune proposition si l'entreprise ne peut pas donner autre chose qu'un salaire inférieur.
Mince alors rien de nouveau sous le soleil des textes de loi
Ce projet de loi , déposé en réaction à des affaires médiatisées, c'est une sorte de pommade qui a pour objectif de ménager la susceptibilité des salariés , ne pas les choquer et de rassurer l'entreprise !
Bien plus encore la loi permettra d' éviter aux employeurs d'envoyer des propositions car ces propositions devant correspondre aux souhaits des salariés quel sera le salarié qui indiquera dans sa lettre qu'il accepte un poste assorti d'un salaire inférieur au smic ou un salaire correspondant en pouvoir d'achat au salaire local !!!.
Belle innovation !
Il appartiendra encore une fois aux tribunaux de se "dépatouiller" des contentieux qui ne manqueront pas de naître .
Pour aller plus loin
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mardi, 15 septembre 2009
lettres à Brice HORTEFEUX
je poste en cette belle matinée d'un mardi ordinaire d'un mois de septembre ordinairei une vidéo de Jeanne Moreau qui lit deux lettres à Brice Hortefeux
Elles ont été faites lorsque ce dernier était Ministre de l'immigration
Je vous laisse les écouter et je bloque les commentaires car je ne souhaite aucun commentaire raciste sur mon blog
sachant que beaucoup de Français ont un réel problème dans leur "rapport" avec les étrangers surtout en cette période de crise économique
- article wikipedia ( je mets cet article de wikipedia sous toutes réserves des informations fournies n'ayant pas eu le temps de les contrôler...)
- Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire
La victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 lui permet de devenir ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire au sein du nouveau gouvernement de François Fillon. Il quitte alors ses fonctions de secrétaire général délégué de l'UMP, remplacé par Patrick Devedjian. Il est alors nommé conseiller politique du parti par Jean-Claude Gaudin.
Il est le promoteur de la loi de maîtrise de l'immigration adoptée le 23 octobre 2007, qui complète en grande partie les lois Sarkozy de 2003 et 2006. Cette loi limite en particulier le regroupement familial.
Il fixe aux forces de l'ordre des objectifs chiffrés en matière d'expulsions et de reconduites à la frontière : 25 000 en 2007, 26 000 en 2008 et 28 000 en 2010. Si l'on exclut du bilan de Hortefeux les reconduites de personnes qui sont libres de circuler en Europe (Roumains, Bulgares, etc.), les expulsions de sans-papiers atteignent moins de la moitié des objectifs prévus[8].
Le 8 octobre 2007 dans le journal Aujourd'hui en France, Brice Hortefeux dit :
- « La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir ». [...] « Ayons surtout le courage de regarder la réalité en face ! [...] Est-il normal que 60% des immigrés soient concentrés sur trois des vingt-deux régions françaises ? Que le taux de chômage de ces personnes atteigne 22% et que leurs enfants soient bien souvent en échec scolaire ? Non, ce n'est pas acceptable. »[9]
L'article rappelle que sa mère Marie-Claude Hortefeux ancienne présidente de l'Association nationale d'entraide féminine (ANEF) a une sensibilité brûlante sur le sujet car ses convictions religieuses lui rappellent de toujours accueillir l'étranger. Une de ses amies dit sur le débat sur l'immigration : « Je sais qu'elle est malheureuse »[9].
Fin novembre 2007, il soulève une polémique en sous-entendant, lors de l'émission Capital sur M6, que les sans-papiers n'étaient pas des « citoyens honnêtes, propres » [10].
Au cours de l'année 2008, Brice Hortefeux souhaite que des associations autres que la Cimade puissent intervenir dans les centres de rétention. L'appel d'offres, qui faisait suite à un décret, est cassé par le tribunal administratif[11]. Les plaignants dont le Gisti voient dans cette réforme une tentative d'éloigner la Cimade des centres de rétention, et de réduire l'aide juridictionnelle apportée aux immigrés.
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mercredi, 26 août 2009
Manque d'humanité !
j'ai honte ....
ces directives doivent mettre en application semble t- il la circulaire de Brice Hortefeux de juillet 2007 qui demande notamment aux agents de l'ex ANPE de transmettre à la préfecture copie des titres de séjour des étrangers à la préfecture qui effectuera toutes vérifications. lisez la circulaire attentivement ( cliquez ici)
Convoqué pour une simple actualisation de son dossier au pôle emploi d'Orléans , un Mauritanien ( qui a donc travaillé régulièrement et cotisé !) s’est fait accueillir par des policiers, menotter et transférer au centre de rétention de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
ce n'est plus le simple contrôle des papiers lors de l'inscription en tant que demandeur d'emploi c'est une véritable chasse aux étrangers... par l'intermédiare de pôle emploi
voici l'article paru dans le canard enchainé
j'ai honte pour ceux qui ont fait cela.......
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mardi, 28 juillet 2009
reclassement à l'étranger : une proposition de loi de pure forme !
une loi de pure forme pour calmer le jeu
Messieurs les députés vous êtes des magiciens , des Mandrake sans la cape et le panache
vous faites prendre des vessies pour des lanternes!!!!!

La presse a fait échos de plusieurs affaires, où un employeur implanté en France proposait à ses salariés une offre de reclassement dans un pays étranger avec un salaire de moins de 100 euros par mois ( salaire local)
suite à ces articles je postais une analyse sur ce sujet clic ici
ces affaires touchant un point d'actualité dès plus sensible dans le contexte économique déprimé que nous connaissons une proposition de loi visant à inscrire dans le Code du travail des garanties salariales et procédurales au bénéfice des salariés qui sont destinataires d'offres de reclassement interne a été déposée à l'Assemblée nationale .
proposition de loi "visant à garantir de justes conditions de rémunération aux salariés concernés par une procédure de reclassement", clic ici
La proposition de loi a été adoptée sans amendement par l'Assemblée nationale le 30 juin dernier et a été transmise au Sénat.
que modifie la proposition de loi ?
- tout d'abord elle confirme le principe que le licenciement pour motif économique d'un salarié ne peut intervenir que lorsque tous les efforts de formation et d'adaptation ont été réalisés et que le reclassement de l'intéressé ne peut être opéré dans l'entreprise ou dans les entreprises du groupe auquel l'entreprise appartient.
- elle rappelle le principe que Le reclassement du salarié s'effectue sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou sur un emploi équivalent. et ajoute la formule "et assortie d'une rémunération équivalente"
A défaut, et sous réserve de l'accord exprès du salarié, le reclassement s'effectue sur un emploi d'une catégorie inférieure.
- elle introduit une procédure à respecter pour faire aux salariés des propositions de reclassement à l'étranger
- lorsque l'entreprise ou le groupe auquel elle appartient est implanté hors du territoire national, l'employeur demande au salarié, préalablement au licenciement:
- s'il accepte de recevoir des offres de reclassement à l'étranger
- sous quelles restrictions éventuelles quant aux caractéristiques des emplois offerts, notamment en matière de rémunération et de localisation.
- Le salarié manifeste son refus ou son accord, assorti le cas échéant des restrictions susmentionnées.
il dispose d'un délai de 6 jours ouvrables à compter de la réception de la proposition de l'employeur pour donner sa réponse . L'absence de réponse vaut refus.
- Les offres de reclassement hors du territoire national, qui sont écrites et précises, ne sont adressées qu'au salarié ayant accepté d'en recevoir et compte tenu des restrictions qu'il a pu exprimer.
Le salarié reste libre de refuser ces offres. Le salarié auquel aucune offre n'est adressée est informé de l'absence d'offres correspondantes à celles qu'il a acceptées de recevoir.

dans la réalité ce texte constitue t-il une avancée sociale ?
exemple : une entreprise ayant des établissements en Afrique centrale cette entreprise supprime 300 postes en France elle dispose de postes vacants dans ces implantations africaines
avant le texte de loi l'entreprise était dans l'obligation de faire des propositions écrites et précises pour ses unités étrangères à tous les salariés visés par le licenciement
Quels étaient les principaux aspects de cette obligation ?
la Direction générale de l'emploi et de la formation professionnelle avait émis le 23 janvier 2006 une instruction déclarant que «la proposition d'une entreprise concernant des postes au sein du groupe dans des unités de production à l'étranger pour des salaires très inférieurs au Smic ne peut être considérée comme sérieuse».
Mais cette instruction n'a pas valeur de droit.
l'entreprise était donc dans l'obligation de faire des propositions de reclassement à l'étranger précises et écrites à tous les salariés menacés par un licenciement sauf à encourir des dommages et intérets pour licenciement abusif
si les propositions étaient assorties de salaires locaux elles risquaient fort ( dans la mesure à mon sens où le dialogue social était défaillant) de soulever indignation et colère des salariés
ce qui a été le cas dans plusieurs affaires récentes.
maintenant que va t-il se passer ?
- l'entreprise adresse un courrier aux salariés menacés d'un licenciement ( je pense que compte tenu des délais inscrits dans la loi la lettre devra être adressée en recommandé ou remise contre signature il en sera de même de la réponse du salarié)
dans ce courrier l'employeur doit indiquer s'il y a des postes disponibles à l'étranger et demander à chaque salarié dont le licenciement est envisagé s'il est d'accord ou non avec le principe de recevoir des propositions de reclassement hors du territoire national.
l'obligation de l'entreprise est minimaliste semble t- il.
un courrier demandant au salarié s'il est d'accord de recevoir des propositions de reclassement à l'étranger, l'informant qu'il peut émettre des restrictions sur les propositions à recevoir, qu'il dispose d'un délai de 6 jours ouvrables pour donner sa réponse et que le défaut de réponse vaut refus semble suffire.
je dis bien semble , car déjà à ce niveau des contentieux pourront naître.
un salarié ne répondant pas ou répondant par la négative ne recevra donc aucune proposition de reclassement
ne sera t-il pas fondé à réclamer des dommages et intérets si l'employeur ne fournit pas une liste exhaustive des lieux de reclassement- ne pourra t-il pas invoquer de ne pas avoir été suffisamment informé pour donner une réponse de principe éclairée etc...
les tribunaux ne manqueront pas de dessiner le contour de cette nouvelle obligation faîte à l'entreprise au fur et à mesure des contentieux .
le respect de la procédure sous sa forme minimaliste ne garantit pas à mon sens l'employeur .
- le salarié a un délai de 6 jours ouvrables pour donner son accord de principe et doit fournir les restrictions notamment quant au salaire et aux postes proposés.
par exemple :
oui je donne mon accord pour un poste de..... sauf dans les pays suivants.....
je n'accepte pas un salaire mensuel inférieur au smic soit ... en nets a ce jour ...euros ( ce n'est qu'un exemple) et je souhaite conserver mes fonctions de...
autre exemple je suis d'accord pour être reclassé à....
sur un poste qui correspond aux fonctions que j'ai actuellement et au salaire de base en euros que je perçois ce jour soit .... bruts ou nets....
le salarié doit réfléchir vite car il a un délai de 6 jours pour donner une réponse de principe ( délai qui est bien court lorsqu'on a femme et enfants et que cette décision risque de bouleverser votre vie personnelle et familiale !)
les entreprises auront à mon avis et pour se garantir tout intérêt à élaborer des questionnaires pour donner une information précise aux salariés et les aider à formuler leur réponse.
- l'employeur devra ensuite faire le tri des réponses
il adressera des propositions de reclassement précises uniquement aux salariés ayant manifesté leur intention d'en recevoir.
les oublis et erreurs de l'employeur seront lourdes de conséquences car tout salarié qui ne recevra aucune proposition alors qu'il a accepté le principe de recevoir des offres sera fondé comme aujourd'hui à réclamer des dommages et intérets .
l'employeur devra également faire une bonne lecture des restrictions émises par le salarié car s'il lui fait parvenir des propositions de reclassement dans un pays rejeté par ce dernier ou à un salaire inférieur au salaire indiqué , il risque fort de créer mécontentements et d'aggraver le climat social déjà en général tendu pendant les procédures de licenciement collectif.
si l'employeur se trompe dans la lecture des restrictions là encore il peut s'exposer à des dommages et intérets
les problèmes risquent d'être multiples et les contentieux en proportion.
en résumé cette nouvelle obligation faite à l'employeur ne résoud rien bien au contraire
si les propositions assorties d'un salaire local ont choqué c'est que la communication au sein des entreprises concernées était à mon sens défaillante et la procédure mise en place ne garantit pas une amélioration de cette communication lorsqu'elle est mauvaise.
( je n'exclue bien évidemment pas une instrumentalisation des affaires qui ont fait la une des médias par les syndicats et partis politiques.)
- le texte apporte une nouveauté l'obligation de faire une proposition de reclassement "assortie d'une rémunération équivalente"
mais que veut dire le terme équivalent ?
Equivalent ne veut pas dire identique les débats à la commission sociale sont clairs sur ce sujet :
voici quelques interventions des membres de la commission sociale dont celle du rapporteur
La référence au concept d’ordre public social français en matière de rémunération correspond au salaire minimum de croissance. Or les cadres et les salariés qualifiés perçoivent une rémunération supérieure et la garantie du SMIC ne leur suffirait pas. Je souhaite que seule l’obligation de proposer un reclassement sur un emploi équivalent assorti d’une rémunération équivalente soit inscrite dans le droit du travail.
M. le rapporteur. Le fait d’adresser une lettre recommandée aux salariés, puisqu’en pratique cela se passera ainsi, est une contrainte minime. Dans l’autre sens, l’amendement vise à instaurer une règle simple et claire qui évitera en conséquence le maximum de contentieux.
Une entreprise possédant des établissements en France, en Espagne, en Belgique, en Roumanie, en Inde ou encore au Brésil fera au salarié des propositions en fonction des conditions de rémunérations qu’elles pensent pouvoir légitimement offrir dans chacun de ces pays ; toutefois, comme le salarié aura indiqué à l’avance ses conditions de salaire, si l’entreprise ne peut pas offrir une rémunération égale ou supérieure à celle demandée, elle ne sera pas obligée de faire une proposition. En définitive, le salarié ne risquera plus de recevoir une proposition indécente et l’employeur ne sera plus dans une situation de doute.
J’ajoute, connaissant le peu de goût pour la mobilité de nos concitoyens, que cette disposition concernera peu de salariés.
Enfin, si nous n’adoptions pas cet amendement, nous laisserions dans le texte la référence au concept d’ordre public social français, juridiquement incertaine et source de contentieux.
La première partie de l’article unique de la proposition de loi précise que les offres de reclassement devront assurer aux salariés une rémunération équivalente à celle qu’ils percevaient dans leur précédent emploi. Cette mention était étrangement absente de l’article L. 1233-4, qui se contentait d’assurer aux salariés concernés un reclassement portant « sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu’il occupe, ou sur un emploi équivalent ».
Désormais, le juge pourra si ce texte est adopté, sanctionner les offres de reclassement assorties d’une rémunération non équivalente, et plus particulièrement celles qui sont humiliantes pour le salarié, ce qui permettra d’éviter les nombreuses dérives dont nous avons été témoins.
A la lecture de ces interventions le texte de loi n'impose nullement une rémunération identique à celle perçue par le salarié
elle n'impose nullement une rémunération minimale conforme à l'ordre public français c'est à dire au Smic
elle impose une rémunération équivalente c'est à dire une rémunération qui dans l'esprit des députés correspond à une rémunération que l'entreprise estime pouvoir donner pour le pays d'accueil
et d'ajouter que les salariés qui auront refusé de recevoir des propositions à l'étranger ne recevront pas de propositions indécentes!
pour ceux qui accepteront le principe d'un reclassement à un salaire au smic ou à leur salaire ne recevront aucune proposition si l'entreprise ne peut pas donner autre chose qu'un salaire inférieur.
le rapporteur a également précisé :
"Pour résumer ma présentation, je dirais que cette proposition de loi poursuit deux objectifs. Le premier relève de la morale : il s’agit de faire en sorte que jamais, plus jamais, un salarié ne puisse recevoir une proposition de reclassement indécente, voire traumatisante, au mépris même de sa dignité. (Applaudissements sur les bancs du groupe NC.)
Pour résumer l’ambition de cette proposition de loi du groupe Nouveau Centre, je dirai qu’elle vise deux objectifs.
Le premier est d’ordre moral. Il s’agit de remettre de la dignité dans des procédures où le mépris de la personne a pu s'installer. Plus jamais un salarié ne recevra une proposition de reclassement indécente voire traumatisant"
mince alors rien de nouveau sous le soleil des textes de loi
ce projet de loi , déposé en réaction à des affaires médiatisées, c'est une sorte de pommade qui a pour objectif de ménager la susceptibilité des salariés , ne pas les choquer et de rassurer l'entreprise !
bien plus encore la loi permettra d' éviter aux employeurs d'envoyer des propositions car ces propositions devant correspondre aux souhaits des salariés quel sera le salarié qui indiquera dans sa lettre qu'il accepte un poste assorti d'un salaire inférieur au smic ? ou un salaire correspondant en pouvoir d'achat au salaire local ,,,.
quelle belle innovation !
en résumé il appartiendra encore une fois aux tribunaux , si la loi n'est pas précisée par un décret , de définir ce qu'est une rémunératio équivalente
ce point sera particulièrement délicat dans les pays émergents ayant des salaires trés inférieurs à ceux que nous pratiquons en France.
voir compte rendu de la commission des affaires sociales et culturelles du 10.06.2009 clic ici
voir débats réunion assemblée nationale du 25.06.2009 clic ici

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