samedi, 17 mars 2012
La lettre ouverte des restos du coeur aux candidats..............
Il y a 27 ans .................
26 sept. 1985 : Coluche lance un appel à la solidarité sur Europe 1. Les Restos du Cœur sont nés.
"J’ai une petite idée comme ça… ". C’est ainsi que Coluche a lancé l’idée des Restos du Cœur.
Alors animateur de l’émission quotidienne Y’en aura pour tout le monde, il avait lancé le 26 septembre 1985, dans le studio désormais nommé "studio Coluche" : "si des fois il y a des marques qui m'entendent, s'il y a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu'on pourrait commencer à faire à Paris et puis qu'on étalerait dans les grandes villes de France, nous on est prêts à aider une entreprise comme ça, qui ferait un resto qui aurait comme ambition au départ de faire 2.000 ou 3.000 repas par jour gratuitement".
En décembre 1985, TF1 diffusait en direct une émission spéciale réunissant des artistes, des hommes politiques et des sportifs : les premiers Restos du Cœur voyaient le jour. Dès la première campagne de l’association, qui s’était achevée au printemps 1986, 5.000 bénévoles avaient distribué 8,5 millions de repas.
A la demande de Coluche, Jean-Jacques Goldman avait signé la Chanson des Restos, interprétée au départ par Yves Montant, Michel Drucker ou Nathalie Baye, puis reprise par des dizaines d’artistes.
Coluche : "une petite idée comme ça" par Europe1fr
En 2010-2011 60.000 bénévoles de l'association ont servi dans leurs 2.055 centres et antennes à 860.000 bénéficiaires (dont 30.000 bébés de moins de 12 mois) plus de 110 millions de repas.
Comme le note très justement Marc landré dans son blog " les dessous du social " Des chiffres qui grimpent d'année en année (Olivier Berthe, le président des restos du cœur, estime que les 900.000 bénéficiaires devraient être dépassés cette année et ancitipe que l'association va battre encore une fois un nouveau record) mais auxquels on s'est habitué. Comme la société s'est habitué à "vivre" avec un taux de pauvreté stabilisé aux alentours de 13,5% des ménages (si l'on prend la référence à 60% du niveau de vie médian), avec plus d'une centaine de milliers de SDF qui dorment chaque nuit dans les rues (et dont les politiques ne semblent se soucier qu'à l'arrivée des premiers froids avec les premiers décès qui font la Une des 20h)... Pour ne citer que ces chiffres-là."
Et pourtant, la France est la 5ème puissance économique mondiale avec ses 2.000 milliards de richesse nationale produite chaque année, ses onze entreprises multinationales classées parmi les cent plus grosses mondiales, ses dizaines de riches qui s'exilent chaque année en Suisse parce qu'ils payent trop d'impôts. Et "rien ne bouge".
Quelles sont les propositions de nos candidats aux élections présidentielles pour remédier de manière durable et satisfaisante à la situation des 8 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ? A ces millions de personnes qui sont de plus en plus en marge ....
Je suis indignée de voir à quel point nous nous sommes habitués au fait que l'État transfert de plus en plus sur le secteur associatif ses responsabilités .
j'applaudis des deux mains lorsque je lis la lettre ouverte envoyée par les restos du cœur aux candidats à la présidentielle .
"Aujourd’hui, les Restos du Cœur invitent chaque candidat à la présidentielle à s’arrêter un instant autour de problématiques vitales pour près de 3 millions de personnes en difficultés.
Alors que la crise est dévastatrice, et à quelques jours d’une échéance électorale majeure, l’association a choisi de témoigner, pour se faire l’écho des personnes que l’on écoute peu et qui viennent pourtant chaque année plus nombreux demander secours.
Depuis plus de 25 ans, le combat des 60 000 bénévoles des Restos pour maintenir l’aide aux plus démunis a, conformément à l’esprit fondateur de Coluche, rassemblé au-delà des clivages politiques.
Chaque candidat est donc destinataire de six fiches thématiques issues des constats de terrain. Parce que le message est plus convaincant quand il est illustré avec un peu de légèreté, le titre des Enfoirés « Encore un autre hiver » co-écrit par Grégoire et Jean-Jacques Goldman accompagne cette interpellation.
L’association invite donc, sans prétention, à s’interroger et à agir, chacun dans son rôle: l’Etat comme garant des droits fondamentaux, le monde associatif comme partenaire responsable du combat contre la misère.
Si les moyens leur sont favorisés, si l’indépendance et la créativité associatives sont préservées, les Restos pourront poursuivre leurs actions « permettant d’accompagner sans assister » et aider ainsi près d’un million de personnes à vivre dans la dignité. "
21:24 | Commentaires (3) | Envoyer cette note | CAMPAGNE 2012 analyses et commentaires, PAUVRETE | Lien permanent | Tags : coluche, pauvreté, élections, restos du coeur |
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mardi, 21 février 2012
Si les soldes viennent de se terminer , la braderie des chômeurs commence..
Suite des propositions de l'UMP en matière d'emploi.
"Développer les contrats d’insertion, afin d’inciter les bénéficiaires du RSA à reprendre une activité. Un contrat à temps très partiel pour rendre un service à la collectivité est un premier pas pour sortir la personne en difficulté de la spirale de l’isolement, pour l’aider à retourner vers l’activité. C’est aussi une manifestation concrète d’un équilibre entre droits et devoirs. La solidarité nationale ne peut pas s’appliquer pour celui qui refuse de travailler alors qu’il en a la capacité et peut gagner davantage. Nous diminuerons donc le RSA socle pour les personnes qui refuseraient un contrat d’insertion, alors qu’elles peuvent travailler"
Ces propositions sont le copier coller de plusieurs mesures préconisées par le rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) rendu en décembre 2011 .
En permettant le développement des contrats aidés et en diminuant le rsa , le programme de l'UMP va " forcer" économiquement " les personnes qui en bénéficient , à prendre des emplois d'insertion .... qui sont en fait , des emplois précaires, sous payés et qui ne débouchent sur aucune insertion durable dans le monde du travail .
Un examen rapide de la réalité de terrain est suffisant pour nous en convaincre.
Aujourd'hui , le contrat unique d'insertion (CUI) est un contrat de travail associant formation et aide financière pour provoquer l'embauche de personnes dont les candidatures pour occuper un emploi sont habituellement rejetées.
Le CUI-CIE concerne des emplois dans le secteur privé industriel et commercial.
Le CUI-CAE concerne des emplois dans le secteur public ou associatif ( le CUI est un contrat de travail de droit privé).
Il est conclu pour une durée déterminée ou pour une durée indéterminée. Lorsque le contrat est à durée déterminée sa durée minimale est de 6 mois et sa durée maximale, renouvellements et prolongements inclus, est de 2 ans.
Pour réussir son intégration dans l'emploi, le bénéficiaire d'un CUI conserve le soutien de la personne qui assurait antérieurement le suivi personnalisé de son parcours d'insertion professionnelle, est assisté et conseillé par un salarié expérimenté de l'entreprise (ou par l'entrepreneur lui-même, en cas de très petite entreprise) appelé "tuteur". Le bénéficiaire du CUI doit pouvoir avoir accès aux formations utiles pour développer ses compétences professionnelles. ( information sur le CUI )
Ce que je viens de décrire c'est " la belle histoire" un conte pour bisounours ...
Dans les faits, les contrats aidés n'aident que les employeurs qui s'en servent pour pourvoir des postes pérennes ...
Un merveilleux effet d'aubaine dont les laissés pour compte sont les salariés qui ne bénéficient d'aucune formation, d'aucun soutien et ensuite se retrouvent à nouveau au chômage........
Dans les Hauts-de-Seine par exemple , Pôle emploi centralise au sein d’un seul service le traitement du courrier de toutes les agences du département.
La quasi-totalité des personnes recrutées sont en contrat unique d’insertion-contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE), embauchées pour une durée de six mois.
Les salariés interrogés, qui ont tous plus de 40 ans, décrivent le même sentiment d’abandon. Une salariée qui a vu son contrat se terminer en décembre indique « Je n’ai pas eu de référent, pas de formation qui m’aide à trouver un travail derrière. Je me retrouve à nouveau au chômage. »
Une salariée, qui cherche un emploi de secrétaire, explique : « Les entreprises ont besoin de personnes qui connaissent bien le logiciel Excel. J’ai demandé une journée de formation. Mais on me l’a refusée. » Elle et plusieurs de ses collègues ont en revanche suivi trois jours de formation à la rédaction de CV et de lettres de motivation. « Ce n’est pas utile ! J’ai déjà rédigé mon CV et ma lettre avec un conseiller », souffle-t-elle.
Les syndicats dénoncent « une entorse au droit du travail sciemment organisée par la direction régionale de Pôle emploi Île-de-France ». source la Croix
Le site actu chômage dénonce ( avec des exemples précis à l'appui) les effets d'aubaine de ces contrats qui remplacent en fait des emplois pérennes.... ( pour aller plus loin)
17:55 | Commentaires (0) | Envoyer cette note | CAMPAGNE 2012 analyses et commentaires | Lien permanent |
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mercredi, 15 février 2012
Paranoïa anti chômeurs (mesures UMP campagne électorale 2012 )
Nicolas Sarkozy vient d'annoncer sa candidature aux élections présidentielles et les grands axes de son programme.
Notre Candidat président ou président candidat souhaite réveiller la France ..... et particulièrement les chômeurs et autres "inactifs " qui " roupillent tranquillement " dans la ouate de leurs maigres allocations...
Voici le traitement spécial qu'il réserve notamment aux chômeurs et allocataires du RSA et des minima sociaux .
Des mesures inefficaces , inadaptées , qui vont plonger une grande partie des français dans une spirale de fragilisation...
Ce n'est plus , à mon sens , un programme cohérent mais de la paranoïa .....
Voici les mesures contenues dans le programme de l 'UMP :
- Rendre les allocations chômage dégressives dans le temps, dès lors que le taux de chômage commencera à diminuer, pour encourager le retour à l’emploi.
- Développer les contrats d’insertion,afin d’inciter les bénéficiaires du RSA à reprendre une activité. Un contrat à temps très partiel pour rendre un service à la collectivité est un premier pas pour sortir la personne en difficulté de la spirale de l’isolement, pour l’aider à retourner vers l’activité. C’est aussi une manifestation concrète d’un équilibre entre droits et devoirs. La solidarité nationale ne peut pas s’appliquer pour celui qui refuse de travailler alors qu’il en a la capacité et peut gagner davantage. Nous diminuerons donc le RSA socle pour les personnes qui refuseraient un contrat d’insertion, alors qu’elles peuvent travailler.
- Lutter plus efficacement contre la fraude par la création d'une carte sociale sécurisée. Sur le modèle de la carte Vitale, chaque citoyen sera titulaire d’une carte sociale biométrique et d’un numéro unique d’enregistrement. Cette carte regroupera les informations ouvrant des droits (état civil, situation familiale et professionnelle, etc.). Elle permettra à son titulaire de percevoir des prestations et de les faire évoluer en cas de changement de situation. Elle limitera la fraude en supprimant les possibilités de versement de pensions incompatibles et en facilitant les contrôles et les rapprochements de données avec l’administration fiscale et Pôle emploi.
- Créer un fichier national des fraudeurs sociaux et fiscaux, pour lutter contre la récidive et aggraver progressivement les sanctions.
Créer un « FBI »de la lutte contre les fraudes, corps d’inspecteursdes contrôleurs qui aurait compétencesur toutes les fraudes sociales et fiscales
Mon analyse :
Le régime d'assurance chômage a été mis en place le 31 décembre 1958 pour les salariés de l'industrie et du commerce, sous l'impulsion du Général De Gaulle, par les partenaires sociaux avec la signature par le patronat (CNPF) et les syndicats (FO, CFTC et CGC) de la Convention nationale interprofessionnelle.
Les signataires considèraient que le régime d'indemnisation devaient également favoriser la reprise rapide d'un emploi .
Dans les années 80 on assiste à une baisse des indemnisations et une proportionnalité entre durée de cotisation et indemnisation . Le RMI est créé en 1988 par le gouvernement de Michel Rocard.
Une nouvelle crise financière de l'Unedic aboutit en 1992 à un allongement de la durée de cotisation et à la dégressivité des allocations ainsi qu'un contrôle renforcé de la recherche d'emploi .
Cette dégressivité sera abandonnée en 2001 .
La nouvelle convention de 2006 durcit de nouveau les conditions d'accès au régime d'indemnisation, tout en instaurant le principe du guichet unique et le suivi mensuel des chômeurs.
Depuis le 28 décembre 2008, Assedic et ANPE ont fusionné pour donner naissance à une nouvelle entité nommée "Pôle-emploi"
La dégressivité des allocations a t-elle un impact sur le retour à l'emploi ?
Cette question a fait l'objet de plusieurs études .
Si les résultats mettent en évidence, qu'il existe une influence du profil de l'indemnisation du chômage sur le taux de sortie vers l'emploi , la conjoncture économique jour fortement sur ce retour à l'emploi..
En effet on note un accroissement du taux de reprise d'emploi à l'approche de la chute d'indemnisation. Cette remontée du taux de reprise d'emploi est d'autant plus marquée que l'individu percevait un salaire élevé avant son entrée en chômage.
On note également que le nombre de créations nettes d'emplois a un effet positif et significatif : le taux de retour à l'emploi augmente avec le nombre de créations nettes d'emploi.
Si l'on se réfère à l'étude annuelle qui fait référence en la matière : l'enquête "Besoin en main d'œuvre" (BMO), réalisée par Pôle Emploi et le Credoc auprès de 1,6 million d'entreprises, les principaux métiers recherchés (hors saisonniers) concernent les "agents d'entretien de locaux", " les employés polyvalents de cuisine" dans la restauration, les " aides à domicile et aides ménagères".
En 2011, l'enquête recensait 1.542.400 projets de recrutement, dont 13% dans l'hotellerie-restauration qui reste le premier recruteur national. Des données à comparer aux 2.874.500 demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A à la fin décembre 2011.
On voit donc bien que l'offre d'emploi est loin d'égaler la demande et que les secteurs les plus porteurs le sont surtout en emplois peu qualifiés qui ne pourront satisfaire la part importante des demandeurs d'emploi qualifiés et/ou âgés.
Mettre en place la dégressivité des allocations obligera donc les salariés les plus qualifiés à accepter des emplois sans rapport avec leur passé professionnel et au rabais.
La plupart des Français des classes moyennes étant endettés notamment par l'achat de leur logement , c'est les précipiter dans la précarisation d'autant que les banques se protègent et refusent tous les dossiers dits fragiles ......
Ces emplois étant également précaires je vous laisse deviner la suite des évènements pour ces personnes.......'
La dégressivité des allocations de chômage nie le fait que le chômage est la conséquence d'une situation générée notamment, par la mondialisation et les délocalisations vers des pays low cost .
C'est renverser en quelque sorte la responsabilité du chômage en la mettant sur celle des chômeurs alors qu'elle est le résultat d'une situation économique et financière généralisée.
Une ineptie de plus qui malheureusement devient notre pain quotidien.....
J'ai tellement la nausée que je continuerai mon analyse du programme " anti social " de l'UMP dans un prochain billet.
17:54 | Commentaires (4) | Envoyer cette note | CAMPAGNE 2012 analyses et commentaires | Lien permanent | Tags : chomage, programme, présitentielles, sarkozy, ump |
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