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pauvreté - Page 2

  • L'Envers de la fraude sociale

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     Au cours des dernières années, le discours sur la "fraude sociale", prétextant "sauver la protection sociale des assistés et des tricheurs", a répandu l’idée que les droits économiques et sociaux se méritent et a inoculé une suspicion à l’encontre de leurs bénéficiaires légitimes.

    En martelant l’idée que le système est « fraudogène », il a prétendu que les droits ne sont pas une obligation et que les prélèvements les finançant ne sont pas un devoir, à l’inverse des principes qui fondent le modèle social français.

    Or, pour être juste et acceptable, la lutte contre la fraude doit éviter l’amalgame et la division, et participer à une politique générale d’accès aux droits sociaux. Car, si la fraude à l’ensemble des prestations sociales est estimée à 4 milliards d’euros par an, son envers, à savoir le « non-recours » à ces aides de la part des très nombreuses personnes qui y ont droit, est bien supérieur.

    Ainsi, chaque année, 5,7 milliards d’euros de Revenu de solidarité active, 700 millions d’euros de Couverture maladie universelle complémentaire, 378 millions d’euros d’Aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, etc., ne sont pas versés à leurs destinataires.pauvreté,odenore,exclusion

    C’est ce que démontre  * L’Envers de la "fraude sociale" , un livre écrit par les chercheurs de l'Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), rattaché au CNRS   et  publié en Novembre aux éditions  La Découverte.

     Défaut d'information,  complexités administratives  ou tout simplement la honte peuvent décourager les demandeurs.


    "Les dispositifs ne sont peut-être pas adaptés aux besoins", avance aussi Héléna Revil, doctorante en sciences politiques, citant le cas de l'aide à la complémentaire santé, dont le taux de non-recours atteint 75%. "En fait, ce dispositif aide à payer une complémentaire santé, mais le reste à charge est encore beaucoup trop élevé pour les bénéficiaires", estime Mme Revil.

    Pour les auteurs de l'ouvrage, l'ampleur du non-recours ne signifie pas forcément que les dispositifs sont mauvais, mais pose la question de leur mise en oeuvre, souvent "trop complexe".

    "Il faut faire des choix publics majeurs: s'agit-il de recentrer les aides, les simplifier?", interroge Philippe Warin, directeur de recherche au CNRS et cofondateur de l'Odenore. "Cela pose aussi la question de l'automaticité des aides", ajoute-t-il.

    Autre difficulté, les allocataires des prestations sont régulièrement confrontés à des changements de situation, qui peuvent conduire à des ruptures dans leurs droits.

    "Il faut des allocations plus stables, plus prévisibles", qui ne risquent pas d'être coupées à tout moment, plaide Bruno Tardieu, délégué national du mouvement ATD Quart Monde France.

    Il cite le cas du RSA, dont le versement dépend d'une déclaration de ressources tous les trois mois.

    "Au lieu de le suspendre dès qu'il manque un papier, il faut le maintenir, les bénéficiaires doivent sentir qu'on leur fait confiance, pas qu'on les prend pour des fraudeurs", estime M. Tardieu.


    Les sommes non réclamées ou non versées amputent d'autant le pouvoir d'achat des bénéficiaires, de même que le renoncement aux soins pèse in fine sur le système de santé.

    "Derrière ce phénomène, il y a un enjeu économique fort qui mérite d'être souligné", juge Philippe Warin.


    Pour le collectif d’auteurs , le nouveau gouvernement doit s’occuper prioritairement du phénomène du non-recours, car ce qui n’est pas dépensé n’est en rien une économie. Cela signifie au contraire l’appauvrissement de bon nombre de ménages et la destruction de recettes pour la collectivité.

    Cette question sera à l'ordre du jour de la conférence sur la pauvreté et l'exclusion des 10 et 11 décembre

    Pour aller plus loin : Odenore 

    La pauvreté :  les indicateurs 

    pauvreté,odenore,exclusion 

  • Nous marchons sur la tête !

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    La multiplication des cas d'immolations en France, en Grèce ou au Tibet montre que le recours à ce geste d'une extrême violence dépasse les cultures et les religions. Même si les significations peuvent diverger.

     «La particularité fondamentale de l'immolation est de porter sa propre mort sur la scène publique, d'exposer au monde son désespoir, explique au Figaro Smaïn Laacher, sociologue au Centre d'études des mouvements sociaux du CNRS

     Un Tibétain en exil à New Delhi en Inde s'immole le 26 mars 2012 lors d'une manifestation. Crédits photo : STRDEL/AFP8cb9fcd4-e22c-11e1-bd4a-64cda5a82e72-493x328.jpg

    Le 8 août,   dans les locaux de la CAF de Mantes-la-Jolie ,un homme de 51 ans s'est aspergé de liquide inflammable avant d'y mettre le feu lors d'un entretien avec un conseiller.

    Nous apprenons aujourd'hui , que cet homme , souffrant de sérieuses brûlures,  a succombé à ses blessures , dimanche à l'hôpital Saint-Louis, à Paris.

    Un fait divers qui   soulève la question de la détresse psychologique des précaires et des demandeurs d'emploi en fin de droit.

    Un fait divers , comme l'indique très justement Alain Marcu, de l'association AC! (Agir contre le chômage et la précarité) qui reste " un drame emblématique d'une réalité sociale occultée, de la désespérance et du parcours du combattant de personnes invisibles, isolées, inorganisées, qui ont honte, et dont la situation matérielle ne peut faire qu'empirer"

     Un fait divers  qui démontre , comme le  souligne  Virginie Gorson-Tanguy, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). "que le chômage est une souffrance."

    Un fait divers  qui prouve  selon Philippe Sabater, représentant du syndicat majoritaire chez Pôle emploi, le SNU-FSU,"  qu'une erreur administrative peut être vitale" et que "Les réponses stéréotypées, la déshumanisation du service public, engendrent une désespérance des usagers et des salariés alors que la situation est en train d'exploser".

     En surfant sur le net  je viens  d'apprendre que :

    • Six salariés  de la CAF , traumatisés, sont encore en arrêt de travail
    • Les rendez-vous liés à l'instruction de dossiers du RSA ont été temporairement reportés pour alléger le travail du personnel de la CAF.
    • En matière de sécurité, un vigile supplémentaire est présent à l'entrée du personnel et des policiers effectuent des rondes à l'extérieur.

    Bref tout un branle- bas de combat qui va retarder le traitement des dossiers  et mettre en situation de détresse un certain nombre d'allocataires ! 

    Force est de constater  que les  pauvres en détresse n'intéressent personne ..... si ce n'est pour   permettre aux uns et aux autres de s'en servir pour justifier , notamment,  des revendications d'amélioration des conditions de travail .

    Si ces revendications sont légitimes, elles ne doivent pas pour autant occulter un drame qui pourrait arriver à chacun d'entre nous !  

     pour aller plus loin

     

  • Pourquoi pas un spray anti suicide pour les pauvres, les précaires et les chômeurs qui se suicident ?

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    Trois petits tours et puis s'en vont !

    Le silence est retombé sur ce fait divers qui est en partie le reflet « de la situation de crise avec les menaces sur l’emploi, la pauvreté, le sur endettement et un nombre croissant de personnes ayant du mal à faire face aux réalités de la vie ».

    Pour le Pr Debout, chef du service de médecine, la vague de suicides observée sur les voies de chemin de fer pendant le week-end de Pentecôte en France reflète la dureté de la crise économique et traduit « quelque chose de l’ordre d’une protestation, pas forcément consciente, une sorte de prise à témoin de la société ».

     « J’ai annoncé que la crise aurait provoqué 750 morts de plus par suicide par an… mais c’est une estimation depuis le début de la crise en 2008 qu’on ne peut vérifier faute d’un outil véritable de compréhension du suicide » explique le médecin légiste, qui milite depuis 1993 pour la mise en place d’un « observatoire du suicide ».

    L'immolation par le feu d'un allocataire du RSA,   soulève  la question de la détresse psychologique des précaires et des demandeurs d'emploi en fin de droits.suicide,pauvreté,caf,chômage

    Le 8 août, en  entretien avec un conseiller de la Caisse d'allocations familiales (Caf) de Mantes-la-Jolie (Yvelines), un chômeur de 51 ans s'est aspergé de liquide inflammable avant d'y mettre le feu.

    Décédé depuis , cet homme, dont le RSA avait été suspendu et à qui l'on réclamait pour la quatrième fois des pièces justificatives, vivait dans une caravane après une séparation. 

     Ce n'est pas un cas isolé. ( un homme endetté s'est suicidé d'une balle dans la tête devant un centre des  impôts de la région Parisienne)

    Que doit on comprendre  au-delà du simple fait divers ? 

    Nous pouvons lire dans actu chômage ( article recommandé) :

    Vers 10 heures du matin, un homme s’est présenté spontanément au guichet de la Caisse d’allocations familiales de Mantes-la-Jolie. Selon Sébastien Rochat d’Arrêt sur images, le  RSA de cette personne était suspendu depuis le mois de mai car elle n’avait pas fourni les justificatifs de ressources demandés : sa date de cessation d’activité et les fiches de paie correspondant à son activité des mois précédents. 

    Reçu dans un box, il est resté calme face aux explications de la conseillère, a sorti une bouteille d’eau contenant du white spirit dont il s’est aspergé puis un briquet avant de se métamorphoser en torche vive. Le personnel et des «usagers» sont intervenus pour éteindre les flammes. Il a ensuite été transporté au service des grands brûlés de l’Hôpital Saint-Louis.  

    • Un  allocataire lambda  

    Selon  Philippe Castanet, directeur de cabinet du sous-préfet de Mantes,   cet homme qui était agé de 51 ans , infirmier au chômage, inscrit au RSA depuis juin 2010,  alternait quelques missions d’intérim en tant qu’infirmier ou brancardier avec des périodes d’inactivité. Séparé de sa femme, père de deux enfants, il était domicilié chez sa sœur à Mantes-la-Ville, mais vivait depuis plusieurs mois dans une caravane sur un camping de Moisson, une commune voisine de Mantes-la-Jolie. 

     L’homme était peu connu des services sociaux auprès desquels il ne s’était manifesté qu’en mai dernier pour son RSA, et pas davantage de la CAF de Mantes-la-Jolie où il n’avait pas été reçu depuis 18 mois. Un homme discret, isolé, en grande précarité, qui s’efforçait de survivre à coup de missions d’intérim et à qui la CAF venait de suspendre le RSA. 

    Selon la préfecture des Yvelines "Ce rendez-vous était un échange très classique et très paisible, rien ne laissait supposer qu'on pouvait en arriver là" qui a estimé que cet "allocataire lambda" devait connaître "de multiples difficultés personnelles inconnues".

    Le 8 août, le cabinet de Marisol Touraine, a fait un communiqué dans lequel la ministre des Affaires sociales exprimait «sa profonde émotion face à cet acte désespéré d'une personne que les difficultés de la vie ont manifestement conduit à un geste tragique».

    • Un allocataire , que «des difficultés personnelles inconnues» ont poussé à commettre «ce geste désespéré».

    Pour le directeur de cabinet du sous-préfet de Mantes, il est  inconcevable que les seules difficultés administratives et financières de cet allocataire soient à l’origine de l’immolation, un «acte de colère grave. Il devait y avoir quelque chose derrière».

    Selon le directeur  de cabinet  «c’est un cas courant, les gens à qui on suspend leur allocation puis auxquels on reprend le versement, dès lors qu’ils ont fourni les pièces demandées. Il y a des milliers de gens à qui ça arrive». 

    • Une  communication officielle  qui nie la souffrance des précaires perdus dans le dédale des procédures de plus en plus lourdes 

    Une communication  officielle  imprécise, voire contradictoire, impossibilité de joindre le directeur de cabinet de Marie-Arlette Carlotti, le Vice-Président du Conseil général des Yvelines chargé de l’exclusion ou la Directrice de la CAF des Yvelines ou Martin Hirsh, créateur du RSA… 

     Une communication officielle  qui  minimise  cet acte  en l'interprétant comme un cas isolé qui cache certainement d'autres difficultés personnelles.

     Une communication officielle  qui refuse  d'admettre les  procédures déshumanisées  mises en place  par des services  qui devraient  créer  du lien social . 

     Une communication officielle  qui refuse  d'admettre les  difficultés de communication entre agents et usagers.

     Virginie Gorson-Tanguy, chargée de la communication de l' association de chômeurs, se dit révoltée par l’asymétrie en matière de communication : «Il y a d’un côté les pauvres salariés en souffrance de la CAF auprès de qui on intervient et de l’autre un type un peu taré. Les allocataires qui étaient à la CAF ce jour-là, ils n’ont pas été traumatisés, eux ? On parle beaucoup de la souffrance au travail, mais pas de celle des chômeurs. Il existe une médecine du travail pour les salariés, mais rien pour ceux qui sont sans emploi».

    Pour Virginie Gorson-Tanguy, le dispositif-même du RSA entraîne  une gestion administrative lourde et kafkaïenne. «Le RSA a été introduit alors qu’on renforçait cette notion très contestable et culpabilisante des droits et devoirs. Quant au RSA activité, c’est une véritable usine à gaz. Tu déclares un boulot, on te réclame une pièce, tu la renvoies trois fois, ta situation change entretemps et tu n’as plus de travail, ce qui entraîne un décalage dans le temps dans le versement des prestations, puisqu’ils ont pris en compte ta situation du trimestre précédent. A vivre en tant qu’allocataire, c’est l’horreur». 

    Il est plus simple administrativement, souligne la jeune femme, de percevoir le RSA-socle qui a remplacé l’ancien RMI (475 € pour une personne seule sans allocations logement, 418 € avec). Un paradoxe puisque le RSA activité, qui complète les revenus liés à un travail, est censé faciliter le retour à l’emploi alors que le RMI était critiqué sur ce point. Seuls les associations de chômeurs avaient dénoncé en 2008, lors de la mise en place du RSA, un «dispositif ingérable, mélange des genres entre chômage et activité, entre CAF et Pôle Emploi, qui est tout sauf un progrès», pour reprendre le mot de Robert Crémieux, ex-Président du MNCP. L’une des conséquences de cette complexité administrative, c’est le non-recours au RSA : plus du tiers des bénéficiaires potentiels ne le demanderaient pas, soit une économie de 5,2 milliards d’euros pour les pouvoirs publics.


      Pour les syndicats, la complexité à gérer le RSA est renforcée par la réduction des effectifs aggravée par le gouvernement précédent. La situation de la CAF des Yvelines, dont l’ensemble des sites sont fermés tous les après-midi depuis deux ans afin de permettre un «rattrapage» dans le traitement des dossiers, en témoigne. 

     
     Comme l'indique très justement  Alain Marcu, de l'association AC! (Agir contre le chômage et la précarité) ce fait divers reste " un drame emblématique d'une réalité sociale occultée, de la désespérance et du parcours du combattant de personnes invisibles, isolées, inorganisées, qui ont honte, et dont la situation matérielle ne peut faire qu'empirer"

    Ce militant raconte avoir croisé "beaucoup de gens venus demander assistance avant de disparaître" et évoque le cas d'un de ses collègues militants, qui a choisi de se pendre.

    "Mais la désespérance est des deux côtés du comptoir" des administrations où échouent ces naufragés de la crise, que ce soit la Caf ou Pôle emploi, insiste-t-il: "la rationalisation des services publics est vécue comme une brimade supplémentaire".

    "Avec cette immolation, on est au coeur du problème: il faut considérer que le chômage est une souffrance, et qu'une erreur administrative peut être vitale", souligne Virginie Gorson-Tanguy, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP).

    "Les réponses stéréotypées, la déshumanisation du service public, engendrent une désespérance des usagers et des salariés alors que la situation est en train d'exploser", abonde Philippe Sabater, représentant du syndicat majoritaire chez Pôle emploi, le SNU-FSU.

    "Si on est dans une relation mécanique, il peut arriver le pire", raconte cet ex-conseiller, qui a vu des demandeurs d'emploi "effondrés, dans une situation de deuil" et souligne que ses collègues ne sont pas tous armés pour réagir, même si Pôle emploi leur propose de courtes formations.

    "Heureusement, il y a des contournements des obligations administratives, les demandes de pièces àoriginal.jpg répétition notamment. Sinon, le système aurait déjà implosé depuis longtemps", ajoute-t-il.

      Aucun media  n'a cité le nom de cet homme , ni retracé son parcours personnel... juste  un désespéré... presque un cas isolé , une anomalie voir  une incongruité  en des temps de congés et de jeux olympiques .

    Le peuple a faim donnons lui de la brioche... ou un spray anti suicide : la dernière "trouvaille" des chercheurs américains.

     

  • La lutte contre la grande pauvreté attendra .......... rigueur oblige

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     Le dispositif hivernal permet chaque année de mobiliser, du 1er novembre au 31 mars, jusqu'à 19.000 places supplémentaires d'hébergement d'urgence pour les SDF, en plus des 118.000 places ouvertes toute l'année.

    Le dispositif hivernal , maintenu par le gouvernement jusqu'au 1er juillet a pris fin

    On meurt dans la rue en toutes saisons !

    Malgré ce constat et les demandes de  la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale  , seuls trois centres d'hébergement resteront ouverts tout l'été en région parisienne.

    Ces centres sont situés rue des Ecluses dans le 10e (Emmaüs), rue de la Mouzaïa dans le 19e (Armée du Salut) et à Jean Rostand Ivry-sur-Seine (Samu social). Pour ce dernier centre (dédié aux femmes sans abri) qui est utilisé par le 115 de Paris, une relocalisation avec maintien des financements sera assurée par l’Etat.

    Au total, 170 places restent donc ouvertes pour accueillir les personnes sans solution d'hébergement:

    - Le centre de la rue des Ecluses Saint- Martin (10e) est géré par Emmaüs et peut accueillir 69 personnes (dont 19 femmes).
    - Le centre d'hébergement rue de la Mouzaïa est géré par l'Armée du Salut et peut accueillir 50 hommes.
     - Le centre Jean Rostand (Ivry), géré par le Samu Social, peut accueillir 52 femmes.

    Selon le  directeur général de la Fnars : « Cécile Duflot n’a pas obtenu les financements nécessaires au maintien des places . On était visiblement dans une séquence où aucun ministère n’a obtenu ce qu’il souhaitait. » « Les temps vont être durs pour des raisons budgétaires et sociales, confirme-t-on au cabinet de Cécile Duflot. On va clairement vers une situation d'exclusion. Nous souhaitons travailler avec tous ces paramètres pour desserrer l'étau. »

    La ministre du logement a confié une mission à la délégation interministérielle pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans-abri ou mal-logées (DIHAL) et promis aux associations un plan quinquennal pour répondre aux besoins tout au long de l'année.

    Dans un courrier adressé le 5 juillet au préfet Alain Régnier, qui dirige la DIHAL, Cécile Duflot donne un mois à ce dernier pour lui faire des propositions sur les modalités d’organisation d’une concertation avec le secteur associatif, les bailleurs sociaux et les collectivités. La ministre y souligne également la nécessité de mettre l'accent sur l'Ile-de-France, où la situation est particulièrement tendue, en élaborant des mesures prioritaires qui permettront en outre de renforcer les services intégrés d’accueil et d’orientation (SIAO) et de proposer « des réponses spécifiques pour les jeunes les plus fragiles ».

     

    © Reuters 
     
    Les associations sont inquiêtes .

    « On craint de se retrouver, comme avant, avec un ministère qui n’a pas de poids », indique Matthieu Angotti de la Fnars. Nous ne voulons pas entrer dans une logique conflictuelle, mais nous ne pouvons que constater que la situation est paradoxale : il y a d’un côté un discours sur la lutte contre la grande exclusion, réaffirmé par (le premier ministre) Jean-Marc Ayrault lors de son discours de politique générale ; de l’autre, une rigueur budgétaire qui freine tout. » « C’est une première alerte pour nous, estime de son côté Christophe Robert. Il y a clairement une différence entre les discours et les faits. Nous serons très vigilants là-dessus. »

    Les représentants associatifs ont  alerté la ministre sur le risque encouru dès cet été : « On lui a dit que ça allait être compliqué, conclut M. Angotti. On ne peut pas exclure une mobilisation comme celle de l’année dernière. » En août 2011, deux semaines après la démission du président et fondateur du Samu social, Xavier Emmanuelli, des professionnels de l'urgence sociale s'étaient mis en grève pour dénoncer les restrictions budgétaires décidées par l'État et la méthode du gouvernement Fillon pour réformer le secteur.

     

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