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emploi - Page 2

  • La compétitivité une antiquité à mettre au clou !

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    vieille femme grotesque, Quentin Metsys.jpgPlusieurs économistes  ( Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Norbert Holcblat, Michel Husson, Pierre Khalfa, Jacques Rigaudiat et Stéphanie Treillet) de la fondation Copernic, critiquent  dans une étude de 27 pages,  les principaux points du rapport de Louis Gallois sur la compétitivité .

    Ils  dénoncent notamment le "triple ralliement" du pacte du gouvernement "aux dogmes libéraux : à celui des salaires et des cotisations sociales comme cause de la désindustrialisation et du chômage, à celui de la nécessité de la baisse des dépenses publiques et à celui de la TVA antisociale".

    Selon  Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Norbert Holcblat, Michel Husson, Pierre Khalfa, Jacques Rigaudiat et Stéphanie Treillet "Un tel pacte faustien, par lequel la gauche vend sa raison d'être, ne donne hélas rien en échange".

    Ils contestent l'argument patronal selon lequel le niveau historiquement bas du taux de marge des entreprises empêcherait celles-ci d'investir dans l'innovation .

    Ils  indiquent  que  les entreprises ont choisi de continuer à augmenter les dividendes plutôt que d'investir dans l'innovation.

    Ils font observer que les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises sont asservies à la logique financière des grandes groupes, contrairement à leurs homologues allemandes ou italiennes, et que les exportations françaises sont plus sensibles que les exportations allemandes au taux de change de l'euro.

    Pour ces économiqtes

     " L'alourdissement du "coût du travail" n'est pas la cause des pertes de parts de marché françaises. Depuis dix ans, les coûts salariaux unitaires français (salaire par unité produite) ont évolué comme la moyenne européenne. 

    Plutôt que de se focaliser sur le coût du travail, mieux vaut s'intéresser à celui du capital. "En l'espace de douze ans, la part des revenus distribués par les sociétés non financières a pratiquement doublé par rapport à leur excédent brut d'exploitation (EBE), et presque doublé par rapport à leur valeur ajoutée brute (VAB), déjouant donc la coupure avant/après la crise, au point d'absorber plus des 4/5 de leur EBE"

    "Crise ou pas crise, la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité."

    Extrait de la synthèse du rapport  ' site Fondation Copernic " :

      Le coût du travail, bouc émissaire

    Le débat public se concentre sur le coût du travail sur la base de données souvent discutables. En effet, les données de référence d’Eurostat posent problème tant sur la comptabilisation des heures de travail qui sous-estime la durée du travail en France, que sur le calcul de la masse salariale qui surestime le poids, en France, de la formation professionnelle dans le coût du travail. De plus, ce débat est en général biaisé. D’une part, il ne prend que rarement en compte la productivité du travail, c’est-à-dire le coût salarial unitaire. Or, les écarts de productivité entre pays sont plus grands que les écarts de coût horaire. D’autre part, il mêle allégrement coût du travail dans l’industrie et dans les services marchands. Or, la productivité augmente plus faiblement dans les services que dans l’industrie.

    Le coût salarial unitaire baisse en moyenne dans la zone euro sauf pour le Royaume-Uni, le Danemark, l’Italie, l’Espagne et la Grèce. En France, il baisse de 0,5 % par an de 1996à 2008, en Allemagne de 0,7 %. Globalement,on constate une tendance à la convergence des coûts salariaux unitaires dans la zone euro, avec une baisse dans l’industrie et une hausse dans les services. Ces constats, combinés au caractère biaisé de certaines données statistiques, démentent l’affirmation selon laquelle il y a eu en France une dérive du coût du travail qui plomberait la compétitivité des entreprises.

    Le coût du capital passé sous silence

    Mais surtout, on met toujours en avant le coût du travail alors que le coût du capital n’est quasiment jamais évoqué. Pourtant, les revenus nets distribués représentent aujourd’hui 9 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières, niveau historique record depuis la Seconde Guerre mondiale, contre 5,6% en 1999. La part dévolue aux actionnaires a donc crû dans des proportions considérables ces douze dernières années. Autrement dit, la complainte patronale faisant de la baisse du taux de marge la raison profonde des faibles investissements et du moindre effort en matière de recherche et développement, passe sous silence le fait que, crise ou pas crise, la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité.

    Dans cette situation, l’exigence patronale d’un transfert massif des cotisations sociales vers les ménages (en grande majorité salariés) apparaît pour ce qu’elle est : le refus de toucher aux dividendes versés aux actionnaires. Cette demande est d’autant moins fondée que le bilan des exonérations actuelles de cotisations sociales est pour le moins problématique. Voici ce qu’en dit la cour des comptes en 2009 : « La cour avait relevé que les nombreux dispositifs d’allègement des charges sociales étaient insuffisamment évalués en dépit de la charge financière croissante qu’ils représentaient pour les finances publiques (27,8 milliards d’euros en 2007, soit 1,5 % du PIB). S’agissant des allègements généraux sur les bas salaires, leur efficacité sur l’emploi était trop incertaine pour ne pas amener à reconsidérer leur ampleur, voire leur pérennité. »

    Attac et la Fondation Copernic préconisent d'abandonner la logique même de la compétitivité, cette "voie sans issue, économiquement absurde et socialement destructrice",  et proposent un autre modèle de développement qui rompt avec le consumérisme.

    Pour aller plus loin 

    12-10-30-hollande.jpg

    Je remercie Placide auquel j'ai emprunté ce croquis 

     

  • les Français ne sont pas des veaux mais des brebis qu'on peut tondre à volonté......

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     Travailler plus sans gagner plus : un compromis acceptable pour 53% des salariés 

    En pleine négociation paritaire sur la sécurisation de l'emploi,  un sondage OpinionWay sur la valeur travail, révèle que plus de la moitié des salariés serait près à travailler plus, si la pérennité de l'emploi et de leur entreprise en dépendait.
    De plus, le passage aux 39 heures "pendant un an sans augmentation de salaire" apparaît comme acceptable en cette période de difficultés économiques, si l'entreprise "faisait face à des grandes difficultés".

    Après les années "travailler plus, pour gagner plus" dans la perspective d'améliorer son pouvoir d'achat, nombre de salariés pourraient désormais connaître le "travailler plus, sans gagner plus" pour sauver leur emploi.

    Ainsi, 53% des salariés consentiraient à signer un accord compétitivité-emploi si jamais leur emploi ou celui de l'un de leurs collègues en dépendait, sachant que les plus de 50 ans sont à 60% favorables à ce principe, tout comme les hommes (55%), les cadres (59%) et les salariés du privé (53%).
    En revanche, les moins de 35 ans ne souhaitent pas travailler plus sans gagner plus (à 52%), tout comme la majorité des femmes (55%), des ouvriers (53%) et des fonctionnaires (54%). Cela s'explique principalement par leur faible niveau de rémunération.

    Dans quelques mois il est fort à parier que les salariés accepteront de travailler pour zero rien que pour garder leur emploi  et l'espoir de retoucher un salaire en des temps meilleurs !!!!!

       Le sondage

     

     Photo de René Maltête (1930-2000), photographe français

    sondage,emploi,opinionway.

  • La crise: un prétexte pour détruire notre modèle social ! le Medef se frotte les mains et les syndicats ne sont plus que cris et chuchotements

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    Jeudi 15 novembre, les partenaires sociaux  ont repris la  négociation sur la sécurisation de l'emploi.

     Le patronat a présenté son projet  d'accord.

    Un texte de 9 pages  qui va achever  le travail de destruction du code du travail , entrepris depuis de nombreuses années par le patronant , au nom de la sempiternelle loi du marché et de la compétitivité......

    C'est du "donnant donnant" semble t-il !  Mais en fait , c'est du "donnant perdant " pour les salariés.

    En effet , le projet  proposé par la délégation patronale  " tend à "échanger" une sécurisation des salariés en emploi précaire (CDD) contre des "suppressions de freins à l'embauche sous CDI". "

    La délégation patronale  nous ressert un plat réchauffé , le plat amer et indigeste de la fléxisécurité à la Française..... 

    Le plat du jour est servi !emploi,flexibilité,économie,crise,récession,syndicats,medef


    Alors que  les licenciements pour fautes n'ont cessé de grimper, remplaçant les licenciements économiques  ( depuis 20 ans la tendance s'est inversée   les salariés étant  devenus ,semble t-il, de plus en plus incompétents, indisciplinés bref ingérables !!!!), la délégation patronale propose de limiter le montant des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif .

    Une proposition indigne et contraire aux fondamentaux des droits du  procès équitable !

    D'une manière générale, le montant des dommages et intérêts  attribués en France par les tribunaux en cas de licenciement abusif , reste modeste ... entre 6 et 12 mois de salaire .

    Sachant que plus de 8 Millions de salariés sont payés au SMIC , ces sommes sont dérisoires au regard des ravages ,tant sur le plan personnel que social , que peut constituer un licenciement abusif.

    Les tribunaux  sont beaucoup plus généreux lorsqu'il s'agit de réparer un droit à l'image , réparations  qui constituent, pour certains ,une véritable rente.... ou revenu 

    Un petit exemple parmi  beaucoup d'autres

    En 2008 Les époux Sarkozy ont gagné  le procès qu'ils avaient intenté à la compagnie aérienne Ryanair pour avoir publié sans autorisation une photo de leur couple.

    Le tribunal n'a accordé que 60.000 euros à Carla Bruni sur les 500.000 euros de dommages et intérêts réclamés. oups......

    Les  "Hollande" ont eu moins de chance !  VSD a été condamné à verser  2 000 € pour  avoir publié des photos de Madame en maillot de bain. «Nous avons trois autres procédures en cours contres des magazines people, Closer, Voici et Public, pour ne pas les nommer», a confirmé l'avocat des intéréssés !

    Quant aux DSK on ne compte plus leur démélés judiciaires  

    Voici quelques unes des autres propositions de la délégation patronale

    • Pour les salariés en  CDD : faciliter les prêts bancaires, assurer une meilleur portabilité des droits en matière de formation et de prévoyance, etc)
    •  contre la "suppression des freins à l'embauche en CDI", notamment par l'élargissement "de la logique du contrat d'export ou du contrat de chantier à d'autres CDI, conclus pour la réalisation de projets identifiés dont la durée est incertaine". 


    La délégation patronale fait également des propositions sur les seuils sociaux et l'information des représentants du personnel en amont d'éventuelles difficultés rencontrées par les entreprises.

    Elle propose aussi d'expérimenter "un compte individuel de formation" avec une fusion du DIF et du CIF.

      Les syndicats , qui ne sont plus que cris et chuchotements  , continuent , au mépris  des intérêts des salariés les plus fragiles ,  des chômeurs et de tous  ceux qui souffrent de sous emploi ,  à avaler la pillule .

    Prochain rendez vous le 20 Novembre

     


    "Nous sommes dans un rapport de force avec le... par CFDT_TV

  • Si tu veux bosser tu n'as qu'à payer !

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    Avec la montée du chômage et la précarisation de l'emploi , je m'interroge une nouvelle fois   sur les organismes qui proposent à ceux qui recherchent un emploi, un "accès privilégié " et payant à leurs prestations et notamment aux offres d'emploi.

    A ce jour, et malgré les dérives ,  ces pratiques ne sont pas , à ma connaissance, interdites par les tribunaux .

    Les structures  qui  profitent de manière indirecte  de la crise et des chômeurs devraient être sanctionnées et les entreprises et les RH  , par souci d'équité et de citoyenneté, ne devraient pas recourir à leurs services.

    Au moment précis où j'écris ce billet , les médias ne cessent de publier des articles sur la fraude aux prestations sociales...

    Hier encore des infirmières lyonnaises étaient incarcérées.....

    Les profiteurs des chômeurs et précaires ne sont pas inquiêtés , c'est cela la démocratie !


    Voici un exemple concret qui illustre mon propos.
     
    Depuis la loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 , qui a supprimé le monopole public légal de placement des salariés jusque-là réservé à l'ANPE (devenu Pôle emploi), les employeurs qui souhaitent embaucher peuvent recourir à un intermédiaire autre que le Pôle emploi .

    Pour recruter , Ils peuvent utiliser de multiples sources :

     Annonces directes sur leur site, cabinets de recrutement, forum, manifestations diverses , dépôts des offres sur un portail emploi. 

    Cadre emploi, Monster , Keljob sont bien connus . 

    Si l'accès aux offres et stages  est gratuit pour les sites précités,  d'autres , proposent  un "accès privilégié " à leurs prestations , en contrepartie d'un abonnement payant.

     Que signifie   "accès privilégié " ?

    N'y a t-il pas  une réelle vente "indirecte" des offres  d'emploi ? vente qui est interdite par le code du travail .

    Force est de constater que la  différence est subtile ! 

    Voici ce que propose  ce site :


     Capture.PNG

    En clair , si vous souhaitez avoir accès à toutes les offres d'emploi , vous devez  payer....

    Si vous n'ouvrez pas  votre porte monnaie , vous serez punis car  vous n'aurez  accès qu'à 10% des offres....

     Dans sa grande indulgence, le site vous permet de payer en deux fois les 39.9€ demandés pour une consultation  de toutes les offres pendant 12 mois.....  c'est le Nirvana.........

    Avec cet accès complet aux offres , le site   donne la possibilité notamment  d'envoyer votre CV , de participer au forum etc.....

    Une manière astucieuse d'inciter les demandeurs d'emploi à payer pour être mieux servis !

     Ce site n'est pas unique en son genre .

    Un autre site  propose , pour un peu plus de 100 euros par an un "accès privilégié  " à des offres exclusives !
    " Désireux de donner une nouvelle impulsion à votre carrière, vous trouverez ici, en toute confidentialité, des offres adaptées à vos ambitions mais aussi une visibilité auprès d’un vaste réseau européen de chasseurs de têtes. De nombreuses offres sont postées en exclusivité sur …… par les cabinets de recrutement, vous ne les trouvez donc sur aucune autre plateforme."



    Mon point de vue sur le sujet :

    Depuis plusieurs années les sites qui proposent de mettre en relation employeurs et candidats fleurissent ..

    Si de nombreux sites proposent une mise en ligne des cv et un accès gratuit à toutes les offres d'emploi , certains font payer leurs prestations aux candidats .

      Selon le code du travail : il est interdit de vendre des offres et des demandes d’emploi, quel que soit le support utilisé.

    Une exception à ce principe est toutefois prévue. "cette interdiction ne fait pas obstacle à l’insertion, à titre onéreux, d’offres ou de demandes d’emploi dans une publication ou un autre moyen de communication payant".

    Aucune rétribution, directe ou indirecte, ne peut être exigée des personnes à la recherche d'un emploi en contrepartie de la fourniture de services de placement, sous réserve des dispositions :

    1°) Des articles L. 7121-9 et L. 7121-10, relatives aux conditions de placement, à titre onéreux, des artistes du spectacle ;

    2°) De l'article L. 222-6 du code du sport, relatives aux conditions d'exercice de l'activité d'agent sportif.

     En clair, s'il est toujours possible de vendre l’insertion d’offres dans des journaux payants pour les lecteurs,  en revanche , il est interdit de faire payer  l'accès aux offres d'emploi.

    A ce jour il n'existe pas en France ,comme aux Etats unis , des sites qui proposent de manière directe , un accès payant aux offres d'emploi.

    Pour passer au travers des  mailles  du filet des tribunaux,  les sites  français sont plus subtils , car ils enveloppent  l'accès aux offres  par d'autres services  qui peuvent être , en toute légalité, payants.

     
    Si pour plus de 8 millions de personnes en France  ( chômeurs, précaires etc...)  la crise et le chômage sont des pilules amères à digérer, ce sont pour d'autres de véritables festins !

     

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