mardi, 22 novembre 2011
Le quatrième jour de carence est OUT ......
François Fillon vient d'annoncer devant le groupe UMP à l'Assemblée nationale, que le gouvernement renonçait à l'instauration d'un quatrième jour de carence pour les salariés du privé en cas d'arrêt maladie.
Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des affaire sociales, a été chargé de trouver une autre solution pour réaliser l'économie de 220 millions d'euros nécessaire pour limiter à 2,5 % en 2012 la croissance des dépenses de santé.
Il faut tout de même remarquer que c'est la valse des hésitations !
En effet , Il s'agit du deuxième recul du gouvernement sur les arrêts maladie.
Il a déjà renoncé à revoir la méthode de calcul des indemnités journalières et maintenant il abandonne le quatrième jour de carence !
je me réjouis de cette décision, car comme l'affirmaient plusieurs de mes billets , cette mesure allait frapper les salariés les plus précaires.
Mais comment analyser les commentaires, interventions , comme celles de Laurent Wauquiez par exemple , qui ont soutenu ,avec force arguments fallacieux,ce quatrième jour de carence ?
Je l'analyse rapidement et sans appel : nos ministres sont des marchands de soupe !
Un ordre de l'Elysée et ils vous vendraient père et mère .
Il y a fort à parier que les ministres qui sont intervenus pour argumenter de la nécessité de ce quatrième jour de carence , reviendront sur le devant de la scène et sans sourciller indiqueront que cette mesure était injuste !!
Nos ministres ont une belle garde robe car ils changent souvent de veste .....
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jeudi, 17 novembre 2011
Travailler plus pour crever plus !
Oyé oyé braves gens il ne fera pas bon d'être malade lorsqu'on est un salarié précaire !
le 4 ème jour de carence arrive.
Ce quatrième jour de carence va fragiliser encore les plus fragiles .
Voici mon analyse
Lorsque les salariés du secteur privé sont malades , l'assurance maladie ne paie des indemnités journalières qu'après un délai de carence de 3 jours.
Désormais, les salariés posant un arrêt de maladie auront un délai de carence de 4 jours.
Selon le code du travail, lorsque vous avez un an d'ancienneté , l'employeur doit compléter le salaire à l'issue du délai de carence .
90 % du salaire brut durant 30 jours, immédiatement pour les maladies professionnelles et les accidents du travail,
et à partir du 11ème jour en cas de maladie ou d'accident,
66 % du salaire brut, durant les 30 jours suivants.
Les durées augmentent de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté.
De nombreuses conventions collectives améliorent ce système avec le versement du salaire dès le premier jour.
Dans la plupart des conventions collectives il faut avoir un minimum d'ancienneté pour bénéficier de ce maintien de salaire ( en général les conventions suivent la loi sur la mensualisation soit un an d'ancienneté)
Les accords internes viennent également améliorer la couverture sociale des salariés.
Oui mais......
Selon les syndicats , 50% des entreprises seraient couvertes par de tels accords
En revanche pour le Medef ce serait entre 80 et 90%.
Impossible de savoir quelles sont les entreprises qui prennent en charge le salaire pendant le délai de carence, estiment syndicats et Medef.
J'ai cherché des statistiques sur le sujet et il ressort que :
- 90 % des salariés sont couverts par une convention collective
- la plupart des conventions collectives prévoient une ancienneté minimale pour assurer un complément de salaire
- les régimes de prévoyance mis en place dans les entreprises suivent en général les dispositions conventionnelles
De ces brêves constatations il ressort que :
- les salariés qui se verront pénalisés par ce quatrième jour de carence sont
Les 10% de salariés ( quelle que soit leur ancienneté dans l'entreprise) non couverts par une convention et qui n'auront que la loi sur la mensualisation : ce qui représentent déjà plus d'un million de personnes.
Les salariés qui sont couverts par une convention mais qui nont pas l'ancienneté nécessaire pour bénéficier de la couverture dès le premier jour, ces salariés sont les nouveaux embauchés mais surtout les salariés embauchés de manière précaire en CDD.
Sachant que le travail précaire a explosé ces dernières années et qu'il touche de plein fouet notre jeunesse mais aussi les salariés qui après avoir perdu un emploi stable acceptent une embauche précaire ce sont bien ces salariés déjà en situation d'instabilité qui vont être pénalisés par ce quatrième jour de carence !
Coté syndical, Jean-Marc Bilquez, en charge de la protection sociale à Force Ouvrière, craint que les conventions collectives ne restent sur leurs chiffrages actuels de 3 journées prises en charge par les employeurs. "Le quatrième jour, c'est un jour qui ne sera pas payé par l'entreprise". "C'est profondément injuste pour les salariés du privé comme pour les fonctionnaires. C'est une punition collective!"
Un salarié au smic malade 4 jours perdra environ 150 € nets
avec un délai de carence de 3 jours il n'en perdait que 125
et 25 euros sur un salaire net de 1073 € c 'est beaucoup !
Un détail qui a échappé aux nantis qui ont décidé cette injustice !
Ce n'est plus travailler plus pour gagner plus c'est travailler plus pour crever plus.....

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dimanche, 06 novembre 2011
Le délai de grâce une bouée de sauvetage pour les débiteurs de bonne foi
Chômage, salaires stagnants, petits boulots et précarité de l'emploi, retraites en baisse, augmentation des loyers etc….. de nombreuses personnes n'arrivent plus à faire face aux crédits qu'elles avaient pris en période plus faste ou tout simplement au paiement de leur loyer….
Avant de présenter un dossier de sur-endettement ( je réserve mon avis sur le sujet ), avant de vous laissez condamner par un tribunal , avant d'avoir un huissier à votre porte pour une saisie de vos biens ou une saisie de vos comptes bancaires , ou en matière locative avant de vous faire expulser vous avez la possibilité de demander en justice un délai de grâce.
C'est-à-dire un report ou un aménagement de l'exécution de vos obligations
Différents textes prévoient ce report .
Je n'aborderai dans cet article que le délai de grâce qui peut être attribué par le juge pour les particuliers qui rencontrent des difficultés pour payer leurs loyers, rembourser leur prêts ou qui sont en voie d'expulsion
Attention si tout débiteur peut demander un délai de grâce , le juge peut le refuser.
Pour fonder sa décision le juge doit tenir compte non seulement de la situation du débiteur mais aussi de celle du créancier.( situation financière, âge, situation familiale etc…)
Aussi il est nécessaire de préparer votre dossier avec le plus grand soin et d'amener tous les éléments de preuve attestant de vos difficultés et des raisons qui les ont créées. ( divorce, séparation, chômage etc….).
Votre bonne foi est impérative …..
- Délai de grâce prévu par le code civil
D'une manière générale , toute personne qui a une dette peut solliciter des délais de paiement .
Selon les articles 1244-1 et ss du code civil : " compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, le juge peut, dans la limite de deux années, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues.
Par décision spéciale et motivée, le juge peut prescrire que les sommes correspondant aux échéances reportées porteront intérêt à un taux réduit qui ne peut être inférieur au taux légal ou que les paiements s'imputeront d'abord sur le capital.
En outre, il peut subordonner ces mesures à l'accomplissement, par le débiteur, d'actes propres à faciliter ou à garantir le paiement de la dette.
- Délai de grâce en cas de dettes locatives
En cas de loyers impayés, le juge pourra également , au regard des circonstances particulières du dossier , accorder ou non un délai de paiement.
Ce délai peut aller jusqu'à deux ans.
Attention le juge doit tenir compte non seulement de la situation du débiteur mais aussi de celle du créancier.
En clair, si vous louez une habitation a un retraité qui n'a que ce revenu pour vivre , il est bien évident que le juge sera enclin à vous refuser un délai de paiement pour vos impayés de loyers.…..
Si le juge accorde un délai de grâce, sa décision suspend les procédures d'exécution qui auraient été engagées par le créancier.
Les majorations d'intérêts ou les pénalités encourues à raison du retard cessent d'être dues pendant le délai fixé par le juge.
- Délai de grâce prévu par le code de la consommation
Si vous avez des difficultés pour rembourser un prêt , vous pouvez également solliciter un délai de grâce. Ce délai peut aller jusqu'à deux ans.
Selon l'article L313-12 du code de la consommation :
L'exécution des obligations du débiteur peut être, notamment en cas de licenciement, suspendue par ordonnance du juge d'instance dans les conditions prévues aux articles 1244-1 à 1244-3 du code civil. L'ordonnance peut décider que, durant le délai de grâce, les sommes dues ne produiront point intérêt.
En outre, le juge peut déterminer dans son ordonnance les modalités de paiement des sommes qui seront exigibles au terme du délai de suspension, sans que le dernier versement puisse excéder de plus de deux ans le terme initialement prévu pour le remboursement du prêt ; il peut cependant surseoir à statuer sur ces modalités jusqu'au terme du délai de suspension.
- Le délai de gràce prévu en cas d'expulsion
Ce délai est prévu par le code de la construction.
Après signification par voie d’huissier d'un commandement de quitter les lieux dans les deux mois de sa signification (ce commandement étant postérieur à une décision d’expulsion prononcée par le juge d’instance) le juge de l'exécution peut accorder des délais pour quitter les lieux ( notamment lorsque le relogement s’avèrera difficile ).
Article L613-1 :
Le juge des référés ou le juge de l'exécution, selon le cas, du lieu de la situation de l'immeuble peut, par dérogation aux dispositions des articles 1244-1 à 1244-3 du code civil, accorder des délais renouvelables aux occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel, dont l'expulsion aura été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne pourra avoir lieu dans des conditions normales, sans que lesdits occupants aient à justifier d'un titre à l'origine de l'occupation.
Le juge qui ordonne l'expulsion peut, même d'office, accorder les mêmes délais, dans les mêmes conditions.
Le délai accordé ne peut, en aucun cas, être inférieur à un mois ni supérieur à un an.
Pour la fixation de ces délais, il doit être tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement.

A quel juge devez vous vous adresser ?
Le montant et la nature de la demande détermineront quel juge est compétent :
-Le juge de proximité pour une créance jusqu’à 4000 euros
-Le juge d’instance pour une créance de 4000 à 10.000 euros
- Le Juge d’instance en matière locative ou de crédit à la consommation quelque soit le montant.
-Le Tribunal de Grande instance pour une créance de plus de 10000 euros
- Le Juge de l’exécution après un jugement d'expulsion
- Le Juge de l’exécution après signification d'un commandement ou d'un acte de saisie
N'attendez pas pour agir !
Avant toute poursuite, un créancier doit mettre en demeure de payer son débiteur ou lui faire délivrer un commandement de payer par voie d'huissier (obligatoire dans certains cas).
Un commandement de payer laisse en général un délai d'un mois pour régler la dette. En revanche , les délais sont très courts pour les mises en demeure….
Saisissez le juge sans tarder dès réception du commandement ou de la mise en demeure.
En matière locative le commandement de payer délivré par huissier est obligatoire.Le débiteur a un délai de deux mois pour payer les sommes dues.
Si le locataire ne régularise pas sa situation et n'obtient pas de délais de paiement, le propriétaire pourra faire constater l'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le bail et le résilier.
Il est donc souhaitable à mon sens de saisir le juge avant la fin du délai de deux mois .
Avertissement :
Ce billet reste un billet d'information générale , il ne constitue en aucun cas une étude exhaustive sur le sujet.
Par ailleurs la législation étant fort complexe l'assistance d'un professionnel du droit est vivement conseillé .
19:43 | Commentaires (0) | Envoyer cette note | ACTUALITES, VOS DROITS | Lien permanent | Tags : délai, dette, expulsion, justice |
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mardi, 11 octobre 2011
La pause cigarette " une niche anti productivité "?
Selon le soir.be , premier site d'information belge francophone "Les fonctionnaires fumeurs du Service public de Wallonie doivent désormais enregistrer leurs sorties et rentrées dans le bâtiment et le temps passé à fumer est décompté de leur temps de travail." (information diffusée le 3.10.2011)
L'administration wallonne compte 18.000 agents qui sont loin d'apprécier la mesure y compris les non fumeurs ,car cette obligation, appliquée jusqu'alors de manière sporadique, vient d'être généralisée, sanctions disciplinaires à l'appui.
Nous pouvons lire sur le site le témoignage d'un agent :
" Je suis scandalisé. Depuis le mois d'août, nous devons pointer quand nous allons fumer. Nous sommes ensuite tenus de justifier pourquoi nous sommes sortis quelques minutes du bâtiment. Nous devons indiquer que c'était pour aller fumer, et notre fiche de présence contient alors la mention « journée invalide : horaire non totalement respecté », et on nous retire des minutes de notre temps de travail. Cela choque tout le monde, même mes collègues non-fumeurs. Du coup, certains ont commencé à fumer en cachette. Et moi, je vais fumer dehors mais je ne pointe pas. Je crains que, si je me fais repérer, cela soit indiqué dans mon évaluation. »
Le fonctionnaire estime également qu'il est privé d'un temps de pause salutaire. « Nous sommes en sous-effectif, et cette pause tabac est un moment très important pour moi. Jamais je n'en ai abusé. Et que dire des fonctionnaires qui passent des heures à discuter dans un bureau ? C'est plutôt à ce genre de comportement qu'il faudrait s'attaquer. »
Les syndicats viennent de s'emparer du dossier. Ils entendent forcer la direction à revoir ses pratiques, même si rien n'est illégal dans cette politique .
Cette information a largement été reprise par les médias français avec comme corollaire la question de savoir si les employeurs français peuvent faire de même . ( article de l'Expres notamment du 4.10.2011)
Examinons, de manière sommaire, les textes :
Premier principe :
Dès que le temps de travail quotidien atteint 6 heures, le salarié bénéficie d'un temps de pause d'une durée minimale de 20 minutes. Des dispositions conventionnelles plus favorables peuvent fixer un temps de pause supérieur.
Lorsque le temps de pause correspond à une interruption réelle de l'activité, il n'est pas légalement assimilé à du travail effectif et n'est pas rémunéré.
Des conventions collectives peuvent toutefois en prévoir le paiement.
Il est d’usage, dans de nombreuses entreprises , d’admettre l’existence de pauses sur la journée de travail, sans les déduire du temps de travail et donc de la rémunération (pause-café par exemple ).
L’employeur peut néanmoins décider de ne pas considérer ce temps comme du temps de travail et de ne pas le rémunérer.( sauf dispositions conventionnelles, contractuelles ou d'usages contraires )
Deuxième principe :
Le décret du 15 novembre 2006, qui a renforcé l'interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif et notamment dans les lieux de travail, s'applique à toutes les entreprises depuis le 1er février 2007 .
Depuis cette date les emplacements dédiés aux fumeurs doivent répondre à des normes très strictes et les sanctions sont renforcées.
Afin de protéger les non-fumeurs des risques liés au tabagisme passif, l’interdiction de fumer s’applique dans tous les lieux dans lesquels des personnes sont amenées à travailler, dès lors que deux conditions sont réunies :
- ces lieux sont à usage collectif,
- ces lieux sont fermés et couverts.
Il est donc interdit de fumer dans tous les locaux affectés à l’ensemble du personnel ( accueil, toilettes, réception, salles de restauration, espaces de repos, lieux de passage, , etc.) et tous les locaux de travail (bureaux, salles de réunion, etc.).
Par ailleurs :
- Toute personne fumant dans un lieu où cela est interdit est passible d'une contravention de troisième classe et le salarié qui commet une faute en ne respectant pas la législation sur le tabagisme ,peut faire l’objet d’une sanction disciplinaire pouvant parfois aller jusqu’à son licenciement.
L'employeur qui n'a pas mis en place la signalisation prévue ou qui a mis à la disposition de fumeurs un emplacement non conforme, peut être puni d'une contravention de quatrième classe .
Enfin, l'employeur qui est tenu à une obligation de sécurité vis-à-vis de ses salariés pourrait voir sa responsabilité civile engagée.( Un salarié pourrait considérer qu’il est contraint à la démission en raison de la non application de la législation sur le tabagisme dans l’entreprise. Il pourrait prendre acte de la rupture de son contrat de travail aux torts de son employeur et obtenir, aux Prud’hommes, que cette rupture produise les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.)
La conjugaison de ces deux principes permet à tout employeur d'interdire de fumer dans l'enceinte de l'entreprise , d'exiger que les fumeurs sortent des locaux pour fumer , badgent c'est à, dire pointent et déduire les pauses "cigarette" du temps de travail et de la rémunération.( attention sous réserve de dispositions conventionnelles contraires )
Certaines entreprises pratiquent déjà un contrôle stricte des temps de pauses...
Attention toutefois à ne pas tomber dans l'excès !
On peut lire çà et là que la pause cigarette nuit à la productivité..... et que les gros fumeurs passent au moins 80 minutes par jour pour aller fumer à l'extérieur .... voir article capitalfr management
Le problème est plus complexe que de simples chiffres ... ATTENTION AU RAISONNEMENT SIMPLISTE !
La pause cigarette peut constituer pour les fumeurs une soupape de sécurité pour lutter contre le stress au travail .
Il ne faudrait pas que la lutte contre le tabagisme devienne un prétexte pour diminuer l'espace de liberté des salariés ..
Interdire ou ne pas payer la pause cigarette pourrait être le commencement ... ensuite viendrait la pause café , la pause pipi ....
Dans certaines entreprises plus aucune autonomie n'est laissée au salarié ; c'est le cas notamment des centres d'appel téléphonique qui ont mis en place des logiciels qui organisent les temps de pause !
les résultats sont catastrophiques :
Les téléopérateurs, chargés d’effectuer des tâches « simples » et répétitives, sont soumis à des objectifs de rendements importants et sont régulièrement contrôlés. Le rythme de travail intensif et les conditions de travail astreignantes peuvent entraîner :
une dégradation de l’état de santé des salariés (fatigue, stress, anxiété, troubles du sommeil, épuisement nerveux…),
des difficultés pour l’entreprise (absentéisme, turnover, difficultés de recrutement et de fidélisation).
site CNCT (comité national contre le tabagisme)
20:06 | Commentaires (5) | Envoyer cette note | ACTUALITES, SANTE, VOS DROITS | Lien permanent |
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jeudi, 29 septembre 2011
Quand le gouvernement divise les Français et piétine nos fondamentaux démocratiques
Enfin une réaction qui me réchauffe le coeur !
Dans un récent billet j'avais dénoncé l'accès payant à la justice ( lire mon billet et les détails de la réforme ).
Hier , 28 septembre , les syndicats de la magistrature, d'avocats et de salariés ont dénoncé , sur les marches du Palais de justice de Paris, l'instauration de la fameuse taxe de 35 euros, que le justiciable devra payer , pour aller devant les tribunaux civils, administratifs et commerciaux.
Comme le note le Journal le Monde , "A partir du samedi 1er octobre, le salarié qui souhaite aller aux prud'hommes, le locataire en litige avec son propriétaire ou le consommateur lésé seront dans l'obligation de payer un timbre fiscal d'une valeur de 35 euros s'ils souhaitent que leur cas soit étudié par un juge."
Je me réjouis de cette manifestation car elle dénonce l'instauration d'une restriction de l'accès des citoyens à la justice , et en cela , une mise à mal de nos fondamentaux démocratiques.
Comme nous pouvions nous en douter, notre gouvernement reste sur ses positions , c'est à dire aussi rigides qu'aveugles .
En effet Bruno Badré, porte-parole du ministère de la justice, se contente de répondre que " L'instauration de ce "droit de timbre" ne sert qu'à financer la réforme de la garde à vue, "au nom de la solidarité entre les justiciables".
Plus grave encore il ajoute que les fonds recueillis seront "intégralement affectés au paiement des avocats effectuant des missions d’aide juridique par l’intermédiaire des caisses de règlements pécuniaires des avocats (CARPA)".
Cette affirmation maladroite ou volontaire ( ce qui est encore plus grave) est de nature à diviser les français plus encore qu'ils ne sont...
En effet il ne faut pas oublier que magistrats et avocats sans parler des huissiers font partie des professions les plus mal aimées des Français ( avec celle des journalistes et des policiers)..et faire remarquer qu'une taxe ira dans la poche des avocats qui sont considérés ,par la majorité des citoyens, comme des privilégiés , est irresponsable de la part d'un membre du gouvernement......
Mais l'irresponsabilité semble être le pain quotidien de notre gouvernement.

Extrait du Monde
"Magistrats et avocats sont excédés par une réforme de plus, votée en plein cœur de l'été, sans aucune concertation. Une mesure qu'ils interprètent comme une attaque frontale contre la justice ordinaire. "La justice civile, celle qui traite des difficultés quotidiennes des citoyens, passe par pertes et profits. C'est une façon de démanteler le service public de la justice, lorsqu'il ne sert par les intêrets répressifs du pouvoir", condamne Pascal Henriot, substitut général de Paris et membre du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).
L'intersyndicale demande donc le retrait pur et simple de cette taxe. Et espère que le Sénat, passé à gauche, l'invalidera lors des prochains débats sur le budget. A défaut, il se murmure, parmi les avocats, que le dossier sera porté devant les juridictions européennes. Avec à la clé une possible invalidation de cette taxe, selon Pascale Taelman, puisque "l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme prévoit un procès équitable et sans entrave. Or, une telle taxe est une entrave à la justice".
10:45 | Commentaires (1) | Envoyer cette note | ACTUALITES, CONFLITS SOCIAUX, JUSTICE, VOS DROITS | Lien permanent | Tags : taxe, droit, justice, manifestation, magistrats, avocats, gouvernement |
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samedi, 23 avril 2011
Petite leçon de droit du travail
Cette année, les 1er et 8 mai tombent un dimanche. Le dimanche étant pour beaucoup un jour de repos habituel , ces deux jours fériés seront pour ainsi dire " neutralisés ". Certains salariés auront le sentiment d'avoir en quelque sorte "perdu" le bénéfice de deux jours fériés .
D'autres en revanche travailleront ces deux jours fériés.
Quels sont les droits des uns et des autres .
Petit cours de droit du travail pour vous mettre en forme ce week- end.
Le 1er mai est un jour obligatoirement non travaillé . Dans la mesure où votre repos hebdomadaire tombe habituellement le dimanche, votre employeur n'est pas dans l'obligation de vous octroyer un autre jour de repos ou de vous dédommager en salaire pour compenser la "perte "de ce jour férié .
Certaines conventions collectives et usages prévoient une compensation ( autre jour de repos octroyé par exemple ). Vous devrez donc vous référer aux accords conventionnels et usages applicables au sein de votre établissement pour vérifier si vous bénéficiez d'un tel avantage.
Dans les entreprises qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent pas interrompre le travail , le 1er mai peut être travaillé.
Si vous êtes amené à travailler le 1er mai vous percevrez une rémunération supplémentaire ( cette journée vous sera payer en plus de votre salaire habituel).
Cette rémunération supplémentaire est due sans condition d' ancienneté dans l'entreprise . Votre employeur ne peut pas remplacer la rémunération supplémentaire par un repos. Tout accord sur ce point serait nul .
De nombreux accords collectifs et usages prévoient des primes et autres avantages pour le travail du dimanche .
Pouvez vous cumuler le paiement double du 1er mai et les primes ou avantages prévus pour le travail le dimanche ?
La réponse est positive si les accords conventionnelles et usages le prévoient expressément.
Le 8 mai reste un jour férié "ordinaire."
Si ce jour est travaillé , le code du travail ne prévoit aucune rémunération supplémentaire.
Il faudra donc vous reporter aux accords conventionnels et usages applicables à votre entreprise .
Si ce jour n'est pas travaillé , sauf convention ou usage plus favorable, votre employeur ne vous doit aucune compensation pour ce jour férié tombant un dimanche , jour habituel de votre repos.
Il est utile de rappeler que pour les équipes de suppléance travaillant le week-end, la rémunération est majorée d'au moins 50 % par rapport à celle qui serait due pour une durée équivalente, effectuée suivant l'horaire normal de l'entreprise .
Le travail le 8 mai n'entraînera pas de majoration supplémentaire par rapport à ce taux de majoration déjà appliqué (sauf convention collective ou usage plus favorable) 
18:28 | Commentaires (0) | Envoyer cette note | VOS DROITS | Lien permanent | Tags : jours, fériés, mai droit, travail, convention |
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jeudi, 24 juin 2010
le Yoyo des salariés à temps partiel
Si vous êtes salarié à temps partiel votre employeur ne peut pas vous demander d'accomplir comme bon lui semble des heures complémentaires il ne peut pas non plus modifier à son gré la répartition de vos horaires de travail.
Un principe que vient de rappeler la cour de cassation mais qui risque d'être ruiné par le projet de loi "pour faciliter le maintien et la création d'emplois" adopté en 1ère lecture par l'Assemblée nationale le 9 juin 2009"
Examinons brièvement le droit : ( le billet traite uniquement du temps partiel réparti sur la semaine ou le mois et non sur l'année )
Si vous êtes à temps partiel votre contrat doit expressément mentionner le nombre d'heures de travail ainsi que sa répartition.
- Votre employeur peut vous demander d'effectuer des heures au delà de cette durée ( ce sont des heures complémentaires ) mais il doit indiquer dans le contrat de travail les limites dans lesquelles ces heures peuvent être accomplies :
- La limite est égale à 1/10 de la durée de travail prévue dans le contrat.
- 1/3 de l'horaire contractuel si la convention collective, un accord de branche étendu ou un accord d'entreprise ou d'établissement le permet
L'employeur ne peut pas prévoir dans le contrat un volume d'heures complémentaires supérieur à ces plafonds.
Par ailleurs votre employeur ne doit pas vous faire travailler à hauteur d'un temps complet par le jeu des heures complémentaires.
L'employeur doit vous informer au moins 3 jours à l'avance des heures complémentaires . ( certaines conventions collectives prévoient des délais plus longs) . Si l'employeur ne respecte pas ce délai de prévenance vous pouvez refuser d'effectuer les heures complémentaires .
Sur le terrain on constate que beaucoup de salariés qui sont à temps partiel par nécessité parce qu'ils n'ont pas trouvé un job à temps complet par exemple acceptent les heures complémentaires même demandées à la dernière minute .
Il en est de même pour les autres salariés de peur de déplaire et d'être finalement " pénalisés"d'une manière ou d'une autre.
- Si pendant 12 semaines consécutives ou sur 12 semaines au cours d'une période de 15 semaines consécutives, votre horaire réel moyen dépasse de 2 heures ou plus par semaine l'horaire fixé dans le contrat celui -ci doit être réajusté. ( revu à la hausse )
- Votre employeur doit également vous informer de la modification de la répartition de votre temps de travail en respectant un délai de prévenance d'au moins 7 jours ouvrés . Un accord collectif étendu ou accord d’entreprise peut faire varier, en deçà de 7 jours, jusqu’à un minimum de 3 jours ouvrés ce délai.
Ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement le fait de refuser une modification de la répartition des heures de travail dès lors que ce changement n’est pas compatible avec :
- vos obligations familiales impérieuses ;
- le suivi d’un enseignement scolaire ou supérieur ;
- une période d’activité fixée chez un autre employeur ;
- ou encore une activité professionnelle non salariée.
La jurisprudence : Un récent arrêt de la cour de cassation rappelle ces principes :
Un employeur demande à une de ses salariés de modifier la répartition de son horaires de travail "une quinzaine de fois entre le 21 février 2001 et le 18 septembre 2003"
la Cour de cassation considère que lorsque l'employeur modifie fréquemment la répartition contractuelle des jours de travail de son salarié à temps partiel, il prive ce dernier de la possibilité de prévoir à quel rythme il va devoir travailler. De fait, ce salarié est contraint de se tenir à la disposition constante de l'employeur, ce qui justifie sa demande de requalification de son temps partiel en temps complet.
Décision de la Cour de cassation, Chambre sociale, rendue le 19/05/2010, rejet.
"Mais attendu qu'ayant constaté, au terme d'une analyse des extraits d'agendas et de téléphone produits par la salariée, que l'employeur modifiait fréquemment la répartition contractuelle de ses jours de travail, ce dont il se déduisait que, s'étant trouvée dans l'impossibilité de prévoir à quel rythme elle devait travailler, elle devait se tenir à la disposition constante de l'employeur, la cour d'appel n'encourt pas les griefs du moyen ;
Numéro de Pourvoi : 09-40056"
Le projet de loi
Que va devenir cette jurisprudence au regard du projet de loi "pour faciliter le maintien et la création d'emplois" adopté en 1ère lecture par l'Assemblée nationale le 9 juin 2009 , renvoyé à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. ( la commission a désigné dans sa séance du 24 juin 2009 M. Alain Gournac, rapporteur)
Aucune date n'est encore fixée pour l'examen au sénat.
Je rappelle ici mon BILLET DU 1.07.2009 "salarié flexible ou contorsionniste?"
Selon Article 12 bis (nouveau)
L’article L. 3123-8 du code du travail est complété par trois alinéas ainsi rédigés :
« Les salariés à temps partiel qui souhaitent bénéficier d’une augmentation de la durée du travail peuvent, en accord avec l’employeur, augmenter temporairement cette durée au moyen d’un avenant à leur contrat.
« Cet avenant précise la durée du travail qui peut, le cas échéant, atteindre l’horaire légal ou conventionnel applicable dans l’entreprise ou l’établissement.
« Il garantit, notamment, la date et le retour aux conditions initiales de travail. »
Cette mesure vise à faire échec à la règle selon laquelle un salarié à temps partiel ne peut en aucun cas travailler à temps complet, même en application d'un avenant au contrat de travail
Il est vrai que cette disposition n'est valable que si c'est le salarié qui demande un passage temporaire à temps plein !
Une protection toute théorique car un employeur ne va pas faire passer un salarié à temps plein s'il n'a pas utilité de le faire !
Il sera facile pour l'employeur de faire faire un courrier de demande au salarié plus pour bénéficier de cette disposition !
Dans ce cas qu'adviendra t- il de la jurisprudence protectrice dont nous venons de parler !
Le salarié fera du yoyo par nécessité sans pouvoir faire requalifier son contrat à temps plein ! ni même bénéficier de la revalorisation visée plus haut...
Belle avancée sociale que voici !
11:41 | Commentaires (2) | Envoyer cette note | VOS DROITS | Lien permanent | Tags : temps partiel, temps plein, modification, contrat, projet de loi |
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