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PAUVRETE - Page 4

  • Blabla au sommet et pénurie en bas de l'échelle......

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    Que ressort il de la grande conférence sociale qui a réuni, au Palais d’Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental, plus de 300 participants, représentants des organisations syndicales, d’employeurs et des collectivités territoriales ?

    Selon le communiqué du gouvernement " La conférence n’avait pas pour vocation d’adopter des mesures immédiates. Par la confrontation des idées et des propositions, son ambition était de parvenir à construire une « feuille de route sociale », explicitant, pour chacun des domaines appelant des réformes, la méthode suivie et le calendrier retenu."

     Dès l’automne 2012, un travail préparatoire avec les partenaires sociaux sera engagé, en vue de l’inscription dans la Constitution du principe du dialogue social.  

    Les  tables-rondes, consacrées aux thèmes suivants : « Développer l’emploi, et en priorité l’emploi des jeunes », « Développer les compétences et la formation tout au long de la vie », « Assurer des systèmes de rémunération justes et efficaces », « L’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail », « Réunir les conditions du redressement productif », « Assurer l’avenir des retraites et de la protection sociale », « Moderniser l’action publique avec ses agents » ont abouti à une  « feuille de route sociale », établie à l’horizon de la fin 2013, qui, pour chacun des thèmes retenus, trace les perspectives et les objectifs des travaux à venir, ainsi que la méthode, notamment les rôles respectifs de l’Etat et des partenaires sociaux.

     Le Président de la République a donné rendez-vous aux participants dans un an pour faire un bilan global de la mise en oeuvre de la première feuille de route et définir une nouvelle feuille de route. Dans l’intervalle, l’avancement de la « feuille de route sociale » fera l’objet d’un suivi régulier, par le Premier ministre et les ministres concernés.

      Bien que la conférence n'ait pas eu pour vocation d'adopter des mesures immédiates, je regrette l'absence de mesures concrètes avant la fin 2013 car il y a urgence. 

    En effet, il est intolérable:

    • de laisser plus de  8 millions de personnes vivre avec moins de 900 euros par mois ( Plus de 10 % de la population vit en marge des normes de la société avec  difficultés et handicaps sociaux se cumulant : logement , emploi, accès aux soins etc..).
      La progression du chômage depuis 2008 a aggravé la situation
    • de tolérer que 4 millions de personnes dont 600 000 enfants souffrent de mal logement . 
    • d'ignorer 100 000 personnes dont 20 000 enfants qui  "vivent"  dans la rue.
    • d'admettre que 3,7 millions de travailleurs - soit 15 % des actifs - disposent de revenus individuels d’activité inférieurs à 60 % du revenu médian et peuvent donc être considérés comme pauvres.
    • d'admettre  que  2,9 % des Français ne mangent pas à leur faim, que 1 % de ménages ne disposent pas d’eau chaude, 6% n' aient pas de chauffage.
    • de permettre que les entreprises continuent à délocaliser au nom de la compétitivité
    •  d'une manière générale  de ne pas  remettre en cause  nos fondamentaux économiques et financiers qui vont  précipiter les peuples de l'Europe  dans la pauvreté.
    • Pour en savoir plus lire mon article  sur la pauvreté

     

    Force est de constater que nos gouvernants n'ont plus aucun pouvoir face à la "mondialisation " et aux détenteurs des capitaux.( PSA quel exemple !)

    J'ai encore la faiblesse de penser et d'espérer que la Gauche ne va pas se contenter de gérer la pénurie  mais être une force de proposition au niveau de l'Europe  pour inverser le processus de la récession.  dyn006_original_600_756_pjpeg_2540474_40086d26ae7b52991cd9ae0f8cedf6b7.jpg

     
  • Une réalité passée sous silence ! Ceux qui ne demandent pas leurs prestations !

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    Depuis plusieurs années  un climat de suspiçion généralisée s'est installé à l'encontre des allocataires des minima sociaux, des chômeurs, des malades ... d'une manière générale sur tous ceux que les accidents de la vie ont entrainé dans une situation de fragilité sociale.

    Nicolas Sarkozy avait mis la fraude au centre de ses préoccupations.
    Des ministres au président de la République , tous vitupèraient  contre les fraudeurs qui volent les français..

    Le 15 novembre 2011 , à Bordeaux, le président de la République s’était posé en « garant » et en « protecteur » du modèle social issu du Conseil national de la Résistance. Frauder la Sécurité sociale, « ce n’est pas simplement abuser du système, ce n’est pas simplement profiter de ses largesses. C’est voler chacun et chacune d’entre nous », avait-il lancé.

     Les médias n'ont eu de cesse de se faire le relai de cette chasse aux sorcières en pointant du doigt les vilains millionnaires qui se sont enrichis sur le dos de la collectivité.. ( la petite fraude ne fait pas les gros titres..vente oblige...) 

    Ce fut  le cas de ce titre , quelque peu "racoleur " du Parisien" Fraude sociale : les premiers tricheurs épinglés" et de citer deux exemples :
    Un allocataire du revenu de solidarité active (RSA) déclaré sans activité et domicilié chez une association mais heureux propriétaire de deux voitures de luxe.
    une famille percevant différentes aides mais omettant de signaler des « revenus » qui proviennent d’un trafic de stupéfiants…

    Campagnes de presse, campagnes sur les radios ( la petite voix de la fraude ), panneaux d'affichages dans toutes les antennes des CAF avec listes des condamnations etc...., sans compter la création des comités opérationnels départementaux antifraude (Codaf).

    Lire mon article "La voix de la fraude "422398842.jpg

    Le changement de majorité  n'a pas inversé cette tendance. 

    Des policiers aux douanes en passant par la CAF ou encore les finances publiques, tous ces partenaires travaillent ensemble pour améliorer la coordination de la lutte contre la fraude aux prestations sociales. Si l’un d’entre eux soupçonne une fraude , grâce aux échanges d’informations entre ces différents organismes et les services de l’Etat, le Codaf peut alors mettre en œuvre des actions judiciaires pour prendre la main dans le sac les contrevenants.

    Le 19.06.2012  l'Alsace.fr titre  " Les fraudeurs sont en ligne de mire "

    Pôle emploi va mettre en place des équipes dédiées au contrôle !

      Dans un article récent  je notais " Jusqu'à présent, ce sont surtout les conseillers de Pôle emploi qui sont chargés de vérifier que les demandeurs d'emploi recherchent bien un travail. Bien souvent, et faute de moyens, le contrôle se résumait à sanctionner le chômeur qui ne venait pas à un rendez-vous de Pôle emploi.

    Le plan stratégique promet une "expérimentation" sur "la mise en place d'équipes dédiées au contrôle de la recherche d'emploi". Demain, des contrôleurs de Pôle emploi iront-ils au domicile des chômeurs vérifier qu'ils recherchent bien un emploi ? "Rien n'est exclu", affirme-t-on à la direction. Pour contrôler les demandeurs d'emploi qui sont suivis uniquement sur Internet, des outils de traçage des connexions sur le site de Pôle emploi pourraient être mis en place ! ( source le Monde ).

    Si l'ampleur des fraudes est sujet à controverses  , l'importance des prestations non réclamées par les bénéficiaires potentiels est passée sous silence ! 

    Fin 2010, "près de la moitié" des bénéficiaires potentiels du Revenu de solidarité active ne le demande pas, souvent par méconnaissance du dispositif .

    Dans le détail, plus d'un tiers des éligibles au Rsa socle seul et au Rsa socle et activité ne recouraient pas à la prestation.

    De même, plus des deux tiers des éligibles au Rsa activité seul étaient en situation de non-recours.

    Des chiffres imposants relevés par la CNAF dans sa publication mensuelle l'e-ssentiel.

    Parmi les foyers éligibles, le non-recours concerne davantage les couples, les hommes seuls et les foyers sans enfant. Il est aussi le fait des moins pauvres d'entre eux, plus proches du marché du travail et aux conditions de vie les moins dégradées. La méconnaissance du Rsa, ou sa mauvaise connaissance, explique pour l'essentiel le non-recours à la prestation. En revanche, les non-recourants n'évoquent que marginalement un faible intérêt financier de la prestation ou la peur de perdre des droits connexes comme motifs de non-recours.


    Près de 1,7 million de foyers éligibles au RSA au dernier trimestre 2010 n'en étaient donc pas bénéficiaires, "induisant un montant non distribué de l'ordre de 432 millions d'euros", ajoute la Caisse.


    Ces taux élevés de non-recours ne sont toutefois pas propres au RSA. De très nombreuses études ont calculé ou estimé des taux de non-recours à divers dispositifs et programmes sociaux, que ce soit dans les domaines de la santé (Aide à l'acquisition d'une complémentaire santé, services de soins primaires, services de santé mentale), du logement, de l'insertion professionnelle, des prestations sociales financières, des services à la personne, etc. Les taux de non-recours se situent en moyenne un peu en-dessous de 40 %.
    > le numéro 124 de l'e-ssentiel, la lettre électronique de la Cnaf :
    http://www.caf.fr/etudes-et-statistiques/l-e-ssentiel

    rsa,minima sociaux,fraude,gauche,hollande,pôle emploi,cnaf

  • Des Miss qui n'auront plus besoin de logis / reposez en paix mes amies.

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    La  création de l'élection de Miss SDF  en Belgique, au cours de l'année 2009, avait soulevé mon indignation .

    J'ai publié  plusieurs articles ,  dont  un billet , intitulé  "Les paillettes n'ont jamais caché la misère ou chronique de l'absurdité"

    Je m'interrogeais sur le devenir des élues  .

    j'écrivais ceci " j'ai mis dans les albums  ( cliquez sur la colonne de gauche ou ici ) les photographies des 11 finalistes . Regardez ces visages de femmes brisées par la vie : tous les maquillages du monde ne pourront pas effacer leur désespoir!

    Les faire défiler et jeter en patûre leur malheur  pour gagner  le droit d'être logé pendant un an est  d'une indignité sans nom ....

    Les finalistes semblent heureuses  elles le disent . L' une d'entre elles dit " c'est le plus beau jour de ma vie" .

    Mais ne nous trompons pas.

    Aujourd'hui ces femmes oubliées parmi les anonymes captent l'attention .

    Elles existent à nouveau dans le regard des autres.

    Mais demain elles retomberont dans l'oubli et une seule d'entre elle aura peut être retrouvé un toit et un emploi....

    Pour aller plus avant,  j'ai contacté les organisatrices de ces élections et  suis devenue amie Facebook avec Chantal Wets. 

    Que sont elles devenues ? 

    Pascale Werry, candidate à l'élection de Miss SDF 2010, est décédée le 25 janvier dernier. 

     Chantal Wets, disparaissait également début 2011.. 

    Pascale avait moins de 40 ans et Chantal 55 ans ...... no comment  

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    "C'est la dureté de la rue qui les as  tuées. ", explique Mathilde Pelsers, organisatrice du concours miss SDF 2010, au groupe Sudpresse. Les deux femmes avaient réussi à changer de vie mais "on ne sort jamais indemne des années passées dans la rue", ajoute Mathilde.

     Thérèse Van Belle, 60 ans, qui avait été élue Miss SDF  est hospitalisée. "Elle est très malade. La pauvre avait eu sa chance pour recommencer et maintenant, elle ne va pas bien", raconte Mathilde.  

    Je n'ai trouvé qu'un article concernant  la situation de notre " heureuse Miss".

    Cet article date de mars 2012. 

     Thérèse est endettée et a été expulsée de son appartement ...

    voici  la reproduction de l'article  

     1260646959_resized.jpg "Son élection à la tête du concours Miss SDF Belgique, en octobre 2009 à Tour et Taxis, représentait beaucoup pour Thérèse Van Belle, Schaerbeekoise de 60 ans. C’était, pour ainsi dire, un jour de lumière dans son quotidien bien grisâtre, fait de galères à répétition. 

    La mère de deux enfants, dont un fils handicapé mental âgé de 37 ans, avait à l’époque gagné un an de loyer gratuit. Sa nouvelle adresse ? Une petite maison avec jardin, rue Godefroid Kurth, dans la commune d’Evere. Un an passe, sans gros souci. Mais une fois le délai écoulé, Thérèse ne s’en sort plus.

    “Des SDF, envoyés par l’ASBL qui avait organisé le concours, ont squatté chez moi, dans le jardin, dans les différentes pièces. J’avais pitié. Donc, j’ai accepté. Je me sentais mal de refuser mais lorsqu’on reçoit une facture géante de Sibelgaz, d’Electrabel, on ne sait plus faire face à ses dettes…”

    Car (voir ci-dessous) le prix remporté comprenait bien le loyer mais pas tous les à-côtés : téléphone, gaz, électricité, etc. Progressivement, Thérèse ne paye plus ses factures, jusqu’à accumuler un arriéré de quelque 5.000 euros. “Avec les 842 euros que je gagne par mois, et les 600 euros de loyer à payer, c’était tout bonnement impossible pour m’en sortir .”

    Endettée jusqu’au cou, elle ne peut plus payer son loyer. Vient alors la convocation du juge de paix, contacté par le propriétaire, qui lui indique que, pour le 8 mars, elle doit quitter la maison everoise, et risque de se retrouver à la rue. Une décision qu’elle ne conteste pas. “Je comprends mon propriétaire et ne lui en veux pas.”

    Depuis son intronisation, si l’on peut dire, Thérèse a perdu énormément de poids, pour atteindre 34 kilos. À cette maigreur s’ajoutent “l’arthrose et l’asthme . Je n’en peux plus, je ne sais presque plus monter les escaliers, et je dois m’occuper de mon fils handicapé de surcroît !”.

    Selon elle, l’ASBL de Mathilde Pelsers, l’infirmière sociale qui a créé le concours, lui a proposé un autre domicile. “Mais c’est bien trop loin, à Saint-Nicolas ! Je les remercie néanmoins, car ils me font confiance et savent que je suis quelqu’un de maniaque, qui rend chaque lieu où j’habite dans un état impeccable. Mais j’ai toujours été d’ici, de Schaerbeek… De plus, je dois commencer à apprendre à parler néerlandais, à 60 ans…”

    Sa garantie locative de 1.900 euros également envolée, Thérèse se résout à quitter la rue Godefroid Kurth, le 8 mars. Une solution temporaire s’offre à elle : s’installer chez sa fille, au sein d’un ménage bien solide. “Mais je ne veux pas m’incruster trop longtemps dans leur vie…”  Elle recherche donc, désespérément, un petit appartement pour son chien, elle et son fils, qui, elle l’espère, pourra travailler ensuite dans un atelier protégé.

     

    Aujourd'hui je n'ai plus aucun doute sur la " perversité"  de ce type de concours.

    En effet,  ce concours a mis au devant de la scène des femmes fragilisées par les épreuves et la misère..

    Pendant une année, elles ont été   transportées dans un tourbillon médiatique , allant  de défilés en défilés ,  sur  les plateaux de TV, dans des émissions radio,  participant  à des  manifestations organisées  dans des grands magasins etc....

    Tout le monde applaudissait ce conte de fée  sordide !  comme s'il suffisait   de quelques conseils de relooking, de promesses de réinsertion , et même  d'un logis pour les réinsérer durablement  !

    Aveuglées par les paillettes , ces femmes ont cru au bonheur retrouvé ! et c'est en cela que ce concours  (et la marchandisation de la misère qu'il a généré )  est   monstrueux  car il a donné de faux espoirs à des personnes fracassées par l'existence.

    Les organisateurs de ce concours, les sponsors, les médias et notre silence ont tué ces femmes... si la rue a tué leur corps , nous avons tué  leur dignité ! 

     

     


    Miss SDF Belgique suscite des questions [news]... par ReadyHdFull

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