jeudi, 17 novembre 2011
Travailler plus pour crever plus !
Oyé oyé braves gens il ne fera pas bon d'être malade lorsqu'on est un salarié précaire !
le 4 ème jour de carence arrive.
Ce quatrième jour de carence va fragiliser encore les plus fragiles .
Voici mon analyse
Lorsque les salariés du secteur privé sont malades , l'assurance maladie ne paie des indemnités journalières qu'après un délai de carence de 3 jours.
Désormais, les salariés posant un arrêt de maladie auront un délai de carence de 4 jours.
Selon le code du travail, lorsque vous avez un an d'ancienneté , l'employeur doit compléter le salaire à l'issue du délai de carence .
90 % du salaire brut durant 30 jours, immédiatement pour les maladies professionnelles et les accidents du travail,
et à partir du 11ème jour en cas de maladie ou d'accident,
66 % du salaire brut, durant les 30 jours suivants.
Les durées augmentent de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté.
De nombreuses conventions collectives améliorent ce système avec le versement du salaire dès le premier jour.
Dans la plupart des conventions collectives il faut avoir un minimum d'ancienneté pour bénéficier de ce maintien de salaire ( en général les conventions suivent la loi sur la mensualisation soit un an d'ancienneté)
Les accords internes viennent également améliorer la couverture sociale des salariés.
Oui mais......
Selon les syndicats , 50% des entreprises seraient couvertes par de tels accords
En revanche pour le Medef ce serait entre 80 et 90%.
Impossible de savoir quelles sont les entreprises qui prennent en charge le salaire pendant le délai de carence, estiment syndicats et Medef.
J'ai cherché des statistiques sur le sujet et il ressort que :
- 90 % des salariés sont couverts par une convention collective
- la plupart des conventions collectives prévoient une ancienneté minimale pour assurer un complément de salaire
- les régimes de prévoyance mis en place dans les entreprises suivent en général les dispositions conventionnelles
De ces brêves constatations il ressort que :
- les salariés qui se verront pénalisés par ce quatrième jour de carence sont
Les 10% de salariés ( quelle que soit leur ancienneté dans l'entreprise) non couverts par une convention et qui n'auront que la loi sur la mensualisation : ce qui représentent déjà plus d'un million de personnes.
Les salariés qui sont couverts par une convention mais qui nont pas l'ancienneté nécessaire pour bénéficier de la couverture dès le premier jour, ces salariés sont les nouveaux embauchés mais surtout les salariés embauchés de manière précaire en CDD.
Sachant que le travail précaire a explosé ces dernières années et qu'il touche de plein fouet notre jeunesse mais aussi les salariés qui après avoir perdu un emploi stable acceptent une embauche précaire ce sont bien ces salariés déjà en situation d'instabilité qui vont être pénalisés par ce quatrième jour de carence !
Coté syndical, Jean-Marc Bilquez, en charge de la protection sociale à Force Ouvrière, craint que les conventions collectives ne restent sur leurs chiffrages actuels de 3 journées prises en charge par les employeurs. "Le quatrième jour, c'est un jour qui ne sera pas payé par l'entreprise". "C'est profondément injuste pour les salariés du privé comme pour les fonctionnaires. C'est une punition collective!"
Un salarié au smic malade 4 jours perdra environ 150 € nets
avec un délai de carence de 3 jours il n'en perdait que 125
et 25 euros sur un salaire net de 1073 € c 'est beaucoup !
Un détail qui a échappé aux nantis qui ont décidé cette injustice !
Ce n'est plus travailler plus pour gagner plus c'est travailler plus pour crever plus.....

23:25 | Commentaires (5) | Envoyer cette note | ACTUALITES, SANTE, VOS DROITS | Lien permanent |
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Commentaires
Bien vu Artémis,
je rajoute juste un "détail" est lié à ce problème. De nombreux salariés (dont moi-même) perdent en fait beaucoup plus que cela en cas de maladie.
Simplement parce que leur salaire est en partie constitué de primes et que certaines de ces primes sont perdues lorsque l'on est malade.
Ainsi, dans mon cas, au 5ème jour je perds 100%, soit la totalité de la prime d'assiduité (telle que pratiquée là où je travaille évidemment). Cela représente dans mon cas 125 euros supplémentaires, au 5ème jour, je précise bien.
D'autre part, de nombreuses maladies dues au travail ne sont pas reconnues comme telles. En particulier, certaines maladies de type musculo-squelettiques (les fameux TMS), avec comme conséquence qu'il devient de plus en plus douloureux de travailler...
S'il y a des abus, et il y en a, c'est sûr, il y en a aussi côté politique et administratif. Dans mon atelier (mécanique industrielle), sur 22 personnes, 5 souffrent violemment du dos, 3 ont des tendinites handicapantes aux mains, 2 boitent, 2 sont devenues dépressives, etc. Résultat d'une vie de travail épanouissante, non?
NON, nous ne faisons pas exprès de tomber malades...
En attendant, l'évasion fiscale continue, on parle de 50 milliards (http://www.paradisfj.info/spip.php?article1479), mais là, rien, motus. On traque 200 millions sur le dos des plus pauvres et on "oublie" de fermer le robinet côté "optimisation fiscale", spéculation et finance.
On se moque tu pauvre et on exploite le travailleur jusqu'à la corde. On se moque du peuple. Ce qui fait profondément défaut dans cette société absurde, c'est le RESPECT !
Bien cordialement.
Écrit par : RANZATO | vendredi, 18 novembre 2011
Bien vu Artémis,
je rajoute juste un "détail" est lié à ce problème. De nombreux salariés (dont moi-même) perdent en fait beaucoup plus que cela en cas de maladie.
Simplement parce que leur salaire est en partie constitué de primes et que certaines de ces primes sont perdues lorsque l'on est malade.
Ainsi, dans mon cas, au 5ème jour je perds 100%, soit la totalité de la prime d'assiduité (telle que pratiquée là où je travaille évidemment). Cela représente dans mon cas 125 euros supplémentaires, au 5ème jour, je précise bien.
D'autre part, de nombreuses maladies dues au travail ne sont pas reconnues comme telles. En particulier, certaines maladies de type musculo-squelettiques (les fameux TMS), avec comme conséquence qu'il devient de plus en plus douloureux de travailler...
S'il y a des abus, et il y en a, c'est sûr, il y en a aussi côté politique et administratif. Dans mon atelier (mécanique industrielle), sur 22 personnes, 5 souffrent violemment du dos, 3 ont des tendinites handicapantes aux mains, 2 boitent, 2 sont devenues dépressives, etc. Résultat d'une vie de travail épanouissante, non?
NON, nous ne faisons pas exprès de tomber malades...
En attendant, l'évasion fiscale continue, on parle de 50 milliards (http://www.paradisfj.info/spip.php?article1479), mais là, rien, motus. On traque 200 millions sur le dos des plus pauvres et on "oublie" de fermer le robinet côté "optimisation fiscale", spéculation et finance.
On se moque tu pauvre et on exploite le travailleur jusqu'à la corde. On se moque du peuple. Ce qui fait profondément défaut dans cette société absurde, c'est le RESPECT!
Bien cordialement.
Écrit par : RANZATO | vendredi, 18 novembre 2011
Désolé Artémis, j'ai cru que mon commentaire n'apparaissait pas et je l'ai envoyé deux fois.
J'en profite pour corriger l'adresse de l'article cité (sur les 50 milliards d'évasion fiscale (il y a une parenthèse et une virgule en trop):
http://www.paradisfj.info/spip.php?article1479
Merci pour vos articles,
À bientôt.
Écrit par : RANZATO | vendredi, 18 novembre 2011
Un article très bien !!!!!! Ce qui prouve que nos dirigeants n'ont mème pas un pois chiche a la place du cerveau ....( parce que un pois chiche ,ça peut évoluer ) mais un grain de sable ,mème que c'est trop gros ..... Salutations .
Écrit par : jcé | samedi, 19 novembre 2011
Avec l'allongement du délai de carence, ne risque-t-on pas de voir des gens repartir trop vite au travail avant d'être totalement rétablis pour ne pas perdre d'argent avec le risque d'une rechute qui aurait vite de transformer une maldie bénigne en maladie grave qui coutera beaucoup plus cher à la Sécurité sociale?
Écrit par : Erchinoald | lundi, 21 novembre 2011
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