lundi, 01 août 2011
Bientôt des arrêts de travail "normalisés " pour faire des économies !
Dans la lettre 37 d'information diffusée aux médecins on peut lire ceci :
Si l’interruption de l’activité professionnelle fait partie intégrante du traitement médical, pour certaines pathologies ou situations médicales, la durée de l’arrêt de travail nécessaire au rétablissement du patient peut être difficile à évaluer.
Un arrêt de travail dont la durée est inadaptée peut avoir des effets délétères. Plus l’arrêt est long, plus la reprise est difficile : près de 50 % des personnes arrêtées plus de six mois ne reprennent pas leur activité professionnelle1.
Se pose donc la nécessité de prévenir « la chronicité » des arrêts et ses corollaires à plus ou moins long terme : la perte de l’emploi, la désinsertion professionnelle et sociale.
Ces durées, qui se fondent sur les recommandations ou les avis de la Haute Autorité de santé (HAS) et sur des références scientifiques internationales, sont les suivantes en fonction notamment du type d'emploi et de la charge de poids au travail :
lombalgie commune (ex : 1 à 35 jours),
troubles anxio-dépressifs mineurs (ex : 14 jours)
suites des opérations du canal carpien (ex : de 7 à 56 jours),
suites des opérations du ligament croisé antérieur du genou (ex : de 35 à 180 jours),
suites des opérations des varices des membres inférieurs (ex : 14 à 28 jours),
gastro-entérite virale (3 jours).
L' assurance maladie va élargir sa grille, car dès la rentrée 2011 , elle va diffuser des durées recommandées d'arrêt de travail pour les affections suivantes : grippe,bronchite aiguë de l'adulte,
sinusite,angine,cervicalgie,entorse de la cheville,thyroïdectomie.
De nouvelles fiches repères seront proposées en 2011 concernant d'autres pathologies, afin de couvrir "la grande majorité des situations les plus fréquemment rencontrées par les médecins".
Que l'assurance maladie mette en place ce genre de grille devrait nous alerter .
- En effet , cette normalisation de la durée des arrêts de travail fait fi de la particularité de chaque patient . Elle entérine une orientation désuète de la médecine qui consiste à soigner la pathologie avant de soigner la personne dans toute sa complexité .
- Ces "normes" ne sont pas mises en place pour permettre une meilleure qualité de soins mais je cite " prévenir « la chronicité » des arrêts et ses corollaires à plus ou moins long terme : la perte de l’emploi, la désinsertion professionnelle et sociale"
- Ces normes complètent en fait l'arsenal mis en place par le gouvermenet pour diminuer le secteur des dépenses des arrêts de travail ( intensification des contrôles, liaison entre les médecins contrôleurs des employeurs et les médecins conseils des régimes SS etc..).
- Personnellement , je suis persuadée que l'assurance maladie va inclure ces normes dans les objectifs de soins que chaque médecin doit atteindre dans le cadre des CAPI, ou Contrats d’amélioration des pratiques individuelles qui ont rencontré en 2010 un succès certain : 14 500 médecins sur 55 000 ont signé ce contrat d’objectifs.
Proposés aux médecins généralistes, ces Capi prévoient que les médecins s’engagent à des actions de prévention (vaccination des plus de 65 ans contre la grippe, dépistage du cancer du sein...), à délivrer des prescriptions « optimisées » (antibiotiques, statines, antidépresseurs...) en promouvant les génériques... en échange d’une rémunération annuelle supplémentaire liée aux résultats (au maximum 7 euros par patient et par an), d’une aide à la sensibilisation des patients à la prévention et d’un suivi régulier de l’activité....
Le premier bilan annuel ,fait en 2010, laisse apparaître une contrepartie financière moyenne de 3 000 euros par médecin signataire.
Aujourd'hui , plus d’un médecin traitant concerné sur trois (soit 15 110 médecins) a signé ce type d'engagement .
Près de 6 000 médecins (soit 66 % de ceux pour lesquels le contrat a atteint sa première année d’échéance) ont dépassé les seuils prévus, bénéficiant d’une rémunération complémentaire de 3 100 euros en moyenne.
Les CAPI ont été instaurés contre l’avis des syndicats médicaux, de l’Ordre, et de l’industrie pharmaceutique. L’Ordre en particulier considère le CAPI comme « antidéontologique » parce qu’il incite les médecins à orienter leurs prescriptions vers les génériques.
Mais l’Assurance-maladie entend bien le généraliser et Frédéric Van Roekeghem, directeur général de la CNAM présentant le bilan de ces contrats a déclaré au Quotidien du médecin (28/06/2010) que le CAPI « préfigure la réforme de la rémunération de la médecine générale », et imaginé son extension aux autres spécialités.
je vous invite à prendre connaissance de ce contrat sur le site Ameli.
14:00 | Commentaires (3) | Envoyer cette note | SANTE | Lien permanent |
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Commentaires
Je ne vais plus regarder mon médecin avec les mêmes yeux à présent, le soupçonnant de ne voir au travers de mes pathologies non plus un acte d'aide à la personne mais un moyen de plus pour (gagner gros)
Ecoeurante cette société qui ce profile, j'avais déjà entendu parler des (tris) dans les hôpitaux en cas de pandémie entre les (actifs) qu'il faut soigner, et les (non actifs ou non reproductifs)que l'on laissera de coté.
L'humain devient Inhumain et s'en félicite au nom du (toujours plus de profit!!!) A vomir.
Écrit par : cat1125 | mardi, 02 août 2011
A force de " planquer "les copains dans les bonnes places ,voila le résultats que l'on a ! C'est vraiment "dégueulasse " ,de détruire un pays comme la France , pour se faire " caresser "dans le dos ,et s'enrichir sur le dos des autres .... Salutations .
Écrit par : jcé | mercredi, 03 août 2011
Rien de surprenant.... On va vers la société à deux voire trois vitesse. On désintègre un système que le monde nous envie et nous copie (cf les USA). On nous instaure un pseudo système plus efficace qui ne profitera qu'aux nantis.
Quant aux pauvres, il n'y a plus qu'à revenir au Moyen-Age et redevenir des cerfs.
Écrit par : Nedhain | mercredi, 03 août 2011
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