vendredi, 20 août 2010
Une histoire "d'amour "sur la toile qui se termine par un licenciement pour faute grave.
Une histoire "d'amour "sur la toile qui se termine par un licenciement pour faute grave.
j'ai consacré plusieurs articles à l'utilisation d'internet au travail à des fins non professionnelles. ( droit et internet )
Peu à peu une jurisprudence se dessine : l'utilisation d'internet de manière non abusive étant en général admise par les tribunaux....
L'affaire qui suit en est une illustration "amusante" sauf pour les protagonistes cela va sans dire.
Pour vous faire saliver d'impatience je commencerai mon billet par l'étude faite récemment par la société Olféo .
Selon la société Olféo, les salariés français passent une heure par jour en moyenne à consulter Internet pour des motifs autres que professionnels.
Selon sa dernière étude : ( téléchargement de l'étude)
- En 2009, le temps passé sur Internet au bureau est de 86 minutes, soit une augmentation de 77% depuis 2004.
- Sur ces 86 minutes, 58 minutes sont à usage non professionnel et 28 minutes à usage professionnel, soit une diminution globale de 4 minutes entre 2008 et 2009.
- L'utilisation non professionnelle du web représente 4 h 48 par semaine soit 12% de moins qu’en 2008 ou 29 jours par an contre 33 en 2007.
- Le temps perdu sur Internet représente aujourd’hui une perte de productivité de 13.8% contre 15.7% en 2008.
- L'utilisation à des fins personnelles d’Internet coûte 2.82 fois le salaire d’un collaborateur par an contre 2 fois en 2008
- Aujourd’hui l’usage incontrôlé d’Internet coûte à l’entreprise en moyenne 5 semaines de congés payés en plus et 2 mois de salaire par an et par employé.
Je ne ferai aucun commentaire sur cette étude que je laisse à votre appréciation.
Venons en au "vif" du sujet : à notre affaire dont la réalité dépasse la fiction.....
Il était une fois un salarié prénommé Stéphane , manager de son état qui s'amusait pendant son temps de travail à envoyer à un de ses subordonnés prénommé François des courriels en se faisant passer pour....... une femme Irène.....
Le subordonné François qui ne savait pas qu'il échangeait avec son supérieur hiérarchique tomba follement amoureux d' Irène .
En un an sur la période du 13 septembre au 15 octobre 2004 plus de 3 000 messages furent échangés entre Irène et François... les messages démontrent que la fausse Irène qui est en fait Stéphane batifole sur le net durant son temps de travail, et par l'intermédiaire de son poste informatique de travail.
Nous apprenons des pièces du dossier que " Stéphane amène François son subordonné à entretenir une relation amoureuse virtuelle avec « Irène » à se déshabiller et à se « donner » devant la caméra ; que le scénario mis en scène par Stéphane pour tromper son subordonné a été d'autant plus efficace qu'il profitait de la proximité de ses liens professionnels avec François pour recevoir ses confidences et développer ainsi son emprise psychologique......."
François est tellement épris qu'il parlait d'Irène à son manager Stéphane « tous les jours »
Stéphane fait alors mourir « Irène » dans un accident de voiture en janvier 2005 alors que François commençait à chercher activement à remonter la trace de la messagerie d'Irène...
Le pot aux roses ayant été découvert Stéphane alias Irène est licencié pour faute grave c'est à dire sans indemnité ni préavis
Je ne sais pas ce qu'il advint de François qui a fait preuve d'une naiveté sans borne et qui dans cette affaire n'était pas blanc comme neige !
Quant à Stéphane , notre Casanova du net qui ne manque pas d'air , il a contesté son Licenciement devant le Conseil de Prud'hommes. ( Conseil de Prud'hommes, puis Cour d'appel ont estimé que le licenciement pour faute grave était bien justifié ) ouf.....
Tenace , Stéphane fait un pourvoi en Cassation au motif qu'un licenciement ne peut être justifié pour des faits relevant de la vie privée du salarié !
" Mais attendu que la cour d'appel, après avoir relevé que le salarié avait, sous des pseudonymes féminins, entretenu pendant plus d'un an avec un de ses subordonnés une correspondance soutenue, avec son ordinateur professionnel et pendant son temps de travail, consistant à le manipuler pour lui faire croire qu'il entretenait une relation amoureuse et sexuelle virtuelle avec successivement deux femmes afin de développer son emprise psychologique sur lui, a pu, sans méconnaître le respect dû à la vie privée du salarié, considérer que ces agissements constitutifs de violence morale justifiaient la rupture immédiate de son contrat de travail et constituaient une faute grave ;
23:00 | Commentaires (1) | Envoyer cette note | INTERNET | Lien permanent | Tags : internet, salarié, licenciement, vie privée, droit, jurisprudence |
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Commentaires
C'est absolument normal. on récolte ce que l’on sème
Écrit par : femmes russes | dimanche, 17 octobre 2010
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