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Les enfants victimes collatérales du mal logement

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L'avenir compromis de nos enfants .....

Le Rapport mal-logement 2010 de la Fondation Abbé Pierre vient de paraître.

m_1255781175.jpgParmi  les victimes du mal-logement, 600 000 enfants souffrent au quotidien et ont un avenir particulièrement compromis.

La précarité qui frappe douloureusement nos concitoyens nourrit, renforce et aggrave les conséquences du mal-logement sur les personnes défavorisées et atteint désormais les classes moyennes .

Dans  un contexte économique déprimé  le déficit d’offre de logement accessible s’est encore accentué et  rend de plus en plus difficile l’accès au logement, non seulement pour  les populations les plus modestes, mais aussi pour les personnes appartenant aux catégories intermédiaires et aux couches moyennes.

L’économiste Michel Mouillart estime  que « l’insuffisance de la construction devrait représenter a minima 150 000 logements pour les seules années 2008 et 2009 » portant le déficit global qui s’est creusé depuis un quart de siècle à plus de 900 000 logements.

Les dépenses liées au logement pèsent de plus en plus lourd dans le budget des ménages dont il constitue désormais le premier poste de dépense. L’augmentation du coût du logement  rend les individus plus sensibles aux aléas de la vie et ne leur garantit pas une sécurité durable.
Selon les comptes du logement, la dépense moyenne engagée par les ménages pour se loger est passée de 7 890 € par an en 2002 à 9 700 € en 2007 ( soit  une augmentation de 23 % supérieure à celle de l’évolution des prix à la consommation durant la même période.)

Les indicateurs  concernant les expulsions locatives sont en hausse :

  • 105 271 décisions de justice d'expulsions  en 2008, + 25 % depuis 2002,
  • 41054  demandes de concours de la force publique en 2008  + 7,6 % depuis 2002

20-1317-enfant-taudis.jpgAvec la crise,  les risques  de basculement dans la précarité résidentielle se sont aggravés.
Si une solution d’hébergement peut être proposée à certains,  pour le plus grand nombre c’est le glissement  vers de  multiples formes d’habitat précaire ou indigne, de l’utilisation de locaux qui ne sont pas destinés à l’habitation, à l’habitat chez des tiers, en passant par les squats, le recours aux campings ou l’utilisation de voitures ou de camions comme domicile.
Ce sont ces solutions par défaut qui servent de soupape quand l’hébergement en structure est saturé et quand les possibilités d’accès à un logement sont trop limitées.

En 2001 selon  l’Insee  20 % des 86 000 personnes sans domicile étaient des enfants

En 2005  toujours selon l'Insee près d’un million  d’enfants (sur 13,2 millions) vivent sous le seuil de pauvreté.

Le mal-logement subi par les enfants se retrouve dans quatre grandes catégories de situation :

  • les enfants qui vivent « à la rue » avec ou sans leur famille
  • les enfants appartenant à des familles qui sont hébergées chez des tiers ou à l’hôtel,
  • ceux qui doivent vivre dans des structures d’hébergement collectives
  • les enfants qui doivent subir de (très) mauvaises conditions d’habitat (logements dégradés, sans confort, ou surpeuplés).

Les effets les plus connus du mal-logement sur l’enfant sont ceux qui sont occasionnés par des conditions d’habitat dégradées : saturnisme lié à la présence de plomb, pathologies respiratoires (asthme…), infections dermatologiques (champignons…) dues à des problèmes de ventilation et de chauffage, ou encore accidents domestiques provoqués par la vétusté des installations électriques

L’absence ou les mauvaises conditions de logement affectent la vie de l’enfant à plusieurs niveaux : la santé physique et mentale, les apprentissages et la réussite scolaire, la sociabilité et enfin la vie familiale. Sachant que les dommages subis par les enfants mal logés ont tendance à se cumuler et à se renforcer mutuellement.


Il y a 50 ans ! et c'est encore  le cas aujourd'hui

voici les chiffres accablant du mal logement  concernant les enfants

Estimation du nombre d’enfants concernés:

  • Sans domicile fixe (1) 18 600
  • Habitat de fortune (cabane, construction provisoire…) (2) 2 070
  • Résidence principale en chambre d’hôtel (2) 2 500
  • Camping ou mobile home (3) 22 200
  • Hébergement chez des tiers faute d’autres solutions, dans des
  • conditions de logement très difficiles (4) 33 300
  • Centre d’hébergement (CHRS et centres maternels) (5) 16 000
  • Logements inconfortables ou de mauvaise qualité (6) 50 658
  • Logements en surpeuplement accentué (7) 255 336
  • Location ou sous-location d’un meublé (8) 142 147
  • Logements sans droit ni titre occupés suite à une décision de justice prononçant l’expulsion (9) 48 785
  • Total général 591 595 enfants

(1) D’après l’enquête Sans Domicile 2001 de l’Insee qui comptait 86 000 personnes privées de domicile dont 16 000 enfants (soit 18,6 %) ; dans la mesure où tous les observateurs s’accordent à dire que le nombre des personnes sans domicile fixe a atteint aujourd’hui un minimum de 100 000 personnes, c’est sur cette estimation que nous nous appuyons. Pour obtenir le nombre d’enfants concernés, nous avons appliqué à ce total de 100 000 le ratio « enfants/population totale » de 18,6 % présenté dans les résultats de l’enquête SD 2001.
(2) D’après le Recensement général de la population de 1999. Pour obtenir le nombre d’enfants concernés, nous avons appliqué le ratio « enfants/population totale » présenté dans les résultats de l’enquête logement 2006 sur l’inconfort.

(3) D’après les données du CNRS (France Poulain, chercheuse) et le Pôle national de lutte contre l’habitat indigne (2005). Pour obtenir le nombre d’enfants concernés, nous avons appliqué le ratio « enfants/population totale » présenté dans les résultats du Recensement général de la population de 2006 (soit 22,2 %).
(4) Fondation Abbé Pierre d’après l’Enquête logement 2002. Pour obtenir le nombre d’enfants concernés, nous avons appliqué le ratio « enfants/population totale » présenté dans les résultats du RGP 2006.
(5) CERC, Les enfants pauvres en France, Rapport n°4, 2004.
(6) D’après l’exploitation de l’Enquête logement 2006 de l’Insee réalisée par Jean-Claude Driant pour la Fondation Abbé Pierre et l’étude de la DGALN relative à l’inconfort.
(7) Exploitation de l’enquête logement 2006 de l’Insee réalisée par Jean-Claude Driant pour la Fondation Abbé Pierre sur les enfants de 18 ans et moins.
(8) D’après Insee, Enquête logement 2006. Pour obtenir le nombre d’enfants concernés, nous avons appliqué le ratio « enfants/population totale » présenté dans les résultats du RGP 2006 (soit 22,2 %).
(9) Fondation Abbé Pierre d’après les données du ministère de l’Intérieur. Pour obtenir le nombre d’enfants concernés, nous avons appliqué le ratio « enfants/population totale » présenté dans les résultats du RGP 2006.

 

Commentaires

  • Travail impressionnant et bien argumenté, il ne reste plus grand chose à dire, les chiffres sont accablants et soulignent parfaitement la dégradation de la politique du logement. Compliments, du beau travail.

    Pour les habitats de fortunes, les chiffres ne sont évidemment plus les mêmes mais vous ne manquez pas de préciser leurs origines et les temps d'édition, 1999 et 2006, ces chiffres ont considérablement grossis depuis et la "crise" n'a pas arrangé les choses..
    Certaines mairies aujourd'hui cachent ces faits, on ne peut pas toujours les incriminer, elles ont de moins en moins d'argent pour intervenir et fournir le minimum nécessaire aux mal ou pas logés..

Les commentaires sont fermés.

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