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Quoi de neuf à l'assemblée nationale ?

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blablas à l'assemblée nationale

les réponses apportées  par le gouvernement  aux questions  posées par les députés  lors de la séance de l'assemblée nationale  du mardi premier décembre  ne reluisent pas par leur pertinence.

Ce sont toujours les mêmes  qui sont en piste :

Roselyne Bachelot la Madone  de la lutte contre le sida

Luc Chatel et Laurent Wauquiez les jongleurs de chiffres

Fadéla Amara le verre à moitié vide ou à moitié plein  une question d'optimisme ( voir article sur les critiques de  la politiqe de la ville  clic ici )

Martin Hirsch le VRP du RSA et des contrats aidés

voici les extraits de cette séance

  • Journée mondiale contre le sida

Roselyne Bachelot  devient la Madone de la lutte contre le sida  elle porte le ruban rouge  pour prouver son action militante et veut "sanctuariser "la lutte contre cette pandémie ' ( terme  à la mode).

Mme Danièle Hoffman-Rispal pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

L’Organisation mondiale de la santé a choisi de placer cette journée sous le signe de la lutte contre les discriminations et de l’accès universel aux soins.

Au niveau national, les revendications des associations font écho aux thèmes choisis par l’OMS : elles réclament par exemple que l’on agisse davantage contre les discriminations à l’embauche ou sur le lieu de travail, que l’obtention de prêts bancaires soit facilitée et que l’on développe la prévention ciblée, notamment à l’intention des jeunes.

En matière d’accès aux soins, le témoignage des associations ainsi que le rapport Yéni publié l’année dernière ont malheureusement montré que les socialistes avaient raison de craindre les conséquences de l’instauration des franchises médicales et de l’augmentation des dépassements d’honoraires et du forfait hospitalier. Chaque année, au moins cinq cents euros restent ainsi à la charge des personnes vivant avec le VIH, qui relèvent pourtant du régime des affections de longue durée.

Dans ce contexte, nous nous inquiétons des déclarations de votre confrère, M. Woerth, qui a annoncé, en vue de combler les déficits sociaux, « un travail sur les affections de longue durée qui ouvrent droit à une prise en charge à 100 % ».

Madame la ministre, vous qui refusez obstinément la suppression des franchises médicales, que nous proposez-vous pour réduire le reste à charge des malades du sida et améliorer leur qualité de vie ?

 

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports.

bachelot.jpgNous sommes tous mobilisés, et le Gouvernement au premier chef, dans la lutte contre le sida et les autres maladies sexuellement transmissibles. Il suffit de voir, en ce 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, le grand nombre d’entre nous qui arborent le ruban rouge pour témoigner de leur action militante

Notre pays a déjà enregistré des résultats tout à fait considérables en la matière. Ainsi, au cours des cinq dernières années, le nombre de contaminations a diminué de 22 %. Cela témoigne de l’implication totale de notre pays sur tous les fronts : la prévention, la réduction des risques sexuels, le dépistage, la prise en charge thérapeutique, la lutte contre les discriminations, la prise en charge médico-sociale et la recherche.

Nous devons continuer. Voilà pourquoi nous voulons maintenir un niveau élevé de protection et de prise en charge sanitaire. Nous bénéficions déjà des meilleures au monde, qui s’étendent même aux personnes en situation irrégulière. À cette fin, nous avons sanctuarisé les crédits consacrés par la loi de finances à la lutte contre le VIH-sida. En outre, nous sommes le deuxième contributeur international et le premier en Europe.

Ainsi, madame la députée, dans un contexte de crise économique profonde, nous avons tenu à sanctuariser la lutte contre le sida. Dans quelques semaines, je présenterai en outre un nouveau plan qui abordera tous ces points. Face à cette pandémie, nous devons en effet rester unis et mobilisés.

 

 

 

  • Traité de Lisbonne : auto satisfaction de la majorité et  génuflexion devant le Grand vizir Sarkozy

Mme Jacqueline Irles pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire..

Aujourd'hui, mardi 1er décembre, le traité de Lisbonne entre en vigueur.

Je tiens à saluer le rôle éminent du Président de la République, Nicolas Sarkozy. À l'origine du traité simplifié signé par les vingt-sept pays européens à Lisbonne, il a fourni nombre d'efforts avec Angela Merkel depuis plus de deux ans afin d’obtenir ce succès européen.

Désormais, grâce au traité de Lisbonne, l'Europe sera dotée d'un président permanent et d'un haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité pour au moins deux ans et demi.

En outre, vingt-six commissaires européens ont été nommés afin d'assister José Manuel Barroso dans la gestion quotidienne de l’Union européenne, notamment pour œuvrer à la sortie de crise.

Je veux rappeler que Nicolas Sarkozy, pendant la présidence française de l'Union européenne, avait proposé aux Vingt-sept le renforcement de la régulation des marchés financiers. Au nom de l’ensemble de mes collègues, je tiens à féliciter Michel Barnier qui a été nommé au poste clé de commissaire chargé du marché intérieur.

 

M. Pierre Lellouche, secrétaire d'État chargé des affaires européennes.

Le traité de Lisbonne entre en effet en vigueur aujourd’hui même, 1er décembre. C’est à la fois l’aboutissement d’un long processus historique et une nouvelle page qui s’ouvre dans l’histoire de l’Europe.

Depuis 1989, l’Europe s’est ouverte à douze pays. Il le fallait, dans une perspective de paix. Les institutions ont entraîné davantage de difficultés. Comme vous l’avez rappelé, c’est grâce à la vision et la volonté du candidat puis du président Nicolas Sarkozy que ce traité a pu être signé. Cela nous a ainsi permis de sortir de l’impasse dans laquelle nous avait plongés le référendum de 2005.

À cet égard, permettez-moi de rappeler que vous avez voté en faveur de ce traité, à la différence d’autres candidats qui souhaitaient un autre référendum. Pour l’Irlande, c’est également le président Sarkozy qui a obtenu un deuxième vote.

Aujourd’hui, les institutions sont en place avec un président de l’Europe et un haut représentant. Nous avons poussé l’influence française grâce à Pierre de Boissieu, secrétaire général, et Michel Barnier, qui, pour la première fois, obtient le poste des affaires financières au sein de l’Union.

Cela dit, mesdames, messieurs les députés, les institutions ne sont pas une fin en soi, je tiens à le dire. Elles doivent être mises au service d’une volonté et d’un projet, lesquels animent le Président de la République, le Premier ministre et le Gouvernement. Le peuple ne nous jugera pas sur les institutions, il nous jugera sur la capacité des États à fabriquer des politiques communes en matière d’industrie, d’énergie, d’immigration, de sécurité intérieure et extérieure.

Voici les grands chantiers qui sont devant nous. Travaillons ensemble pour développer l’influence française en Europe.sarkozy3.jpg

 

  • Inégalités sociales

Luc Chatel ne répond pas à la question pour une fois pertinente posée par le député François Asensi .En revanche il jongle avec les chiffres (invérifiables ) de création d'emplois  comme son ami Laurent Wauquiez .

Luc Chatel et Laurent Wauquiez deux jongleurs de foire dans le gouvernement  cela commence à faire beaucoup ! voir mon article sur Laurent Wauquiez clic ici

 

M. François Asensi pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine..

Tous les indicateurs économiques et sociaux sont en alerte avec 50 000 chômeurs supplémentaires au mois d’octobre. La pauvreté s’aggrave, les classes moyennes se paupérisent. Les Restos du Cœur s’attendent à un afflux record cet hiver avec plus de 110 millions de repas distribués. Les inégalités sociales explosent.

Pourtant, vous invoquez une croissance au coin du tournant pour mieux vous en remettre à la main invisible du marché. Mais la seule sortie de crise que l’on constate bénéficie aux banquiers et aux actionnaires – la BNP enregistre 4 milliards de bénéfices. C’est le retour des jours heureux pour les dignitaires du CAC 40 et les traders de New York, qui ont accumulé 140 milliards de bonus.

Rien n’a donc changé dans le capitalisme financier. L’argent public dégagé pour sauver les banques n’a servi qu’à nourrir la spéculation et regonfler la bulle financière.

Dès lors, le débat dangereux que vous proposez autour de l’identité apparaît comme une entreprise de division destinée à nous détourner de cette réalité sociale. Ce débat méritait pourtant de rassembler la société française loin des instrumentalisations politiciennes et de la privatisation de l’État par l’UMP.

Vous évoquez la cohésion de la nation, mais comment peut-on parler de cohésion quand 40 % de jeunes des quartiers sensibles sont au chômage et que la moitié vit sous le seuil de pauvreté, selon un rapport publié hier ?

L’égalité républicaine, véritable ADN de notre nation, est bafouée quotidiennement dans ces territoires.

Monsieur le Premier ministre, allez-vous entendre les Français en difficulté et leur adresser un signe de justice en exonérant les bénéficiaires du RSA de la taxe d’habitation et en augmentant significativement le SMIC au 1er janvier 2010 ?


M. Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, porte-parole du Gouvernement.

Un chiffre résume la résistance de notre pays face à la crise : à la fin de l’année 2009, les pays de la zone euro enregistreront un recul de croissance de 4,4 % quand, en France, l’évolution du PIB se situera entre moins 2 % et moins 2,1 %. Bien sûr, monsieur Asensi, je ne fais là aucun triomphalisme. Simplement, je voudrais rappeler qu’il y a tout juste un an, le Président de la République prenait la décision de lancer un grand plan de relance de l’économie par l’investissement. Aujourd’hui, force est de constater…

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Contrairement à ce qui avait été proposé sur ces bancs, nous avons fait le choix de l’investissement. Nous avons fait le choix de sauver la filière automobile : 220 000 primes à la casse étaient prévues, ce sont plus de 500 000 véhicules qui vont bénéficier de ce dispositif cette année. Nous avons mobilisé 350 millions d’euros supplémentaires dans les quartiers que vos évoquez pour la rénovation urbaine.

Nous avons mis en place le dispositif des écoles numériques rurales pour que la relance bénéficie également aux territoires ruraux.

Nous avons veillé aussi à ce que la croissance ne laisse personne au bord du chemin.  Le dispositif d’activité partielle a ainsi permis de sauver 300 000 emplois. Le dispositif « zéro charge » est à l’origine de la création de 600 000 emplois, en pleine crise, dans les très petites entreprises. Enfin, avec le revenu de solidarité active et avec les dispositifs fiscaux, nous avons veillé au sort des plus démunis.

Monsieur Asensi, vous le voyez, nous sommes totalement mobilisés sur le plan économique et les choix que nous avons faits il y a un an s’avèrent aujourd’hui pertinents.


Situation des banlieues

Une situation qui s'aggrave et des citoyens exaspérés d'être considéreés comme des singes   qu'on vient visiter comme dans un zoo !

 

M. François Pupponi pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche..

un rapport rendu public hier remet sous les feux de l'actualité la dure réalité sociale de la banlieue. Les chiffres de ce rapport sont terribles : 41,7 % des hommes de quinze à vingt-cinq ans y sont au chômage, 33 % des habitants y vivent en dessous du seuil de pauvreté, contre 12 % pour le reste du territoire national, un mineur sur deux connaît la pauvreté.

J'arrête là la longue litanie de ce constat dramatique qui ne concerne que 2008. À titre d'information, ces résultats s'aggravent encore en 2009 car ces quartiers sont les premiers touchés par la crise.

Alors, pourquoi en sommes-nous là ? Pourquoi, malgré tous les engagements, les déclarations d'intention, les plans Espoir banlieues, la situation s'aggrave-t-elle ?

La première raison tient à ce que votre Gouvernement n'a jamais été capable de mettre en place un vrai plan stratégique interministériel ayant pour ambition de sortir ces territoires et leurs populations de l'état de relégation sociale dans lequel ils se trouvent dans cette France que j'appelle la France d'en dessous.

Vous n’avez pas été capable d’imposer à vos ministres d’agir prioritairement pour ces territoires.

Monsieur le Premier ministre, la politique de la ville est avant tout une politique du chef du Gouvernement.

La seconde raison de votre échec tient au fait que, contrairement aux annonces non financées du plan Espoir banlieues, vous avez supprimé un à un tous les outils de la politique de la ville.

Ainsi l'ANRU n'est plus financée par l'État et sera en cessation de paiements en 2011.

Avec la suppression de la taxe professionnelle, vous avez fait disparaître tous les fonds de péréquation qui permettent aux communes pauvres d'apporter un minimum de services publics à des populations qui souffrent.

Au-delà des actes, monsieur le Premier ministre, ce sont aussi des attitudes qui blessent, celles du Président de la République en particulier. Les habitants de banlieue en ont assez que le plus haut représentant de l'État vienne en banlieue uniquement pour leur parler de Kärcher et de délinquance.

Il n'y a pas que des délinquants qui vivent dans ces territoires, il y a surtout une grande majorité de talents et de citoyens qui, dans la difficulté, se battent avec pour seul espoir de donner un avenir à leurs enfants, dans un pays qu'ils aiment et qui s'appelle la France.

Monsieur le Premier ministre, quand allez-vous, vous et le Président de la République, enfin le comprendre, pour ne pas dire l’entendre ? Quand allez-vous enfin leur proposer de participer au pacte républicain ? Eux, ils y sont prêts !

 

Mme Fadela Amara, secrétaire d'État chargée de la politique de la ville.

Monsieur le député, dès ma prise de fonctions j’ai toujours souhaité inscrire ma politique dans une démarche d’évaluation régulière. C’est pourquoi j’ai décidé de faire de la remise du rapport de l’ONZUS, l’Observatoire national des zones urbaines sensibles, un rendez-vous annuel important. Le Gouvernement a voulu faire de l’ONZUS un organisme indépendant pour éclairer et évaluer ce que nous faisons.

Ce rapport est sans concession et note clairement ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Il y a deux lectures possibles de ce document : la lecture optimiste et la lecture pessimiste.

Ce rapport permet de connaître les points de fragilité et d’agir dessus avec efficacité. Tout le monde, les habitants comme les élus, s’accorde à dire que la rénovation urbaine transforme en profondeur les quartiers en lieux où l’on vit mieux, que les mesures prises qui concernent l’éducation donnent de bons résultats.

Il reste évidemment des fragilités et des difficultés, en premier lieu l’emploi avec ses conséquences, et la pauvreté.

Oui, la pauvreté est importante dans les quartiers populaires, oui tout doit être fait pour la réduire.

Deux leviers sont à notre disposition aujourd’hui. Le premier prendra la forme, en 2010, de la réforme de la géographie prioritaire. Il faut évidemment donner plus à ceux qui ont moins.  Il faut concentrer l’aide publique, celle de l’État comme celle des collectivités territoriales, dans les quartiers qui en ont le plus besoin.

Le second levier passera par le renforcement d’une solidarité nationale, ce qui implique la définition d’une nouvelle péréquation qui répondra à cette volonté de concentration des moyens.

L’objectif est clair : réduire les inégalités sociales, et je ne doute pas, monsieur le député, de votre soutien.


Situation de l'emploi

M. Alain Vidalies. pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche

52 400 demandeurs d’emploi supplémentaires pour le seul mois d’octobre. Ce chiffre, deux fois supérieur à celui du mois de septembre, révèle que la crise n’est pas terminée et qu’au contraire, elle constitue une réalité chaque jour plus dramatique pour nos concitoyens. Encore faut-il rappeler que les licenciés économiques bénéficiaires de conventions de reclassement personnalisé ou de contrats de transition professionnelle ne figurent pas dans ces statistiques.

Les jeunes apparaissent comme les premières victimes de la crise, à tel point qu’aujourd’hui beaucoup estiment appartenir à une génération sacrifiée.

En réaction à ces chiffres catastrophiques, M. le secrétaire d’État à l’emploi a déclaré : « Je pense qu’à partir de 2010, on aura besoin de mesures plus offensives. » Où sont-elles ? Le budget pour 2010 ne comporte aucune mesure ni aucun financement à la hauteur de ce défi.

Dans le même temps, vous maintenez l’encouragement aux heures supplémentaires, machine à détruire des emplois sur fonds publics. Supprimez cette mesure, et avec les 3 milliards d’économie qui en résulteront, nous vous proposons de créer 150 000 emplois pour les jeunes dans le domaine de l’environnement.

L’État lui-même participe à la destruction d’emplois en supprimant à nouveau 32 000 emplois, ce qui constitue le plus grand plan social de France. Avec les 3 milliards accordés aux restaurateurs sans contrepartie préalable, vous auriez pu conserver tous les postes de la fonction publique que vous avez supprimés ces dernières années.

Le chômage de longue durée augmente et des centaines de milliers de demandeurs d’emploi vont se trouver en fin de droits, c’est-à-dire en risque d’exclusion sociale. Pour protéger ces victimes de la crise, nous vous demandons de proroger leurs droits d’indemnisation de six mois.

L’emploi est de loin la première préoccupation, j’allais dire la première angoisse, des Français. Si vous voulez vraiment renforcer l’identité nationale, alors répondez aux Français que vous allez enfin mesurer l’ampleur de la crise et enfin prendre des mesures fortes pour combattre le fléau du chômage qui menace notre cohésion sociale.chomage-chiffres-00037.jpg

 

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi.

Comme vous l’avez dit, monsieur le député, les chiffres du mois d’octobre ont clairement montré que, sur le front de l’emploi, nous n’étions pas sortis de la crise. Cependant, nous ne devons pas nous laisser abuser par le yo-yo des marchés financiers : la crise est avant tout une crise sociale et humaine et, comme le Président de la République l’a toujours dit, c’est sur le front de l’emploi qu’elle se joue.

La sortie de la crise va nécessiter beaucoup de sang-froid de notre part. Il y aura des mois aussi durs que le mois d’octobre ; d’autres nous apporteront de bonnes nouvelles, mais il ne faudra pas céder à un excès d’optimisme en considérant que la crise est derrière nous. Nous devons garder le cap qui nous a été fixé par le Premier ministre et par Christine Lagarde : faire tourner à plein régime tous les outils de la politique de l’emploi que nous avons élaborés conjointement avec les partenaires sociaux ; par exemple, faire tourner à plein régime le dispositif d’activité partielle, amélioré par les partenaires sociaux ; faire tourner à plein régime et avec zéro charge les embauches dans les toutes petites entreprises ; essayer, comme vous y avez fait référence, de travailler sur le front de l’emploi des jeunes, avec le développement de l’apprentissage et des contrats de professionnalisation ; enfin, en ce qui concerne la baisse de la TVA dans la restauration, que vous avez également évoquée, faire en sorte que cette mesure puisse bénéficier aux jeunes, avec une augmentation de l’apprentissage dans ce secteur. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)

Toutes ces mesures ne doivent pas se faire par à-coups, à grand renfort de marketing politique ; elles nécessitent au contraire un travail sur la durée, tous les partenaires œuvrant ensemble à améliorer les choses sur le front de l’emploi.

Je veux vous dire que j’ai été un peu choqué des déclarations faites par Benoît Hamon au lendemain de la parution de ces chiffres sur le chômage, dans une tonalité très éloignée de celle que vous avez employée aujourd’hui. M. Hamon a cru bon de déclencher une polémique purement politicienne et personnelle en traitant le directeur de Pôle emploi de canaille. Je préfère votre ton, monsieur Vidalies, car vous vous situez sur le terrain des propositions et c’est ce qu’attendent nos compatriotes.

Bilan d'étape du RSA

Marc-Philippe Daubresse.pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire

Le 1er décembre 2009 n’est pas seulement, monsieur le président, la date d’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, c’est également le jour anniversaire du vote par l’Assemblée nationale de la loi généralisant le revenu de solidarité active. Ayant eu l’honneur d’en être le rapporteur, j’aimerais poser quelques questions à ce sujet à Martin Hirsch.

Monsieur le haut commissaire, pour garantir le succès de cette loi, nous vous avions fait plusieurs propositions lors d’une séance très constructive sur tous les bancs. La première avait pour objet d’organiser une gouvernance plus simple entre des acteurs multiples : caisses d’allocations familiales, conseils généraux, conseils communaux d’action sociale, Pôle emploi. Nous avons souhaité la mise en place d’un meilleur partenariat. Pouvez-vous nous dire comment cela s’est traduit sur le terrain ?

Notre deuxième proposition consistait à dire que l’âge ne devait pas être une barrière pour les jeunes ayant décidé de retrouver un emploi. Le 12 janvier dernier, le Président de la République vous a confié une mission donnant tout son sens à l’intitulé de votre délégation : haut commissaire aux solidarités actives et à la jeunesse. Comment êtes-vous parvenu à la synthèse entre ces deux exigences consistant d’une part à faire plus pour les jeunes, d’autre part à renforcer les solidarités actives ?

Nous vous avions également demandé comment les droits connexes locaux pourraient être mis en œuvre de façon plus intéressante, en envisageant le problème dans une logique de situation familiale et sociale plutôt que de statut pour le RMI. Où en êtes-vous sur ce point ?

Enfin, nous avions garanti le financement du RSA, contrairement aux allégations mensongères proférées par certains, qui n’ont pas hésité à prendre en otage les bénéficiaires du RMI pour masquer leurs propres carences.

Monsieur le haut commissaire, pouvez-vous nous faire le bilan de ce financement, nous indiquer où en la mise en œuvre du RSA ainsi que la publication des nombreux décrets s’y rapportant, nous préciser quels sont vos chantiers pour l’avenir ? Bref, le RSA a-t-il permis aux personnes les plus fragiles de notre société de franchir un cap difficile dans une perspective d’autonomie plutôt que d’assistanat ? )

M. Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, haut commissaire à la jeunesse.

asshole_coluche.jpgMonsieur le député, vous avez rapporté, l’année dernière, le texte généralisant le revenu de solidarité active. En l’adoptant, le Parlement a pris le risque du changement et fait le choix de l’amélioration de la situation des plus modestes. Il nous a aussi obligés à lui rendre des comptes sur la manière dont nous avons traduit cette loi. Un an après, qu’en est-il ?

Dans 88 départements sur 95, il existe désormais une convention d’orientation entre le conseil général, la CAF, Pôle emploi, les centres communaux d’action sociale, afin que les gens en difficultés n’aient pas à choisir entre le social et le professionnel. Depuis quelques mois, 400 000 foyers de gens qui travaillent – salariés modestes ou travailleurs pauvres – ont vu leurs revenus augmenter, chaque mois, de 157 euros.

La semaine dernière, le texte réglementaire permettant de transformer les différents contrats aidés en un contrat unique d’insertion est paru. Ce contrat n’exclut plus telle ou telle personne parce qu’elle est trop jeune ou qu’elle est restée trop longtemps au chômage, mais permet de disposer d’un outil unique pour l’ensemble des personnes ayant besoin d’être aidées par la collectivité pour revenir au travail. Grâce à une plus grande souplesse, cet outil permet à son bénéficiaire d’effectuer une période d’immersion dans une entreprise sans voir suspendre ses droits et d’emprunter ainsi le vrai chemin vers l’emploi.

Tout cela, nous le mettons en œuvre avec l’ensemble des acteurs et nous vous rendrons compte régulièrement de ce que nous faisons. D’ores et déjà, tous les textes réglementaires ont été pris. À l’heure où l’on s’interroge sur l’idéal de notre nation, il me semble qu’il pourrait consister à ne pas opposer le travail et la solidarité, mais au contraire à conjuguer les deux, afin de permettre à chacun de s’en sortir  de ne pas être condamné à rester chez soi en se demandant ce qui va se passer pendant la crise, mais de savoir qu’on va être aidé.

Nous faisons le tour des départements – j’étais aujourd’hui dans la Vienne – et je peux vous dire que partout, cela bouge dans le bon sens, même si la période est difficile. Je vous remercie de nous y avoir aidés.


  • Réforme de la taxe professionnelle, vente de la Branche T&D d'Aréva,  nomination de M.Henri Proglio à la tête   d'EDF ont été aussi au centre des préoccupations.

Concernant ce dernier  point Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi. a déclaré:

le Gouvernement, sous l’autorité de M. le Premier ministre, a souhaité la désignation d’un des meilleurs des industriels de notre pays, M. Henri Proglio.

Premièrement, j’y insiste, c’est un  excellent industriel. Deuxièmement, il a pris l’engagement, puisque vous avez émis l’idée qu’il pourrait se dupliquer, de consacrer l’intégralité de son temps, de son énergie et de ses qualités à la direction exécutive du groupe EDF. Il a souhaité conserver la présidence du conseil d’administration au sein du groupe Veolia, dont il s’est occupé pendant plus de trente ans. Nous lui avons donné notre accord. Cela nécessitera qu’il se consacre au conseil d’administration durant trois ou quatre réunions.

Le choix auquel nous avons procédé n’est donc pas d’avoir « un Proglio pour le prix de deux Gadonneix », mais de confier à un excellent industriel une société stratégique pour la France.


  • concernant la campagne de vaccination  Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports. salue le sens de la responsabilité des Français.

Sur six millions de personnes convoquées dans le cadre de la campagne de vaccination, un million se sont déjà fait vacciner. Il convient d’y ajouter les 240 000 personnels des services de santé et de secours.

Ces Français ont compris l’importance de se faire vacciner, pour soi, et aussi pour protéger les autres. Vous avez eu raison de signaler les formes extrêmement graves que peut revêtir cette épidémie de grippe A. Elles ont été responsables, lors du dernier week-end, de dix décès supplémentaires.

La campagne de vaccination mise en place représente la plus grande opération de santé publique qui ait été menée dans notre pays. Elle mobilise des milliers de personnes, auxquelles je veux rendre hommage.

Il faut cependant procéder à des réglages, car il est inadmissible d’attendre quatre heures dans un centre de vaccination, comme cela a été le cas dans certaines métropoles : en particulier à Paris et Lyon. Nous allons, à la demande du Président de la République et du Premier ministre, sous l’égide de Brice Hortefeux et des autres ministres concernés , élargir les plages horaires de vaccination entre huit et vingt-deux heures ; ouvrir les centres de vaccination le dimanche ; améliorer les conditions d’accueil des personnes les plus fragiles – les femmes enceintes, les enfants – et le fonctionnement des centres, fluidifier les chaînes de vaccination, convoquer le nouveau personnel : internes, médecins du travail, médecins militaires, élèves infirmières pour renforcer les centres de vaccination.

Oui, il s’agit d’une grande opération de santé publique. Nous devons la mener ensemble, avec le sens des responsabilités.


Enfin les restos du coeur ont fait l'objet  d'une question de Jean n-Luc Pérat.

les riches ont de la nourriture, les pauvres de l'appétit. » Au moment où s'ouvre la vingt-cinquième campagne des Restos du cœur – association qu'il avait créée en 1985, à titre provisoire pensait-il –, personne n'a encore réussi à lui donner tort.

La crise devrait provoquer une nouvelle explosion du nombre de bénéficiaires par rapport à 2008 : peut-être 15 %, selon Olivier Berthe, président des Restos du cœur, sans doute davantage dans les territoires ruraux les plus fragilisés et dans certaines catégories sociales, notamment les jeunes, les personnes âgées, les retraités. Or 2008 avait déjà été une année tristement exceptionnelle, avec une hausse de 14 % des bénéficiaires et même 20 % dans les départements ruraux ou semi ruraux.  Cent millions de repas avaient alors été distribués par les 55 000 bénévoles de l'association à près de 800 000 personnes. Ces chiffres en disent long sur l'accroissement de la pauvreté, voire de la très grande pauvreté, dans notre pays.

Ils expliquent également pourquoi un Français sur deux a aujourd'hui peur du déclassement social.

À l’augmentation des besoins s’ajoutent de lourdes menaces qui pèsent sur l’avenir des ressources des Restos du cœur. Les Français, victimes de la crise, risquent en effet de diminuer leurs dons qui représentent 40 % du budget de l’association. Mais c'est surtout au niveau des subventions publiques que des coupes drastiques sont redoutées. Olivier Berthe parlait hier de 15 % de subventions en moins. En outre, l'Europe devrait diminuer de 1 million d'euros sa participation au titre de la politique agricole commune. Quant à l'État, la non-reconduction de l'aide supplémentaire de 10 millions d'euros accordée l'année dernière mettra en péril les Restos du cœur.

C'est pourquoi, ne pouvant laisser cette association, ses bénévoles et ses bénéficiaires dans le doute, je vous demande, monsieur le ministre, d'indiquer à la représentation nationale la position du Gouvernement vis-à-vis du maintien de cette aide indispensable à nos compatriotes qui souffrent le plus durement de la crise.

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M. Benoît Apparu, secrétaire d'État chargé du logement et de l'urbanisme

. Monsieur le député, je me suis rendu hier au lancement de la campagne d’hiver des Restaurants du cœur, en présence de deux de vos collègues, Philippe Goujon et Jean-François Lamour.

Je voulais ainsi marquer l’engagement du Gouvernement auprès de cette association et de l’ensemble des bénévoles qui oeuvrent quotidiennement au service des plus démunis.

Dans un contexte de crise économique, l’aide alimentaire est plus que jamais une priorité du Gouvernement. Le programme européen d’aide aux plus démunis était, l’année dernière, doté de 77 millions d’euros. Il sera, en 2010, doté de 78 millions d’euros. Il n’y a donc aucune diminution, il y a au contraire une augmentation des crédits européens. Je sais pouvoir compter sur l’engagement de Bruno Le Maire et de Pierre Lellouche pour convaincre l’ensemble de nos partenaires de maintenir l’aide alimentaire dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune.

J’ajoute que l’État met à disposition des associations 10 millions d’euros supplémentaires qui sont reconduits cette année. Dans le cadre du plan de relance, nous avons investi 20 millions d’euros pour améliorer l’informatique et la logistique de l’ensemble des structures associatives.

Enfin, je recevrai, la semaine prochaine, les quatre associations qui oeuvrent dans le domaine de l’aide alimentaire pour voir avec elles quels sont les besoins nouveaux liés à la crise. Bien évidemment, comme je l’ai dit hier au président de l’association des Restos du cœur, l’État les aidera dans cette crise. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UMP.)

 

Commentaires

  • Mme Roselyne Bachelot-Narquin, c’est une bonne idée les capotes et le masque... Mais ne risque-t-on pas de s’étouffer ? ...

Les commentaires sont fermés.

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