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ECONOMIE/FINANCES

  • le capitalisme sur Arte

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    Un documentaire d’Arte revient en six épisodes sur l’histoire et les mécanismes du capitalisme. Repartant des origines, il démonte les idées et les théories, rappelant combien ces principes parfois discutables ou faux pèsent sur notre vie. Une superbe démonstration.

    Six années ont passé depuis l’effondrement de la banque Lehman Brothers et le début de la crise financière. 2008 a été la plus grande crise du capitalisme, plus grande que celle de 1929, de l’avis de tous les économistes. Beaucoup pensaient alors que le néolibéralisme ne s’en relèverait pas, que les idées qui avaient dominé le monde depuis la fin des années 1970 allaient être balayées devant le constat d’un tel échec et d’une telle catastrophe. Six ans après, les idées néolibérales sont plus vigoureuses que jamais, montrant combien elles sont enracinées dans les esprits.

    D’où viennent ces idées ? Comment sont-elles apparues ? Qu’en a-t-on retenu, nous qui sommes partie prenante de ce système ? Tout le mérite de la passionnante série d’Arte – en six épisodes diffusés à partir de ce mardi 14 octobre – sur le capitalisme est de repartir des origines. Le réalisateur israélien, Ilan Ziv, a décidé de reposer toutes les questions essentielles sur ces penseurs – Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, Karl Marx, John Keynes, Friedrich Hayek, Karl Polanyi – dont les idées et les principes, vieux souvent de plus de cent ans, conduisent encore le monde, imprègnent nos sociétés. Le rappel des discours de Malthus en 1834, s’indignant contre les pauvres qui abusent de la charité et ne font rien, suffit à lui seul à montrer combien certaines idées font encore écho aujourd’hui.

    Une bonne vingtaine d’experts, économistes bien sûr – Thomas Piketty et Robert Boyer entre autres –, mais aussi historiens, anthropologues, sociologues, du monde entier, participent à ce décryptage, redonnent le contexte, rediscutent les concepts et pour tout dire mettent en pièces un certain nombre de présupposés. Le documentaire donne en miroir les illustrations de ce que telle ou telle idée a pu avoir comme conséquence dans tous les pays du monde. Aucun n’a été épargné, conduisant parfois à des destructions entières de sociétés.

    En face, des thuriféraires du capitalisme, le meilleur des mondes possibles, essaient bien de défendre la cause. Avec un succès relatif. Il faut voir notamment l’entretien de l’ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy (épisode numéro trois), soutenant sans état d’âme les bienfaits du libre-échange, sans restriction aucune. Aux journalistes qui venaient de lui rappeler la destruction de toutes les agricultures locales en Afrique, à la suite de l’ouverture intégrale de leurs marchés, et les regrets de Bill Clinton, reconnaissant que cela avait été une erreur d’ouvrir les marchés agricoles à Haïti, il campe sur ses positions. Pour lui, point de milieu : c’est le libre-échange ou la Corée du Nord….

    S’il n’y avait qu’une seule démonstration à retenir de cette série documentaire, ce serait peut-être celle de la destruction du mythe de l’économie comme science exacte. Un mythe qui trouve ses origines dès Adam Smith. « La richesse des nations d’Adam Smith a été vue comme le pendant de la physique de Newton, établie à peu près au même moment », y explique un historien. Cette pensée que les lois du capitalisme relèvent du droit naturel, de l’ordre immuable des choses, et donc ne sauraient être discutées, irrigue encore toute la pensée économique et politique. À quoi rime, disent les bons esprits, de se rebeller contre la gravité universelle ?

    Sous couvert de science exacte, les économistes ont ainsi évacué tout débat, ont feint d’être hors d’atteinte du politique. Tout prouve au contraire que leurs théories, et leur mise en application de ces dernières, étaient totalement politiques, que leur science était une science humaine, trop humaine, avec ses partis pris, ses omissions, ses impensés. Tous ont éludé, déformé des idées, des faits, en fonction de leurs intérêts.

    Cela commence dès Adam Smith, l’auteur de la fameuse main invisible du marché. Une expression qui ne se retrouve qu’une seule fois dans son livre et avec une tout autre signification, comme il est rappelé. Mais pour les besoins de la cause, pour prouver que le marché est parfait et a réponse à tout, ses successeurs la détourneront. De même, dans un autre ouvrage, La Théorie des sentiments moraux, censé être le pendant de La Richesse des nations, Adam Smith prônait l’intérêt personnel mais aussi la responsabilité sociale, en une vision très empreinte de protestantisme. Tout cela a été vite oublié. De révisions en omissions, on aboutit à Milton Friedman, lui substituant l’avidité, principe moteur de toutes les actions humaines, justification fondamentale du capitalisme. Des historiens et des anthropologues viennent souligner à point que le profit n’est pas inhérent à la nature humaine, qu’il y a eu, à d’autres époques, d’autres organisations sociales, qui, tout en pratiquant l’échange et le commerce, n’avaient pas l’avidité comme but.

    Une tache indélébile, cependant, marque la science économique dès son origine : l’absence de toute référence à l’esclavagisme. Le père fondateur, Adam Smith, ne pouvait rien ignorer de la traite des esclaves – des bateaux revenaient régulièrement en Écosse au retour de leur sinistre périple triangulaire. Pourtant, il ne souffle pas un mot sur la question de l’esclavage, de l’exploitation de l’homme par l’homme, de la marchandisation de l’humain, dans son livre. Terrible silence qui marquera l’économie pendant des décennies.

    Un autre économiste, Anton Wilhelm Amo, que le documentaire fait redécouvrir, souligne bien dès la fin du XVIIIe siècle cette terrible absence. Cet économiste est hors norme : esclave noir, affranchi par son maître, un duc allemand, il passera deux doctorats en droit et en économie, en Allemagne. Ses travaux furent les premiers à dénoncer l’esclavagisme, à démontrer l’irrationalité de la prétendue rationalité économique, aboutissant à réduire les hommes en marchandises. Il soulignait l’impossibilité de séparer les réalités humaines et sociales des réalités économiques. Il mourut, oublié, au Ghana. Et ses travaux, trop dérangeants, ont été vite ensevelis.

    Ce refus de penser l’humain est au cœur d’une des dérives de la science économique, qui a préféré se réfugier dans les mathématiques. Il faudra attendre Karl Marx pour que soit mise en lumière l’importance des forces sociales. Mais de Karl Marx, on ne retient plus que l’auteur du Manifeste du parti communiste, censé être totalement discrédité depuis la chute du Mur et l’effondrement du communisme. On oublie, comme y insistent à juste titre plusieurs experts, qu’il fut d’abord et reste un formidable observateur et théoricien des fonctionnements du capitalisme.

    Après lui, les économistes se sont empressés de taire les questions sociales. Tantôt réduit à une simple force de travail, tantôt limité à un acteur rationnel, toujours présenté comme un individu isolé, censé pouvoir nouer des contrats équilibrés avec les producteurs, l’homme n'est qu'un homo economicus, dont la vie n’aurait que pour seul horizon la production et la consommation. 

    Dans les années 1920, un économiste autrichien, Karl Polanyi, avertissait sur les dangers pour une société à être tributaire de l’économie et à s’en rapporter à elle pour toutes ses actions. C’est la société qui doit guider l’économie et non l’inverse, insistait-il, sous peine de destruction massive. Là encore, l’avertissement a largement été ignoré.

    Le capitalisme a préféré se référer à un autre économiste autrichien : Friedrich Hayek. En concurrence avec Keynes, celui-ci insista du haut de sa chaire de la London School of Economics, sur tous les méfaits réels ou supposés de l’intervention de l’État dans les affaires économiques. Ses idées inspirèrent largement le plan d’austérité mis en œuvre par le chancelier Brüning pour sortir l’économie allemande de la crise de 1929. Quinze mois plus tard, Hilter arriva au pouvoir, en mettant à profit les tensions et les malaises sociaux.

    Trente ans plus tard, Friedrich Hayek ne regrettait rien, ne renonçait à rien. « Il a occulté tous les faits qui ne rentraient pas dans sa théorie », rappelle Robert Boyer, économiste de la régulation. Pourtant, c’est vers cet économiste, et son successeur Milton Friedman, que se tourneront les libéraux pour « régénérer » le capitalisme. 

    Trente ans après cette contre-révolution, malgré les crises, malgré la marchandisation toujours plus poussée du vivant, de la nature, de l’homme, ce capitalisme continue à prospérer, dans la plus totale opacité. « Ce que j’ai appris de ce documentaire, explique aujourd’hui son réalisateur, c’est que l’économie ne doit pas être abandonnée à une minorité. C’est trop dangereux, car elle détermine nos vies et peut détruire nos sociétés. Nous devons nous engager et le savoir est le meilleur moyen de résister. »

    Article de Médiapart : Martine Orange

  • Ils ont trop tiré sur la corde et mis notre démocratie en danger

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    La prochaine réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF)  se tiendra le 22 janvier 2014 à Davos, en Suisse, 

    Le Forum est une organisation internationale indépendante qui cherche à améliorer l'état du monde en engageant les chefs d' entreprise, les dirigeants politiques, le monde universitaires et d'autres décideurs de la société à élaborer des projets mondiaux, régionaux ou industriels.

    A la veille de la réunion annuelle du forum économique mondial, de nombreux participants ont été interrogés sur les risques qui les inquiétaient le plus dans les mois à venir. Réponse : les inégalités entre les riches et les pauvres qui représentent un risque pour la stabilité économique
    Ces inégalités  vont de paire  avec une confiscation politique qui met en cause la démocratie.

    l’ONG Oxfam publie aujourd'hui un rapport sur les inégalités.

    L’accumulation des richesses aux mains d’un petit nombre est sans précédent. « 1% des familles détiennent désormais près de la moitié (46%) des richesses du monde », note le rapport. « Aux États-Unis, les 1 % les plus riches ont confisqué 95 % de la croissance post-crise financière entre 2009 et 2012, tandis que les 90 % inférieurs se sont appauvris. La grande récession n'a pas infléchi la tendance à la concentration des revenus : la part du produit national des États-Unis allant au décile supérieur atteint 50,4 %, son niveau le plus haut depuis la Première Guerre mondiale »

     « alors que les actions et les profits des entreprises atteignent des niveaux vertigineux, les salaires stagnent en pourcentage du PIB. Pour illustrer l’ampleur de la concentration des richesses, la fortune combinée des 10 personnes les plus riches d’Europe dépasse le coût total des mesures de relance mises en œuvre dans l’Union européenne entre 2008 et 2010 (217 milliards d’euros contre 200 milliards d’euros). Qui plus est, les politiques d’austérité mises en place après la crise pèsent lourdement sur les personnes pauvres, alors qu’elles permettent aux riches de s’enrichir toujours plus. L’austérité a aussi un impact sans précédent sur les classes moyennes ».


    le Fonds monétaire international a repris le sujet, insistant sur la menace que faisait peser les inégalités croissance de revenus sur l’économie mondiale. « Les responsables économiques et politiques au forum économique mondial doivent se rappeler que dans de trop nombreux pays les gains de la croissance n’ont bénéficié qu’à trop peu de personnes. Cette situation n’est pas un gage de stabilité »,  déclare Christine Lagarde dans le Financial Times

    Selon Médiapart  " ces chiffres étaientt connus de longue date. Mais qu’ils fassent leur entrée dans l’enceinte de Davos montre l’ampleur du problème. Longtemps encouragées, voire programmées, les inégalités commencent à être considérées comme une menace pour l’ensemble du système. Car pendant que les milliardaires accumulent les milliards, les classes moyennes disparaissent, les pauvres sombrent. Il n’y a plus d’adhésion large des sociétés civiles. Et l’économie réelle ne repart toujours pas.

    Dans toutes les économies avancées, la consommation stagne ou baisse, tandis que la production, par manque de débouchés, n’investit plus et fait du surplace. Les menaces de déflation pointent en Europe. Surtout, le chômage atteint des niveaux catastrophiques. Même aux Etats-Unis, censés être sortis de la crise, la situation de l’emploi est loin d’être revenue à un niveau normal. Officiellement, le taux de chômage est de 7,5%. Mais les nouvelles embauches sont essentiellement dans le secteur des services – des emplois précaires chez McDo ou autres – tandis que les emplois manufacturiers ou dans les services à valeur ajoutée ne cessent de baisser. Plus grave : une partie de la population américaine semble avoir renoncé à rechercher tout emploi et est sortie des statistiques : alors que la situation de l’emploi est censée augmenter, les bénéficiaires de foodstamps – programme d’aide alimentaire pour les plus pauvres payé par le système fédéral – ne cessent d’augmenter."

    Les responsables de Davos mesurent l’étendue des dangers : la mainmise sur les institutions politiques et représentatives par les plus riches est devenue trop voyante pour qu’elle n’amène pas des contestations de plus en plus fortes du système. Il y a eu les indignés, ce qui ne les dérangeait pas trop. Mais ce qu’ils observent aujourd’hui les inquiète beaucoup plus : « Alors que la cohésion sociale s’affaiblit et que les citoyens cherchent à s’arracher du contrôle d’institutions distantes et apparemment sans responsabilité, il y a un soutien de plus en plus visible pour les partis extrémistes, défendant des thèses nationalistes, protectionnistes et xénophobes », soulignent-ils.

    L’évolution de la Grèce  notamment hante les responsables de Davos. L’étonnant est qu’ils soient surpris de la montée du nazisme à Athènes après le programme d’austérité qui a été infligé au pays. Ils avaient pourtant à disposition la référence historique de l’Allemagne après la politique déflationniste menée en 1932.

    L’apparition de contestations sociales violentes, de soulèvements politiques voire de luttes civiles leur apparaît comme un risque majeur pour l’avenir. D’autant, s’inquiètent-ils, que les institutions politiques ont perdu la confiance des citoyens.66479432.jpg

  • Un social démocrate ou un démocrate un peu social … le pacte de l’irresponsabilité

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     Mardi 14 janvierc’était  la troisième conférence de presse de François Hollande  depuis le début du quinquennat.

    Force est de constater  que les mesures annoncées  dans le pacte de responsabilité entérinent  la politique d’austérité menée depuis son élection , une politique d’austérité dictée par l’Europeune politique  d’orientation libérale  qui est un  véritable cadeau  pour le  patronat qui obtient  30 milliards d'euros d’exonération de cotisations familiales pour 2017.

    Plutôt que de constater l’échec  de  la politique économique et sociale menée depuis de nombreuses années et poursuivie depuis son élection  , une politique qui favorise le patronat au détriment des salariés, l’austérité au lieu de la relance, une politique  qui n’a pas empêché les délocalisations , les plans sociaux  et  la montée du  chômage, François Hollande enfonce le clou :  pour encourager  le patronat à embaucher  il lui offre  un cadeau  somptueux de 30 milliards d’euros , auquel s’ajoute le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi de 20 milliards d'euros.

    Le Medef peut se frotter les mains, il vient d’obtenir  avec François Hollande ce qu’il n’avait pas obtenu avec SARKOZY un   allégement sans précédant  des charges des entreprises et  une réduction de leurs contraintes

     «  le principal problème de la France, c’est la production. Il faut produire plus et produire mieux. » dixit François Hollande  …« Nous fixerons un horizon 2017 avec un cap, c’est la modernisation de la fiscalité » a poursuit François hollande.
    Le président entend également poursuivre son « choc de simplification », c’est à dire réduire le nombre de procédure pour les entreprises.

    • Et les contreparties ?

    « Elles doivent être définies au niveau national et réparties selon les branches : embauche, travail des jeunes, séniors, formation, niveau des salaires et amélioration du dialogue social… C’est un grand compromis social. Il implique toutes les parties prenantes. » affirme le président. Et les sanctions prévues ? Aucune d’annoncée.

    Un « observatoire des contreparties» sera créé. Et tout cela ira effectivement très vite, la réforme fiscale des entreprises et un wagon de simplifications précèdera la conférence sociale du printemps.

    Autant dire que tout cela n’est que du vent …

    Réduire les charges  avec un impact global de 5 %  ne mettra jamais les salariés au niveau des salariés des pays low cost  dans lesquels il y aura encore des délocalisations....

    Redonner la confiance aux entreprises cela fait plus de 30 ans que tous les gouvernements s’y emploient ... mais en vain  car  il en faut toujours plus et la confiance ne revient pas .Cette année  nous avons  60 000 chômeurs de plus et on va atteindre en fin 2014  un niveau record ...

    Il est évidant que cette austérité sera supportée par les ménages  et les salariés et ce, de manière indirecte , accentuant encore  la précarisation, la pauvreté  qui touche un nombre de plus en plus important de jeunes et de séniors...

    François Hollande a  également réaffirmé sa volonté de réduire les dépenses publiques, à hauteur de 50 milliards d'euros de coupe en 2017 (18 mds d'économies supplémentaire par an). Là encore, il reprend le vocabulaire de la droite et ses fameuses « réformes structurelles ».

    Comme le note l’humanité « des réformes qui ont fait  des ravages chez nos voisins européens: privatisations de services publics (eau, énergie, transports, santé, éducation...), baisse des salaires et du nombre de fonctionnaires...
    La première étape évoquée par François Hollande: « redéfinir les missions de l’Etat ». Le président a nommé un « conseil stratégique de la dépense », chargé d’évaluer les politiques publiques. Et dès avril, chaque ministère recevra un objectif d’économie à atteindre, étape par étape, jusqu’en 2017. François Hollande entend également s’attaquer aux collectivités territoriales. Derrière le projet des métropoles, le président entend notamment réduire le nombre de régions et de départements, favoriser les fusions de collectivités. « Les dotations de l’Etat varieront selon les regroupements qui seront faits ».

    Enfin le financement de la sécurité sociale prendra un nouveau coup. François Hollande espère réaliser des économies notamment sur les actes redondants, l’usage de génériques…

    Français réjouissez vous  car vous allez  crever à petit feu mais heureusement  vous aurez une loi  (annoncée ) sur la fin de vie : assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité...tout un programme

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    Merci  au dessinateur Rhodo dessin de presse

     

     

  • Attention danger quand les brebis hurlent avec les loups

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     A quimper ouvriers et patrons, sous les banderoles du Medef ou de la CGPME, ont manifesté  ensemble pour dénoncer les impôts  décidés par le gouvernement, et notamment l’écotaxe – ( rappelons que  l'écotaxe a été  votée sous le quinquennat précédent )

     Jean-Luc Mélenchon,  dans une  formule " choc"  a  résumé ce paradoxe : « Les esclaves ont manifesté pour défendre les droits de leurs maîtres. »saute-mouton-41060.jpg

    Derrière ce spectacle affligeant , la droite et l’extrême droite ainsi que  le  patronat qui  jouent le jeu dangereux de la fronde contre les impôts qui peut faire vaciller  la république.

    La contestation de l'inégalité des impôts a été  au cœur de la Révolution.

    Lors de la fameuse  Nuit du 4-Août, l’Assemblée constituante vote l’abolition des privilèges et entérine le principe de l’égalité des citoyens devant l’impôt. le consentement à l’impôt juste et équitable est au cœur  de la naissance de la République et en devient l’un des principaux ressorts.

    Ce consentement à l’impôt s’est pourtant  fissuré à des  époques où la République a été menacée .

    La fin des années 1920 , voit apparaitre  à coté des ligues d'extrême droite qui vont menacer la République lors des évènements dramatiques du 6 février 1934,  une Fédération nationale des contribuables (FNC),  qui rassemble des « braves gens » écrasés par les impôts.

    « Nous entreprendrons une marche convergente vers cet antre qui s'appelle le Palais-Bourbon, et s'il le faut, nous prendrons des fouets et des bâtons pour balayer cette Chambre d'incapables », proclame en janvier 1933 l’éditorial du Réveil du contribuable, l’organe de la FNC.

    Marcel Déat,  député de la SFIO, écrit en 1934 : « Le 6 février, place de la Concorde, il y avait des réactionnaires, des fascistes, des petites troupes organisées et courageuses, oui ; mais il y avait aussi une foule énorme de braves gens qui n'avaient pas d'opinion politique mais qui, par contre, avaient des sujets de mécontentement et de colère. Il y avait même des radicaux et des socialistes et s'ils manifestaient c'était contre les saligauds qui déshonorent la République. »

    Dans les années 1950, ce fut le poujadisme  avec la mise à sac des trésoreries . La publication Fraternité française,  la tribune de Pierre Poujade, donne le ton de ces campagnes antifiscales.

    François Hollande a réussi ce tour de force : fédérer les brebis et les loups

    Pourquoi ?

    Au lieu de remettre de la justice dans un système fiscal injuste, ce qu'il avait promis,  il a renforcé les inégalités en mettant à genoux les classes les plus modestes.

    Un exemple : 20 milliards d’euros apportés aux entreprises sous la forme d’un crédit d’impôt, financé sur les ménages par le biais notamment du relèvement de l’impôt le plus inégalitaire qui soit, la TVA, qui pèse relativement plus sur les ménages modestes que sur les plus aisés.

    De ce manquement à la parole donnée, et de cette politique fiscale qui aggrave les inégalités au lieu de les résorber, François Hollande et son gouvernement récoltent  une fronde fiscale  qui peut être tout bénéfice pour la droite et l'extrême droite et le patronat  car pendant ce temps  on passe sous silence  les caisses noires  de l'UIMM , la corruption et les magouilles ...

     François Hollande a dit qu’il avait compris l’exaspération du pays et qu’il n’y aurait plus de hausses d’impôt, ce qui est faux.

    En effet , le relèvement de la TVA ( de 19,6 % à 20 % du taux supérieur et de 7 à 10 % du taux intermédiaire) va  plomber les plus modestes.

    Comme le note Médiapart  "les ménages auront tôt fait de mesurer les conséquences concrètes pour leur pouvoir d’achat des rafales de hausses de prix qui découleront mécaniquement des relèvements de la TVA. Pour l’heure, il n’y a guère que le président de la SNCF, Guillaume Pepy, qui a annoncé récemment la couleur : il a fait valoir que le relèvement de 7 % à 10 % du taux de la TVA applicable aux billets de train conduirait au 1er janvier à une hausse de 3 % de ces mêmes billets… « au bénéfice de l’État ».

    Mais à cet « impôt sur les billets de train » – la formule est du même patron de la SNCF – viendront s’ajouter de nombreux autres. Dans tous les domaines de la vie des Français. Des impôts en veux-tu, des impôts en voilà… et surtout des impôts radicalement injustes, puisque la TVA est un impôt proportionnel qui frappe tous les consommateurs, quel que soit leur niveau de revenus."

    Sans compter sur  le projet de la  loi de finances pour l’an prochain  avec notamment:

    • la majoration des pensions de retraites pour ceux qui ont eu trois enfants et plus, qui sera désormais fiscalisée
    • la participation de l'employeur aux contrats complémentaires santé qui sera soumise à l'impôt sur le revenu (la participation de l’employeur sera fiscalement considérée comme un avantage en nature et viendra donc majorer d’autant le revenu imposable des contribuables concernés )
    •  le quotient familial dont le plafond va baisser de 2 000 à 1 500 euros par demi-part, soit un gain budgétaire d'un milliard d'euros.

    Il n’est donc pas besoin d’être Nostradamus pour prévoir  que les contestations seront grandes...

    Ajoutons à cela les plans sociaux qui se multiplient et continueront à se multiplier, nous avons tous les ingrédients qui pourront être utilisés par les loups  pour agiter le peuple  pour jeter le bébé avec l'eau du bain  afin de conserver leurs privilèges....

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    lien de la photo humour ci dessus dont je remercie l'auteur

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