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mercredi, 15 octobre 2014

le capitalisme sur Arte

Un documentaire d’Arte revient en six épisodes sur l’histoire et les mécanismes du capitalisme. Repartant des origines, il démonte les idées et les théories, rappelant combien ces principes parfois discutables ou faux pèsent sur notre vie. Une superbe démonstration.

Six années ont passé depuis l’effondrement de la banque Lehman Brothers et le début de la crise financière. 2008 a été la plus grande crise du capitalisme, plus grande que celle de 1929, de l’avis de tous les économistes. Beaucoup pensaient alors que le néolibéralisme ne s’en relèverait pas, que les idées qui avaient dominé le monde depuis la fin des années 1970 allaient être balayées devant le constat d’un tel échec et d’une telle catastrophe. Six ans après, les idées néolibérales sont plus vigoureuses que jamais, montrant combien elles sont enracinées dans les esprits.

D’où viennent ces idées ? Comment sont-elles apparues ? Qu’en a-t-on retenu, nous qui sommes partie prenante de ce système ? Tout le mérite de la passionnante série d’Arte – en six épisodes diffusés à partir de ce mardi 14 octobre – sur le capitalisme est de repartir des origines. Le réalisateur israélien, Ilan Ziv, a décidé de reposer toutes les questions essentielles sur ces penseurs – Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, Karl Marx, John Keynes, Friedrich Hayek, Karl Polanyi – dont les idées et les principes, vieux souvent de plus de cent ans, conduisent encore le monde, imprègnent nos sociétés. Le rappel des discours de Malthus en 1834, s’indignant contre les pauvres qui abusent de la charité et ne font rien, suffit à lui seul à montrer combien certaines idées font encore écho aujourd’hui.

Une bonne vingtaine d’experts, économistes bien sûr – Thomas Piketty et Robert Boyer entre autres –, mais aussi historiens, anthropologues, sociologues, du monde entier, participent à ce décryptage, redonnent le contexte, rediscutent les concepts et pour tout dire mettent en pièces un certain nombre de présupposés. Le documentaire donne en miroir les illustrations de ce que telle ou telle idée a pu avoir comme conséquence dans tous les pays du monde. Aucun n’a été épargné, conduisant parfois à des destructions entières de sociétés.

En face, des thuriféraires du capitalisme, le meilleur des mondes possibles, essaient bien de défendre la cause. Avec un succès relatif. Il faut voir notamment l’entretien de l’ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy (épisode numéro trois), soutenant sans état d’âme les bienfaits du libre-échange, sans restriction aucune. Aux journalistes qui venaient de lui rappeler la destruction de toutes les agricultures locales en Afrique, à la suite de l’ouverture intégrale de leurs marchés, et les regrets de Bill Clinton, reconnaissant que cela avait été une erreur d’ouvrir les marchés agricoles à Haïti, il campe sur ses positions. Pour lui, point de milieu : c’est le libre-échange ou la Corée du Nord….

S’il n’y avait qu’une seule démonstration à retenir de cette série documentaire, ce serait peut-être celle de la destruction du mythe de l’économie comme science exacte. Un mythe qui trouve ses origines dès Adam Smith. « La richesse des nations d’Adam Smith a été vue comme le pendant de la physique de Newton, établie à peu près au même moment », y explique un historien. Cette pensée que les lois du capitalisme relèvent du droit naturel, de l’ordre immuable des choses, et donc ne sauraient être discutées, irrigue encore toute la pensée économique et politique. À quoi rime, disent les bons esprits, de se rebeller contre la gravité universelle ?

Sous couvert de science exacte, les économistes ont ainsi évacué tout débat, ont feint d’être hors d’atteinte du politique. Tout prouve au contraire que leurs théories, et leur mise en application de ces dernières, étaient totalement politiques, que leur science était une science humaine, trop humaine, avec ses partis pris, ses omissions, ses impensés. Tous ont éludé, déformé des idées, des faits, en fonction de leurs intérêts.

Cela commence dès Adam Smith, l’auteur de la fameuse main invisible du marché. Une expression qui ne se retrouve qu’une seule fois dans son livre et avec une tout autre signification, comme il est rappelé. Mais pour les besoins de la cause, pour prouver que le marché est parfait et a réponse à tout, ses successeurs la détourneront. De même, dans un autre ouvrage, La Théorie des sentiments moraux, censé être le pendant de La Richesse des nations, Adam Smith prônait l’intérêt personnel mais aussi la responsabilité sociale, en une vision très empreinte de protestantisme. Tout cela a été vite oublié. De révisions en omissions, on aboutit à Milton Friedman, lui substituant l’avidité, principe moteur de toutes les actions humaines, justification fondamentale du capitalisme. Des historiens et des anthropologues viennent souligner à point que le profit n’est pas inhérent à la nature humaine, qu’il y a eu, à d’autres époques, d’autres organisations sociales, qui, tout en pratiquant l’échange et le commerce, n’avaient pas l’avidité comme but.

Une tache indélébile, cependant, marque la science économique dès son origine : l’absence de toute référence à l’esclavagisme. Le père fondateur, Adam Smith, ne pouvait rien ignorer de la traite des esclaves – des bateaux revenaient régulièrement en Écosse au retour de leur sinistre périple triangulaire. Pourtant, il ne souffle pas un mot sur la question de l’esclavage, de l’exploitation de l’homme par l’homme, de la marchandisation de l’humain, dans son livre. Terrible silence qui marquera l’économie pendant des décennies.

Un autre économiste, Anton Wilhelm Amo, que le documentaire fait redécouvrir, souligne bien dès la fin du XVIIIe siècle cette terrible absence. Cet économiste est hors norme : esclave noir, affranchi par son maître, un duc allemand, il passera deux doctorats en droit et en économie, en Allemagne. Ses travaux furent les premiers à dénoncer l’esclavagisme, à démontrer l’irrationalité de la prétendue rationalité économique, aboutissant à réduire les hommes en marchandises. Il soulignait l’impossibilité de séparer les réalités humaines et sociales des réalités économiques. Il mourut, oublié, au Ghana. Et ses travaux, trop dérangeants, ont été vite ensevelis.

Ce refus de penser l’humain est au cœur d’une des dérives de la science économique, qui a préféré se réfugier dans les mathématiques. Il faudra attendre Karl Marx pour que soit mise en lumière l’importance des forces sociales. Mais de Karl Marx, on ne retient plus que l’auteur du Manifeste du parti communiste, censé être totalement discrédité depuis la chute du Mur et l’effondrement du communisme. On oublie, comme y insistent à juste titre plusieurs experts, qu’il fut d’abord et reste un formidable observateur et théoricien des fonctionnements du capitalisme.

Après lui, les économistes se sont empressés de taire les questions sociales. Tantôt réduit à une simple force de travail, tantôt limité à un acteur rationnel, toujours présenté comme un individu isolé, censé pouvoir nouer des contrats équilibrés avec les producteurs, l’homme n'est qu'un homo economicus, dont la vie n’aurait que pour seul horizon la production et la consommation. 

Dans les années 1920, un économiste autrichien, Karl Polanyi, avertissait sur les dangers pour une société à être tributaire de l’économie et à s’en rapporter à elle pour toutes ses actions. C’est la société qui doit guider l’économie et non l’inverse, insistait-il, sous peine de destruction massive. Là encore, l’avertissement a largement été ignoré.

Le capitalisme a préféré se référer à un autre économiste autrichien : Friedrich Hayek. En concurrence avec Keynes, celui-ci insista du haut de sa chaire de la London School of Economics, sur tous les méfaits réels ou supposés de l’intervention de l’État dans les affaires économiques. Ses idées inspirèrent largement le plan d’austérité mis en œuvre par le chancelier Brüning pour sortir l’économie allemande de la crise de 1929. Quinze mois plus tard, Hilter arriva au pouvoir, en mettant à profit les tensions et les malaises sociaux.

Trente ans plus tard, Friedrich Hayek ne regrettait rien, ne renonçait à rien. « Il a occulté tous les faits qui ne rentraient pas dans sa théorie », rappelle Robert Boyer, économiste de la régulation. Pourtant, c’est vers cet économiste, et son successeur Milton Friedman, que se tourneront les libéraux pour « régénérer » le capitalisme. 

Trente ans après cette contre-révolution, malgré les crises, malgré la marchandisation toujours plus poussée du vivant, de la nature, de l’homme, ce capitalisme continue à prospérer, dans la plus totale opacité. « Ce que j’ai appris de ce documentaire, explique aujourd’hui son réalisateur, c’est que l’économie ne doit pas être abandonnée à une minorité. C’est trop dangereux, car elle détermine nos vies et peut détruire nos sociétés. Nous devons nous engager et le savoir est le meilleur moyen de résister. »

Article de Médiapart : Martine Orange

12:03 | Commentaires (0) | ACTUALITES, ECONOMIE/FINANCES | Lien permanent |  Facebook |  Imprimer | | | | |

mardi, 08 avril 2014

Tempête dans un verre d'eau ou début de rébellion ?

 

Sans réclamer ouvertement un changement de cap politique,  de nombreux socialistes  exigent une « réorientation européenne mettant fin aux politiques d’austérité » ; un « pacte national d’investissement » pour remplacer une partie des baisses de cotisations sociales attribuées sans condition aux entreprises dans le cadre du pacte de compétitivité ; des « mesures en faveur des bas salaires, la réforme fiscale et la CSG progressive, l’effort en faveur des retraites les plus modestes, que nous avons demandés depuis des mois » ; enfin, des décisions pour amplifier les choix et les engagements de 2012 : régulation bancaire, devoir de vigilance des multinationales, « bouclier » territorial, revitalisation de la démocratie, etc.

 Avant le discours de politique générale de Manuel Valls et le vote de confiance à son gouvernement mardi, 90 responsables socialistes, dont des députés issus de l'aile gauche du parti, des amis de Martine Aubry et d'autres sensibilités du PS réclament, dans un texte que publie le JDD, un nouveau "contrat de majorité".

Voici le contenu de la lettre que le JDD s'est procurée :

Agir et ne pas subir. La défaite d’ampleur historique que nous venons d’encaisser nous donne une responsabilité sans précédent. Bien plus qu’une protestation de circonstance, les Français ont exprimé des positions très politiques et, dans leur diversité, des demandes de justice, d’efficacité économique et d’égalité républicaine.

Depuis de longs mois, les élus locaux et les députés avaient alerté sur le fossé qui se creusait entre la gauche au pouvoir et son électorat. Cette défaite électorale ne doit pas se transformer en renoncement démocratique. Au contraire, le temps du Parlement est venu. L’affirmation de la volonté politique est encore plus à l’ordre du jour. Le dialogue avec le nouveau Gouvernement s’engage dès maintenant. La représentation nationale doit être digne de sa mission et à la hauteur de ce moment de notre histoire. Il lui revient de participer aux nouvelles orientations qu’exige cette nouvelle étape.

Dans ce but, il faut aller plus loin que les habitudes et les certitudes. Pour répondre vigoureusement à l’épuisement institutionnel, nous proposons un contrat de majorité dans la durée. En effet, pour restaurer la confiance avec les Français, il faut recréer aussi la confiance avec le Parlement. Celui-ci doit apporter sa légitimité en soutien des choix que les citoyens de tous horizons attendent de la gauche au pouvoir.

Notre première contribution au contrat de majorité privilégie les orientations ainsi rappelées :

 1-Obtenir une réorientation européenne mettant fin aux politiques d’austérité qui ont enfoncé l’Europe dans la récession. Pour cela, il faut mettre en oeuvre des trajectoires budgétaires soutenables, compatibles avec le retour de la croissance et la baisse du chômage. Les trajectoires budgétaires imposées aux Etats et à l’Union, sans distinguer selon la nature des dépenses, ne sont pas des tabous. Il y a urgence à les rediscuter. La Commission doit enfin changer de cap. L’élection européenne, le 25 mai, sera aussi l’occasion de mener ce combat. Il n’y aura pas d’échappatoire au déclin si les consolidations budgétaires ne sont pas accompagnées d’investissements massifs publics et privés, soutenus par l’Union, dans les énergies renouvelables, les transports, le numérique, la construction de logements et la recherche.

2 - Concentrer les moyens publics sur la création réelle d’emplois et, ainsi, intensifier le redressement productif. Pour cela, substituer un pacte national d’investissement, négocié jusqu’au niveau des entreprises, aux mesures les plus coûteuses et sans conditions actuellement envisagées dans le pacte de responsabilité. Concentrer les marges de manœuvre de la France sur l’emploi, l’investissement, la formation, c’est la condition de la protection des salariés contre le chômage de masse.

3-Défendre des décisions de justice et de pouvoir d’achat : des mesures en faveur des bas salaires, la réforme fiscale et la CSG progressive, l’effort en faveur des retraites les plus modestes, que nous avons demandés depuis des mois. Ces améliorations de pouvoir d’achat, combinées au développement des emplois aidés non marchands pour les jeunes et les chômeurs de longue durée et aux investissements publics, contribueront à soutenir la demande, indispensable à la reprise économique. C’est, par ailleurs, la seule façon de rendre efficaces les politiques d’offre déjà mises en oeuvre.

4-Réaffirmer et amplifier les choix et les engagements de 2012 :

-Muscler les efforts de régulation des activités financières et bancaires, et leur mobilisation pour l’investissement et les territoires. Promouvoir la responsabilité sociale et environnementale des multinationales et leur "devoir de vigilance".
-Rendre populaire la transition écologique : financement et avances pour les travaux de rénovations énergétiques, co-investissements citoyens dans les énergies renouvelables, plan de remplacement des véhicules et équipements anti-écologiques.
- Engager un mouvement de transformation de l’Etat et des collectivités locales, avec les citoyens et les agents publics. Nous soutiendrons les économies efficaces, pas les régressions sociales : non aux économies de dépense qui conduisent à des reculs pour la Sécurité sociale ou à la panne de l’investissement public!
-Défendre l’égalité des territoires par un socle de droits (le "bouclier"), une relance des économies locales, un remaillage des services publics sur deux piliers : l’éducation et la santé.
-Revitaliser la démocratie française. Un sentiment d’abandon exaspère aujourd’hui de nombreux Français. Ils se sentent oubliés, incompris, pas écoutés. Pour écouter les citoyens et mobiliser la société, nous devons inventer des formes participatives nouvelles et lutter contre toutes les formes d’exclusion. Dans notre République, nous sommes différents, mais tous égaux devant la loi. Le pays ne se sent pas représenté, encore plus quand le Parlement n’est pas entendu. La nouvelle étape doit retrouver les droits et les devoirs du Parlement. Notre majorité sera plus soudée, si elle inaugure des manières modernes de préparer les grandes décisions et de délibérer.

Ne laissons pas s’installer de faux clivages entre les "cigales" et les "fourmis", mais nous savons aussi que jamais la France ne se redressera dans l’austérité et en laissant exploser le chômage et les inégalités. Nous faisons le choix d’une politique qui marche. Nous recherchons l’équilibre entre les salariés et les entreprises et entre les efforts et la justice, pour toutes les composantes de la société.
Refusant la fuite en avant façon Sarkozy, nous choisissons l’efficacité pour mener les politiques d’investissement, la transformation de l’Etat, l’innovation publique.

Les Français n’ont pas changé depuis le 6 mai 2012, ils sont déçus. Ils ne sont pas versatiles, ni ralliés à l’UMP qui n’a rien d’autre à proposer que la dérégulation et l’austérité. Il est impératif d’exprimer une vision claire et offensive du futur de la France et de son rôle en Europe. Les Français ont le sentiment que la politique qu’ils avaient choisie n’est pas assumée. Ils nous l’ont dit dans les urnes. Il faut maintenant passer des urnes aux choix et, pour nous, des mots aux actes. Les temps qui viennent sont pour tous, et pour chacun d’entre nous, une épreuve de vérité.

« On ne peut pas continuer avec cette majorité-chamallow, tout miel et tout sucre, qui existe depuis 2012 », dit Philippe Baumel, un proche de Martine Aubry qui fait partie des signataires du texte. « Notre pays est dans un épuisement démocratique. Quand le Parlement s'affaiblit, c'est le pouvoir qui s'affaiblit. Nous ne voulons plus délibérer sous pression du gouvernement ou des technocrates », assure Christian Paul.

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02:16 | Commentaires (4) | ACTUALITES, ASSEMBLEE NATIONALE | Lien permanent |  Facebook |  Imprimer | | | | |

Fragilité et dépendance

 

Pour s'occuper de personnes âgées dépendantes et fragiles, il ne se trouve guère que des personnes dans une fragilité sociale, employées sous statut précaire et souvent mal rémunérées.

L'aide à domicile est un secteur en pleine croissance (selon des chiffres de l'OCDE, le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus sera multiplié par quatre entre 2000 et 2050, passant de 1,2 million de personnes à 4,8 millions). Pourtant il manque constamment de main-d'œuvre. Et pour cause : les salaires sont très bas (souvent juste au Smic horaire), les emplois sont massivement à temps partiel, et les salariés doivent jongler avec des plannings morcelés. Quelque chose d'assez proche des salariés de la grande distribution, mais sans le collectif inhérent à une entreprise, et avec la responsabilité solitaire d'une personne fragile. Pourquoi cet état de fait ?

 

L'ouvrage Le Salaire de la confiance, l'aide à domicile aujourd'hui, codirigé par Florence Weber, permet de comprendre comment l’État et les pouvoirs publics considèrent les personnes âgées, et ceux et celles à qui ils en confient la charge. L'intérêt de l'ouvrage est de s'intéresser, outre au travail des employés, aux multiples tensions qui régissent ce secteur : comment sortir du modèle domestique et associatif pour promouvoir des sociétés privées ? Comment les multiples acteurs économiques (associations, entreprises, familles, conseils généraux, assurance maladie...) interagissent-ils entre eux ? Quels ont été les effets des différentes aides : allocation personnalisée d'autonomie ; allocation sociale à l'hébergement ; prestation spécifique dépendance ; crédit d'impôt pour emploi à domicile, etc. ?

 

Alors que l'on entend toujours dire qu'il faut maintenir les personnes âgées le plus longtemps possible à domicile, « il n'y a pas de dynamique politique » pour organiser et développer le secteur de l'aide à domicile, constate Florence Weber. Ce livre le démontre parfaitement. 

 

  • Le Salaire de la confiance, l'aide à domicile aujourd'hui, sous la direction de Florence Weber, Loïc Trabut et Solène Billaud, éd. Rue d'Ulm. 365 pages, 24 euros.

01:39 | Commentaires (3) | ACTUALITES, RETRAITE/SENIORS | Lien permanent |  Facebook |  Imprimer | | | | |

 
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